‹ Études françaises et étrangeresChapitre 8 sur 67 · XXXVII · texte numérisé non relu

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pas de nouveaux à cette hauteur, ils aiment mieux refaire ceux qui n'avaient pas été assez bien exécutés avant eux, du moins sur notre théâtre; persuadés qu'ils sont que, dans les arts, c'est la manière neuve de traiter les sujets, bien plus que la nouveauté des sujets eux-mêmes, qu'il faut rechercher. Les grands musiciens refont souvent les partitions des opéras donnés par leurs devanciers; Raphaël a refait trente fois les mêmes sujets, et quelle prodigieuse variété dans cette apparente monotonie ! Enfin, les poètes classiques de la Grèce reproduisaient sans cesse les mêmes fables sur leur théâtre; tant il est vrai que l'exécution est presque tout en poésie comme en peinture. Sans doute, si tout est neuf et beau, sujet comme exécution , le mérite et la gloire sont portés à une puissance bien supérieure ; c'est ainsi qu'on est Sophocle ou Shakspeare ; mais quand on l'ait I plu génie ou Phèdre, Œdipe ou Mérope, qui avaient déjà été mis vingt fois en scène depuis deux mille ans, on est encore Racine et Voltaire. Si ces magnifiques sujets n'étaient pas devenus de magnifiques tragédies sous la main de deux grands maîtres, nos poètes vivans devraient s'y exercer, jusqu'à ce qu'ils parvinssentàles naturaliser sur notre scène ; il n'y aurait pas de plus beaux triomphes contemporains.

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Et ici les faits viennent encore au secours des théories. — De toutes les tragédies représentées de nos jours au théâtre de la rue de Richelieu , quelles sont celles qui survivront aux variations des systèmes, aux caprices de la mode? Ce sont évidemment X Agamemnon de M. Lemercier et la (,lytem?7estre deM. Soumet; c'est-à-dire, deux imitations du grec, deux sujets primitifs et de tous les temps, qui avaient été souvent manques, et (jui attendaient que deux hommes d'un haut talent vinssent les placer sur la scène française , à côté de nos anciens chefs-d'œuvre; c'est aussi la Marie Stuart de M. Lebrun, habile traduction de Y allemand qui émeut et attache par cette poésie naturelle et colorée, qu'on retrouve avec tant de charme dans le Voyage en Grèce, du même auteur. Si nous passons à l'Odéon, que voyons-nous au premier rang des tragédies viables"? Deux sujets refaits: les Mackabées , ouvrage très-remarquable, de M. Guiraud, et cette grande et forte composition de Saùl, dans laquelle M. Soumet s'est montré , au même degré de supériorité , poète dramatique , épique et lyrique; merveilleuse réunion de qualités qui a fait d' Athalie le modèle de la perfection. Une seule tragédie, toute d'invention , parmi cent autres données dans la même époque, survivra

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aux critiques et aux éloges dont elle a été l'objet : c'est le Paria de M. Casimir Delavigne. Sans doute la conception de la fable , précisément parce qu'elle est inventée, est loin d'être irréprochable; sans doute le drame n'est pas conduit avec tout l'art désirable, et la pièce entière pèche par l'intérêt vulgaire et par le vis tragica ; mais des caractères créés, une grande fraîcheur d'images et de sentimens, des situations très-neuves, une poésie pure et pittoresque, coupée par un dialogue passionné et par des mots d'une délicatesse exquise, enfin quelque chose de jeune et d'inaccoutumé sur notre scène, voilà ce qu'il faut surtout voir dans cette tragédie; et c'est pourquoi le Paria est l'ouvrage de M. Casimir Delavigne qui a eu le moins de succès , et celui qui lui fera le plus de gloire.

Ainsi, quelques tragédies seulement subsistent parmi les trois ou quatre cents qui ont été représentées depuis trente ans ! Quelle source de réflexions philosophiques pour nos auteurs dramatiques ! Et pourquoi donc cette effrayante disproportion? On peut en assigner trois causes principales : supériorité désespérante de nos grands maîtres ; épuisement des sujets vraiment tragiques, du moins dans le genre dit

classique; enfin, absence de poésie clans la tèie de presque tous les auteurs. On s'est imaginé en France qu'avec un talent de style et de versification fort ordinaire , un peu d'esprit, et ce qu'on appelle V entente de la scène , on pouvait se mettre à faire des tragédies et même de grandes comédies !... On en a fait beaucoup ; on a réussi d'abord , parce qu'il est très-rare , pour mille raisons , qu'une première représentation ne réussisse pas , et puis chaque ouvrage a été religieusement enseveli avec son succès. La première condition pour composer un grand œuvre dramatique , c'est d'être poète ; le reste s'acquiert par l'étude et l'expérience. Si vous n'êtes pas poète et que vous vouliez absolument travailler pour le théâtre , ne traitez que les genres secondaires. Les classiques grecs et français, depuis Eschyle jusqu'à Racine, depuis Aristophane jusqu'à Molière , étaient avant tout de grands poètes et de grands écrivains.

