DE LA
BlDïEiE DE li CIRCüLiîIi Dll 8ii
Par FLOURENS, — ANDRÉ CÉSALPIN
PAR
LE E. TURNER
Ancien interne des hôpitaux de Paris, Membre honoraire de la Société anatomique, etc.
OÙ peut conduire un livre d’histoire fait sans souci de la râité, et publié sous l’autorité d’un grand nom ! Yoici, par exemple, M. Ch. Richet qui, voulant faire une préface à sa traduction de Harvey avec les réponses à Riolan le fils, croit pouvoir donner un court historique de la découverte de la circulation du sang, d’après le joli petit volume de Flourens. Il n’est arrivé, par ce moyen, qu’à entasser erreurs sur erreurs, tout en intéressant sans aucun doute, les lecteurs de des iPem-Mondes (livraison du 4®'' juin 1879). Doit-on beaucoup l’en blâmer ? Je ne le crois pas. Il s’est réglé, sans le savoir, sur de méchants modèles. Mais, pour mettre un terme à de pareilles méprises, il ne me semble plus permis de taire aujourd’hui ce que j’aurais dû dire librement il y a trois ans déjà, lorsqu’à 1^’occasion de l’érection de la statue d’André Gésalpin, à Rome (1), faisant quelques recherches historiques^ je me suis bientôt aperçu que le livre de Flourens n’avait pas été écrit pour des hommes sérieux.
0) Voici rinscriptioa : Andreæ Cesalpjko pomo aretio archiatbo
EXIMIO SOLERTISSIMO NATDRÆ ISVESTIGATORI QüOD in GENERAL! SAN"
Rdinis circulatione , agnosçenda ag demonstbanda cæteros. anteces-
Je ne re’viendrai pas. sur Servet, Vésale et Colombo. (Voir le Progrès médical, n°» 32 et 33, août 4879. Remarques au sujet d'une ler.turede M. Chéreau, a l’Académie de médecine.) H sera question ici que de Gésalpin, qui aurait « conçu et si bien défini s, selon Flourens, la circulation générale.
Et, dès lors, M. Ch. Richet n’hésite pas à écrire ; « C’est un » homme de génie, aussi grand que Michel Servet et Harvey, » André Césalpin, qui découvre la circulation générale. » Liv. cif., p. j691.
Retournons à la réalité avec Haller. {Bibl. anat., I., p. 239.) Quelle admirable concision! « André Césalpin, d’Arezzo, » professeur à Pise, puis médecin [archiaier] de Clément VIII, » homme de beaucoup d’esprit [acuti ingenii>,, qui n’a pas » compris les choses comme tout le monde [aptus ad res intuen- » das alio angulo, quemreliquimortales solebant),&i qui, sans » avoir fait d’anatomie, a été le grand défenseur d’Aristote » contre les écoles de Galien [El si in anatome se non videtur » exercuisse magnus Arislotelis contra scholas et Galenum dé- » fensor). On a de lui cinq livres de Q,uœstiones peripatelicœ, » Venise, 4o71, in-4“. Une 2® édition, augmentée d’une ques- 3> tion et de 4 6 pages, a paru à Venise, en 4 593, in-4® (4), ré- » imprimée à Venise, en 46'i4. A Genève, 4588, in-fol.l— Les » quatre premiers livres ne nous regardent pas, mais- le » cinquième contient beaucoup de physiologie. La petite cir- » culation du sang à travers les poumons y est manifeste-
SERIT, PLANTAS NONDÜM IN CLASSES TRIBÜTAS PRIMUS ORDINANDÀS SÜSCE- PERIT, BERUM' PLURIMARUM IMPEDITAM INTELLIGENTIAM EXPLIGÜERIT, ÜNI- VERSAM: MÔRBOBTJM DOCTRINAM MAGNO CÜM PLAUSÜ IN HOC ARCHIGTMNASIÔ TllADIDERIT, aCABEMIA MEDICA ÜRBIS ET X. VIRI A CONSILIIS ARCHIGTMNASIO
REG.ÜNDO HONORIS ET MEMORIÆ CAUSA. MDCCCLXXVI. - En OUtie, M. Céia-
dini, professeur à Tuniversité de Gênes, n’avait, pas craint de proposer cette autre inscription, pour l’amphithéâtre de Pise : Andréas Cesalpims- Aretinus, Pisana in academia medicinœ lector, Gtalerii errqribus de jeeqn, venarumque of/icio emendatis, sanguinis detexit per rmiversum corpus eireum dationem quam etiam vinculis adhibitis vivisectionibus patefecit, suis vero in peripateticis ac medicis qua-stioinbus anno MDLXIX vel MDXCXIII editis, ipsissima circulationis voce usus, plane descripsiti Male sibi consuluit Ba'r veius ille Anglus, hanc qui sioi maximi veritatem momenti ausus anno MBCXXVIII est decernere. M. Sampson Gangee s’est empressé de relever cette erreur (voyez the Lancet, 11 et 25. novembre 1876, 20 janvier et 3 février 1877), que n’avait pas peu contribué à propager le petit livre de Flourens.
