‹ Etudes générales et pratiques sur la phthisieChapitre 51 sur 83 · LA VIANDE CRUE · texte numérisé non relu

LA VIANDE CRUE

On a fait beaucoup de bruit autour de ce mode d'alimentation. On l'a donné comme un remède contre la Phthisie. Ce n'est qu'un aliment d'exception destiné à remplacer les viandes cuites, etc., lorsque les malades ont pour les aliments ordinaires un aversion insurmontable. C'est pour-

quoi, quelques malades doivent à la viande crue pilée, ou mieux encore, râpée et formée en bols avalés à l'aide d'eaude-vie ou de vin de Madère, ou délayée dans du bouillon, une restauration que rien n'aurait pu leur procurer. Quelquefois même ce mode de réfection modère leur diarrhée. J'ai dit ailleurs, pour prouver que la viande crue n'est pas un médicament et ne constitue pas un traitement proprement dit [Thèrap. comparée de la Phthisie déjà citée) : « La viande crue n'est d'aucune utilité chez les phlhisiques au premier degré qui ont conservé l'appétit, tandis que l'huile de foie de morue les empêche de maigrir, soutient leurs forces, et peut modérer la marche envahissante des altérations locales. 11 en est encore de même au second degré, lorsque le dégoût pour les viandes cuites et les bons aliments n'est pas survenu

« Quoi qu'on en dise, beaucoup de malades se lassent vile de la viande crue. Au bout de quelque temps, les voies digestives ne l'assimilent plus et la laissent passer comme un corps étranger, malgré l'addition des spiritueux presque toujours nécessaires pour en rendre l'emploi fructueux. Hors des cas et des indications que je viens de définir, c'est une illusion de considérer la viande crue comme un remède contre la Phthisie. Elle lest au même titre, et dans les conditions indiquées plus haut, contre toutes les maladies chroniques, les diarrhées rebelles du gros intestin, les cachexies quelconques, lorsqu'une anorexie invincible menace les malades d'inanition et d'autophagie. »

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