‹ Etudes générales et pratiques sur la phthisieChapitre 19 sur 83 · LE TUBERCULE · texte numérisé non relu

LE TUBERCULE

Le tubercule ne doit pas C'tre rangé dans les tumeurs. Sa nature l'en exclut.

J'ai toujours hésité à classer le tubercule parmi les tumeurs. Plus je l'observe, plus il m'en paraît éloigné, et je ne vois pas pourquoi les pathologisfes qui en font une tumeur, ne donnent pas le même nom aux abcès. Sans doute, ils auraient tort de le faire; mais c'est justement parce qu'il n'y a pas une différence de nature assez profonde entre le pus et le tubercule, qu'on a peut-être tort de les séparer aussi profondément que les tumeurs le sont des abcès. Est-ce parce que le contenu de ceux-ci, le pus, est liquide qu'on sépare les abcès des tumeurs? Mais on admet des tumeurs liquides ou demi-liquides ; et, d'ailleurs, la consistance ne touche guère à la nature des choses. Serait- ce parce que les abcès ou collections de pus sont des produits inflammatoires? Mais rien n'est moins absolu. Il y a des abcès dont il serait difficile de prouver qu'ils ont une telle origine. Et puis, n'y a-t-il pas de véritables tumeurs accompagnées d'inflammation, ou qui se développent sous son influence? On aggrave selon moi ces contradictions, en excluant de la classe des tumeurs les dépôts ou les infiltrations de matière caséeuse; et on m'autorise par là encore plus, à retirer le tubercule et les maladies tuberculeuses de la famille des

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tumeurs et des maladies à tumeurs, car les productions caséeuses sont la phase ultime, ordinaire, presque constante du tubercule, son résidu, et le résidu non moins fréquent du pus renfermé, et dont la prolifération a cessé.

L'idée de tumeur emporte l'idée de néoplasme organisé et à vie plus indépendante que celle du tubercule, qui ne l'est pas plus que celle du pus. Comme le pus, le tubercule ne naît en effet que pour dégénérer immédiatement et mourir. La tumeur a plus de vitalité et de processus devant elle, plus de résistance et d'activité propres. On dirait d'un véritable parasite ou d'un animal enté sur un autre. Elle a un tissu, je veux dire un entrelacement ou une juxtaposition de fibres et de fibrilles, une trame, un canevas. Souvent elle possède des vaisseaux propres, ou bien elle est susceptible d'en avoir. Elle se nourrit, elle s'accroît, elle végète, ce que ne font et ne peuvent faire ni le pus ni le tubercule. Elle a donc une vie locale beaucoup plus intense, et exerce moins d'influence morbide active qu'eux sur l'état général de l'économie. Il est incontestable que les tumeurs produisent et supposent, par conséquent, l'affection de l'organisme entier, beaucoup moins que le tubercule et le pus. C'est pourquoi, la vie intrinsèque de la tumeur étant plus riche et plus indépendante que celle des deux éléments nécrobiotiques qu'on appelle pus et tubercule, elle développe généralement autour d'elle et loin d'elle des réactions vasculaires moins vives, ou moins de fièvre et d'inflammation, que ne le font les deux produits morbides dont il s'agit. Aussi, et de même qu'aucune production morbide n'est plus inflammatoire et plus fébrile que le pus et le tubercule , aucun néoplasme ne l'est moins qu'une tumeur.

On voit que les caractères sur lesquels je me fonde pour séparer le tubercule de la famille des tumeurs, ne sont pas des détails extrinsèques de forme, de couleur, de consistance, de lieu; mais des caractères de nature, de genèse et

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