‹ Etudes générales et pratiques sur la phthisieChapitre 58 sur 83 · CURES DE PETIT-LAIT ET DE RAISIN · texte numérisé non relu

CURES DE PETIT-LAIT ET DE RAISIN

Après ces Eaux salines et alcalines, arséniquées ou non, où sont suspendues des matières organiques spéciales à chaque Eau, ou qui ne vivent que là, comme telles autres ne vivent que dans les Eaux sulfurées, il me paraît juste de mentionner les cures de petit-lait et de raisin. Ces produits organiques toujours plus ou moins alcalins, lartriques, sodiques ou potassiques, se rapprochent jusqu'à un certain point de quelques-unes des Eaux minérales que je viens d'examiner, et avec celte différence que, laxatives, diurétiques, antiphlogistiques comme elles, elles sont, de plus, douées de propriétés engraissantes. Lusage méthodique du petit-lait et des raisins favorise, en effet, le démaigrissement, et va môme jusqu'à exciter l'embonpoint.

Depuis longtemps, la Suisse et l'Allemagne ont utilisé leurs avantages sous ce rapport. Ces deux pays ont institué des cures de petit-lait et de raisin ; et on se rend dans ces établissements comme aux Eaux minérales.

Nous manquons en France des faits nécessaires pour nous prononcer sur la valeur de ces cures. J'ignore pourquoi notre pays s'est toujours refusé à entrer dans celte voie thérapeutique. Ce ne sont pas les matériaux qui lui manquent. On est porlé à croire que le petit-lait et le raisin pris méthodiquement, ensemble ou séparément, peuvent exercer une influence assainissante, dépurative, comme on

disait autrefois, et reconstituante. Je l'ai observé dans des affections des voies digestives, du foie, de la peau, qui dépendaient delà dialhèse herpétique, et chez des névropathes qui avaient usé et abusé de toutes sortes de médications; mais j'ai observé aussi que celle médicalion tout hygiénique, quelque bienfaisante qu'elle soit, n'agit pas profondément et n'a que des effets éphémères. Gomme on ne peut guère la suivre qu'en automne, au moins pour ce qui regarde la cure de raisin, j'incline à croire qu'elle conviendrait aux phthisiques après une cure d'Eaux- Bon nés, par exemple, et qu'elle favoriserait l'assimilation intime de cette Eau minérale. Quant à cette médication, ou à celte cure hygiénique et végéto-animale employée contre la Phthisie, je ne peux rien en dire.

On prépare dans les steppes de la Russie méridionale une boisson appelée koumiss, avec le lait de jument fermenté, boisson aigrelette et spiritueuse qu'on vante beaucoup contre la Phthisie. Jusqu'à présent, les Cosaques seuls à peu près en ont profité. L'observation scientifique n'a pas encore passé par là. On a produit quelques statistiques ; mais les chiffres ne sont pas accompagnés de leurs témoins, et on ne sait pas bien ce qu'il y a sous ce mot Phthisie.

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