Matth. XXIV, 43 (Lcc, xii
être sous-entendu, sans que la comparaison devienne pour cela une allégorie. Lorsque Jésus a dit ^ : « On ne coud pas une pièce neuve à un vieil habit..., on ne met pas de vin nouveau dans de vieilles outres », il n'a pas voulu figurer dans les étoffes, le vin et les outres, des réalités spirituelles, mais éclaircir, par une double comparaison, un terme visé implicitement et facile à suppléer dans les circonstances où le discours a été tenu. Le point sur lequel portait l'analogie des deux termes était l'incompatibilité du neuf et du vieux. Deux allégories l'une sur l'autre ne rendraient pas le rapport plus évident; car on serait obligé de deviner ce que signifient l'habit et la pièce, puis le vin et les outres, et l'on perdrait de vue l'objet principal de la leçon. La double comparaison ne sert qu'à faire valoir une vérité d'expérience commune, en vue de l'application qu'en fait le paraboliste. Vieux et neuf, pièce neuve et vieil habit, vin nouveau et vieilles outres, ne vont pas ensemble; de même. Evangile et tradition pharisaïque ne sont pas à concilier. 11 ne s'ensuit pas que l'Evangile ressemble à une pièce d'étoffe ou à du vin, ni que la tradition pharisaïque ressemble à un habit ou à une outre. Les termes de la comparaison ne se confondent pas, ils n'ont entre eux de commun que les qualités de vieux et de neuf, d'où se déduit l'application de la double similitude '^. Beaucoup d'autres sentences se présentent dans les mêmes conditions. Si quekpies-unes sont devenues obscures pour nous ^, c'est par un défaut de la tradition qui, en retenant le terme sensible de la comparaison, a oublié ou négligé le terme spirituel, fourni à l'origine par les circonstances du discours.
La parabole proprement dite se distingue de la compa-