Cf. JiiMCHKR, II, 5;J
temps qui s'écoule entre les semailles et la consommation de la perte. Comme il y a du grain qui est perdu tout de suite, d'autre qui lève et d'autre même qui a le temps de grandir, mais n'arrive pas à donner son épi, il y a des auditeurs de la parole qu'on pourrait appeler disciples d'un instant, disciples de quelques jours et de quelques semaines, mais qui ne sont pas réellement disciples, parce qu'ils n'ont pas la volonté persévérante qui est la condition du salut. Jésus a pu dire cette parabole pour expliquer les résultats divers de sa prédication, résultat négatif chez les uns, résultat positif chez les autres, sans insister autrement sur leur proportion relative. La parabole du Semeur était une leçon par comparaison. L'essai d'interprétation allégorique peut être déjà dans Marc un écho de la prédication chrétienne ' plutôt que l'œuvre personnelle du rédacteur; mais son rapport avec le récit, son contenu, et l'artifice par lequel on l'a rattaché à la parabole donnent à penser que, dans sa forme actuelle, il ne remonte pas jusqu'à Jésus; c'est un travail réfléchi de la tradition.
Dans la parabole de l'Ivraie, l'interprétation s'adapte au récit, à tel point qu'on pourrait l'en déduire, quand même l'évangéliste ne l'aurait pas indiquée- : c'est que la parabole ne comporte pas d'autre sens, et que cette parabole est une véritable allégorie. La formule initiale '•* : « Le royaume des cieux ressemble à un homme », et l'emploi de la particule comparative dans l'explication ^ attestent simplement que le schéma traditionnel des paraboles et l'idée de comparaison n'ont pas laissé d'influencer l'évangéliste. Tous les traits du récit n'en ont
1. Cf. JiJLicHER, II, 534, où l'hypothèse d'une rédaction écrite antérieure à Marc est peut-être udmise trop facilement.