Didaclié, ix-xiv
mais seulement à la signification du pain et du vin. On peut constater que les chapitres xiii-xvii sont remplis aussi, à leur manière, du symbolisme eucharistique, et que l'auteur du quatrième Evangile s'accorde, au fond, avec les Synoptiques pour rapporter l'institution du sacrement au dernier repas de Jésus. Il n'est donc pas nécessaire de réfuter autrement l'hypothèse de Renan \ alléguant le discours sur le pain de vie, pour soutenir, d'après Jean, que l'institution eucharistique est de beaucup antérieure à la dernière cène.
Le repas était en train de se faire, commencé, mais |non terminé ^. Déjà le diable avait mis au cœur de Judas l'intention de trahir son maître. Le texte pourrait prêter à équivoque : « Le diable ayant mis dans le cœur que Judas le trahît ^. » Il n'est pas question du cœur du diable, ni de ses intentions sur Judas ; car l'Ecriture ne parle jamais du cœur du démon, et l'on ne pourrait pas dire que Satan jette une intention dans son propre cœur. Dès longtemps ^ le traître est comme possédé du démon. Dans la pensée de l'évangéliste, il n'a jamais été réellement à Jésus. La perspective de la trahison est mise tout exprès à l'arrièreplan de la scène, comme une ombre au tableau ; elle n'est pas destinée à faire ressortir quoi que ce soit de particulier, par exemple la condescendance de Jésus, qui a voulu laver