‹ Études évangéliquesChapitre 77 sur 260 · Cf. p. 75, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 75, n

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LES PARABOLES DE l'ÉVANGILE 87

certaine mesure, contre la théorie du second Evangile ; mais, comme on veut maintenir cette théorie, une confusion s'introduit dans les idées et dans le discours. La vue systématique de Marc est élargie au dépens de la consistance et de l'homogénéité. Au lieu de recourir à une méthode d'enseignement aussi singulière, pourquoi le Christ n'abandonne-t-il pas à eux-mêmes ceux qu'il ne veut pas éclairer, et ne se contente-t-il pas de révéler sans figure les vérités salutaires à ceux qui sont prédestinés à les connaître ?

Dans Matthieu, aussi bien que dans les deux autres Evangiles, la forme parabolique a, comme telle, sa raison d'être par rapport à ceux à qui Dieu refuse la connaissance des secrets du royaume ; mais on ne dit pas sans quelque détour qu'elle a pour fin de leur en dérober l'intelligence. Le principe de la distinction posée entre les deux catégories d'auditeurs est justifié par une sentence que Marc * rapporte après l'explication du Semeur, et que Matthieu - anticipe assez maladroitement : a Car à qui a l'on donnera, et il sera dans l'abondance » , c'est-à-dire que les disciples, déjà instruits de la vérité, verront leur science croître de plus en plus ; « et à qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a », c'est-à-dire que la masse des Juifs, ignorante du royaume que Jésus annonce, perdra le peu de lumière spirituelle qu'elle pouvait avoir aupara- •vant, soit que l'on entende par ce peu la proposition des paraboles dont les Juifs ne tireront aucun profit ^, soit plutôt qu'on y voie la vérité de la Loi, qui reste acquise au chrétien et qui est perdue pour le Juif par l'effet de son incrédulité à l'Evangile ^. Ainsi le dédoublement introduit dans la théorie de Marc s'accentue de plus en plus, et le

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