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est censé répondre : « Le secret du royaume vous est donné, à vous ; mais à ces gens du dehors tout vient en paraboles », c'est-à-dire on ne propose rien que des paraboles, selon la remarque faite dans la conclusion du récit '. La doctrine du Sauveur a deux formes : une forme simple, où le secret du royaume est révélé, dans ses termes propres, à l'entourage du Maître ; et une forme compliquée, abstruse, à savoir la parabole, où le secret demeure enveloppé, inintelligible, et qui est pour les gens du dehors; l'Evangile est un enseignement ésotérique, très clair en luimême, pour ceux qui croient, et un enseignement exotérique, très obscur, pour les autres ; il a ces deux formes et ces deux qualités par une volonté réfléchie du Christ. Cette conception systématique d'un double enseignement est étrangère à l'esprit de Jésus; car autre chose est la réserve gardée par lui touchant sa vocation de Messie, et autre chose le parti pris de mettre l'Evangile du royaume en deux sortes de discours. Jésus n'a pas regardé ni présenté comme un mystère le royaume dont il annonçait l'avènement. Le mot « mystère » n'appartient pas au vocabulaire évangélique, mais à celui de Paul et de l'Apocalypse -.
1. Les deux passages (v. 11 et v. 34) se font écho, et le v. 34 éclaircirait encore, s'il en était besoin, la véritable signification du v. 11. Il est arbitraire de traduire la fin de celui-ci : « Mais à ceux du dehors, tout » ce qui se passe autour d'eux et en eux « devient énigme ». Le « mystère » est donné aux disciples par des paroles, et c'est aussi en paroles, mais « en paraboles », c'est-à-dire, selon le sens de l'évangéliste, en énigmes, qu'il « vient à ceux du dehors ». Cf. Jïjlicher, I, 122, n. 1.
2. Les Evangiles n'emploient le mot (luffTTjpiov qu'en cet endroit. Le rédacteur de Marc l'aura donc emprunté au langage de la théologie apocalyptique, parce qu'il regardait les paraboles comme des révélations cachées sous des images. L'accord des deux autres évangélistes dans l'emploi du pluriel uLOTTY^ctï ne prouve pas qu'ils dépendent d une source commune autre que Marc, et où la parole n aurait pas été en rapport avec le Semeur et la question des paraboles hypothèse de J. Weiss, ap. JiJLiCHER, L 130). On peut douter que cette rencontre soit fortuite, mais l'hypothèse d'une parole du Christ sur « les mystères
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Qu'il désigne ici le royaume en tant qu'objet des secrets desseins de la Providence, ou ce qui est pour Paul le véritable mystère du royaume, c'est-à-dire la signification profonde et l'efficacité rédemptrice de la mort du Christ, il n'est pas à sa place dans la bouche de Jésus, pour qui l'idée du royaume et de sa venue prochaine est exempte de} toute obscurité. Jésus n'a pas davantage considéré ses auditeurs ordinaires comme étant des gens « du dehors ». Celui qui désigne ainsi les Juifs voit dans les disciples de l'Evangile un groupe constitué à l'écart du judaïsme, comme les communautés de son temps l'étaient vis-à-vis des synagogues ; peut-être esl-ce pour cette raison qu'il nomme avec les Douze, qui ne suffiraient pas à former sa petite Eglise, « l'entourage », société plus considérable, inconnue au reste de l'Evangile K Le secret du royaume est donné à ces fidèles. Pour mettre cette assertion d'accord avec le contexte, on a voulu que « donner » signifiât « destiner », et que l'explication des paraboles fût ainsi promise aux disciples, par conformité à une intention de la Providence ~. Il résulte, en effet, de ce qui suit, que les disciples, ne comprenant pas la parabole du Semeur, ont besoin qu'on la leur explique; mais le présent texte est dominé par une autre préoccupation. Les disciples connaissent déjà le secret, ou du moins ils doivent en être dépositaires, bien que le rédacteur ne leur en attribue sans doute pas la pleine intelligence; ils étaient prédestinés à cette connaissance et ils l'ont déjà reçue ou la recevront indépendamment des paraboles, tout comme ceux du dehors sont privés déjà et continueront, moyennant les paraboles, à être privés de la vérité, parce qu'ils
du royaume » est extrêmement précaire, puisque Matthieu dépend de Marc, que Marc ne dit rien qui ne soit exigé par son opinion sur les paraboles, et que Luc a pu être influencé par Matthieu.