‹ Etudes historiquesChapitre 17 sur 40 · MÉDECIN DU CARDINAL DE GUISE · texte numérisé non relu

MÉDECIN DU CARDINAL DE GUISE

PAR

M. LE E. TURNER

Ancien interne des hôpitaux de Paris Membre honoraire de la Société anatomique

L’auleur a fait suivre sa notice de laprosopopée le Rhinmi Roy, 1568, et classe J. Le Bon parmi les moralistes du seizième siècle. Dans cette étude très intéressante à plus d’un point de vue, j’apprécierai surtout la partie médicale, où je vais moissonner à pleines mains pour les lecteurs delà Gazette.

Jean Le Bon, qui, selon l’expression de La Croix du Maine, « a fait parier de lui, en son temps, pour beaucoup d’occasions dignes de remarque », est né au commencement du seizième siècle, à Autreville, près de Chaumont-en-Bassigny (Haute-Marne).

De là son surnom de VHétropolitain, que beaucoup n’oni pu s’empêcher d’écrire naturellement Hétéropolitain. Ami des

(1) Par A.

Benoît,

conseiller

à la Cour de Paris. — In-8 de 71 pages. Paris;

Muses, il se donne parfois le prénom A’ Apollinaire. Il a pris aussi le pseudonyme de Nobel, l’anagramme de Lebon Mais je ne crois pas que la Philippique de Jean Macer contre les poëtastres et rimailleurs françois de nostre temps, Paris, 1557, doive lui être attribuée. Le style de ce pamphlet n’est point de Le Bon (lisez p. xxvi et suivantes de la notice). De plus, il ferait double emploi avec Oraison ou invective contre les poètes confrères de Cupidon et rithmailleurs de nostre temps, par Jean Nobel. Rouen, 1554.

Le Bon se fixa d’abord comme médecin à Chaumont, où il mourut en 1583, d’après les recherches attentives de mon ancien collègue et ami, le docteur E. Bougard [Bibliotheca Borvoniensis, 1866, gros in-8). II a demeuré aussi à Langres où, disait-il en 1576, il avait laissé ses Mémoires à cause de l’invasion des Rheistres. Mais en 1574, il y avait déjà plus de vingt ans qu’il allait pendant la saison des bains à Bourhonne et à Plombières, « les ayant practiquez par l’espace de vingt ans entiers et plus ; ensemble ceux de Plommières » (dédicace de V Abrégé des bains de Borbonrie, datée de Lyon, 4 novembre 1574). C’est de Remiremont, 15 juin 1576, qu’est datée celle de la deuxième partie des Adages « à M. Ronsard Vandômois . ». « A tant verras, Ronsard, que le

médecin estant en Vosges sur les montagnes, arborisant plantes rares et incognues, a trouvé la source de notre rythme, où tu es le prince entre les Gaulois. » La troisième partie des Adages « à M. de Baïf » est de Poictiers, le 1®' octobre 1577. VAbbrégé de la propriété des bains de Plommières, dédié « à la Roy ne » est de Paris 1576, etc. Le Bon a donc souvent changé de résidence. Du reste, il eut à suivre, dans ses nombreux voyages, son illustre client le cardinal de Guise (1). A la fin de 1574, il était à Avignon. C’est là qu’il écrit l’épître dédicatoire « à Ronsard premier rhymeur des

(1) Louis de Lorraine (1527-1578), archevêque de Sens; fils de Claude de Lorraine, duc de Guise, et d’Antoinette de Bourbon ; frère de Charles, cardinal de Lorraine et archevêque de Reims (1524-1574) ; et de François, duc de Guise, tué à

Orléans par Poltrot de Méré (1519-1563), etc.

François » le 18 novembre, et l’avis ad lectorem le 26 du même mois, placés en tête de son opuscule : VOrigine et Invention de la rhyme (1). On lit à la fm : Die nàtalis Domini, Aveniopoli, in aulæ Divi Henrici, regis Galliarum et Poloniœ. Avignon fêtait alors le passage de Henri III, qui « revenait, sans trop de hâte, prendre possession du trône de » France, vacant depuis le 30 mai par le décès prématuré de » son frère Charles IX... Estaient millions de Pharos, sur » le palais, tours et tourillons de là à l’entour, et à cette > occasion Le Bon composa ce distique :

» Omnia flamma petit, cœlos et sidéra vincit ;

» Avenio Henricum pro pâtre læta capit. »