De bonne foi , qu'y a-t-il de commun entre ces beaux génies et leurs prosaïques continuateurs , qui ont la prétention de leur ressembler et la bonhomie de les défendre ?

Certes, dans l'état actuel des choses et des esprits, c'est une haute gloire d'avoir fait une ou deux tragédies qui doivent rester au théâtre , et

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cet honneur n'appartient qu'à des poètes, dans la plus noble acception du mot. Qui ne sait, par exemple, que M. Soumet, avant de se livrer à ia littérature dramatique , avait touché glorieusement à plus d'une palme poétique, et contribué, par plusieurs productions étincelantes de talent, au mouvement général qui s'opère aujourd'hui dans la nature des idées et dans les formes du langage et du vers?

Pour en revenir à la question théâtrale, comme les beaux sujets de tragédies classiques sont devenus très-rares, et comme , d'un autre côté, le succès soutenu des pièces médiocres devient de plus en plus dificile, on fera désormais fort peu de tragédies; tant mieux : c'est la meilleure manière de remettre nos chefs-d'œuvre en pleine possession du théâtre , jusqu'à, ce que des tragédies d'un nouveau genre viennent partager avec eux sans leur nuire.

Ceci nous amène naturellement à parler d'une traduction de Schiller qui rappelerait, sans aucun doute, le succès de Marie Stuart: c'est le Guillaume Tell que Pichat a laissé. Nous pouvonsaffirmer que le ton, la couleur, toute la poésie du poète allemand , ont passé dans l'œuvre du poète français. Pichat avait débuté avec un grand éclat dans Léomdas elle pas qu' il a fait de Léomdas.

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à Guillaume Tell est immense. On ne peut s'expliquer que par X esprit d imprudence et d'erreur, la négligence ou l'oubli du Théâtre-Français à l'égard d'un tel ouvrage. Si le nom de Pichat, si l'intérêt de l'art sont peu de chose pour le comité , du moins devrait-il comprendre son propre intérêt; mais non : Guillaume Telia, eu soit triomphe sur tous les théâtres ; l'Opéra , qui est si habilement dirigé maintenant, lui en prépare un qui effacera tous les autres ; et la Comédie- Française ne se réveille point de son apathie î La première pensée du ministre de l'intérieur a été pour Pichat mourant ; son premier soin a été de délivrer Guillaume Tell des chaînes de l'ancienne censure qui l'opprimait comme un autre Gessler ; pour la première fois, depuis bien iong-temps, on a vu le pouvoir aller au-devant du talent : les Muses sont filles de mémoire, elles ne l'oublieront pas. Espérons que le Théâtre- Français se souviendra enfin que ses cartons renferment une belle tragédie d'un poète trop tôt pleuré , et que le public l'attend.

Ce qu'on a déjà fait pour Schiller , nous le réclamons hautement pour Shakspeare. S'il avait encore besoin d'apologie auprès de quelques esprits timorés, qu'ils lisentles belles et éloquentes leçons de M. Villemain sur ce créateur

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delà tragédie moderne, et qu'ils voient comment le goût le plus pur se prosterne devant le génie. C'est que les grands auteurs ont toujours été les plus grands critiques , quand ils ont voulu s'en mêler. Encore une fois , les maîtres de notre scène n'ont rien fait de complet par eux-mêmes dans les sujets modernes. Voltaire, en se tenant toujours dans le style pompeux , s'est privé de la ressource précieuse des contrastes de mœurs et de l'individualité des caractères. Nous n'avions que le Ciel qui fût continuellement naturel et vrai; aussi est-il emprunté à un théâtre étranger ; aussi Corneille l'appela-t-il tragi-comédie , tant ce grand homme sentait la nécessité du mélange des tons dans ce qui n'était point Y antique; on sait comment il fut rejeté hors de cette voie nouvelle par les prétendus classiques du temps, mais on ne conçoit pas comment , dans les deux derniers siècles , aucun auteur n'a cherché à y rentrer. Nous persistons à dire que la seule manière d'y marcher à coup sûr , c'est de débuter par y suivre Shakspeare , de même que Racine, pour traiter les sujets antiques, s'est inspiré d'Euripide, et s'en est approché autant que son siècle le permettait. Du reste , il n'est pas question de vouloir détrôner nos grands poètes au profit d'un usurpateur , comme quelques gens

