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LE TUBERCULE

L'ensemble el les parties de ce foyer pathologique forment un petit tableau presque animé du processus de la granulation tuberculeuse. Il montre nettement plusieurs choses. D'abord, que les granulations se forment aux dépens du tissu conjonctif ou plasmatique, siège immédiat de la nutrition ; ensuite qu'en naissant, ces granulations, cellules plasmatiques avortées et néerobiotiques, remplacent, pour les détruire, mais sans pouvoir les remplacer ultérieurement, les cellules du tissu plasmatique ou fondamental, el tous les éléments des (issus spéciaux dont il est la matrice. On sait, en effet, que les néoplasmes réparateurs, les tissus cicatriciels sont fournis par une prolifération extraordinaire du tissu conjonctif. Or, le processus de l'irritation tuberculeuse, en détruisant ce tissu ou en se substituant indéfiniment h lui pour mourir en naissant, ne suscite jamais des éléments réparateurs, comme le font les inflammations simples et saines ; il ne suscite que luimême, et il est, par conséquent, une des productions morbides les plus hostiles à la force médicatrice.

Ce tableau montre aussi que le tubercule passe fatalement à l'état graisseux et finit par ressembler exactement au pus mort et concret. C'est le même mode de transformation régressive, et on pouvait le prévoir. Hislologiquement, les éléments du pus et du tubercule sont voisins. Rien ne se ressemble plus sur le champ du microscope qu'un leucocythe atrophié, commençant à se ratatiner, et l'élément du tubercule. Le pus est un produit hématoïde, et le tubercule une production lymphoïde. Or, le globule blanc du sang ou leucocythe, histologiquement si semblable au globule du pus, a été formé par l'appareil lymphatique. Il procède des vaisseaux et des ganglions de cet appareil, et a été versé par eux dans les vaisseaux sanguins.

Que le pus soit une prolifération de cellules embryonnaires et avortées du tissu conjonctif sous l'influence d'une irritation inflammatoire de ce tissu, comme le prétend

Virchow, ou qu'il soit une extravasation des globules blancs du sang sous la même influence comme le veut Conheim, — opinions qui pourraient être exactes toutes deux sans s'exclure, — cela importe peu pour l'objet de ma thèse, et il n'en reste pas moins vrai, que le pus et le tubercule ont de grandes analogies, ou plutôt, qu'ils présentent un parallélisme d'origine, de processus et de terminaison que la clinique manifestera comme l'anatomie pathologique. Si nous avions besoin de nouveaux traits pour établir ce parallélisme, ils nous seraient fournis par l'élude de la matière caséeuse, que j'appellerai aussi muco-tuberculeuse ou tuberculeuse amorphe.

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