(l) C'est celle qui est citée habituellement par les auteurs.
y ment décrite, p. 122 B. Cet homme illustre a môme très y bien vu le jeu [officium] des valvules placées aux orifices y ducœur...
y En outre, dans ce livre V des questions péripatéticiennes, » il soutient que les veines et les nerfs eux-mêmes viennent y du cœur {venus etiam et nervos a corde oriri), que Bâme y y habite [in corde animam hatitare), et que les organes qui » n’ont pas de sang ne sentent pas [alsque sanguine nullum y, sensumiocumlahere)...
* Dans un autre ouvrage : Çiuœstionum medicarum libri II, » Venise, 1393, in-4° (publié avec la 2® édition des Q,uastiones » peripateticce), au livre second, Question XVII, p. 234, il note > que les veines se gonflent quand on applique un lien entre » le cœur et les extrémités et que cela est contraire aux idées » reçues [eumque iumorem receptee sententiœ adversari) ; eepen- » dant, il n’en déduit pas le cours du sang dans les veines, » bien qu’il en ait été très près [tertimtamen sanguinis mnosi » iuctum inde non eruit, zéro licet proximus] ; il a enseigné » que pendant le sommeil le sang revient bien au cœur par » les veines et non par les artères ; mais qu’il est encore loin » de la réalité [sed à vero Mctenus abfm% parce qu’il a cru que » le sang allait et venait dans les veines comme les flots de la * XQ&x[in Euripi modu’iv£\[\).
» Enfin, dans le- premier livre, sur les plantes [de plantis],
» chapitre II, il y a encore quelque chose sur ce sujet [aliqua » hue faciunt.) » ■'
Plourens n’a pas tenu compte de cette juste appréciation de Haller et ne s’est pas certainement donné la peine d’ouvrir les livres de Gésalpin. Il aurait, cépendant, été bon de s’en préoccuper un peu. Que pouvait-on attendre, en effet, d’un homme, de beaucoup d’esprit, qui, après l’effort accompli par Galien et ses successeurs, et ensuite par Vésaie, Colombo, Fallope, Eustachi, etc., avaient eu la singulière idée de reporter les philosophes et les savants anatomistes de son époque aux doctrines d’Aristote! Pour le grand philosophe de l’antiquité, le cœur était tout. C’était non seulement le principe des artères, mais encore celui des veines et des nerfs; le siège de l’âme et des passions, etc.
Constatons d'abord, avec Douglas et bien d'autres, que les
10 C'est i'expressiou d’ArLlole reproduite par Géoalpiu.
dissertations de Césalpin étaient justement demeurées dans l’oubli pour tout ie monde, que personne surtout n’y avait vu l’indice de la grande circulation, c’est-à-dire le passage du sang des artères dans les veines, quand éclata la découverte de Harvey. C’est seulement lorsque ce grand fait fut démontré et connu, qu’on alla exhumer dans le monceau des divagations de Césalpin certaines phrases qui, prises woZdment, ont pu donner le change à d’autres auteurs que Haller.
Pour mettre un peu d’ordre dans cette exposition, il me paraît nécessaire d’examiner successivement les divers ouvrages de Césalpin, écrits et publiés à des dates très différentes et qu’on a mêlés dans une'confusion fâcheuse (1). Cet examen méthodique servira à établir d’abord, que Césalpin n’a pas eu la moindre idée de la circulation générale. Il sera facile d’apprécier ensuite la valeur des citations avec lesquelles, non sans leur faire subir quelques modifications et leur prêter un sens qu’elles ne peuvent avoir , on a. cherché à donner à Césalpin une gloire qui appartient tout entière à Harvey.
Dans le cinquième livre des questions péripatéticiennes [Edition de 1593. Page115. Troisième proposition ///)'•
Cor non solum arteriarum sed et venarum et nervorum ESSE principium], des passages sans nombre, montrent que
(l) Le Q,umstionum peripateücarvm lihri Y parut à Veûise, en 1571. La dédicace à François de Médicis, prince de Florence, est datée de Pise, calendes de juin 1569. Côme de Médicis, son père, premier duc de Toscane, meurt en 1574. Aussi le De plàntis libri XVI, Florence, 1583, est dédié à François de Médicis, devenu grand duc de Toscane {Serenissimo Francisco Medici magno Ætruriæ ducî). Quand avec la 2® édition des Quast. peripailibri Y, paraît à Venise, 1593, pour la première fois, Qacestionurn medicarum libri II et de Medicamentorum faculiatibus libri II, François de Médicis, deuxième grand duc de Toscane, est mort, en 1587. La dédicace de ces ouvrages nouveaux est adressée à son frère Ferdinand, qui avait été cardinal et qui devint le troisième grand duc de Toscane, Serenissimo Ferdinando magno Ætruriæ duci III.
pour Césalpiu le cours du sang dans les veines a lieu du coeur aux organes, excepté pour la veine porte et la partie de la veine cave qui lui fait suite, p. lie A. Ut igilur rituli ex fonte agnam Muriunt sic tenm et arteriæ ex corde. Gomme les ruisseaux tirent leur eau d’une fontaine, les veines et les artères sortent du cœur, p. 116 B. Ibi esse omnium venarum p-inci^pium. Sunt enim hœc (1 ) quasi venarum capita, fines autem earumdem in capiilamenta tenuissime scissa desinunt. Elles sont, en effet, comme l’origine des veines, qui se terminent par des capillaires extrêmement fins. Le cœur est donc le principe de toutes les veines ! C’est évident, Bx dictis patet.