de lettres feignent de le craindre. Dans 1 empire des arts , il y a un trône pour chaque génie : Voltaire n'a fait aucun tort à Corneille ni à Racine , il n'a tué que leurs imitateurs ; de même Shakspeare ne fera de mal qu'aux continuateurs de Voltaire. On peut donc être bien tranquille. Quant aux vieilles indignations nationales , à ces gothiques haines de Y étranger , à qui prétendrait-on imposer aujourd'hui avec toute cette patrioterie littéraire? La France est trop forte et trop riche pour être jalouse et injuste. C'est une chose merveilleuse à voir que la promptitude avec laquelle s'est faite l'éducation du public ; il y a six ans , on recevait les acteurs anglais avec des hurlemens et des outrages !.. . Pourquoi le public ne voudrait-il pas voir Shakspeare au Théâtre-Français , comme il y a toujours vu , comme il y voit tous les jours , Sophocle , Euripide , Guillen de Castro , MafTey , Alfiéri , Schiller , etc. , etc. ; comme il admire un tableau de Rubens et de Raphaël dans notre Musée; comme il écoute les partitions de Mozart ou de Rossini à notre grand Opéra ? Quelle distinction puérile la sottise et la mauvaise foi chercheront-elles à établir entre des analogies si évidentes?

Mais , nous dira- t-on , Phèdre , Iphùgénie ,

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Œdipe, etc. , etc. , n'étaient que des imitations des anciens , habilement appropriées à notre système et à nos mœurs dramatiques , et vous voulez imposer au public la représentation de traductions littérales de Shakspeare. — Sans doute ; et en voici les raisons : la disposition des cirques antiques , l'intervention du chœur , les grandes robes et les masques des acteurs , les rôles de femmes joués par des hommes , enfin l'extrême simplicité de l'action et l'ordre tout payen des idées et des sentimens , eussent formé de trop choquantes disparates avec nos habitudes sociales et notre civilisation chrétienne , pour que la tragédie grecque pût être posée toute droite sur notre théâtre , comme une statue qui change de piédestal. Shakspeare, au contraire , est un génie qui répond à toutes les passions modernes , et qui nous parle de nous dans notre propre langage ; et puis , les moyens d'exécution de ses ouvrages sont à peu près les mêmes que pour nos tragédies. Quelques changemens de décorations de plus ou de moins, voilà toute la différence. Convenons aussi que nos grands tragiques, tout en gémissant, ont trop souvent sacrifié au goût de leur siècle , la peinture sévère de Y antique qu'ils imitaient. De là les virago de Corneille les galans jeunes

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premiers de Racine, et ces vieilles amours de Jocaste , que Voltaire se reprochait tant. Nous venons à une époque où le besoin de la vérité en tout est universellement senti, et en cela les poètes actuels sont plus heureux que leurs prédécesseurs. C'est donc leur faute et la faute des acteurs, mais non celle du public, si \efaux et le conventionnel tiennent encore trop de place sur notre théâtre. Et pour revenir à Shakspeare, qui ne s'aperçoit pas maintenant que les imitations de Ducis, toutes utiles, toutes hardies même qu'elles ont été, ne sont réellement que des lambeaux mutilés d'un géant? On y trouve des scènes admirables , mais on cherche vainement une pièce. Comme l'a fort judicieusement, observé le Globe, dans un des excellens articles qu'on y rencontre souvent: « Le temps des imitations est passé. Il faut ou créer ou traduire. » Rien de pire en effet qu'un portrait qui n'est pas ressemblant. Il est temps de montrer au public français ce grand Shakspeare, tel qu'il est, avec ses magnifiques développemens, la variété de ses caractères, l'indépendance de ses conceptions , le mélange si bien combiné des styles comique et tragique, enfin avec ses beautés toujours si neuves et si originales, et même avec quelques défauts qui en sont inséparables

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et ([ui du moins ne ressemblent pas aux défauts de nos poètes. Il est temps que ses chefs-d'œuvre soient reproduits fidèlement sur notre scène, comme les nôtres le sont sur les scènes étrangères. Toute l'Europe savante et poétique est sous la domination de Shakspeare traduit dans toutes les langues ; il ne lui manque plus que vingt toises carrées, à Paris, au coin de la rue Saint-Honoré et de celle de Richelieu; elles ne peuvent plus lui manquer long-temps.

Quoi ! dira-t-on encore, faut-il montrer au public français toutes les bouffonneries obscènes et toutes les froides horreurs qui charmaient

les Anglais du temps d'Elisabeth ! Non, certes.

