POESIES DIVERSES
LA LAMPE
La lune, sur les pas des heures, Au trône des nuits va s'asseoir, Et le sommeil , dans nos demeures , Descend avec l'ombre du soir.
W> 208 «H Des longs plis de son voile , il touche Vos beaux yeux, à demi-fermés, La lampe est près de votre couche , Elle veille pour vous... dormez!
Si, dans la nuit, l'aile d'un songe En s'enfuyant r'ouvre vos yeux , « Oh! (direz-vous) reviens des cieux, « Reviens à moi , riant mensonge , « Ma lampe est là qui veille encor. »
Et, couronné de pourpre et d'or, Demain , quand sur son char d'opale , Remontera le roi des jours, A ous la reverrez faible et pâle , Mais veillant et brûlant toujours !
Puisse alors une voix secrette A votre cœur parler tout bas
D'une flamme ardente et discrette, Et que les ans n'éteindront pas :
Soit que , dans l'orgueil de vos charmes , Vous regardiez, sans voir ses larmes,
Celui qui n'ose vous nommer;
Ou soit qu'à vous-même ravie,
Vous abandonniez votre vie
Au douloureux bonheur d'aimer !