AVAN'T-PROPOS IX
proprement parler, la préface de l'Evangile ; qu'ils résument, en ternies généraux et symboliques, Tœuvre du Verbe incarné, identifié d'abord au Verbe créateur, et que l'entrée en scène de Jean- Baptiste, au V. 6 : « Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean », marque le commencement de la relation évangélique, quoique le parallèle entre le Christ et son Précurseur forme comme une seconde introduction, d'apparence historique. A-t-on le droit de négliger le sens naturel du texte, à seule fin de retrouver dans l'ensemble du prologue une histoire complète du Verbe, depuis la création du monde jusqu'à l'incarnation, et des points de contact plus nombreux avec les idées de Philon d'Alexandrie ? Si l'on applique aux manifestations du Verbe non incarné le développement ' qui commence par ces mots : « La vraie lumière, qui éclaire tout homme, venait dans le monde », une confusion intolérable s'introduit dans le discours. L'ëvangéliste a déjà présenté Jean'au lecteur, en disant que le Baptiste n'était pas la lumière, mais qu'il devait rendre témoignage à la lumière. La lumière à laquelle Jean a rendu témoignage ne peut être que le Christ, le Verbe incarné ; et c'est cette même lumière qui venait dans le monde, au temps même où Jean parlait pour elle ; c'est elle qui n'a pas été reçue chez les siens, et qui pourtant donne à ceux qui croient au nom du Christ la faculté de devenir enfants de Dieu. Mais la lumière qui est venue, quand Jean prêchait, dans le monde qui ne l'a pas reçue, est aussi la même que celle dont on a dit qu'elle brillait dans les ténèbres ; la lumière vraie, qui éclaire tout homme, ne peut être que celle dont on a dit d'abord qu'elle était la lumière des hommes, et ces formules tout h fait parallèles ne représentent pas des œuvres essentiellement distinctes. La mention de l'incarnation, qui arrive seulement dans la dernière partie du prologue, a contribué sans doute et contribue encore à faire supposer que ce qui précède concerne l'activité du Verbe non incarné. Cependant l'incarnation, dans la perspective du quatrième Evangile, coïncide avec le témoignage de Jean. C'est pourquoi l'évangéliste a pu écrire, sans rétrogradation ni écart de sa pensée, en coordonnant ses atlirmations à la révélation du \erbe dans le Christ : « Il y eut un homme envoyé de Dieu,