Clovis bâtit l'église Saint-Pierre à Paris
(i) Grég. de Tours, HF, IV, 26; Liber Historiae, c. 30.
(2) Grégoire de Tours, à la vérité, dit au chapitre 13 du livre II qu» Clovis fut entei'i'é in basilica sanctormn apostolonmi , quant rinii Chrodechilde regina ipse constnijcerat. Mais ce qui prouve que le renseignement fourni par le Gexta provient d'une autre source que cette mention indirecte faite par Grégoire, c'est que : d" le Liber le rapporte à une autre place de son récit; 2o donne le détail à l'occasion de la légende de la fondation de celte église, qu'il raconte au long; 3" connaît l'église sous le nom de Saint-Pierre, et non sous celui des Saints-Apôtres que lui donne
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Il a sa rencontre avec Alaric à Vouillé, sur les bords du Clain (super Jluviwn Clinno) (Grég., II, 37).
Après ses victoires sur les Goths, Clovis fait séjourner les Francs dans le Bordelais et dans la Saintonge (ad delendam Gotliorum gentem) (Grég., II, 37)
19. La bataille des Francs contre Gliochilaïcus est livrée dans le pagas Attuarios (Grég., III, 3).
23. Childebert dans son expédition en Espagne s'empare de Tolède {Gré^., III, 40).
24. Glodoald meurt moine et est enterré Noviento villa Parisiaci siiburbano (Grég., III, 18).
25. Glotaire I«', menacé par Childebert et par Théodebert, se réfugie dans une forêt qui s'appelle Arelauno (Grég., III, 28).
2G. Childebert, revenant de sa seconde expédition d'Espagne, rapporte de Saragosse Vétole de saint Vincent pour laquelle il bâtit Téglise Saint- Vincent à Paris (Grég., III, 29 et IV, 20) (2).
27. Le corps de Glotilde la jeune, rapporté à Paris, est déposé dans l'église Saint-Pierre à côté de Clovis.
28. Chramn, fils de Clotaire I, épouse la fille de Wiliachar nommée Ghalda (Grég., IV, 17).
32. Chilpéric, dans sa guerre contre son frère Sigebert, pousse jusqu'à Reims et brûle et dévaste la Champagne (Grég., IV, 50).
31. Le roi Charibert meurt et est enterré au château de Blaye dans la basilique de Saiut-Romain (Grég., IV, 45).
Chilpéric, fuyant devant son frère Sigebert, se sauve per Rodemagensem urbem et va s'enfermer à Tournai (Grég., IV, 50).
33. Le jeune IMérovée, envoyé dans le pays de Poitiers par son père, revient à Rouen per C enomanicum {Grég., Y , 2).
Grégoire. Je suis donc autorisé à faire figurer celte iiulication topographique pai-mi celles que l'observateur ajoute au récit de Grégoire.
(2) .le fais ici la même observation que plus haut. Grégoire, IV, 20, sait que Childebert a bâti l'église de Saint-Vincent, mais ce n'est pas à lui qu'est d(j le renseignement de l'anonyme, dans lequel il fait partie d'un récit qui manque chez Grégoire de Tours.
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33. Saint Germain de Paris est enterré dans la basilique de Saint- Vincent.
Gela fait un ensemble de vingt et une notices — pas davantage — ajoutées au texte de Gi'égoire de Tours par l'auteur du Liber Historiae. En les examinant de près, on s'aperçoit que le plus grand nombre sont le résultat d'un travail purement intellectuel de l'abréviateur sur les données que lui fournit sa source. Ses additions ne sont nullement puisées dans un autre document écrit; elles sont ou des gloses implicitement contenues dans Grégoire lui-même, ou tout au moins des conjectui-es suggérées par son texte. Ce sont des interprétations de valeur inégale, selon que les connaissances de l'abréviateur rencontrent ou non les faits. S'agit-il de simples détail? de géographie, qui n'ont pas varié depuis Grégoire de Tours, alors il n'y a rien à redire. Il est exact, en effet, que pour venir de Belgique en France il fallait traverser la Charbonnière, que Youillé est situé sur le Glain, que pour attaquer Reims on devait passer par la Champagne, et que pour aller de Poitiers à Rouen on passe par le Mans. Pour ajouter de tels éclaircissements au texte de Grégoire, pas n'était besoin que l'auteur du Liber allât chei'cher d'autres sources d'information : il lui sulïisait de savoir sa géographie.
