‹ Études évangéliquesChapitre 65 sur 260 · Cf. JULICHER, I · texte numérisé non relu

Cf. JULICHER, I

2. Cf. JùLiCHER, I, 145, et 155 : « In seinen Parabeln wird die Freude des Morgenlanders an bunten Bildern, w'ie das Sehnen des Abendiânders nach klaren Gedanken zufriedengestellt ; er gehôrl wirkiich nicht einer Nalion oder einem Vôlkerkreise nur an ; seine hohe Originalitàt steht iiber den Gegensâtzen : est ist ï^chôn dass ^vir ihn unier dem Namen des Mensclien So/in verehren diirfen. »

3. Riche insensé, Riche et Lazare, Samaritain, Pharisien et publicain

sont pas moins remarquables que les autres. Ils sont également fictifs, bien qu'on ait pu se demander si ce n'étaient pas des histoires vraies ^ parce que Jésus les raconte comme si elles étaient arrivées. Ces récits se mouvant dans la sphère des intérêts spirituels, la leçon qui s'en dégage est directe et ne se fonde pas sur un raisonnement analogique. Ce sont des cas typiques d'où ressort avec évidence l'instruction générale qu'on veut donner. Il n'y a pas plus d'allégorie dans ces paraboles que dans les autres. Le pharisien est orgueilleux, comme Lazare est pauvre; mais le pharisien ne représente pas l'orgueil, ni Lazare la pauvreté. Le cas du premier fait comprendre seulement qu'un juste content de lui-même est moins agréable à Dieu qu'un pécheur qui reconnaît humblement ses fautes ; et le cas du second, qu'un pauvre à qui appartient le bonheur de l'éternité est plus enviable qu'un riche à qui l'enfer est réservé. Nombre de fables communes portent ainsi leur morale en elles-mêmes ^.

1. Surtout pour Lazare, qui est désigné par son nom. Maldonat (II, 2S0) croit devoir admettre un mélange d'histoire et de parabole, en alléguant 1° que l'on prouve par le même argument l'historicité de Job (la preuve n'en est pas plus solide ; si le pauvre a un nom, ce doit être pour faciliter le jeu de dialogue entre le riche et Abraham); 2° que les paraboles ne sont pas ordinairement prises de ce qui arrive en l'autre vie, et que le Christ seul a pu parler de ces choses, comme il fait ailleurs des choses de la nature et de la vie présente (argument qui tend à rendre suspecte l'authenticité même du récit, puisque la force probante des paraboles réside en ce que leur matière est prise dans l'ordre des choses observables; l'exemple ne prouve plus rien si l'on conteste, comme Maldonat, que le riche en enfer ait pu converser avec Abraham; cf. p. 33, n. 7) ; enfin, 3° que « ea tolius Ecclesiae sententia est, quae duos facit Lazaros (celui de la parabole, et celui de Jkan, xi) et utrique cultum exhibetac dedicat templa... Nec enim Ecclesia personae quae numquam fuisset cultum exhiberet (fait qui, pour l'historien, prouve seulement le crédit dont a joui autrefois l'opinion dont il s'agit). A propos du Pharisien et du publicain, Maldonat dit (11, 313) que ce doit être une parabole, « quanquam incerlura est situe ista parabola au historia ».

2. Par exemple, les Voleurs et l'âne, la Mort et le bûcheron, l'Enfant et le maître d'école, etc.

LES PARABOLES DE l'ÉVAI^GILE 69

Dans ces quatre paraboles, si le récit n'instruit pas au moyen d'une comparaison, il sollicite directement l'auditeur à en faire une, en examinant ses propres sentiments et sa conduite en regard de l'exemple proposé. La notion du mashal y est par là réalisée S et l'on ne contestera pas que les héros de ces histoires soient restés en proverbe et en leçon pour la postérité. Les tableaux ont la même vie, le même naturel et la même unité que les autres. On pourrait objecter que l'histoire de Lazare a une conclusion double, attendu que la première partie tend à montrer comment la vie future fournit une sorte de compensation à la vie présente, donnant le bonheur à qui a souffert, et la peine à qui a joui, tandis que la seconde partie fait ressortir l'endurcissement des frères du riche, personnages dont la première partie n'avait même pas mentionné l'existence. Mais ce supplément, bien reconnaissable comme tel dans la rédaction % est une allégorie qui figure l'incrédulité des Juifs à l'égard du Christ ressuscité ^. Les cinq frères ne sont pas cinq hommes opulents qui oublieraient d'apprendre dans la Bible à se détacher de leurs biens : la prédication du renoncement n'est pas une spécialité de Moïse et des Prophètes ; ce que les Livres saints enseignent, c'est la loi qui sauve ; les cinq frères n'écoutent pas Moïse et les Prophètes, parce qu'ils ne savent pas y retrouver le Christ; et l'on affirme que la résurrection d'un mort ne les toucherait aucunement, parce que la résurrection de Jésus n'a fait aucune impression sur les Juifs. La parabole devient une allégorie destinée à expliquer la réprobation d'Israël. Intelligible comme pensée de la tradition chrétienne, cette allégorie aurait

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