Il n’est pas moins évident que les nerfs y prennent aussi leur origine, p. 116 B. Sed et nervorum quoque ortum ai eodem duci, Jiinc manifestum est. Je laisse de côté une discussion qui ne nous intéresse pas, sur le cœur, siège de toutes les sensations, etc., avec les citations d’Aristote. Pour Galien, qui est de l’avis de Platon, Pâme où la vie a trois facultés: la nutritive, placée dans le foie et les veines ; la sensitive, qu’il appelle animale, dans le cerveau et les nerfs ; la vitale, dans le cœur et les artères. Gomme si la vie, objecte Gésalpin, n’était pas l’opération même de Pâme nutritive ! p. 1 16 E et F. Putavit enim Platonem insequutus . . . . Q,uasimta non sit ipsa anima prœcipue altricis Je n’insiste pas non plus sur
Yalimentum auctivum contenudans les veines, et le distribué par les artères. Je recueille seulement cette réflexion : « Il n’était pas nécessaire qu’il retournât du cœur dans la veine cave, car elle contient l’aliment auctivum qui y est perfectionné par la chaleur que lui communique le cœur », p. 1 19 B. Non est autem necesse ut regrediatur ex corde in venam. cavam, ilia enim auctivum alimentum continet, quod in ipsamet propter cordis continuationemperficitur. Gésalpin suppose, en outre, que l’origine des veines pourrait bien être « dans la tête, où l’on voit des sinus non moins grands que ceux qui se trouvent auprès du foie et du cœur », p. 119 B. Prœterea ea ratione dicere possumus in capite esse princiipum venarum ; sinus enim ibi efficiuntur non minores quamquijuxta hepar et cor spectantur.
Il est plus important de voir (p. 120) quelle est, pour le philosophe péripatéticien, l’action du cerveau sur le sang, et ■comment les vaisseaux vont s’y distribuer et devenir des
(l) Les valvules placées aux oriüces du coeur.
nerfs. Après cela, croira qui voudra à la grande circulation de Gésalpin ! Pour que le cerveau refroidisse [temperat sua frigiditate) le sang très chaud monté du cœur [sanguinem calidissimmi ex corde ascendentem)yù.&s vaisseaux petits et en grand nombre, provenant de la veine cave et de l’aorte, se répandent autour du cerveau, et y portent un sang non plus riche et épais, mais un sang léger et pur, p. 120 B. Nequ sanguis copiosus et crassus, sed ternis syncerusque tendit eoiem. Or, ces petits vaisseaux répandus dans le cerveau, s’ils s’y terminaient et n’allaient pas aux organes des sens, seraient inutiles ; à qtioi leur servirait, en effet, d’avoir attiré du sang pur et refroidi ? P. 120 G. Yennlm autem in cerelrum dispersa, si inïbi desinerent, nec ad organa sensuum ferrentur, inutiles fuissent, quo modo enim Jiac sanguinem syncernrn de kmperatum Mûrirent ? Et comme le sang sorti des vaisseaux se corrompt, et qu’il ne peut être repris d’aucune manière {reassumi nullo pacto potest), il est nécessaire que les vaisseaux qui vont partir du cerveau se continuent avec les organes des sens {ad sensuum instrumenta), puisqu’on ne voit rien sortir du cerveau, excepté les nerfs, p. 120 D. At nullum aliud . corpus e cereiro egredi videmus praier nervos. Ils ne se continuent pas canal à canal; plusieurs vaisseaux se réunissent pour former un nerf. Aussi, le nerf peut-il être séparé eh plusieurs fibres dans le sens de sa longueur. Idcirco fissilis est nervus secimdmn longitudinem. Gar les vaisseaux, se terminent en fibres droites qui forment les nerfs. Nam tenulœ in fibras rectas descinuni nervos continuentes.
•Quoi de plus clair que la théorie d’Aristote! P. 120 D. Q,uid potest Mc dicta clarius esse^ « Le nerf en effet n’est rien autre chose que les dernières divisions de l’aorte parvenues .dans la tête et qui ont pris dans le cerveau la nature du nerf; d’autres branches se dirigent en bas, c’est-à-dire vers les jambes et les articulations de tout le corps. NiMl enim aliud est nerms quam extrema aorta alia quidem in capite, id est in cerebro naturam nervi accipientia; alia autem circa imas partes, id est circa crura et articulas totius corporis.
