JùLicHER, I
des enfants, des ignorants et des simples. Jésus s'en est servi parce que ce moyen lui agréait à lui-même et convenait à son auditoire. Jamais il n'a dit un seul mot pour n'être pas compris, ne fût-ce que d'un seul homme ; quand il n'a pas été compris, il en a été affligé ; il ne se consolait nullement dans la pensée que l'endurcissement de ses auditeurs était la conséquence d'un décret divin. Paul, qui aurait pu se complaire, pour son propre compte, en de semblables théories, se faisait, dans la pratique, tout à tous, et n'aurait jamais pensé à dire un seul mot qui pût arrêter le dernier des Juifs sur le chemin de l'Evangile*. Des explications comme celles de Marc se trouvent après coup, quand on en a besoin. L'idée de la parabole aveuglante s'est produite seulement quand, à distance des événements, on a spéculé sur les paraboles et sur l'incrédulité d'Israël à l'égard du Sauveur. Il est impossible de la prêter à une personne agissante, auparaboliste lui-même, dans le temps où il parle comme il faut pour être compris des esprits les moins cultivés. En usant de la parabole, Jésus n'a pu se proposer d'autre fin que d'éclairer. Il en a usé dès le commencement. Si Marc et Mathieu semblent dire qu'il ne l'a employée qu'à partir d'une certaine époque 2, c'est à raison