ODE \V DL LIVRE I
PROPHETIE DE NEREE.
Pastor rum trcihertl, elc
Quand Paris emportait sur ses lâches vaisseaux La fille de Léda , parjure à l'hyméne'e , Nérée, au loin, fit taire et les vents et les eaux, Tour prédire au Troyen la sombre destinée :
« Celle que tu conduis aux palais paternels, De tous les Grecs ligués y porte la colère ; Leur glaive brisera vos liens criminels , Et du vieux roi Priam le sceptre populaire.
Des guerriers, des coursiers, quelle sueur, bêlas ! Tombe ! Pour Ilion quel deuil et quel outrage ! Du casque écbevele' déjà s'arme Pallas , Tout est prêt, son égide et son char et sa rage.
Protégé de ^ émis, tes longs cbeveux dorés En vain se poliront sous l'ivoire ou Tébène ; En vain, dans tes concerts, des femmes adorés , Tu marîras tes chants a la Ivre thébaine.
Les pas de Mérion et son dard frémissant A tendront de ton palais troubler les doux mvstères ; On verra , mais trop tard ! dans la fange et le sang Traîner honteusement tes cheveux adultères.
N'entends-tu pas d'Ajax siffler les javelots? Ne vois-tu pas courir, ardens pour ton supplice, Teucer de Saiamine, et Nestor de Pylos, Et ce grand inventeur des trahisons, Ulysse !
Tu verras Sténélus, redoutable assaillant, Habile à diriger les coursiers et la lance ; Voilà, plus que son père et terrible et vaillant, Diomède en fureur qui t'appelle et s'élance.
Et toi, pareil au cerf, qui, des prés savoureux, Fuit, quand le loup, de loin, a hurlé dans la plaine, Tu fuiras, oubliant tes festins amoureux, Et les exploits menteurs promis à ton Hélène !
Achille désarmant ses vaisseaux courroucés,
D'Agamemnon vengeur reculera la proie ;
Mais, les temps accomplis, parle destin poussés,
Les feux grecs s'abattront sur les hauts murs de Troie. »
EPODE VII.