« Résumons donc le trajet des nerfs. » P. 120 F. ColUgamus igitur nervorum ductum. » Du cœur sortent les veines et les artères, les branches qui vont vers la tête, entrées dans le crâne, constituent d’une part les plexus rétiformes flans les ventricules du cerveau, d’autre part, les veines de la duremère, d’où partent des vaisseaux sanguins à parois minces. »
Sa; corde egrediuntur venœ et arteriæ quarum ilia quœad caput fermtur calvariam ingressœ partimin ventricuUs cerehri ■plexus relis modo efflciunt: partim mro in memlrana durïore sinus quosdam communes ex utraque vena constituunt, e quitus ■casa sanguinis in tenuem membranam sparguntur. Les vaisseaux se répandent dans la substance du cerveau en capillaires si fins qu’on ne peut les voir. Le sang très léger qu’ils contiennent peut ainsi se refroidir au contact de la moelle du cerveau.
Puis les petits vaisseaux sortent de nouveau par les nombreux trous du crâne, pour porter aux organes des sens l’esprit ou la fleur du sang plutôt que du sang ; « d’autres vont, de la même manière, de la moelle spinale aux articulations, aux jambes et aux côtes. 3 p. 121 K. Eodem.modo alii ex spinali medulla ad artus et crura et costas ferunlur. C’est le sang qui donne aux organes le pouvoir dé sentir, etc.
Je cite encore cette phrase. P. loi B. Q,uemadmodum enim in hepaie, licet sensui immanifestus sit nexus mna cava cum vena porta, una tamen continua mna est: sic in cerebro continues esse canales venarum cum nervis ostensum est, quanquam ob vasorum exiguitaiem in dissectione osiendi satis nequeant. « De mênie que, dans le foie, la veine .porte se continue avec la veine cave; de même dans le cerveau, les canalieules des veines se continuent avec les nerfs, bien qu’on ne puisse s’en assurer dans les dissections, à cause de. l’exiguïté des vaisseaux. »
Quatrième proposition [Quastio IV). P. 421. Respiratione
, NON INTROMITTI ALlQUEM SPIRITÜM EXTERNUM IN COR. « Par la
respiration aucun esprit extérieur ne peut être introduit dans le cœur. »
Pour Aristote, il ne faut pas l’oublier, le coeurest. tout. il fait le sang par sa chaleur. P. 423 A. Continua sanguinis generatio in corde. Le poumon n’est qu’un organe de réfrigération. « Le mouvement continuel qui se fait du cœur à toutes les parties du corps a pour cause la génération continuelle de l’esprit qui, par son expansion, est apte à se répandre très promptement dans tous les organes. » V.KtZ'Q. Motus igiturcontinuus a corde in omnes corporis partes agitur quia continua est spiritus generatio qui- sua ampliludine diffundi celerrime in omnes partes aptus est. « C’est lui qui produit la pulsation : des artères plus forte que celle des veines parce que c’est par elle que l’esprit est; porté. » P: \%S G. Apparet autem magis
hœc fulsatio in arterüs qmm mnis, quia spiritus perhas ferlnr Voici d’ailleurs comment a lieu ce mouvement continuel!
« Le cœur attire par sa chaleur l’aliment des veines, qui est porté du cœur dans les artères, la disposition des valvules ne lui permettant pas d’autre route. * Motus enim fit ex unis in cor caliditate alimentum trahente, simul autem ex corde in arterias quia hoc solum patet iter propter membranorumposU tionem.
La circulation pulmonaire seule est bien décrite, p. 125 D,
Idcirco pulmo per renam arterüs similem . P. 125 E. Huic
sanguinis circulationi ex dextro cordis ventricule perpulmonen in sinistrum ejusdemuntriculum, etc. Cette citation est partout. Je n’insiste pas. Il suffit de faire observer que ce fameux mot de Circulation^ écrit la première fois par Gésalpin, et dont on a fait tant de bruit s’applique à la circulation pulmonaire, déjà beaucoup mieux exposée par Colombo. Ce dernier avait très bien indiqué, sans la comprendre, l’action de l’air sur le sang dans la respiration. Césalpin, avec sa théorie de la réfrigération, vient tout bouleverser ! Et d’ailleurs, il croit à la perméabilité delà cloison interventriculaire. P. 125 E. Pulchre igitur condita sunt omnia -. cum enim fervere oporteret in corde sanguinem, ut fier et alimenti perfection, primo quidem in dextro ventriculo, in quo crassior adhuc continetur sanguis, deinde autem in sinistre, uli syncerior jam sanguis est -.partim per medium septum, partim per medios pulmones refrigerationis gratia ex dextro in sinistrum transmittitur. « Tout est donc bien arrangé ; Comme il fallait que le sang fût échauffé dans le cœur, pour la perfection de l’aliment, il est porté d’abord dans lè ventricule droit, où il est plus épais ; puis dans le ventricule gauche, où il est déjà plus pur. Il est ainsi transmis du ventricule droit au ventricule gauche, pour se refroidir, partie à travers sa cloison, partie par les poumons. »
Je signale encore cette phrase : p. 126 B. Oh hanc rero causam fit aeris inspiratio per nares juxia cerehru/m desinentes, non solum olfactus gratia, sed etiam ut venæ per collum ascendenies ad Cerehrum usque, refrigerentur ; protenduntur enim juxta asperam arteriam venæ cerehrum petentes. C’est pourquoi il se fait une inspiration d’air par les narines qui finissent près du cerveau, non seulement pour servir à l’olfaction, mais même pour que les veines, montant le long du cou jusqu'au cerveau, soient refroidies; c’est pourquoi les veines qui vont au cerveau passent auprès de la traebéerartère. •»
N^est-ilpas évident que, pour Césalpin, le cours du sang dans les veines a lieu du cœur aux organes. Alors, que devient la circulation générale qu’on a eu la malheureuse idée de lui attribuer?
