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JùLicHEn, I

LES PARABOLES DE l'ÉVANGILE 31

rie, à faire éclater le moule parabolique. D'autre part, le texte des paraboles étant canonisé dans les Synoptiques, sous une forme relativement fidèle, la tradition ecclésiastique s'est exercée à y découvrir les sens les plus profonds et les applications les plus variées. Saint Jean Chrysostome dans l'antiquité ', plus tard Maldonat ^ se sont fait une idée assez juste de ce qu'avaient été réellement les paraboles. Mais c'est seulement dans les temps modernes que l'on s'est préoccupé de leur sens historique, et la question de leur véritable nature ne semble même avoir été bien comprise que de nos jours. -^

1. Cf. JûLiCHER, I, 231-236. La façon dont Chrysostome, expliquant Matth. XIII, 33, justifie le Christ d'avoir parlé de sénevé et de levain à propos du royaume des cieux est très significative : exvOiojzoï; yàs O'.eXévETo àTieiço'.; xal lôtwTat; xat Ssoitévoiç aTrà toûtwv lyifi's^i.i 'ouTto yxp TjTav àvsÀsr; wç xx\ u.t~x taCra OîT|0f,vït £caT,Vs''aç ttoXXt,;. Il dit, à l'occasion des Ouvriers de la vigne : o-j /sy; -iy-x -x sv tïî; T.xzxpnAxl!; xx-x Xéç'.v 7:zziz.zfx^înlix'. iXXà tôv «jxo-ov aa^ovraç. ot 5v 9uv6Té6"if\, tovtov opé- TTî^Oa'. xal ULTjÇèv roÀ'jTrpayaoveîv TrEsatTspco.

2. Cf. JiJLicHER, I, 267-270. « Von einzelnem argen Siinden abgesehen, hat er (Maldonatus) die evangelischen Parabeln, soweit es ohne prinzipielle Kritik an ihrer iiberlieferten Forra und Begrûndung moglich ist, beinahe begriffen. » Maldonat I, 236) dit, à l'occasion de Matth. XI, 16-17 : « Xunc salis est ut moneamus valde esse usitatura ut in parabolis non personae personis, non partes partibus, sed totum negotium toli negotio comparetur. Cap. xiii, 24 : Simile factutn est regnu/n cœlorum homini, qui seininavit bonuni semen in agro. Non enim regnum cœlorum horaini, sed potius semini aut agro simile est. Itaque sensus est, idem accidit in regno cœlorum, atque si quis seminasset bonum semen in agro suo. Et ibidem v. 45 : Simile est regnum cœlorum homini negotiatnri quaerenti bonas margaritas. Non enim homini sed potius raargaritae simile est; et idem accidit in regno cœlorum, atque si quis quaerat bonas margaritas, inventa autem una pretiosa margarita vendat omnia quae habeat et emat eam. Sexcenta sunt exempla generis ejusdem. Itaque frustra laborat qui anxie quaerit quomodo personae personis, partes partibus respondeant. Totum sententiae corpus intuendura est, et integrum ex intégra parabola trahendum, ne in partes divisura pereat atque dissolvatur. » Pour l'appréciation des libertés que prennent les évangélistes, voir supr. p. 18, n. 5.

3. B. A\ eiss a réagi énergiquement contre l'exégèse allégorisante, mais il ne tient pas assez compte de ce que cette exégèse est déjà celle des évangélistes. Cf. Jïilicher, I, 193.

Tous les traits d'allégorie que Ton remarque dans Matthieu et dans Luc ne viennent pas des évangélistes, qui ont pu déjà en trouver une partie dans leurs sources immédiates. Leur tendance personnelle s'accuse au moins dans le choix de ces traits, comme elle se manifeste dans le choix des paraboles. 11 est impossible de déterminer le nombre et la forme exacte des paraboles dans la source commune de Matthieu et de Luc, le recueil des discours du Seigneur, et il n'est pas très probable que les évangélistes aient connu ce recueil autrement que dans des rédactions secondaires. Marc a peu de paraboles ; ce qu'il en a est très vivant, comme ses récits de faits, et 'sans interpolations allégoriques; mais il admet le principe de l'allégorie, et c'est lui qui a insisté le premier sur le caractère mystérieux des paraboles. Relativement à Marc, Matthieu est aussi sobre dans ses paraboles que dans la relation des laits évangéliques, mais il aime les paraboles, et il en a inséré beaucoup dans son livre. 11 est décidément allégorisant et ne se fait pas scrupule d'expliquer la parabole tout en la racontant. Luc est généralement plus discret, et d'une fidélité remarquable pour le temps. Cette fidélité relative tient peut-être moins à son respect pour le texte traditionnel qu'à son sens littéraire, qui l'empêche de désarticuler et d'embrouiller ses récits. 11 a la touche du sentiment : c'est lui qui a gardé les belles histoires de l'Enfant prodigue, du Samaritain, de Lazare. 11 se complaît dans la psychologie de la religion. S'il n'a pas certaines paraboles de Matthieu concernant le royaume des cieux, c'est qu'il a moins de goût pour les exemples tirés de la nature ', et qu'il est aussi moins préoccupé de l'eschatologie. Les jeux de dialogue où il se complaît peuvent être en partie de lui. Il met, plus que Matthieu, du sien dans les récits, mais

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