LES COMTES
Grégoire ignore le nom du plus ancien comte de Tours qui joue un rôle dans ses récits Gela n'a rien d'étonnant; ce rôle ayant été assez secondaire, la population a oublié le personnage en question, et lui-même n'a pas pris la peine de s'en informer. Ge personnage anonyme figure dans l'histoire du duc Austrapius, qui. réfugié dans l'église Saint-Martin de Tours, s'y voyait privé de pain et d'eau par ordre de son ennemi, le prince Ghramn. Le comte de la ville se chargea lui-même de renverser le vase dans lequel un habitant de Tours portait de l'eau au malheureux. Mais, dit notre narrateur, la vengeance de Dieu ne tarda pas à l'atteindre; le même jour, il fut saisi de la fièvre, et la nuit il expira (1). Geci se passait en Ot)6.
Alpinus, le premier comte de Tours dont Gi'égoire nous fait connaître le nom, parait avoir succédé immédiatement à celui qui périt en 556. 11 souff'rait cruellement d'un pied,
(1) Grégoire île Tours, HF., IV, dS. Grégoire ne désigne ce comte que sous le nom àe, judex loci; mais que cette expio.'^sion soit l'équivalent de celle de comte, c'est ce qui résulte clairement des divers passages de Grégoire où elle est employée; voir HF., IV, 'iG; V, 20 et 49; G/or. ConJ., 01. Cf. HF., VI, 8; Virt. Mart., III, S3; yp., VIII, 3. C'est dans le même sens que Grégoire de Tours dit cornes loci, HF., VII, 27. Ailleurs, il prend les deux mots come.<i et judct comme absolument identiques. C'est ainsi qu'à l'occasion d'une plainte que l'évêque Phronimius d'Agde, étant à Lyon, formula conl^'e un Burgondc qui avait dépouillé un pauvre, il écrit : « Episcopus autem narj-avit haec comiti, judex vero, vocatum Burgundionem, percunctari coepit ab co quid exinde diceret... » elle reste du passage VP., VIII, 8, Cf. Wailz, Deutsche Yerjassungsgeschichte, II, ii, p. 23.
nous dit notre narrateur, lorsque, ayant invoqué saint Martin, il eut une vision de ce saint, qui le guérit en faisant le signe de la croix sur le membre malade. Ayant appris cela, continue Grégoire, Gharigisil, alors référendaire du roi Glotaire I", vint au tombeau du saint et y obtint également sa guérison. Ge Gharigisil devint plus tard domestique du roi Glotaire et eut ainsi l'occasion de rendre de grands services à la ville de Tours et à sa basilique (1).
Ges données nous permettent d'établir avec une précision approximative la chronologie du comte Alpinus. Glotaire I" est mort en 561, et pour que, sous son règne, Gharigisil ait pu, comme domestique, rendre à la ville de Tours les services dont parle Grégoiie, il faut qu'il ait rempli ses fonctions pendant un temps plus ou moins considérable, une couple d'années tout au moins. Gela placerait en 559 au plus tard sa promotion au domesticat. Gette promotion elle-même est postérieure de quelque temps à sa guérison ; mettons que celle-ci ait eu lieu en 558. Or la guérison d'Alpinus lui-même est antérieure à cette date, donc elle eut lieu vers 557, et elle ne se produisit qu'après une année entière de maladie, ce qui nous ramène à 556, date de la mort du prédécesseur anonyme d'Alpinus.
