‹ Études évangéliquesChapitre 93 sur 260 · Matth, V, 13; Marc, ix, 50; Luc, xiv · texte numérisé non relu

Matth, V, 13; Marc, ix, 50; Luc, xiv

2. Matth. xx, 1-16. Le v. 16 indique le sens que l'évangéliste veut attribuer à la parabole : l'échange des places entre les premiers et les derniers paraît signifier pour lui la substitution d'un peuple à un autre, des nouveaux élus du royaume à l'Israël incrédule (cf. xix, 30; xxi, 28-32, 43 ; xxii, 7-9, 14) ; c'est pourquoi la parole : « car il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus » (omise, dans les niss. xBL) pourrait être authentique en cet endroit aussi bien que dans xxii, 14, les ouvriers de la première heure étant identifiés aux premiers qui deviennent derniers, et aux nombreux appelés non élus, ceux de la dernière heure, aux derniers qui deviennent premiers, et aux quelques appelés qui sont

élus. Cf. JuLICHEK, II, 470.

LES PARABOLES DE l'ÉVANGILE 141

il accueille le pécheur, mais il se réjouit de son retour. Représentez-vous un berger ayant cent brebis ' ; s'il en perd une, ne court-il pas à sa recherche, et quelle joie quand il l'a retrouvée ! C'est ainsi vraiment qu'il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. Supposez une femme qui a dix drachmes -, et qui en perd une; la voilà qui balaie sa maison et cherche sa drachme : grande joie, si elle la trouve. C'est ainsi que la conversion du pécheur réjouit les anges. Faut-il dire encore l'aventure du prodigue ^j et comment agit ce père qui avait deux fils, dont le second avait demandé sa part d'héritage et l avait dissipée ? Quand son enfant revint, épuisé de misère et de faim, le père l'embrassa et lui fit grande fête; il ne voulut pas écouter l'aîné qui lui reprochait son indulgence et les frais qu'il faisait pour ce malheureux : « Il fallait bien se réjouir, lui répondit-il, puisque ton frère était mort et qu'il vit, (|u'il était perdu et qu'il est retrouvé. » Voudrait-on donc s'étonner que Dieu qui est père, et le père de tous les hommes, soit miséricordieux pour les pécheurs, pour ceux de ses fils ([ui ressuscitent après avoir été morts, et qui se retrouvent après avoir été perdus ?

Ce n'est point d'après leur passé qu'il faut juger les pénitents, mais d'après leurs sentiments actuels, et ces sentiments peuvent témoigner d'une charité plus grande que celle de gens envers (|ui Dieu ne semble pas avoir eu lieu de témoigner tant d'indulgence. Tels deux débiteurs

1. Luc, XV, 4-7. Sur la façon dont cette parabole est traitée en Matth. XVIII, 12-14, cf. sitpr. p. 15.

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