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DE LA VALEUR COMPARÉE DES SYMPTOMES LOCAUX ET DES SYMPTOMES GÉNÉRAUX DANS LE PRONOSTIC DIC LA 1>HTMSIE.

Rien n'est plus commun que d'observer un défaut de rapport, une disproportion quelquefois très-grande entre l'étendue et la profondeur des lésions locales et le peu de gravité des symptômes généraux ; et réciproquement, entre les faibles dimensions que présentent les désordres locaux et l'extrême gravité des symptômes généraux. Ce double fait mérite d'autant plus un instant d'examen, qu'il n'est pas toujours impossible d'en reconnaître les causes et les conditions.

On peut dire que, suivant lesintluencesqui ont présidé à sa naissance et à son évolution, la Phthisie est une maladie d'abord générale, localisée ou concentrée dans les poumons, ou une maladie d'abord locale ou pulmonaire, qui se généralise. Dans un plus grand nombre de cas, peut-être, c'est une affection primitivement et simultanément générale et locale. Ces trois divisions embrassent et expliquent tous les cas: ceux où la cachexie l'emporte sur les désordres pulmonaires; ceux où les poumons sont plus altérés que la constitution ; ceux enfin, et ce sont, je le répète, les plus communs, où il y a rapporte! proportion entre les deux aspects ou les deux forces de la maladie.

Pour avoir une idée des deux séries extrêmes et opposées, on n'a qu'à comparer une phthisie diathésique et constitutionnelle chez un jeune homme prédestiné, et une phthisie accidentelle chez un sujet qui n'avait aucune ap-

parence de prédisposition qu'on pût rapporter à ses antécédents héréditaires ou personnels, et qui n'avait été soumis à aucune cause lente de phthisie acquise. On conçoit très-bien que, dans le premier cas, l'altération de la nutrition générale prime les lésions tuberculeuses de la poitrine, et réciproquement pour le second cas; ou plutôt, on comprend que, dans le premier cas, les forces plastiques générales souffrent les premières, et que leur altération continue à dominer la situation et à donner son cachet et sa forme à toute la maladie.

On comprend aussi que, dans le second cas, une inflammation tuberculeuse envahisse presque d'emblée les poumons et s'y généralise de manière à ce que le tissu de ces organes soit menacé partout de désorganisation en deux ou trois mois, avec une altération consécutive plus ou moins prononcée de l'ensemble des forces organiques. Voilà bien les deux cas contraires, qui démontrent, comme je l'ai déjà établi tant de (bis, la latitude immense d'étiologie et de processus de la Phthisie; sa multiplicité ou sa variété indéfinies aboutissant à la plus triste communauté de dégradation et de misère organiques.

Mais la vraie question, la question pratique que je voudrais éclaircir, n'est pas encore posée par les exemples que je viens de prendre.

En effet, lescasqui intéressent véritablement le médecin, sont ceux où l'observation le conduit à mieux voir au point de vue de l'art, qui est par-dessus tout le pronostic. Qu'une phthisie diathésique soit profonde, générale, partout consommée quoique centralisée dans le poumon, c'est un fait qui éclaire la Phlhisiologie, et peut, par là, contribuer dans l'avenir à une médecine préventive fondée sur la nature des choses.

Qu'une phthisie accidentelle et inflammatoire détruise un poumon et amène consécutivement la mort en quelques

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mois, c'est encore un fait falal et presque inutile à la médecine individuelle. Ce qu'il faut surtout étudier, ce sont les cas où une disproportion remarquable existe entre les symptômes généraux et les symptômes locaux de laPhthisie, en vertu de conditions internes sur lesquelles le médecin peut compter pour développer la résistance, et fournir un point d'appui à toutes les ressources curalives de l'hygiène et de la matière médicale. Or, ces cas sont ceux sur lesquels je me suis déjà beaucoup étendu, et qui se distinguent des pbtbisies vulgaires en ce que des forces antagonistes ou des forces accélératrices coexistant avec la tuberculose, l'art peut agir sur elles pour augmenter les premières, affaiblir les secondes, et arriver dans les deux cas à retarder la marche de la Phthisie. Voici quelques-uns de ces cas les plus saillants.

11 n'est pas rare d'observer des phthisies que l'auscultation révèle presque seule. Elle donne, en effet, les signes d'un deuxième ou d'un troisième degré plus ou moins circonscrit, sans que les forces générales aient sensiblement souffert. On peut être sûr que, dans ces cas, une affection générale antipathique à la tuberculose résiste jusqu'alors à la généralisation de celle-ci. Réciproquement, on voit des sujets déjà cachectisés avec une lésion locale minime presque inappréciable. La Phthisie est alors presque toujours acquise sous l'influence de causes débilitantes générales dont on peut encore enrayer leseffets chez des sujetsnon prédestinés. Voilà les deux situations opposées où l'art a le plus de prise sur la Phthisie, car ce sont celles où la maladie guérit le plus souvent par les seules forces de la nature. Je ne dis pas cela pour diminuer le prix des secours de l'art. Celui-ci ne guérit et ne peut guérir que les maladies susceptibles d'une guérison naturelle ou spontanée. Est-ce donc une petite gloire pour la Médecine que de pouvoir imiter la nature ?

Le premier des cas que j'ai posés est-il plus grave etprésente-t-il plus de chances de succès à la thérapeutique que

]e second, ou si c'est celui-ci qui est généralement le plus curable? Il faut distinguer.

Si la cachexie du second exemple est plus artificielle que naturelle, et que la tuberculose pulmonaire, quoique commençant à se manifester, ne soitpassurson terrain propre, la disproportion qui existe entre le peu d'étendue ou de profondeur de l'altération locale et le degré plus avancé de l'altération générale, pourra être moins grave et moins menaçante pour l'avenir que la disproportion que j'ai signalée chez les sujets où le défaut de rapport est renversé, et qui ont des lésions pulmonaires d'un degré très-avancé jointes à une intégrité presque complète des forces générales et de la nutrition. Mais si au contraire la cachexie ou l'altération fuberculeuse générale est diathésique, quelque minime que soit l'altération pulmonaire, le cas est plus grave que celui de l'individu dont le poumon a déjà subi une lésion avancée, et chez lequel, à côté de ces lésions si graves, les forces générales se sont bien maintenues à la faveur d'une résistance interne fournie par un état morbide préexistant et encore antipathique à lagénéralisation de la phthisie tuberculeuse.

On voit, par ces exemples, de quels principes il faut être pénétré pour apprécier la valeur comparée des symptômes locaux et des symptômes généraux dans la prognose de la Phthisie. Je me borne à fournir ces éléments d'appréciation, parce qu'étant universels, c'est-à-dire, embrassant les cas les plus ordinaires, ils seront plus utiles au médecin qu'une solution impossible pour chaque cas particulier.

D'ailleurs, en parlant de ce sujet, je touche malgré moi, comme on vient de le voir, à des questions qui seront examinées dans la partie de cet Essai où je dois poser les bases du traitement et de la prophylaxie de la Phthisie. Je sens qu'il est temps d'entrer dans cette étude, fin et conclusion de toutes celles qui ont dû la précéder.

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