Par exemple Matth. xxiv, 28; Luc, xvii
LES PARABOLES DE l'ÉVANGILB 99
raison simple en ce qu'elle forme un récit complet, une fable. Les éléments descriptifs et narratifs de cette fable ne sont nullement symboliques, mais le récit a son objet particulier, on peut dire sa pointe, laquelle comporte une application à l'ordre religieux et moral, par voie d'argument fondé sur l'analogie, c'est-à-dire encore par voie de comparaison. La parabole ne renferme pas plus de mystère que la comparaison commune. C'est un moyen d'instruction ou de démonstration tout semblable, mais qui a son point de départ dans un cas particulier, ou qui semble tel, tandis que la comparaison part de faits généraux et d'expérience vulgaire '. Dans les comparaisons citées plus haut, la force de la preuve vient de la solidité du principe général que font valoir les exemples de la pièce neuve et du vieil habit, du vin nouveau et des vieilles outres. Dans la parabole, ce qui fait le nerf de l'argument est l'évidence du cas particulier : faut-il s'étonner que la parole évangélique ne porte pas fruit en tous ceux qui l'entendent, et n'est-ce pas ce qui arrive au blé que le semeur jette dans son champ? Ne faut-il pas être prêt pour l'avènement du royaume, si l'on ne veut en être exclu, comme les cinq jeunes filles qui arrivèrent au festin des noces quand l'époux était entré et la maison fermée? Le juste a-t-il le droit de se plaindre que Dieu pardonne, puisqu'il ne saurait blâmer le père du prodigue d'avoir fêté le retour de son fils? Et d'autre part, ne convient-il pas que Dieu refuse le pardon à celui qui ne pardonne pas, comme le roi de la parabole se montra impitoyable pour le serviteur qui avait été sans pitié pour son compagnon ?
A cet égard, la parabole ne diffère pas de la fable, qui est, par ses origines, un genre populaire, la morale en action de philosophes inconscients. Comme la fable, la parabole est un récit fictif qui sert à faire valoir une idée