‹ Études franquesChapitre 40 sur 59 · LES · texte numérisé non relu

LES

au VI^ siècle (1)

La Touraine est, avec l'Auvergne, la seule région de France sur laquelle on puisse faire une enquête du genre de celle que j'entreprends. La raison en est que Grégoire de Tours, qui est notre source principale, pour ne pas dire exclusive, a été également chez lui dans les deux pays. Né en Auvergne et tout nourri des souvenirs patriotiques de cette contrée, il est devenu, en 573, évêque de Tours, et il a passé dans cette ville les vingt dernières années de sa vie. Ce qu'il nous raconte de la Touraine, ce sont ou bien les souvenirs personnels qu'il a gardés d'une carrière mêlée aux principaux événements dont ce pays fut le théâtre, ou bien les traditions toutes récentes d'une génération dont il avait été le contemporain, et qui avait grandi à Tours pendant qu'il grandissait à Clermont.

Grégoire connaît donc les choses de sa ville épiscopale à la fois mieux et moins bien que celles de sa ville natale. Moins bien, parce qu'à Tours ses souvenirs remontent

(i) Bull, de l'Aead. roy. de Belgique (Classe (les lettres, etc, 1900, pp. 838-883.

moins haut, tandis qu'à Glermont ils plongent dans un passé déjà lointain. Mieux, parce que c'est dans la pleine maturité de son talent qu'il a occupé à Tours son poste d'observateur. Aussi, tandis que sa liste des comtes de Glermont remonte jusqu'à 47G, à Tours elle ne commence qu'en ")o6. En revanche, elle sera plus instructive et plus intéressante au point de vue de l'histoire générale.

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