‹ Études évangéliques [microforme]Chapitre 15 sur 23 · LE PRÉCURSEUR · texte numérisé non relu

LE PRÉCURSEUR

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miracles à quelque distance, il se décide à : envoyer vers lui ses disciples. S'ils ne me croient pas, moi, pensait-il, il faudra bien qu’ils se rendent à la grande voix des prodiges de Jésus. Convoquant alors deux d’entre eux, il leur dit : Aïlez trouver Jésus, et dites-lui : êtes-vous celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? L’'Evangile ne nous rapporte Pas’ si le voeu de la grande âme du Précurseur fut réalisé; il remarque seulement qu'après avoir satisfait à la question des envoyés de Jean et leur avoir démontré par des signes irréfragables qu’il était bien le Messie attendu, Jésus, se tournant vers la foule, fit de son fidèle servi.

teur cet éloge, le plus magnifique qui soit

. Sorti de sa bouche : Je vous le déclare,

parmi les en'ants des hommes, il ne s’en es pas levé de plus grand que Jean-Baptiste: Amen dico vobis, non surrexit inter natos mulierum major Joanne Baptista.

La mission du Précurseur était accom-

# Matth. XI, 2-11; Luc, VII, 18-28,

176 ÉTUDES ÉVANGÉLIQUES ete ne ne Ru an Ci,

plie. Il avait tout sacrifié à la gloire de son Maître. Il ne lui restait plus que sa vie à lui offrir. Le Seigneur lui accorda l'honneur et la joie suprême de sceller de son sang le témoignage constant qu'il avait rendu à la lumière, Un bourreau, dépêché par Antipas à l’instigation d’Hérodiade, pérétra, le glaive à la main,dans le donjon où Jean était enchaîné et lui coupa la tête. * En présence de tant de vertus, d’un désintéressement si parfait, d’un oubli si complet de sa propre personne, d’une affection si loyale, si tendre, si héroïquement généreuse à légard du Sauveur Jésus, au spectacle d’une vie si admirable et encore si pleine de promesses tranchée dans sa fleur par le glaive d’un sicaire au fond d’un cachot, les larmes de l’attendrissement et de l’admiration viennent aux yeux et l’on voudrait pouvoir baiser la poussière foulée par les pieds d’un si grand homme.

# Matth., XIV, 5-11; Marc, VI, 21-28,

: La dernière Cène

Memoriam fecit mirabilium Suorum; miscricors rt miserator Dominus; escam dedit ti.

mentibus se.

“ Il a laissé un souvenir de ses merveilles: Jéhovah est miséricordieux et compatissant; il a donné une nourriture à ceux qui le craignent, ”

(Ps., 110, 4-6.)

A vie mortelle de Jésus touchait à son terme. Il venait de donner, au Temple, dans les premiers jours de la grande semaine, ses derniers

enseignements, les plus beaux que le monde eût jamais entendus. Les princes des juifs étaient atterrés, et leur haine contre lui monta à son comble. Sa vie n’était plus en sûreté dans la grande cité.

Contre l'attente de ses ennemis, auxquels un des Douze venait de s'engager à le

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livrer, il resta, le jeudi, à Béthanie, pour s'y préparer dans le silence et la prière . aux grands mystères dont il méditait la réalisation. 11 se trouvait en face de son double sacrifice, sanglant sur la croix, mystique sous les espèces sacramentelles.

Ces deux mystères, qui sont le centre de l'histoire et Ja partagent, comme on l’a dit, en deux versants, avaient aussi toujours été le centre des pensées du Sauveur, et son Incarnation n’avait pas eu d’autre but. Le moment était enfin venu où il allait pouvoir réaliser ses deux plus doux rêves d'amour. Prédite et figurée depuis la fondation du monde, la divine Victime s'était offerte à Dieu, au lieu et place des hommes, dès le premier moment de sa vie terrestre; le moment était enfin venu où elle allait être immolée sur la croix, puis consommée par la gloire de la résurrection, dont le feu du ciel qui tombait sur les victimes était Pimage ; elle serait enfin enlevée jusque dans le sein de son Père, comme autrefois la fumée des victimes brûlées portait jusqu’au trône de Dieu

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l'odeur du sacrifice. : Mais ce grand sacrifice, qui devait, comme dit saint Paul, consommer éternellement l'oeuvre de notre salut, * ne suffisait pas à l’amour du Rédempteur et ne pouvait épuiser ses desseins de générosité à notre égard.