Cinquième proposition {Q,u(BStio V). In respiratione prin- CIPIOMUNDB MOTUS ESSE GORDis GALOREM. P. 126 D. Ici rien à noter que l’explication des mouvements respiratoires. Elle est curieuse ! Avec Galien, on admettait qu’ils se faisaient au moyen des muscles, diaphragme, intercostaux, etc. Pour Aristote et Césalpin qui veut le faire revivre, « le sang échauffé par le cœur, non seulement le dilate, ce qui produit sa pulsation ; mais encore dilate le poumon, et la respiration se fait par l’action continuelle du sang chaud qui lui arrive. Le poumon se dilatant, il est de toute nécessité que l’air extérieur entre dans la trachée-artère : c’est ce qu’on appelle l’inspiration. Survient la réfrigération, et la masse diminue, comme lorsqu’on projette de Peau froide dans une marmite en ébullition. Le poumon revenant sur lui-même, il faut que Pair inspiré soit rendu, c’est ce qu’on appelle l’expiration. La chaleur du cœur est donc la cause des mouvements respiratoires. » P. 126 F. Idcirco mcesse est sanguinem in corde ferventem mn solum cor ipsum dilatare, mde fit pulsus; sed et puïmonem.unde respiratio continua in eum facta calentis sanguinis dervoatione. Améplificato igitur pulmone necesse est aerem externum introlali in asperas arterias, quce inspiratio mcatur. Inde refrigerwtm et molis diminutio sequi^ir, ut facit in ollis ferventilus aquee frigides instillatio. Desidente autem pulmone necesse est aerem inspiratum reddi, que expiratio mcatur. Est igitur calor cordis unde principium motus respirationis . D'où l’on peut conclure que Césalpin ne connaissait pas non plus la respiration 1
En voilà assez, je crois ! Cependant dans la sixième proposition F/). P. 127 E. Sensum nulli parti in esse
QüÆ SANGUINE GARE AT IN ANIMALIBUS SANGUINEIS, On VOit
comment Césalpin comprenait la communication des veines et des artères. «Dans les animaux supérieurs, la conjonction des vaisseaux est beaucoup plus grande à leur origine que dans leur trajet : au cœur, elle se fait par de grands orifices ; dans le trajet des vaisseaux, la communication paraît se faire par de petits orifices, mais elle est faible* {imbecillis). C’est dans le cerveau que se fait la première conjonction des vaisseaux et des nerfs ; danf=; leur trajet, elle paraît rare [modica). » P. 131 B. In animalïbus vero perfectioribus conjonctio msorum longe
ma^oT est inprincipiis^ qmm in ductilus : cor enini conjunctiô est unarnm et arteriarum maximis osculis, ideo principium, est : in ductibus autem parvorum osculorum etiam communicatio appxret, sed imbecillis. Et cerebrum venarnm et nervorvM est conjunctio prima, modica autem in ductibus videtur....
• Enfin une dernière citation. Gésalpin, pour faire comprendre la transmission du mouvement du cœur aux muscles rappelle ce qui se passe aux orgues des églises, qui rendent des sons différents suivant que l’artiste modifie la quantité d’air envoyé par les soufflets. « Les modifications des sensations sont comme les notes du clavier, qui laissent passer plus ou moins d’air. L’esprit est retenu principalement dans le cœur; le thorax fait l’office de soufflet, et suivant V impression une quantité déterminée est poussée dans les tendons des muscles. C’est pour cela qu’il a fallu que le cœur fût robuste et nerveux, pour supporter ces mouvements. » P. 131. F. «yic in animalibus alteratio per sensus est veluti tactus disponensinsirumenium ad flatum recipiendum: aperit meatus, per quos flatus ex corde præcipue retenio spiritu, ac tJiorace compresso tanquam folle in tendines musculorum impingatur : Tiujus autem gratia cordis corpus robustum esse oportuit, . et nervosum, ut motus hos prœstare posset. Est-ce assez clair? Gésalpin ne peut avoir eu l’idée de la circulation générale, puisque, pour lui, les veines et tes artères parties du cœur vont se réunir dans le cerveau et la moelle spinale, pour former les nerfs, et porter le mouvement aux muscles.