Ce fut aussi un tribut que le grand homme a payé au mauvais goût de son temps : mais tel est l'art qu'il a mis dans ses monstruosités mêmes, qu'elles peuvent s'enlever toutes, sans rien déranger à l'échafaudage de ses pièces et à la marche de l'action. Cette épuration, commencée par lui-même et continuée depuis en Angleterre, souvent avec peu de goût et de discernement, fait nécessairement partie du travail d'un traducteur français , qui ne doit pas rejeter ou garder tout ce qu'ont gardé ou rejeté les arrangeurs anglais; mais la traduction n'en sera pas moins littérale, en ce sens, que si elle ne donne pas

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tout Shakspeare, du moins elle ne contiendra

rien qui ne soit de Shakspeare.

Nous prévoyons l'objection banale qu'on va nous faire : A ous prônez la représentation des traductions en vers de Shakspeare, parce que vous avez traduit ainsi quelques-unes de ses tragédies. A quoi nous répondrons d'une manière assez banale aussi : Xous avons traduit quelques tragédies de Shakspeare en vers français, précisément parce que nous en croyons la représentation nécessaire au public, à Fart et au Théâtre-Français lui-même. Au Théâtre-Français, parce que n'ayant plus de grands acteurs tragiques, il ne peut espérer de vogue que par l'attrait d'un genre et d'un sytème de pièces entièrement neufs sur notre scène; au public, parce que lassé de tant de pâles contr'épreuves de nos chefs-d'œuvre , lassé de la mesquine représentation de nos chefs-d'œuvre eux-mêmes; il aime mieux les relire vingtfois avec délices etattendre, pour revenir au théâtre, que quelque chose y réponde à ce vague besoin de nouveauté qui le tourmente; à l'art enfin, parce que, faute de point decomparaison, Userait à craindre que ce besoin se satisfît aveuglément avec des ouvrages/ir^'fc/idus romantiques, faits sans inspiration et sans étude, qui n'auraient que les formes extérieures

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des drames de Shakspeare, et dont toute la nouveauté consisterait à briser les unités de temps et de lieu, auxquelles personne ne songe , et à mêler des lazzis du boulevard au langage cérémonieux de notre vieille tragédie. Il est urgent qu'une tragédie de Shakspeare prévienne le danger et empêche l'opinion de s'égarer soit en bien , soit en mal, sur le grand procès dramatique. Tout sera décidé en une soirée, et un parterre intelligent et impartial reconnaîtra surle-champ que la question n'est pas dans la coupe matérielle des scènes et des actes, dans les passages subits d'une forêt à un château, et d'une province à une autre, toutes choses dont on fait aussi bien de se passer quand on le peut, et qu'on ne doit ni repousser ni rechercher, mais qu'elle est réellement dans la peinture individualisée des caractères , dans le remplacement continuel du récit par l'action , dans la naïveté du langage ou le coloris poétique, dans un style enfin tout moderne.

La traduction de Roméo et Juliette que non-* avons faite avec M. Alfred de Vigny, et les autres traductions que nous achevons chacun séparément, sont des travaux entrepris de conscience; nous pourrions écrire en tête, comme Montaigne : Ceci est une œuvre de bonne foi. Aucun amour-

propre , aucun intérêt hors de 1 art ne nous a dirigés; nous n'avons d'autre ambition que de faire connaître le grand poète anglais au publie français; si nos ouvrages sont applaudis, c'est Shakspeare qu'on applaudira : si Shakspeare n'est pas compris, ce sera la faute de ses interprètes ; d'autres plus habiles ou plus heureux viendront, et nous serons les premiers à servir et à proclamer leur triomphe. Mais, encore une fois, il y a urgence; le moment est décisif; tout peut être compromis et retardé par l'apparition du faux romantisme . Peut-on espérer que la Comédie-Française ouvrira enfin les yeux? Avec les chefs-d'œuvre de son magnifique répertoire, secourus des chefs-d'œuvre de Shakspeare, avec l'ensemble satisfaisant qu'elle peut encore donner à ses représentations, avec la sollicitude éclairée de M. Taylor (si elle sait y reconnaître sa providence), la Comédie-Française reprendrait bientôt cet éclat et cette popularité qui sdïàcent et se perdent de jour en jour dans les pâleurs de F imitation et dans les déviations de la routine.

\utrement , et si le Théâtre-Français persiste dans son inaction ou dans son activité mal entendue, il n'est pas possible que l'autorité actuel le. qui a si sagement détruit tant de monopoles , épargne long -temps encore le plus intolérable

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