Cf. Jûi.icHER, II
été dépourvue de sens dans la bouche du Sauveur, puisqu'elle suppose sa mort et sa résurrection, la résistance du judaïsme à la nouvelle foi, la controverse des chrétiens avec les Juifs sur les prophéties messianiques. Elle est superposée à la parabole, dont elle altère la signification et l'unité primitives. Un peu de confusion se remarque aussi dans la finale du Samaritain \ la question que Jésus fait au scribe qui l'a interrogé n'étant pas dans le droit fil du récit. Simple défaut de rédaction, qui provient de ce que Luc a voulu rattacher à l'anecdocte concernant le grand commandement ^ une parabole où était décrit un acte de charité. La combinaison est artificielle. 11 résultait de la parabole qu'un Samaritain charitable est plus près de Dieu qu'un ministre de Dieu sans charité. La finale primitive devait être conçue dans ce sens : qui des trois, prêtre, lévite, Samaritain, est le plus digne du royaume des cieux "* ?
La parabole évangélique était donc une simple fable dont l'application avait pour objet le royaume de Dieu ; elle était à prendre à la lettre; elle était parfaitement claire, apte à rendre intelligible à la masse du peuple la religion de Jésus. Si tous ceux qui ont entendu le Christ n'ont pas été gagnés à l'Evangile, ce n'est pas que son enseignement ait été obscur, c'est que, dans l'ordre des choses morales, la persuasion naît de la bonne volonté autant et plus que de l'intelligence. Tous les pharisiens qui ont pu entendre la parabole du Pharisien et du publicain l'ont certainement comprise ; mais, pour entrer dans les sentiments du publicain, il ne suffisait pas de comprendre la leçon. L'allégorie, qui aurait nui à la clarté des paraboles, n'y a eu aucune place. Autant qu'on en peut juger d'après les textes critiquement examinés,