Nous allons voir qu’il n’a point modifié sa théorie dans ses autres ouvrages.
DansleZ>e Planiis (Florence, 1^83] (1), faisant un parallèle entre les plantes et les animaux, Gésalpin dit, liv. I. Gh. L p. 1, ligne 46: « Les veines tirent l’aliment du ventre pour le distribuer dans tout le corps ; il semble en être de même
(l) Ouvrage justement vanté par Flourens.
pour les racines des plantes qui tirent l’aliment de la terre qui les porte. » Natura enim venarwm qum alimentum ex 'centre Imrimt, ut illud in universum corpus distrïbuunt : aligna, ex parte respoudere videtur cum plantarum radicibus ; nam similiterhaex terra tanquam ex neutre cui implantantur, tra- Jiunt alimentum. Puis à la page 2, ligne 6. « Pour les animaux comme pour les plantes, l’aliment est porté en haut. Il est rendu léger, la chaleur le porte à s’élever. Les racines alors ont dû s’implanter dans la terre, et la tige se dresser en l’air : car, dans les animaux, les racines des veines sont en bas dans le ventre, et leur tronc se dirige en haut vers le coeur et la tête. » Cum enim tam in animalïbus quam in plantis nutrimentum sursum feralur., leve enim est., quod nutrit, utpote quod a ealiditate sursum ducitur ; radices in inferiori parte implantari necesse fuit, caudicem autem recto sursum attolli: nam et in animalibus nenarum radicatio in inferiori ventre est caudex autem, sursum petit ad cor et caput.
Au chapitre II, p. 3, dans le passage si souvent cité et si mal interprété, il s’agit de la nutrition des plantes. « Dans les animaux, nous voyons que l’aliment est conduit parles veines au cœur comme à l’officine de la chaleur naturelle ; qu’après y avoir reçu la dernière perfection, il est distribué par les artères dans tout le corps, à l’aide de l’esprit qui est engendré dans le cœur du même aliment. Dans les plantes nous ne voyons ni veines ni autres conduits », etc. Nam in animalïbus videmus alimentum per venus duci ad cor tanquam ad officinam caloris insiti, et adepta inibi ultima per fectione per arterias in universum corpus distribui agente spirïtu, qui ex eùdem alïmento in corde gignitur.. In plantis autem neque vert as, neque aliosductus, etc. Flourens (ouvrage cité, p. 34) remplace alimentum par sanguinem, et traduit hardiment ; a Le sang conduit au coeur par » les veines, y reçoit sa dernière perfection ; et cette perfection » acquise, il est porté par les artères dans tout le corps, » puis s’écrie victorieusement, p. 35 : « On ne pouvait mieux » concevoir la circulation générale, ni la mieux définir dans » une phrase aussi courte. » Et voilà comme on fait l’histoire! C’est incroyable. Césalpin lui-même en serait épouvanté.
Dans cé fameux passage, , il n’y a pas autre chose que la circulation pulmonaire. Ce qui constitue la grande circulation, encore une fois, c’est le retour du sang artériel par les veines. Non seulement Césalpin ne l’a pas soupçonné, mais il O dit tout le contraire.
Reste à examiner un autre ouvrage, Qumstiomm medicarvM lïbri II, paru en 1593, à Venise, avec la 2® édition des Q,uestionv,m peripateticum, lïbri F. Dans la dix-septième proposition du livre second, p. 233 : Sotpoca.tionem in angina PIBRI MAGIS OPPLETIS VENIS JUGULARIBUS QUAM CLAUSO LARTN- Gis osGULO, [Q,u(SsUo XVII) Gésalpin fait cette remarque, p. 234 A : « Il serait curieux de rechercher pourquoi les veines se gonflent au-dessous du point comprimé et non pas au-dessus, ce que savent par expérience ceux qui saignent, car ils posent le lien au-dessus du point où sera faite l’incision et non au-dessous, parce que les veines se gonflent au-dessous delaligature et non au-dessus. Mais il aurait dû en être autrement, si le mouvement du sang et de l’esprit se fait des viscères dans tout le corps. » Flourens borne là sa citation et conclut. Mais continuons. « Aristote résout-il le problème en disant : [de Somn., cap. 3) Ce qui est évaporé doit être poussé quelque part, puis revenir sur lui-même comme l’Euripe (1). Car la chaleur animale se porte naturellement vers les parties supérieures, d’où elle redescend ensuite en revenant sur elle-même. Ainsi parle Aristote. Pour expliquer ce passage, il faut savoir que la nature a disposé les conduits du coeur de façon que l’entrée du sang se fasse par la veine cave dans le ventricule droit du cœur, où s’ouvre l’issue par Je poumon ; qu’ensuite, venant du poumon, il y a une autre entrée dans le ventricule gauche du cœur, où enfin s’ouvre la sortie par l’artère aorte, le retour étant fermé par les membranes placées aux orifices des vaisseaux. Il y a ainsi une sorte de mouvement perpétuel de la veine cave à l’artère aorte, à travers le cœur et les poumons, comme nous l’avons expliqué dans les questions péripatéticiennes (liv. V, 94, p. 425, D et E). Mais comme pendant la veille, le mouvement de la chaleur naturelle se fait au-debors, c’est-à-dire vers les organes des sens, et pendant le sommeil,
(1> La mer de Négrepout,.
