Cf. supr. p
3. L'idée fondamentale est celle de Paul dans Rom. ix, 18-29; x, 16-21 ; XI, 8-10. La fin providentielle que l'Apôlre assigne au don des langues I Cor. xiv, 21-25 est assez analogue à celle que Marc attribue aux paraboles Holtzmanx, op. cit. 73 : ce don est un signe pour les incroyants dont il provoque la moquerie, bien qu'il puisse,, moyennant interprétation, servir à l'édification des fidèles.
Les deux autres Synoptiques ont gardé l'idée du second Evangile, en l'atténuant dans la forme plutôt que dans le fond. Luc corrige en abrégeant la rédaction et en supprimant les incohérences. Les disciples ne demandent pas la raison des paraboles, mais la signification de celle qui vient d'être dite^ Les deux réponses de Jésus semblent se fondre en une seule, où est exprimée d'abord la raison générale des paraboles, dans les termes fournis par Marc, mais en élaguant ceux qui pouvaient sembler trop forts ou inexacts. Il n'est pas dit que « le secret du royaume est donné » aux disciples, mais qu'il leur est « donné de connaître les secrets du royaume de Dieu ^ », ce qui ne suppose pas une connaissance acquise ou à acquérir indépendamment des paraboles ; le royaume n'est pas résumé en un secret unique, mais consiste en plusieurs vérités profondes-^, parce que l'évangéliste a songé à la variété des paraboles et de leur objet, non à ce qui était pour Marc le mystère fondamental du salut. Il n'est point parlé des « gens du dehors », mais des « autres ^ », ce qui rentre dans la couleur locale. 11 n'est pas affirmé que « tout vient » à ceux-là « en paraboles », mais que les mystères leur sont ainsi proposés, ce qui efface une exagération et tient compte de ce que les discours publics du Sauveur ne contiennent pas que des paraboles. L'évangéliste laisse tomber la finale : « de peur ([u'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné », sa délicatesse morale ayant été probablement choquée d'une formule si hardiment impitoyable ^. L'essentiel de la théorie n'en