Nous ne connaissons pas la durée du gouvernement de ce dernier; mais s'il est permis de recourir à la conjecture, il est probable qu'il resta en fonctions jusqu'à la mort de Glotaire. Le partage de la succession de ce roi et l'avènement de Gharibert à Tours aura alors, selon l'usage, amené un changement de gouverneur. Du moins nous voyons sous ce roi (561-567) gouverner dans cette ville un comte du nom de Gaiso, qui nous est connu par un curieux épisode d'histoire politique. Gharibert avait promis sous la foi du serment aux Tourangeaux qu'il n'innoverait en rien au régime sous lequel ils vivaient et qu'il les laisserait jouir de la situation qui leur avait été faite sous son père, notamment qu'il ne les frapperait pas de nouveaux impôts. Malgré cette promesse royale, le comte Gaiso ne craignit pas d'imposer la cité;
(4) Grégoire de Tours, Vin. s. Martini, I, 24 et 23. ,
mais il en fut empêché par l'évoque Eufronius. Le roi luimême, redoutant la colère de saint Martin, brûla les registres de Gaiso et renvoya les sommes déjà perçues à la basilique, en défendant au comte de faire payer quoi que ce fût aux habitants de Tours. Le mécontentement qu'à cette occasion Gharibert éprouva ou dut feindre contre un agent trop zélé détermina peut-être la retraite de celui-ci : toujours est-il que nous lui voyons encore un successeur du vivant de son maître (1).
Ce successeur n'est autre que le trop fameux Leudastes, ce remuant et vilain personnage qui a causé tant de soucis à son évêque Grégoire de Tours. Leudastes était d'origine servile. Son père était un esclave gallo-romain employé comme vigneron sur les terres du fisc en Poitou. On l'avait d'abord attaché à la cuisine royale; mais comme il était chassieux et qu'il ne supportait pas la fumée, on le fit passer, comme dit le chroniqueur, du pilon au pétrin. 11 feignit d'abord une grande prédilection pour les pâtes fermentées, mais c'était pour mieux préparer sa fuite. Il se sauva jusqu'à trois fois, mais fut toujours rattrappé ; la troisième, on lui fendit l'oreille comme on faisait aux esclaves fugitifs, Il parvint néanmoins à gagner les bonnes grâces de la reine Marcovèfe, qui eu fît le gardien de ses chevaux, et il se hissa même jusqu'aux importantes fonctions de comte de l'étable royale. Son étoile ne pâlit pas après la mort de la reine; au contraire, Gharibert lui fit gravir un nouvel échelon de la hiérarchie des dignités en lui confiant le gouvernement du comté de Tours. L'esclave devenu seigneur y fit ce qu'on pouvait attendre de lui; il se vautra dans les jouissances du pouvoir, se montra le plus odieux des tyrans et amassa d'immenses trésors, grâce à ses rapines. Mais la mort de son royal protecteur, eu 567, vint renverser cette haute fortune. A l'avéneinent de Sigebert, il dut fuir de Tours et se réfugier auprès de Ghilpéric, pendant que les fidèles du nouveau roi mettaient ses biens au pillage (2).
(4) Grégoire de Tours, HF., IX, 30.
(2) Le même, HF., V, 48.
Le successeur de Leudastes tut le comte Justinus, qui, si je ne me trompe, garda ses fonctions pendant toute la durée du règne de son maîti^e Ce règne fut troublé à plusieurs reprises par les attaques de Ghilpéric, Le roi de Neustrie ne se consolait pas de voir Tours et Poitiers en d'autres mains que les siennes. Il fit envahir la première de ces Ailles, dès le lendemain de la mort de Gharibert, par des troupes placées sous les ordres de son fils Glovis. Les armées réunies de Sigebert et de Gontran eurent bientôt fait de chasser le jeune usurpateur (1), et Sigebert ainsi que Justinus, son comité, restèrent en paisible possession de Tours pendant six ans. Mais, en 573, une nouvelle tentative de Ghilpéric eut plus de succès : cette fois, son fils Théodebert s'empara de Tours (2), dont il chassa Justinus, et alors on vit reparaître à l'horizon l'étoile de Leudastes. Ici se place un épisode bien curieux Au lieu de mettre purement et simplement son homme de confiance à la tête de la ville conquise, le jeune conquérant s'en fut trouver i'évêque, qui venait à peine de prendre possession de son siège, — c'est Grégoire de Tours lui-même, — et lui recommanda vivement Leudastes pour qu'il rentrât en possession de son comté (3). Qu'est-ce à dire, si ce n'est que le roi de Neustrie ne veut plus imposer un gouverneur à la province par un coup d'autorité? Il entend plutôt la gagner en paraissant lui abandonner le choix de son nouveau comte, et la démarche de Théodebert auprès de I'évêque n'a d'autre but que d'assurer à son candidat — il faut bien employer ce mot — la grande autorité morale de l'Église. S'il en faut croire notre narrateur, Leudastes fit au prélat les plus belles promesses du monde, et, à la suite de ces démarches, rentra en possession de son comté.
