SONNET
Quandle temps, grand changeur des hommes et des choses, Aura sur ce heau lieu jeté l'oubli des ans , Quand chênes et sapins, brisés comme des roses, Ne seront plus que cendre ou cadavres gisans;
Qui sait si, du chaos do ces métamorphoses, Ressuscitant nos bois, aux détours seduisans, L'histoire saura dire à nos vieux fils moroses, Quels rois y poursuivaient sangliers et faisans.
Mais peut-être mes vers , à la race lointaine ,
Diront : Elle passa deux mois à Mortfontaine ,
Et ces deux mois, pour nous, passèrent comme un jour ;
Et c'est pourquoi les fleurs, les biches inquiètes, Et les oiseaux-chanteurs, et les amans-poètes , Pleins du souvenir d'EUe , aimaient tant ce séjour !