AVANT-PROPOS
qui s'nppelait Jean,.. La vraie lumière... venait dans le monde... Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous... Jean lui rend témoignage. « L'incarnation n'est pas le terme de la longue histoire que Ton croit découvrir dans les passages qui décrivent l'action de la lumière; elle est l'objet du témoignage annoncé, dès le début, avec le personnage de Jean-Baptiste ; elle est le (ait initial de l'Evangile et remplace, en quelque façon, le récit du baptême du Christ dans les Synoptiques. Il est assez naturel que le préambule d'un évangile ne contienne rien d'étranger à l'histoire évangélique ; que l'auteur, ayant commencé par identifier le Christ au Verbe créateur, soit préoccupé surtout du Verbe incarné ; qu'il résume, avant delà raconter, l'œuvre du Verbe fait chair* en la caractérisant parles mots « vie » et « lumière », qui sont pour lui la définition du Christ en tant qu'agent du salut.
Le prologue prépare ainsi l'Evangile, en contient la philosophie générale, en énonce la conception christolog^cjne et les thèses principales, touchant le rôle du Christ vie et lumière du monde. La manière dont les données synoptiques et la tradition chrétienne sont exploitées au profit de ces doctrines apparaîtra dans l'analyse du discours à Nicodème, de l'instruction sur le pain de vie, et de la scène du lavement des pieds. Le discours à Nicodème a pour objet la régénération de l'homme par le baptême et par la foi au Christ lumière. Le chapitre VI de Jean figure, dans la multiplication des pains, et décrit, dans le discours sur le pain de vie, le mystère de la vie éternelle que le Christ vie communique aux siens, et dont l'eucharistie est le symbole efficace. Le récit du lavement des pieds enseigne la loi de l'amour qui se dévoue jusqu'à la mort. Derrière le discours à Nicodème, il y a d'abord l'anecdote synoptique de l'homme qui demande à Jésus ce qu'il faut faire pour posséder la vie éternelle, et aussi la pratique du baptême chrétien, avec l'expérience des dons de l'esprit divin. Derrière le chapitre VI, il y a les récits synoptiques de la multiplication des pains, celui de la dernière cène et la pratique du sacrement de l'eucharistie. Derrière le symbole du lavement des pieds, il y a le récit de l'institution eucharistique xlans les premiers Evangiles et dans saint Paul. Le tout s'éclaire et s'harmonise dans les conceptions de lumière, dévie, de charité. Ce n'est plus proprement de l'histoire évangélique; car les dis-