Il est d'ailleurs inutile d'ajouter qu'il n'eut ni l'envie ni le
(i) Grégoire de Tours, ibid., IV, 43.
(2) Le même, ibid., IV, 47.
(3) « Pervadente igitur Chilpei-ico rege per Theodobertum filiuni .siiuin urbeni Turonicam, cum jani ego Toronus advenissein. milii a Theodoberlo strenue commendalur i^Leudastesj, vit scilieet coniitatuni ([iieni prius liabuerat potiretur ». Grégoire de Tours, HF., V, 48.
210 Vm. — LES COMTES ET LES DUCS DE TOURS
temps de tenir ses engageuieuts. Peu après, en 573 ou en 574, Sigebert reprenait la ville, en chassait pour la seconde fois le comte neustrien, et, si je ne me trompe, réinstallait le comte Justinus dans ses fonctions. Nous ne savons que peu de chose de ce dernier. Il racheta, pour le rendre à la liberté, un enfant d'origine servile, du nom de Securus, qui venait d'être guéri miraculeusement au tombeau de saint Martin. Le miraculé vivait encore au moment où Grégoire écrivait (1). C'est Justinus encore qui, au nom du roi Sigebert, chargea Eufronius de Tours d'aller faire à Poitiers la translation des reliques de la sainte Croix, à la place de l'évêque Marovée qui se dérobait à ce devoir (2).
Mais, dès 575, la mort tragique de Sigebert, tombé sous le poignard des assassins envoyés par Frédégonde, faisait rentrer Tours sous l'autorité du roi Chilpéric et y ramenait le comte Leudastes. C'était la troisième fois que celui-ci prenait en mains l'administration du comté, et, cette fois, il la garda pendant cinq ans (575-580) (3), Son administration, pendant ce laps de temps, ne fut pas des plus faciles : elle fut troublée notamment, en 577, par son conflit avec le prince Mérovée, fils de Chilpéric, qui, réfugié à Tours, y était plus puissant que lui et qui pilla ses biens (4). Pour se venger de lui et pour faire sa cour à Frédégonde, la cruelle marâtre de ce jeune homme, il essaya de le faire périr (5). Leudastes eut, d'autre part, avec Grégoire de Tours luimême, plus d'une difliculté qu'il serait sans intérêt d'exposer en détail. Finalement, Chilpéric lui-même se fatigua de cet antipathique personnage, et il envoya Ansoald à Tours pour procéder à son remplacement. On vit alors, à la Saint- Martin de 580, se renouveler la curieuse pratique dont nous avons déjà eu un exemple plus haut. Pour la seconde fois depuis le règne de Chilpéric à Tours, la population fut
(-1) Grégoire de Tours, Virt. s. Martini, I, 40.
(2; Baudonivia, Vita s. Radegundis, c. IG {SRM., III, p. 389;
(3) Grégoire de Tours, HF., V, 48.
(4) Le même, ibid., V, 48.
(5) Le même, ibid., V, 14.
AU Vl« SIÈCLE. 211
appelée à procéder elle-même à l'élection de son comte (1). Je ne sais si Ghilpéric appliqua ailleurs encore une pareille mesure, ni si d'autres rois mérovingiens y recoururent (2); ce qui est certain, c'est qu'elle prouve de la part de ce souverain une certaine entente de l'art de gouverner. La meilleure manière de gagner un peuple récemment conquis, et dont la fidélité n'était pas assurée, c'était incontestablement de l'appeler à choisir lui-même l'homme auquel il devait obéir.
