UNE PAGE DES MARTYRS
C'était une des nuits, dont l'ombre transparente De la Grèce ose à peine effacer le beau ciel , L'air était aussi doux que le lait et le miel ; Va l'on sentait ;'i vivre une jolie infinie ;
Les sommets de l'Athos, la mer de Messénii Colonide , Acritas, tous ces caps enchantés, Brillaient à l'horizon des plus tendres clartés 1 ne flotte ionienne , aux lueurs des étoiles , Entrait dans Coronée , en abaissant ses voiles : Comme au tomber du jour, un essaim passager De colombes , voguant vers un ciel étranger , Pour dérober son vol aux ombres infidèles , Sur un rivage ami ploie, en jouant, ses ailes. Alcyon dans son nid gémissait doucement; Et la brise des nuits, de moment en moment, Fraîche et molle , apportait jusqu'à Cymodocée, Les parfums des lauriers , la plainte cadencée De Philomèle , en paix sous les tilleuls mouvans , Et la voix de Neptune, au loin battu des vents. Le berger contemplait , assis dans la vallée , La Lune suspendue à la voûte étoilée , Des astres, au front d'or, guidant le chaste chœur. Et se réjouissait dans le fond de son cœur.
On n'avait pas besoin de mes faibles vers , pour être convaincu de tout ce que la prose de M. de Chateaubriand perdrait de charme, de puissance, de poésie enfin, ;i se soumettre ;iu rhythme de nos alexandrin*. Mais une étude d'après le tableau d'un maître est toujours un hommage à son g