S'agit-il au contraire de faits où à l'élément géographique se mêle un élément historique, alors le travail de notre abréviateur l'este purement conjectural et ses renseignements sont, si je puis ainsi parler, suspendus dans le vide. S'il dit que Dispargum est en Germanie et sur la rive droite du Rhin, alors que selon Grégoire de Tours il est de ce côté-ci du fleuve, ce n'est pas qu'il ait là-dessus quelque renseignement personnel, c'est parce que de son temps on ne connaît plus de Thuringie cisrhénane. S'il rapporte que le mariage de Clovis a eu lieu à Soissons, c'est parce qu'il se figure cette ville comme ayant été la capitale du roi des Francs jusqu'à son départ pour Paris. S'il ajoute les Suèves aux Alamans que Clovis va combattre, c'est parce que ces deux peuples sont voisins, et que de son temps on était habitué à les confondre. S'il sait que Clovis a étendu ses conquêtes d'abord
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jusqu'à la Seine et ensuite jusqu'à la Loire, il déduit cette donnée précise de la légende populaire d'Aurélien, qui l'impliquait (i) S'il nomme la Saintonge avec le Bordelais comme ayant servi de quartiers d'hiver aux Francs après leur guerre contre les Visigoths, c'est à cause du voisinage de ce pays et de TAngoumois. S'il place le théâtre de la victoire sur Ghochilaicus dans le pagas Attiiarios, c'est parce qu'il sait par Grégoire que la bataille fut livrée dans le royaume de Thierry et sur les bords de la mer, et qu'il se figure ce pagus comme répondant à cette double indication. S'il fait fuir Ghilpéric par Rouen, c'est parce qu'il a vu dans Grégoire de Tours que c'est 1 itinéraire de Sigebert qui le poursuit. S'il met la tombe du roi Gharibert à Blaye près de Bordeaux, alors que nous savons par Grégoire (Gloria Confessorum c. 19) que ce roi est mort à Paris, c'est parce qu'il l'aura confondu avec son homonyme Gharibert II, fils de Glotaire II, qui, ayant reçu l'Aquitaine en partage, y est mort et y a sans doute trouvé son tombeau (2). Dans tous ces renseignements ajoutés au texte de Gi^égoire, il faut donc voir non de nouveaux témoignages, mais de simples interprétations de témoignages. Ils sont intéressants en tant qu'ils nous initient au procédé intellectuel de l'auteur, et qu'ils nous font constater chez lui des connaissances géographiques assez étendues. Mais ils n'enrichissent en rien nos informations sur l'histoire des Francs.
Il ne reste donc, de toute la liste ci-dessus, qu'un très petit nombre de renseignements provenant d'une autre source que le travail conjectural ou explicatif de notre auteur sur Grégoire de Tours. Tous, à une exception près, sont relatifs au monastère de Saint-Germain des Prés (20 et 33), à l'église Sainte-Geneviève (17 et 27) (3) et au monastère de
(i) Haec ex Annalibus lalinis lluxisse .liiiiglians 1. I. p. '29 slaluit ; ne vero (abululori niiniam auctoritalem tribueril vereor. Krusch, SRM, t. II, p. 260.
(2) C'est l'ingénieuse conjeclure de Uuinart, adoptée par M. Krusdi, p. 291 noie.
(8) Encore l'aut-il dire que puisque l'aiilcur sait par Grégoire de Tours que Ciolilde la jeune a été enterrée aupivs de son père Clovis, lequel, d'après Grégoire de Tours, avait sa tombe à Sainl-Pierre, il a pu en conclure (lue Clotilde reposait dans la même église, en usant du procédé explicatif indiqué ci-dessus.
Saint-Cloud (24). Ils attestent chez l'auteur une connaissance spéciale de Paris et de ses faubourgs. Nous verrons plus loin quelles conclusion il en faut tirer.
Voici l'exception. L'histoire de Chramn, fils de Glotaire I, se présente dans le Liber avec certains détails qui ne proviennent pas de Grégoire. Celui-ci nous dit que Glotaire, après avoir pris possession de l'héritage de Théodoald, roi d'Austrasie, envoya son fils Ghramn en Auvergne pour l'occuper en son nom : dirigensque Arçernus Chramnum filium suiim(l). Le Liber dit : qui cuni ultra Ligere a pâtre missus in loco ejus fuisseti^), ce qui est un peu moins précis. Tous deux mentionnent les excès commis par Ghramn en Auvergne, mais tandis que, selon le Liber, c'est la raison pour laquelle Glotaire lui mande de venir auprès de lui, ce qu'il se refuse de faire, nous apprenons au contraire par Grégoire que Ghramn s'est révolté contre son père, que celui-ci a envoyé contre lui ses deux autres fils Gharibert et Gontran, mais que Ghramn les a joués. Grégoire nous dit que Ghramn épousa la fille du duc Wiliacharius; le Liber dit la même chose mais connaît le nom de cette femme, qu'il appelle Ghalda. Au surplus, il est intéressant de rapprocher les portraits que l'un et l'autre tracent de Ghramn; on verra que le Liber y ajoute une note personnelle semblant trahir une autre source :