au dedans, c’est-à-dire vers le cœur, on doit croire que pendant la veille,! l’esprit et le sang se portent en plus grande abondance aux artères, qui sont en effet le chemin des nerfs. Tandis ç^&pndantle sommeil, cette même chaleur revient au coeur par les veines et non par les artères ; car l’entrée se fait naturellement dans le cœur par la veine cave, et est impossible par l’artère, La preuve, c’est que les pulsations chez ceux qui s’éveillent deviennent grandes, fortes, fréquentes et accompagnées d’une certaine vibration ; pendant le sommeil, au contraire, elles sont petites, languissantes, lentes et rares (3 de eoMS. pul. 9 et 1 Ô). Dans le sommeil, la chaleur naturelle se porte moins vers les artères, elle s’y précipite avec véhémence au réveil. Pour les veines, c’est le contraire ; pendant le sommeil, elles sont plus gonflées, et plus vides pendant la veille, comme il est facile de le voir aux mains. Ainsi, pendant le sommeil, la chaleur naturelle passe des artères dans les veines par les orifices de communication qu’on appelle anastomoses, et de là se porte au cœur (1). Or, de même que l’afflux du sang vers les parties supérieures et son reflux, comme les flots de l’Euripe, sont manifestes pendant le sommeil et pendant la veille. Ainsi ce mouvement n’est pas moins évident en quelque point du corps qu’on applique uné ligature ou tout autre moyen de clore les veines. Lorsque les conduits sont bouchés, les ruisseaux se gonflent dans la partie où ils coulent d’habitude. Peut-être qu^alors le sang retourne à son principe pour ne pas mourir arrêté. La suffocation n’a pas lieu par l’obstruction de quelques veines, mais lorsqu’elle porte sur celles qui vont à la tête à cause de leur importance et de leurs dimensions. » P. 234 A. B. C. Sed illud spécula-^ tione digwwm zidetur, propter qnid èx zinculo intumescent zenœ ultra locum apprehensum, non citra .• quod expérimenta soient, qui zenam sécant : zinculum enim adhibent citra locum sectionis, non ultra : quia tumentzenee ultra zinculum, nonciira. I>ebuissel autem opposito modo contingere, si motus sanguinis et spiritus a zisceribus fit in totum corpus .- interrupto enimmotu ifton ultra datur progresses : tumor igitur zenarum citra zincvrlum debuisset fieri. An solzitur dubitatio ex eo quod scribit Aristoteles de Som. cap. 5, ubi inquit ; Neeesse enim quod ezapoifatur aliquo usque impelli; deindé converti et permutari sicut
fl; Remarquez que c’est la chaleur naturelle et non le sang qui passe' a.ors des artères dans les veines.
Euripmi : calidum enim cujusquc animalium ad snperior ndtam est ferri : cumautem in superioHbus locisfuerit, nuUuh simul iterum revertitur^ ferturque deorsum : Hac Aristoteles Pro cujus loci explicatione illud sciendum, est: Cordis meatns ita a natufa 'paratos esse, ut ex vena cam intromiisio p.al{% cordis ventriculum dextrum, unde patet exitus in pulmonen ■ ex pulmone prœterea alium ingressum esse in cordis ventricùlum sinistrum, ex quo tandem patet exitus in arteriam aortan membranis quïbusdam ad ostia nasonm apposais, ut impedimt retrocessum. Sic enim perpetuus quidam motus est ex vena ma per cor et pulmones in arteriam aortam : ut in quœstionilms peripaieiicis explicavimus. Cum autem in vigilia motus caloris nativi fiat extra, scilicet ad sensoria: in somno autem intrascilicet ad cor .-putandum est in vigilia multum spiritus et sanguinis ferri ad arterias, inde enim in nervos est iter: l% somno autem eumdem valorem per venas rever ti ad cor, non per arterias ingressus enim naturalis per venam cavam datur in cor, non per arteriam. Judicio sunt pulsus, qui expergiscentïbus fiîint magni, vehemenies, celeres, et -crebri cum quadam vibmtione : in somno autem parvi, languidi, tardi,et rari. '5. de eau. , pul. 9 et 10. Nam in somno calor nativus mimis vergit in arterias: in easdem erumpit vehemuntius, cum expergiscuntur. Nenœ autem contrario modo se Mbent : nam in somno fiunt tumidiores, in vigilia exiliores, ut patet intuenti eas que in manu sunt. Transit enim in somno calor nativus ex arteriis invenas per osculorum communionem quam anastomosim vocant, et inde ad cor. Ut autem sanguis exundatio ad superiora, et retroeessns ad inferiora instar Euripi manifesta est in somno et de vigilia, sic non obscurus est hujus modi motus in quacumque parte eorporis vinculum oÂMbeatur, aut alia ratione occludantur vente. Cum enim tollitur permeatio, intumescunt rivuli quaparte fluere soient.' Forte recurrit eo tempore sanguis ad principium, ne intercisus extinguitur. Non efficit autem suffocationem qualibet venarum interceptio, sed si eee intercipiantùr , quœ feruntur.ad
caput ob prœstantiam et magnitudinem .