Le Bon a voyagé aussi hors de France. Il a visité sûrement les bords du Rhin, la Suisse, l’Italie. On voit dans VEtymologicon qu’il a été en Angleterre et en Espagne. « Non plus » qu’à Londres, pour avec les gens doctes m’en estre là fort » enquesté, l’an 1568, » feuilletai. — « En Espagne, tirant du » pais d’Aragon au roiaume de Valence, je m’arrêtai à cüillîr » une verge et rose de Rhododandrum, » feuillet 44, verso.— « La pérégrination, dit-il dans l’Origine et Invention de la » rhyme, rend les hommes plus sçavans et plus eipers à des- » cription des choses. Je n’entends pas des illettrez ou idiots. .. >»

Bien avant les deux traités sur les bains de Bourbonne (1574) et de Plombières (1576), où Le Bon a les litres de « médecin du roy et de le cardinal de Guise », M. A. Benoît place Therapia puerperarum per Johannem Le Bon Hetropolitanum, medicum. Parisiis, Jacobus DuPuys, 1554, in-16. Or, ce célèbre opuscule, qui est demeuré longtemps classique, a été imprimé pour la première fois en 1577, avec le Thésaurus sanitatis paratu facilis de Jean Liébault. Pari-

(1) La seule édition qui reste est de Lyonj 1583-

siis, apud J. Du Puys. Il a une pagination particulière (1) et un titre à part : Therapia puerperarum per Joannem Le Bon Heteropolitanum, regis et reverendissimi Cardinalû Guisiani medicum. Parisiis, apud J. Du Puys, 1577. On lit d’ailleurs dans la dédidace de Le Bon : « Ornatissimo viro Joan. Liebaultio, Parisiens! inedico », datée de Ghaumont-en- Bassigny, calendes de mars 1577 ; Mitto ad te opusculum... quod ego aliquantulum subductus a fumis aulicis supe~ riori hyeme domi sum meditatus si quid ergo in his nostris feriis dignum existimes, quod luce oculisque hominum fruatur, typographo excudendum dabis; sin minus laceris papyris trades, aut tineis excudendum relinques... On retrouve Therapia puerperarum à la page 387 du deuxième tome (Bâle, 1586), que Gaspard Bauhin a ajouté à une nouvelle édition du Gynæciorum sive de Mulierum affectïbus, etc., de Gaspard Wolph, publié en 1566, à Bâle, in-4. — Le recueil de Baubin, en quatre tomes in-4, a été reproduit exactement par Israël Spach en un seul volume in-folio. Strasbourg, 1597. Le petit traité de Le Bon est à la page 394. — Une édition des œuvres de Jacques Houllier, commentées par Louis Duret et Antoine Valet, publiée à Francfort (Francofurdi), 1603, chez Nicolas Hoffmann, in-16, contient encore l’opuscule de J. Le Bon, L’exemplaire de la bibliothèque de l’Ècole de médecine (n" 33 330, D.) est incomplet; il s’arrête à la page 864 ; mais le titre porte ; His recens accessit Therapia puerperarum, etc. Recens répond ici, prohahlement, à la date 1597, celle de la seule publication connue du typographe N. Hoffmann, à moins qu’il y ait eu une autre édition à Francfort, 1589, comme l’indiquent quelques auteurs.

René Chartier l’a aussi jugé digne de figurer dans son édition des Omnia opéra practica de J. Houllier, avec les mêmes commentaires de Louis Duret et d’Antoine Valet : (s. L) èxeudehat J. Stoer, 1623, in-4, -- Genève, P. Chouet, 1635,

(1) Le petit traité de Le Bon est accompagné de la Thérapeutique des enfants nouveau-nés d’Eucharicus Rliodian, en tout 32 feuillets avec le titre (4 feuilles A, B. G, D).

— soi

in 4 (même impression). Therapeia puerperarmi est à iâ page 298. — Paris, 1664, in-fol., de J. Dallin, qui a encore ajouté aux œuvres de J. Houllier des notes de J. Hautin. — Paris, J. d’Houry, 1674. Même in-fol. (le titre seul a été imprimé de nouveau). Le petit traité de J. Le Bon est â la page 685. Dans toutes Ces éditions^ depuis R. Chartier, on a écrit Therapeia a.n lieu de Therapia. M. A. Benoît les acomprises toutes dans cette trop simple indication ; « La praxis medica de Jacques Hollier {sic), Francfort. »

Parmi les autres ouvrages médicaux, M. A. Benoit cite^ d’après La Croix du Maine : deux traités de Galien « interprétés en français par Jean Le Bon». Paris, 1556 : 1® D'alaigrir le corps; 2° Que les mœurs de l’âme suivent la complexion du corps. — La physionomie d’ A damant, sophiste, le

livre des Nêves ou verrues naturelles. Paris, 1556. « Camep rarius, dit M^ Benoît, a publié à Bâle, en 1544, une version » latine du texte grec d’Adamant, et c’est cetté version que » Le Bon a mise en français. » — Puis en dehors de la médecine, quelques livres réputés tout aussi introuvables : Lucien : de la Beauté. Paris, 1557. — Dialogue du Gourai. — Dialogue de l’Antre de Mercure, avec une épître de Le Bon â ses amis touchant la liberté parisienne. PariSj P. Gaultier, 1557, in-16. — C’est aussi à Paris, la même année, chez le même libraire, qu’auraient paru, dans le même format in-16, en 58 feuillets, les Adages françois (1” partie) récueillis par J. Le Bon, Hétropolitain, avec une dédicacé « à maDamoyselle de Saint-Remy ».