L'élu des Tourangeaux s'appelait Eunomius : c'était évidemment un indigène. D'une part, l'élection populaire ne se serait guère portée sur un étranger, qui aurait été un inconnu; de l'autre, nous voyons qu'après sa sortie de charge Eunomius continua de résider à Tours. Son administration dura trois ou quatre ans. Entré en fonctions en o80, il ne les occupait plus à la fin de 584 (3). Selon toute apparence, il en fut relevé lorsque la mort tragique de Ghilpéric, arrivée cette même année, eut livré la ville de Tours à Tambition du roi Gontran, qui avait commencé par en dépouiller son neveu Ghildebert d'Austrasie.
Pendant le temps qu'Euuomius était à la tête du comté de Tours, il avait au-dessus de lui un duc dont l'autorité s'étendait sur les deux comtés de Tours et de Poitiers. Ge duc, ancien comte lui-même, s'appelait Berulfus. L'un
(i) « Data nobis populo optionem, Eunomius in comitatum erigitui' ». Grégoire de Tours, HF., V, 47.
(2) C'est, à mon sens, exagérer énormément la portée de notre passage, qui est unique, que de dire avec Jacobs, Géographie de Grégoire de Totirs : « En imposant un comte à une cité, le roi prenait l'avis de l'évêque et du peuple; de même, pour l'élection d'un évéque, le peuple était consulté. Ce respect du consentement populaire, si remarquable à cette époque, devait avoir sa cause et son origine dans les traditions du régime municipal, qui, sous les Romains, avait donné aux hommes de la cité l'habitude de faire leurs affaires eux-mêmes, etc. i (2<= édition dans Grégoire de Tours, trad. Guizot, Paris, 1861, t. Il, p. 320). D'abord, la participation du peuple à l'élection de l'évêque est un fait d'une tout autre nature que ne le dit l'auteur ; ensuite, il n'existe pas un seul autre texte relatif à son intervention dans l'élection du comte; il en existe même qui prouvent tout le contraire, de l'aveu de Jacobs lui-même, comme HF., VIII, 38.
(3j Grégoire de Tours, HF., V, 47, 49; VII. 23.
et l'autre, au dire de Grégoire de Tours, furent d'accoi'd pour mettre la ville dans une espèce d'état de siège pendant lequel ils faisaient conseiller à l'cvêque de fuir; ils se seraient alors empares de sa personne et auraient prétendu trouver dans sa fuite une preuve de la vérité des accusations dont il était l'objet à la cour de Neustrie (1).
Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici une autre particularité relative au comte Eunomius. Lorsqu'il entra en charge, il emprunta de l'argent à un juif nommé Armentarius, pour pouvoir constituer la caution réclamée par le fisc de ceux qui maniaient les deniers publics. Son vicaire, nommé Injuriosus, était également devenu le débiteur d' Armentarius. Lorsque, après l'expiration de leurs fonctions (o84), le juif vint à Tours pour leur réclamer son argent, ses deux débiteurs promirent de lui payer l'intérêt avec le capital, mais Injuriosus, l'ayant inviter à dîner, l'assassina (2). Ou ne nous dit pas quel rôle joua Eunomius dans cette odieuse affaire ; mais, si je comprends bien le silence de Grégoire de Tours, il lui est plutôt défavorable.
Au moment où se passait cette histoire, Eunomius, je l'ai déjà dit, n'était plus en fonctions, et Tours, quelque temps disputé entre l'Austrasie et la Bourgogne, avait dû sacrifier ses préférences pour son maître légitime et recevoir les troupes de Gontran. Celui-ci avait confié les fonctions comtales à Willacharius, qui était déjà investi du comté d'Orléans (3). Ce ne fut. selon toute apparence, qu'une nomination provisoire. Willacharius, que nous retrouvons
,1) Grégoire de Tours, HF., V, 49.
