CANT
U nord de la Palestine, dans la basse Galilée, vers le centre de cette chaîne de montagnes qui borne la partie septentrionale de l'im-
mense plaine d’Esdrelon, s'ouvre une vallée d’un mille environ de longueur. Des haïes de cactus la partagent en petits prés ou jardins, que la verdure, aux dernières pluies du printemps, pare de ses plus riches teintes, et qui respirent un , Calme indéfinissable. Très étroite d’abord, cette vallée s’élargit insensiblement et
S ÉTUDES ÉVANGÉLIQUES X | vient aboutir à une sorte de bassin assez vaste, fermé de tous côtés par les montagnes. Là, sur le penchant d’une colline, qui s’élève à une hauteur de 500 pieds environ au-dessus, repose, “ comme une poignée de perles dans une toupe d’émeraude ”, une petite ville orientale avec ses toits Presque plats et ses rues étroites.
L'église des Grecs-unis qui occupe l’emplacement de l’ancienne synagogue, les murailles massives du couvent des Pères
latins avec l’église de l’Annonciation, le
haut minaret de la mosquée des Turcs, s’y font distinguer d’abord; autour de ces édifices plus vastes ge groupent de blanches maisons, disséminées dans la campagne, dont le figuier, l'olivier, l’oranger, le grenadier ct les autres arbres qui la couvrent font un grand jardin, A l’époque du printemps surtout, le paysage se revêt d’une grâce et d’une fraîcheur incomparable: les colombes roucoulent dans les arbres, la huppe vole çà et là avec une activité infatigable, le rollier, le plus commun et le plus joli des oiseaux de la Palestine,
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se joue avec ses ailes d’azur dans les prairies émaillées de fleurs innombrables.
Une claire et aboudante fontaine coule à l'extrémité nord-est de la ville et entre-
tient autour d’elle une délicieuse frat- -
cheur. Lés femmes qui viennent y puiser de l’eau ont une grâce singulière,avec leur amphore retenue d’une main sur la tête, tandis que l’autre s’appuie sur la hanche ; et il serait difficile de trouver une race d'enfants plus heureuse, plus hardie, plus brillante, que ces petits pâtres aux joues vermeilles et à j’oeil étincelant, qui prennent leurs ébats sur le gazon, dans le voisinage de cette fentaine.
C’est dans cette petite vie, appelée par saint Jérôme “ la fleur dé la Galilée et qui est devenue si fameuse sous le nom de Nazareth, que le Fils de Dieu, cette divine Fleur, voulut passer toute sa vie mortelle, à part 3 ou 4 ans. C’est là que la Sainte Famille vint s'établir, au retour d'Egypte, et que Jésus voulut se préparer, loin des bruits du monde, et au sein de la plus profonde obseurité,au grand ouvrage pour lequel il était descendu du ciel.
136 : ÉTUDES ÉVANGÉLIQUES MS L’Evangile enveloppe d’un mystérieux silence toute cette partie de la vie du Sauveur des hommes, dont nous aurions été si heureux de connaître jusqu'aux moindres détails. Un seul trait de son adolesceace nous a été conservé par saint Luc, avec deux remarques générales sur sa croissance et deux mots rapportés, l’un par saint Matthieu, : l’autre par saint Marc, © sur les humbles occupations qu’il embrassa. C’était assez nous faire entendre que la vie de Jésus Enfant, Adolescent, Jeune
Homme, ne se distingua de celle de ses compatriotes du même âge et de la même condition que par cette ineffable pureté qui rayonnait comme une invisible auréole autour de son front.
Rien de plus simple que la maison où s’écoulèrent des jours si précieux. Comme celles des pauvres familles du pays, elle devait consister en une seule pièce, qui servait à la fois de cuisine, de lien de trane
? Matth. XIII, 55.
* Mare, VI, 3,
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vail, de chambre à coucher. * Elle n’avait d’autre lumière que celle qui entrait par la porte. Dans un coin, se dressait le coffre de bois qui renfermait les provisions ; le long de la muraille étaient disposées les nattes .ou coussins que l’on étendait à l'heure du repas et du sommeil, ainsi que tous ces autres ustensiles de ménage qui servaient aux besoins de chaque jour ; l’eau était conservée dans de grands vases d'argile rangés près de la porte. Des plan-
ches dressées à l'extérieur contre le mur, des instruments aratoires à réparer et dif. férents outils de charpentier qu’on voyait ça et à près de la maison, ne pouvaient laisser aucun doute sur le métier qu'avait embrassé le chef de la Sainte Famille.
* Cf. l'abbé Trochon, Introduction générale à la Bible, t. II, p. 391.
‘ Jésus a-t-il été élevé dans la sainte maison qui se trouve maintenant à Lorette selon une tradition imposante, et où s’est opéré le mystère de l’Incarnation, où plutôt, à quelque distance de là, dans la maison de Joseph, qui a été transformée en chapelle? (V. Victor Guérin, La Terre Sainte ; et Frère Liévin, Guide de la Terre Sainte.), En