‹ Études françaises et étrangeresChapitre 41 sur 67 · REVE · texte numérisé non relu

REVE

Elle est bien loin de nous, mais nous sommes près d'elle Dans les flots inconstans son image est fidelle ; Nos fleurs gardent son souffle, et nos échos sa voix ; On dirait que sa robe a frémi sous nos bois ;

W> 216 «€ Voilà son pas léger, sa rêveuse attitude... Son absence pour nous n'est point la solitude Nous écoutons ses chants , les yeux sur elle ouverts : Et quand ils ont cessé, nous lui faisons des vers. O bonheur si connu ! le jour fuit. . . Les étoiles Des nuits et de son cœur vont écarter les voiles. Sa main à mes deux mains se livre sans combats ; Et nous pensons tout haut , et nous parlons tout bas . Son doux regard, plus doux qu'un regard de la lune, Cache son feu d'azur sous sa paupière brune ; Et ma bouche idolâtre effleure ses cheveux , Et la sienne , en tremblant , s'enhardit aux aveux , Et le mot d'amour. . . Dieu ! Dieu ! tout n'était qu'un songe : Tant de bonheur enfin a trahi le mensonge !

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