Matth. ni, 7; xii, 34; xxni
Téclaire pas. Elle demanderait plutôt une explication, tandis que la comparaison n'en a pas besoin, si elle est juste ; et si elle n'est pas juste, elle tombe. Or ce qui est vrai de la comparaison et de la métaphore est vrai de la fable ou de la parabole, qui sont des comparaisons développées, et de l'allégorie qui est une série de métaphores coordonnées, en rapport avec l'objet sous-entendu, ou bien de l'énigme qui est une combinaison de métaphores incohérentes, en rapport avec l'objet à deviner '. La fable est un genre clair, comme la comparaison. L'allégorie est un genre mystérieux, comme la métaphore. La comparaison et la fable conviennent à un enseignement populaire. L'allégorie convient à l'instruction parle livre; exercice de savant et de lettré, qui s'adresse à des lecteurs non dépourvus de science ni de littérature. C'est pourquoi les discours du Christ synoptique, échos de sa prédication, sont remplis de comparaisons et de paraboles, tandis que ceux du Christ johannique, qui sont un tissu d'allégories, n'auraient jamais pu être prononcés, si ce n'est devant un petit cercle d initiés, préparés de longue date à les entendre. Jésus, dans les premiers Evangiles, emploie des métaphores isolées, mais il ne les enchaîne jamais en allégorie, et il évite de les choisir obscures. Pour saisir la différence des deux méthodes, parabolique et allégorique, on n'a qu'à comparer le Discours de la montagne avec le discours johannique sur le pain de vie ^ ; et pour voir comment Jean sait transformer en allégorie une
simple métaphore synoptique, on n'a qu'à mettre la parole sur la moisson et les ouvriers ^ à côté des considérations du Christ johannique sur les rôles du semeur et du moissonneur ^. On sentira par ces exemples, mieux que