‹ Études évangéliquesChapitre 69 sur 260 · IV · texte numérisé non relu

IV

interrogé par les Douze et les autres personnes de sa suite ordinaire. S'est-il donc éloigné en mer, et ceux qui le questionnent étaient-ils tous avec lui dans la même barque ? Après l'explication du Semeur, et sans qu'on ait pris soin de ramener la barque vers le rivage, d'autres paraboles sont introduites ; mais le lecteur s'aperçoit, à la fin, qu'elles ont été prononcées devant le peuple ^ par Jésus resté dans la barque, à l'endroit où il était pour dire la première; c'est le soir seulement qu'il demande à ses disciples de gagner au large, vers l'autre bord du lac'-. La question des disciples et la réponse qu'y fait Jésus se trouvent ainsi en dehors du cadre tracé pour le discours ; elles ne sont pas anticipées, car l'évangéliste ne dit pas quand Jésus se trouva seul, et il le conduit à l'écart sans l'éloigner, l'écart n'étant que pour situer l'explication de la parabole relativement à son texte ; elles se présentent comme une enclave dans un discours où l'on avait réuni un certain nombre de paraboles. Cette bizarrerie de la rédaction est très facile à comprendre, si l'on admet que l'explication du Semeur et les réflexions qui la précèdent n'avaient pas à être placées en un point réel de l'espace et du temps, mais se sont superposées à la parabole, qui seule appartient à l'histoire de Jésus ; elles se passent pour ainsi dire au-dessus de la parabole, dans la région des spéculations théologiques ; c'est pourquoi Jésus s'éloigne sans s'éloigner, et se retrouve à l'endroit d'où il était parti, sans avoir besoin d'y être ramené.

Mais dans cette enclave même la rédaction n'est pas homogène. On lit d'abord que ceux qui entouraient Jésus « lui demandèrent les paraboles'^ », c'est-à-dire, à en juger par la réponse, qu'ils interrogent le Sauveur touchant la raison d'être de l'enseignement parabolicjue en

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