Le Rhin au Roy, par te médecin de M»*^ le cardinal de Guise. Paris, Denis Du Pré, 1568. — Advértissement du médecin de dfs*' le cardinal de Guise à P. Ronsard touchant la Franciade. Lyon et Paris, 1568, in-8. — Etymologicon françoisdeV Hétropolitain, déàiékmonseigaeutViüaslrissime et révérendissime cardinal de Guise. Paris, D. Du Pré, 1571, in-8 de 52 feuillets. — Le tumulte de Bassigny, etc. Lyon et Paris, 1573, in-8 de 16 feuillets non numérotés, réimprimé dans les Archives curieuses de l’histoire de France (t. VIII,

série I) et dans le Trésor des pièces rares et curieuses de la Champagne et de la Brie, publiées par Garnandet (1863 livraison 1").— L’Origine, et invention de la Bhyme,^zx J. Le Bon, médecin du roy (1576), dont on a seulement 1 édition de 1582. — Les Adages ou Proverbes de Solon deVoge par rHétropolitain. Paris, N. Bonfons (sans date), iu-ie qui ne sont pas perdus, forment avec les Abbrégés de la propriété des bains de Borbonne et de Plommières une série d’ouvrages fort intéressants à lire et à étudier (1). Mais je dois me borner aux livres de médecine.

Pour le traité des bains de Bourbonoe, l’édition originale de 1574 n’existe plus. Il en est fait mention dans l’abrégé de la propriété des bains de Plombières, paru en 1576 « à Bor- » bonnè-les-Bains : encore plus amplement l’ay démontré en » un livre imprimé de la faculté et vertu d’iceux (p. 56) ». Fort heureusement, il avait été reproduit dans le Bastiment, érection et fondation des villes et citez assises ès trois Gaules, avec le catalogue d’icelles, plus un traicté de la propriété des bains, fleuves et fontaines admirables, le.toùt reveu et augmenté par J. Le Bon, médecin du roy. Lyoïi, 1590 (p. 176-199), ouvrage publié par Claude Champieren 1531, et, après de très nombreuses éditions, revu et augmenté par J. Le Bon, en 1575. C’est là que le docteur E.Bougard l’a découvert, et, par ses soins, il a été réimprimé dans le Trésor des pièces rares et curieuses de la Champagne et de la Brie, 1863 (t. 1, p. 227); puis dans Bibliotheca Borvùniensis (p. 180-193). Je relève ce passage de la dédicace à Geoffroy de Saint-Belin, abbé de la Creste (près Chaumont) : c Ayant ce peu de loysir à Lyon en ce mois de novembre » (1574), hors néantmoins de ma bibliothèque, où sont mes » mémoires de cecy et de plusieurs autres choses, je vous ai » traicté cest abbrégé pour vous testifier de combien je vous » prise et honore. »

(4) « Il suffît de s’enti-eteriir un moment avec lui dans un de ses livres fOur comprendre ce qu’étaient l’iiomme et le savant. » (L. Jouve.)

Le traité original des bains de Plombières existe avec ce titre : Abbrégé de la propriété des bains de Plommières, extrait des trois livres latins de J. Le Bon, Hétropolitain, médecin du Roy et de M. le cardinal de Guise. Paris, Ch. Macé, 1576, in-16 (une deuxième édition promise par Le Bon n’a pas paru). Ce petit livre a été réimprimé à Remiremont en 1869, avec le fac-similé du litre primitif, une charmante préface de Louis Jouve, qui a ajouté à cette nouvelle édition, revue et corrigée avec grand soin, un glossaireindex et la traduction des passages latins. Elle est donc de tous points préférable à la première, et c’est elle qu’il faut lire.

