‹ Études évangéliquesChapitre 243 sur 260 · Cf. VI, 70-71 ; supr. p · texte numérisé non relu

Cf. VI, 70-71 ; supr. p

les pieds de Judas, mais à laisser entrevoir l'attentat que prépare la puissance de ténèbres, tandis que l'amour du Sauveur se manifeste plus parfaitement que jamais aux siens '. Dans Luc , l'annonce de la trahison précède la dispute des disciples sur la primauté, et l'on peut croire que cet arrangement a influencé la rédaction du quatrième Évangile, puisque le lavement des pieds n'est pas autre chose que la mise en acte de la leçon donnée parle Christ aux disciples en cette occasion-. Jésus « savait que le Père lui avait tout remis entre les mains ^ », lui avait confié toute l'œuvre du salut, avec les moyens de l'accomplir, « qu'il venait de Dieu et qu'il retournait auprès de Dieu » : c'est dans cette pleine conscience de sa mission divine, de son origine éternelle et de sa destinée céleste, que Jésus se lève de table pour laver les pieds de ses disciples.

Le rapport des choses et la liaison des idées n'apparaissent pas du premier coup, si l'on s'en tient à la lettre du récit. Une hypothèse banale se présente naturellement et a trouvé crédit auprès des commentateurs : bien qu'il soit si grand ^, ou parce qu'il est si grand ^, il veut s'abaisser, donner un exemple d'humilité. Mais le contraste de la grandeur à l'abaissement n'est pas indiqué. Ce qui ressort du texte, c'est la pleine connaissance qu'a Jésus de sa mission et de son départ, avec l'intention, qu'il exprimera plus loin, de laisser aux siens un souvenir

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