JiJLicHER, II
satisfaisante dans les détails, quoique le récit ait pu être quelque peu arrangé en vue de l'explication. Satan peutil être figuré par les oiseaux qui enlèvent le grain, ou même leur être comparé ? La semence est perdue parce que les oiseaux la mangent; ce trait n'est pas allégorique, et les oiseaux ne sont pas Satan; mais à ne considérer que le texte du récit, on ne se douterait pas que le narrateur veut établir un parallèle entre les oiseaux du ciel et le diable, entre le grain mangé et la parole effacée. Soupçonnerait-on aussi qu'il y a une analogie très étroite entre du blé à peine levé, que le soleil brûle, et des gens que la persécution décourage? L'influence des passions auraitelle été moins bien figurée par l'action du soleil, et celle de la persécution par les épines? Tout en voulant allégoriser, les évangélistes ne sortent pas de la comparaison ; mais ils poussent la comparaison plus avant que la fable ne le demande K
L'enseignement qui ressort de la parabole est celui-ci : de même que, lorsqu'on sème du blé, une partie de la semence est perdue, soit parce que les oiseaux l'ont mangée d'abord, soit parce qu'elle a été brûlée en herbe, soit parce qu'elle a été étouffée en tige, et qu'une partie seulement fructifie en des proportions diverses, ainsi la parole évangélique est perdue pour plusieurs, soit parce que les uns ne la retiennent pas après l'avoir entendue, soit parce qu'elle fait sur d'autres une impression qui s'efface à la longue, chez ceux-ci un peu plus tôt, chez ceux-là un peu plus tard, selon les circonstances ; et elle ne produit que chez les hommes de bonne volonté un fruit abondant et varié. L'accent n'est pas sur les causes qui amènent la perte de la semence, pour les comparer à celles qui amènent l'inefficacité de la parole, mais sur la perte elle-même, et subsidiairement sur le