B. Weiss, op. cit
LES PARABOLES DE l'ÉVAXGILE 83
ne doivent pas y parvenir. C'est pour «les gens du dehors» que Jésus parle en paraboles; on suppose qu'il n'aurait jamais parlé de la sorte s'il n'avait eu qu'à instruire ses disciples; les énigmes paraboliques leur seront expliquées pour que les discours adressés à la masse ne soient pas perdus pour eux ; mais ce point est secondaire, la prédication parabolique n'étant pas ce qui leur convient, et la vérité leur étant par ailleurs communiquée saps voile, selon qu il importait à leur mission. Si cette manière de voir n'est pas en contradiction formelle avec d'autres passages de l'Evangile qui font ressortir la pesanteur d'esprit des apôtres ', elle ne s'accorde pas avec la seconde réponse, où Jésus s'étonne que les disciples n'aient pas compris le Semeur, et se demande ce qui adviendra s il en est de même pour toutes les autres paraboles -. D'après la première réponse, les paraboles sont obscures en ellemêmes ; Jésus ne s'en sert pas, à proprement parler, pour instruire qui que ce soit, mais pour que les Juifs ne puissent voir ce qu'ils ont devant les yeux, ni comprendre ce que leurs oreilles entendent, ni saisir la vérité du salut qui leur est prêché; autrement ils pourraient se convertir et mériter leur pardon; or le Juge a décrété qu'ils ne doivent pas être réconciliés ni sauvés; l'Evangile leur est présenté de façon à n'empêcher pas, mais à faciliter plutôt la réalisation de ce conseil divin. L'esprit de la théorie n'est pas moins paulinien que sa lettre ^ et comme l'influence de Paul est sensible en d'autre endroits de Marc, on peut croire qu'elle s'est exercée particulièrement en celui-ci.