Pour Césalpin, la suffocation dans l’angine est due manifestement à l’occlusion des veines [in occlusione venarum mani-, (esta est). E.i \qs tubes proposés par Hippocrate pour faire arriver de l’air au poumon [quo spiritus ad pulmonem trahaet le remède proposé par lui, l’ouverture delà trachée au-dessous du larynx, sont choses inutiles ; [Remedium autem aposteribus excogitatum, perforatione asperæ arteriœ sub
laryngé vanum videtur.) P. 234 D. Et l’on persiste à écrire que i Césalpin était un de ces génies supérieurs, dont la pénétration surmonte les plus grandes difficultés ! » (Eloi. Dict. histor. de la médecine, 1755. —A. Chéreau. Bict. encycloÿ. des Sc.méd., 1874.) .
Mais, je reviens à la circulation générale. Gomment a-t-on pu voir dans le passage, que je viens de rapporter tout entier, la démonstration de la circulation du sang dans les veines, c’est-à-dire son retour au cœur. Que veut dire cette phrase deM. Ch. Richet, qui nous paraît s’en être trop fié au livre de Flourens (P: 692, revue citée);
« Ce qu’il faut retenir de l’œuvre de Césalpin, c’est cette ex- » périence, ou plutôt cette observation fondamentale relative » à la circulation du sang dans les veines. Cette expérience » suffirait à sa gloire, car c’est le fondement de la théorie de » la circulation, et une grande partie de Eouvrage de Harvey » est consacrée à la démonstration du fait que les veines ra- » mènent le sang au cœur, contrairement à l’idée de Galien » et des anciens. » Mais Césalpin, c’est un ancien, le restaurateur d’Aristote ! Le véritable cours du sang dans les veines aurait été.entreyu par lui, que par respect pour Aristote, il aurait cherché une explication pour ne pas voir. C’est ce qui est arrivé pour le gonflement des veines au-dessous de la ligature. Il discute et conclut à un mouvement de flux pendant la veille, et de reflux (au cœur) fendant le sommeil. Et cela en 1593! Quand Fabrice d’Aquapendente, en 1574, avait décrit les valvules des veines (déjà connues avant lui). Césalpin ne se sert pas de cette découverte et Fabrice lui-même n’en comprend pas l’importance, parce que ni l’un ni l’autre n’a soupçonné la circulation générale. Ils auraient plutôt pensé que ces valvules étaient destinées à modérer le cours du sang veineux allant du cœur ou du foie aux organes (1).
Ainsi, contrairement aux affirmations de M. Ch. Richet qui trouve « la question historique jugée » p. 693 (2), il faut dire
(1.) M. Ch.. Richet fait erreur quand il dit, p. 692, que Fabrice montra qu’elles « facilitaient le cours du sang vers le cœur ».
(2) G'esUà-dire que le livre de Flourens est à refaire. L’histoire doit être traitée plus sérieusement I Quand on. ne se montre pas assez sévère on s’expose à propager des erreurs. Ainsi c’est à tort que M. Richet écrit (Revue citée, p. 698) : • Le célèbre tableau de Rembrant qu’on a appelé la Ltcon d'anatomie représente l’anatomiste hollandais Tulp faisant la démons-
nettement que, dans sa découverte de la circulation du sang Harvey n’a pas eu de prédécesseurs.
Œ II n’y a, dit M. Ch. Richet, que bien peu de découvertes jaillissant tout entières du cerveau d’un seul homme, comme Minerve sortit tout armée du front (1) de Jupiter. » Eh bien ! Il n’en faut pas douter, la découverte de la circulation dû sang a été de celles-là. Harvey ne l’a pas prise dans son cerveau comme aurait pu le faire Gésalpin, mais il a établi une série d’expériences physiologiques, toutes plus remarquables les unes que les autres, pour démontrer un fait auquel personne n’avait songé avant lui. Son ouvrage : Exercitatio a%atomica de motu cor dis et sanguinis in animalibus a paru à Francfort en 1 628, in-4®. Honneur, gloire et louanges à Guillaume Harvey 1
Semper Mnos nomenque riri laudesqm manebmt.
tration. des chylifères ? • Le ventre du cadavre n’est pas ouvert. Un seul bras est disséqué, et Tulpius fait très probablement la démonstration des muscles qui meuvent les doigts et la main.
(l) Pourquoi ne pas mettre du cerveau, comme le dit la fable.