IV
LE PSEUDO-ARAVATIUS.
barbares, qui les a menés de Cologne à Reims par la chaussée passant à Tongres, et l'universalité des ravages subis par la Belgique ne permettent pas de croire que la ville de saint Servais ait échappé au sort commun. L'archéologie confirme sous ce rapport d'une manière éclatante le témoignage de l'histoire. Dans les ruines d'une multitude de villas romaines de la cioitas de ïongres, la série des monnaies qu'on retrouve s'arrête au règne de Théodose le Grand (f 39o) ou, parfois, de ses fils.
Je puis citer d'autres exemples de cette substitution du nom des Huns à celui d'un autre peuple barbare. Ainsi, quand une légende rapportée par Grégoire de Tours nous parle du siège de la ville de Bazat (Gironde) par les Huns, qui ne sont jamais arrivés jusqu'auprès de cette ville, c'est incontestablement des Vandales qu'il était question dans l'origine; car on voit que le peuple dont il s'agit est arien, et son roi s'appelle Gauséric (1).
De même, quand Frédégaire raconte la légende de l'origine du nom des Lombards, c'est par un transfert épique qu'il substitue le nom des Huns à celui des Winiles ou Vandales, seuls nommés dans les sources lombardes, depuis YOrigo gentis Langobardorum qui est du VP siècle, jusqu'à Paul Diacre, qui, au VHP, est l'écho fidèle des traditions de son peuple (2). Il est certain, d'autre part, que c'est le même procédé populaire qui a introduit les Huns dans la légende dite des XI mille Vierges; ces saintes, quel qu'ait été leur nombre primitif, étaient à Cologne l'objet d'un culte à partir du IV® siècle, comme le montre l'inscription de Glématius, si souvent commentée dans ces derniers temps, et par
uiulta hoininuiii iiiillia truciiiala. Vangiones lùnga obsidioiu' deleli. Remoruin urbs praepotens, Ambiani. Attrebatae, e.xtieniique lioniinum Morini, Tornacus, Nemetae, Argentoralus, Iranslatae in Germaniam, etc. S. .lérome, Epist. 123 (ad Ageruchiam) .
(i) Grégoire de Tours, Glor. martyr., c. là. .M. Krusth lui-même érril au .'iujel de ce passage : « Gregorium de Geiserico Vandaloriim rege i)ei[ue de rege qiiodani Cluinorum cogitasse ex iis intelligitur. quae infra scripsil : Contra in'Kjuant et Deo odihilem nrrianam hacresim » .
(2) Frédégaire. 111, C". rtnr:- M. (j. 11,. Siript, irr. mnvv.. t. II; cf. C. Kurlli, Hhtùirp poctiqiif ile.<i Mérovituiinitt, \\. I ii(.