Cf. JùLicHER, II
3. Luc, XIII, 6-9. L'application aux Juifs qui n'écoutent pas l'Evangile est très vraisemblable, et l'évangéliste lui-même, autant qu'on en peut juger par le contexte, a entendu allégoriquement la parabole en ce sens (Jôlicher, II, 443, est d'avis contraire). Les trois ans du v. 7 n'ont aucun rapport avec la durée du ministère de Jésus dans le quatrième Evangile : que signifierait l'addition de la quatrième année ? Sur le rapport de la parabole avec Marc, xi, 12-14, 20-25, voir Jïjlicher, II, 444-448, qui admet l'indépendance réciproque de la parabole et de l'anecdote du figuier stérile. Il semble du moins que Luc ne raconte pas l'anecdote parce qu'il lui a trouvé le même sens qu'à la parabole.
l'arbre ne donnait pas de figues, on l'arracherait. Le royaume de Dieu n'est pas fait pour couronner les existences infécondes ni l'indifférence d'Israël à l'égard de l'Evangile. Même ceux qui ont travaillé pour le royaume ne doivent pas se relâcher. Quoi de plus utile que le sel ? mais quand il s'affadit, il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors '. Il ne faut donc pas se reposer sur ce qu'on a été ou sur ce qu'on a fait, mais être toujours actif et vigilant.
Le royaume pourtant n'est pas une rétribution exacte des œuvres humaines; c'est un don de Dieu, garantie tous ceux qui viennent à lui sincèrement; le pécheur y acquiert par le repentir un titre, sinon un droit, égal à celui du juste. Il en est du royaume comme de ces ouvriers qu'un propriétaire avait loués un jour, pour travailler à sa vigne ~ ; il en avait pris dès le matin, en leur promettant un denier; puis il en avait recruté d'autres, à des heures différentes, et jusqu'à une heure avant la fin de la journée; le soir venu, il fit donner un denier à tous, et les premiers ^'étaient pas contents; mais il leur observa fort justement que sa générosité ne leur causait aucun préjudice. De même, ceux qui ont passé leur vie au service de Dieu n'ont pas à murmurer de ce que le pécheur, venu tardivement à résipiscence, est admis au royaume des cieux. La bonté de Dieu ne leur fait aucun tort. Et Dieu ne serait point père s'il n'avait pas cette bonté; non seulement