‹ Études évangéliquesChapitre 61 sur 260 · Lcc, xvni · texte numérisé non relu

Lcc, xvni

aussi naturelles que les faits de chaquejour. Ces histoires sont des tableaux complets en eux-mêmes, non des ébauches, comme certains récits du quatrième Evangile, par exemple la démarche de Nicodème ^ et les noces de Gana ~, que l'auteur paraît oublier de finir, quand il en a tiré tout ce qu'il voulait. Il faut que la fable soit achevée pour qu'on arrive à sa morale, puisque celle-ci résulte de l'histoire entière, non de tel trait particulier de la description. Le récit doit donc être conduit jusqu'à un point culminant où l'anecdote a son intérêt, et au delà duquel on n'a besoin de rien apprendre -^ La parabole des Ouvriers de la vigne est bien finie, car il était inutile de dire si les ouvriers de la première heure avaient été contents de l'explication donnée par le maître; ils ont dû être satisfaits, et ils auraient eu grand tort de ne l'être pas. On ne tient pas plus à être instruit de ce qu'ont pu faire les cinq jeunes filles étourdies après avoir frappé en vain à la porte de l'époux ; elles avaient manqué le festin, et il s'agissait seulement de savoir si elles arriveraient à temps. De même pour le figuier stérile ^ ; on ne dit pas s'il a porté fruit la quatrième année : c'est que l'incertitude est la conclusion même de l'histoire ; le sort de l'arbre dépend de ce qu'il donnera ou ne donnera pas. Pour entendre les paraboles, il faut se placer en face de la situation indiquée par le récit, et se dire, l'histoire comprise : il en est ainsi du royaume des cieux ^.

L'application n'est pas toujours marquée dans les Evangiles, ou bien elle l'est quelquefois par conjecture des évangélistes. Comme la tradition a retenu des indices ou des moitiés de comparaison, elle a retenu des parabo-

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