(2; Idem, ihid. ,\ll, 23. Une phrase de ce récit crée quelque difliculté : « Pruesenli quoque anno [o84] Armentarius Judaeus cum uno sectae suae satellite et duobus ciiristianis ad exegendas cautionis, quas ei propler tributa puplica Injuriosus ex vicario, ex comité vero Eunomius deposuerant, Toronis advenit ». Cautiones ici signifie la reconnaissance d'une dette ; il s'agit de billets souscrits entre les mains du juif par les deux emprunteurs, et dont il réclamait le paiement. Les sommes empruntées étaient destinées sans doute à couvrir le montant d'une année d'impôt à verser d'avance, et c'est pourquoi les intéressés, ne disposant pas d'autant de numéraire, avaient été obligés de recourir à l'emprunt. Cf. Lehuërou, Histoire des institutions mérovingiennes, pp. 309 et 327.
(3) Grégoire de Tours, HF., VII, 13.
AU Vl' SIÈCLE. 213
encore en o90 comme comte d'Orléans (1), avait, au moins dès 587, résigné le comté de Tours, et c'est un certain Eborinus que nous en voyons investi en l'année susdite (2). Mais !e mandat d'Eborinus ne fut pas de longue durée. Dès le printemps de 589, il avait pour successeur Galienus (3). Ce rapide ehangement de gouverneur s'explique, comme la plupart des autres, par un changement dans la destinée politique de la Touraine. Le 28 novembre 587, le traité d'Andelot avait restitué la Touraine et le Poitou à Ghildebert, et celui-ci s'était empressé, selon une coutume à peu près invariable, d'y substituer un comte de son choix au mandataire de Gontran. C'est ainsi qu'entra en fonctions le dernier des comtes de Tours dont nous trouvons mention au VP siècle. Grégoire de Tours paraît avoir collaboré efficacement à sa nomination : dune part, il avait pour son roi Ghildebert un loyalisme qui devait lui valoir les bonnes grâces de la cour, et, de l'autre, nous voyons que Galienus était son ami d'ancienne date. Lorsque, sous la domination de Cliilpéric, l'évêque fut poursuivi pour avoir mal parlé de la reine Frédégonde, Galienus, désigné comme un de ceux chez qui il avait trouvé écoute, fut de ce chef jeté en prison pendant quelque temps (4). C'était en 380, et neuf ans s'étaient écoulés depuis ces jours mauvais. Galienus était maintenant maître de cette ville où il avait souffert persécution, et on lui demandait justice ou pitié au nom de l'innocence opprimée. Nous possédons encore le texte de la supplique en vers que le poète Fortunat lui fit tenir, pour demander l'élargissement d'une jeune fille injustement arrêtée. C'était pendant l'été de 589, au mois de juillet. Il y avait alors à Tours, outre le comte et l'évêque, deux personnages de distinction, à savoir Romulfus, comte du palais, et Florentianus, maire du palais de la reine
(■I) Grégoire de Tours, ibid., X, 9, où son nom présente la variante Wiliacharius. Avec M. Krusrh, dans son Index de Grégoire de Tours, j'admets l'identité des deux noms.
(2) Grégoire de Tours, Virt. s. Martin., III, 34.
(3) Le même, ibid., IV, 6, à combiner avec Forlunal, Carm., \, ii. (i) Le même, HF., V, 49.
Faileuba. Ils venaient pour procéder à Tours et à Poitiers à un nouveau recensement en vue d'as?eoir les impôts. Chacun de ces quatre dignitaires reçut, de la part du poète, une pétition en faveur de sa protégée. C'était le père qui portait lui-même ces pieuses requêtes, et celle qui était adressée au comte lui parlait sur le ton d'une amicale familiarité (1). C'est encore Galienus, sans doute, qui, en qualité de comte, reçut l'ordre de Childebert de faire arrêter le vicaire Animodus et de le lui livrer mort ou vif (2).