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LE PHARYNX, L'ANGINE FOLUCULEUSE

Le pharynx des phthisiques est très-souvent, et certainement dans plus de la moitié des cas, affecté d'une phlegmasie chronique qui a pour siège principal les follicules muqueux de cet organe. Ils sont rouges, gonflés et hypertrophiés sur un fond enflammé lui-même, quelquefois pâle et sain en apparence.

Celte angine granuleuse préexiste quelquefois à la Phtliisie. Dans d'autres cas, elle se développe dans son cours, et elle arrive à son maximum d'intensité à la fin du deuxième ou au commencement du troisième degré de la maladie.

Quelle est sa signification ?

Considérée indépendamment de la Phthisie et comme affection idiopathique, l'angine folliculeuse est presque toujours herpétique. L'angine tonsillaire chronique appartient plus particulièrement à la diathèse lymphatique et strumeuse.

Cette donnée une fois établie, et ces autres faits étant aussi admis, savoir, que beaucoup de phthisiques avaient des angines granuleuses très-accusées avant leur Phthisie ; que l'iierpétisme est un des processus qui conduisent les générations à la Phthisie, et qu'en effet, il y a un grand nombre de Phthisies constitutionnelles chez des individus qui ont été ou qui sont encore dartreux, il ne faut pas chercher d'autre cause à celte complication quelquefois très-pénible et contre laquelle les phthisiques demandent souvent un remède, que la diathèse herpétique dont les reliquats sont encore très-souvent associés à la tuberculose des poumons et à la Phthisie.

J'insiste sur ce point, parce que despathologistes renommés n'ont vu dans cette angine des phthisiques, qu'une

irritation toute locale, produite par la toux et le passage plus ou moins répété des crachats sur l' arrière-gorge. L'effet ne me paraît pas en rapport avec la cause, et je ne peux admettre cette étiologie plus qu'insuffisante. L'angine dont il s'agit n'est pas plus produite par le contact des crachats aussi acres et aussi irritants qu'on les suppose, que la dysenterie n'est produite par les mucosités intestinales, et la laryngite des phthisiques par les efforts de la toux. Dans beaucoup d'autres maladies où l'on tousse et crache, jamais l'angine folliculeuse du pharynx ne se produit. On prend donc ici l'effet pour la cause, comme on l'a toujours fait dans l'Ecole qui a donné cette explication (MM. Chomel et Louis), et qui, comme Laënnec, n'a jamais vu dans la Phthisie, qu'un ensemble de symptômes et de lésions sans causes internes appréciables et sans rapports généraux et profonds.

Pour moi, l'angine folliculeuse des phthisiques a la même valeur qu'un eczéma, un pityriasis ou un psoriasis. Le pharynx, malgré ses inflammations chroniques intenses et prolongées dans la Phthisie, n'est pas un lieu d'élection pour la formation des tubercules. L'intestin, le larynx se tuberculisent dans la Phthisie avec une grande facilité ; le pharynx jamais. Est-ce parce qu'il est un siège de prédilection pour les déterminations locales de l'herpétisme, et que celui-ci offre encore aux atteintes de la tuberculose une certaine résistance ? Je ne sais; mais j'ai l'habitude de n'opposer à cette complication que des moyens thérapeutiques calmants, et de ne rien faire qui puisse la supprimer. Je me comporte avec elle comme avec l'hypertrophie des amygdales que je n'excise jamais, pas plus que la luette, chez les phthisiques, ou chez ceux qui me paraissent menacés de le devenir; comme aussi avec la fistule anale, les dermatoses, les douleurs, la leucorrhée, etc. , etc. . .

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