LE TUBERCULE. M
dire les productions de matière caséeuse ou tuberculeuse amorphe.
L'élément hislologique du tubercule est donc une cellule petite, dont l'enveloppe mince et souvent incomplète, supplique assez étroitement sur un contenu formé d'un beaucoup plus grand nombre de noyaux que ceux que nous avons observés dans la cellule du pus. On peut en compter jusqu'à 20 et même 30. Ils sont réduits, sans force plastique, sans nucléoles, laissant à peine de la place pour un peu de matière intracellulaire sèche et épuisée, dette matière existe entre les cellules elles-mêmes beaucoup trop serrées et presque dépourvues de territoire nourricier. Tous ces caractères sont ceux d'une pauvreté organique excessive. La granulation tuberculeuse ainsi constituée est grise, tirant de plus en plus vers le blanc jaunâtre, demi-transparente, assez, dure, élastique, s' écrasant difficilement. Elle fait saillie à la surface du tissu, et son volume varie entre un vingtième de millimètre et un ou deux millimètres. Telle est la granulation isolée et dans sa première période. Mais très-souvent les granulations sont continentes et ne forment qu'une masse dont les éléments sont très-difficiles à dissocier, unis qu'ils sont par l'espèce de substance compacte, mal formée et filamenteuse dont j'ai déjà parlé, qui en fait une agglomération sans en faire un tissu. La dégénérescence graisseuse jaunâtre et l'opacité qui en résulte commencent toujours par le centre de la granulation et s'étendent ensuite à la circonférence.
On peut assister en quelque sorte à la prolifération de ces éléments, à leurs âges successifs quelquefois si rapides, aux transformations de leurs périodes régressives, de leur désagrégation, de leur ramollissement, et de la circulation funeste de leurs débris liquéfiés dans tous les points de l'organisme.
Virchovv adonné de ces diverses périodes, depuis l'état naissant jusqu'à celle d'opacité granulo-graisseuse et de
ratatineraient, une description parfaite accompagnée d'une figure qui a été souvent reproduite et dont j'ai plusieurs fois constaté au microscope la remarquable exactitude l. Ne pouvant la mettre ici sous les yeux, il m'importe de la faire bien comprendre.
Quand on examine à un grossissement de 300 diamètres la coupe d'une granulation tuberculeuse, on y distingue trois ordres de cellules concentriques. Les plus anciennement malades et les plus altérées sont au centre; celles qui sont en voie de le devenir graduellement, occupent le cercle intermédiaire. On les voit perdre, de la circonférence au centre, les caractères des saines et fortes cellules normales de tissu conjonctif fusiformes, riches d'une enveloppe complète et d'un ou deux noyaux vigoureux, mats et à nucléoles. Elles se rapetissent, s'entassent, s'arrondissent et prennent de plus en plus les formes de fausses cellules embryonnaires, rapidement atrophiées, dont les enveloppes s'amincissent, se discontinuent et serrent de trop près de petits noyaux trop nombreux, durs et secs, qui en arrivent à ne plus paraître qu'une matière granuleuse, bientôt obscurcie par l'infiltration graisseuse. Le centre de la coupe se convertit alors en production caséeuse, et forme une large tache opaque finement pointillée. A la périphérie, au contraire, et séparée des granulations éteintes que je viens de dessiner par le cercle de celles qui s'en rapprochent graduellement, s'étale lazone encore saine dont les cellules robustes, que j ai plus haut décrites, sont largement espacées dans un territoire in'ercellulaire où abondent encore des matériaux nutritifs. Cette zone extérieure intacte, qui contraste si clairement avec la tache du milieu et les cercles de plus en plus altérés qui s'y concentrent, cette zone extérieure, dis-je, est probablement destinée à entrer dans la zone intermédiaire dont les cellules sont déjà affectées.
1 Pathologie cellulaire, p. 399.