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NE FETE

— Eh! bien? que tardez-vous, tous les deux? le cortège Que de soldats pressés un double rang protège , S'ébranle ; entendez-vous , des hauteurs du rempart , Tonner, à coups joyeux, le canon du départ?

J'entends la voix des chefs dont l'ordre se répète

Au bruit des sourds tambours et «le l'aigre trompette

Et, comme au jour de mort, les chevaux hennisant,

Et sur le dur pavé leur fer retentissant:

Et du peuple amasse sur la publique voie,

Les confuses clameurs, langage de sa joie ;

Puis, tout-à-coup, les chants des flûtes et des coin.

Entretenant la paix de belliqueux accords.

\ oyez étinceler ces lances et ces haches ,

Ondoyer sous les vents l'albâtre des panaches ,

Comme un champ de blés mûrs, que le précoce hiver

De son manteau de neige aurait déjà couvert.

Mais, les flots de la foule, en murmurant, augmentent

La ville est attentive, et tous les toits fermentent.

Oh! voyez, avançant leurs beaux fronts éclairés,

Que de femmes, là-bas, sur les balcons dorés!

Des carosses du roi l'on aperçoit le faite ;

Hâtez-vous, l'heure fuit, vous manquerez la fête.

— Allez, nous vous suivons.

Et toi , mon ange, et toi .

Par cet autre chemin si détourné , suis-moi ;

Et tandis que la fête, à grand bruit les rassemble ,

Ainsi que deux oiseaux envolons-nous ensemble ,

Et savourons, en paix, ces rapides instans,

Frais Oasis, jetés dans le désert du temps.

N'as-tu point des pensers de la couleur des roses?

Parle , en marchant toujours , et dis-moi de ces choses

Que tu n'as pas osé dire jusqu'à présent.

Ce massif de tilleuls , d'un voile complaisant

Nous enveloppe.... Avant qu'on ne me la ravisse,

Accoutume aux aveux ta bouche encor novice ;

Et tes yeux sur mes yeux , et ta main dans ma main,

Comptons par nos baisers les arbres du chemin

Et, quand ils reviendront, crions à leur oreille Qu'on ne verra jamais une fête pareille !

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