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LES PARABOLES DE l'ÉVANGILE 29
un vieux, façon d'agir tellement absurde qu'elle ne peut être présentée comme une hypothèse naturelle. Cet évangéliste est ordinairement plus heureux, et il sait peindre agréablement quand le thème s'y prête '. Le tempérament littéraire de Matthieu est tout diflerent ; sa tendance serait plutôt à réduire l'élément descriptif qu'à le développer -.
Les additions interprétatives se présentent sous l'apparence de traits descriptifs; mais à ces traits le rédacteur a rattaché une idée qui fait que la description tourne à l'allégorie. On vient de voir plusieurs de ces additions dans la parabole du Festin. A la fin de la parabole des Talents, le maître dit ^ : « Jetez le serviteur inutile dans les ténèbres extérieures », ordre qui convient au souverain Juge, mais non au maître qui a distribué tout son argent à ses domestiques. Les paroles dites aux deux premiers serviteurs ^ : « Entre dans la joie de ton maître », sont dans le même cas. Luc n'a pas ces additions dans la parabole des Mines; en revanche il y ajoute l'histoire du roi qui va chercher l'investiture de sa couronne, avec tout ce qui s'ensuit, développement apocalyptique assez analogue à celui de M?tthieu dans le Festin, et qui dérange tout à fait l'économie de la parabole ^. Le prince de Luc a une attitude peu royale quand il partage dix mines entre dix serviteurs, en leur recommandant de les bien employer; mais tout s'accorde dans l'explication symbolique. Ces compléments allégoriques ne s'accusent pas seulement comme des additions secondaires lorsque la comparai-