Par toute la terre, chez les païens comme chez les Juifs, les sacrifices étaient toujours complétés Par ia participation à la victime, et lorsque celle-ci était entièrement brûlée en l’honneur de Dieu, cet holocauste était accompagné d’un gâteau, afin que, même dans ce Cas, il y eût à manger pour l’homme. Cette union matérielle à la victime agréée de Dieu était le signe de l’union spirituelle à la grâce divine, fruit du sacrifice. Tel était le centre auquel aboutissaient, dans ce qu’elles avaient de Commun, les liturgies de tous les peuples, ? Cette participation aux

* Cf. Pascal, Lettre sur la mort de Pascal le père.

* Héb, X, 14.

* Cf. Mer Gerbet, Considérations sur le dogme de l'Eucharistie. C. IX.

victimes antiques n’étuit, dans les desseins de la Providence, que la figure de notre participation à la divine Victime du Calvaire. Mais comment pourrait se faire cette participation ? et le moyen pour l’humanité de communier au eorps du Christ, surtout après sa Résurrection et son Ascension? La sagesse et la puissance infinie du Fils de Marie, au service de son amour, surent résoudre le problème. Il renouvellerait et perpétuerait en tous lieux jusqu’à la fin du monde le sacrifice du Calvaire sous la forme extérieure de l'aliment privilégié de l’homme; tous les obstacles à la manducation de la sainte Victime seraient ainsi levés; elle pourrait devenir notre nourriture et notre breuvage à tous, et ne faisant plus qu’une chose avec elle, comme le pain et le vin ne font plus qu’une chose avec celui qui se les assimile, nous nous trouverions participants

de la vie même de Dieu, dont nous partagerions la gloire pendant toute l’éternité.

À coup sûr, il serait impossible de rêver pour l’homme de plus glorienses destinées,

LA DERNIÈRE CÈNE Te =

Et voilà les sublimes et si généreux desseins que Jésus méditait en notre faveur et qu’il était sur le point de réaliser, en ce moment de l’histoire du monde où l’humanité était descendue au dernier degré de l'avilissement, où ses compatriotes complotaient sa mort, et où l’un de ses disciples allait le mettre entre les mains de ses ennemis.

On était arrivé au premier jour des Azymes “ où on devait immoler la Pâque. ” ‘ 11 semble bien que l’évangéliste, par ces dernières paroles, ait voulu désigner, non pas le 15 Nisan, jour de la grande solennité pascale, mais le 14. C’est en effet le 14, que les agneaux de la Pâque étaient immolés, entre 3 et 6 heures; ils n’étaient mangés-qu’après le coucher du soleil, c’està-dire, am commencement du 15 Nisan.

Sans doute, à Proprement parler, le ler jour des Azymes ne commençait, selon la loi mosaïque, que le 14 au soir; Cepen-

‘V. 8. Eme, XXIT, 7-9, Cf. 8. Marc, XIV, 12.

dant la coutume s'était introduite d’appeler de ce nom |: veille de Pâques, parce que, dès le com sncement de ce jour, c’est-à-dire, dès :> 18 au soir, on devait faire disparaît: des maisons tout ce qui pouvait y rester de pain fermenté, dont l'usage était interdit pendant les sept jours de la fête pascale. Le 14 Nisan pouvait donc être considéré comme le 1er jour des Azymes; c’est ainsi que l’historien juif Josèphe compte pour ces fêtes, tantôt 7 jours et tantôt 8. 5 Il est. d’autant plus probable que c’est le 14 Nisan que saint Luc et saint Marc ont eu en vue, en parlant du premier jour des Azymes où on immolait la Pâque, que, d’après saint Jean, * la dernière Cène eut lieu “ le jour qui précédait la solennité pascale ”, et par conséquent, ie 14, qui commençait pour les Juifs le 18, au coucher du soleil.

D’après ce sentiment qui semble si vrai-

* Bel. jud., V, III, 1; Ant, jud., III, X, 5; #bid., IH, XV, L :

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