« Joiiict aussi, dit Le Bon dans sa dédicace à la Royne, » que je suis le premier qui a commencé à practiquer les dictes )) eaux et à les mettre en lumière. »

Je prends encore dans mes notes les citations suivantes : P. 42 : « Comme est le plomb d’où elle prend sa dénomis nation pour être le principal fossile et minière de cent ou » peut-être de mil autres. — P. 46 : h’hydrotherapia. — » P. 48 : Attendu qu’ils ont autres effets que la pharmacie et » boutiques d’apoticaires. Et aydant Dieu, remettray la hydro- » thérapeutique médecine en son estre et vigueur. — P. 55 : s Se baigner à Vadamiste. Les gens de faict et d’honneur ne » tombent pas en ceste irrévérence. — P. 62 : Les douleurs » et goules incurables et spasmes de ceux qui fondent les » lettres montrent la vénénosité des métaux. — P. 64 ; Le » bon Théophraste parle des bains naturels comme un vray » idiot, non plus comme un médecin », etc.

Je dois cependant m’arrêter encore un peu au recueil des Adages, sur lesquels a plus particulièrement insisté M. Benoît. L’exemplaire de la Bibliothèque nationale (Z. 4780, réserve) est bien celui qui est décrit dans la notice. Même titre, 20 feuilles de A à V, constituant 460 feuillets non chiffrés, etc. Mais pourquoi, puisqu’elle est sans date, faire de cette édition

— mi —

la « deuxième et dernière », et la placer en 1577? Elle répond tout aussi bien à l’année 1616, comme on l’a dit, qu’j une autre date.

Après le feuillet du titre : Adages et Proverbes de Solon de Voge, par Vüétropolitain. Premier livre, deux, trois et quatrième. Reveue par l’authéur. A Paris, etc., se trouve l’ancienne préface, qui a 7 feuillets ou 14 pages. « Amy lecteur... (sans date). Au 9' feuillet. Adages français recueillis par Jean Le Bon, Hélropolitain. Cette première partie (35 feuillets), qui n’a pas conservé la dédicacé : t A ma Damoyselle de Saint-Remy », est rangée comme les autres par lettres alphabétiques. En était-il de même dans la première édition? Ce n’est pas probable ; on lit, en effet, dans la préface, in fine : Je ne les tay mis par ordre; car, pour la première impression, tu te dois contenter; nais, à la seconde, si je ne te rends des Achillades (à remplacer par Chiliades, série de 1000) autant complettes que celles d'Erasme^ je veux que tu dies mal de moy. Parmi les treize dictons ajoutés à la fin de cette première partie, celui-ci : Mil cinq cens septante et six, le Champenois a fin fut mis, preuve un remaniement.

La deuxième partie des Adages ou Proverbes de Solon de Voge par VHétropolitain (33 feuillets, toujours ordre alphabétique) est (précédée de la dédicace « à monsieur Ronsard Vandômois, salut », datée de Remiremont, 15 juin 1576. Ce qui me porte à croire qu’elle a paru une première fois à part, comme la troisième. Le Bon lés aurait réunies ensuite avec le 4® livre et les questions énigmatiquês dans l’édition que Je continue à décrire.

La troisième partie (54 feuillets) : « A Marc-Antoine de Baïf (1), poète latin et français et secrétaire du Roy », a aussi sa dédicace : « A monsieur de Baïf, » datée de Poictiers, le 1“ octobre 1577, et signée : « ton amy Apollinaire Le Bon. » H fait remarquer cetté fois que parmi ces proverbes qû’d

(1) -M. A. Benoît fait observer que- çVst Jean-Antoine,

fecueîlle « pour se jouer, maints sont agrestes et rustiques-. »

Les Adages de Solon de Vosge, livre quatrième, a ojit pas de dédicace. Ils sont précédés de cette phrase : Sales appellantur omnis vitæ lepos et summa hilaritas, laborumque reguies. Dans les 17 feuillets qui le composent, il y a un supplément de proverbes pour les lettres C. I. L. Q.

Le livre se termine par 10 feuillets de Questions énigmatiques, récréatives et propres pour deviner et y passer le temps, qui sont pêle-mêle, c’est-à-dire sans ordre alphabétique.

M. Benoît n’a-t-il pas donné trop d’importance à celte récréation, fort relevée, sans doute, de Jean Le Bon? Ce dernier a dit en riant :

Le foliage entier du Yosgien Solon Durera pim que tel qui se croit un Platon.

C’était un badinage qui l’enchantait ; le Vosge rit mieux que tout Rome.

Que conclure, en effet, d’un livre de proverbes? En tout, ne dit-il pas le pour et le contre? L’Hétropolitainou le Solon des Vosges n’en a pas moins été, en même temps qu’un médecin instruit, un philosophe spiritualiste, chrétien et catholique, exempt de croyances superstitieuses, « modéré envers les novateurs en religion j). Plus que M. Benoît, qui ne craint pas d’écrire, dans son horreur des révolutions politiques et sociales : « La prétendue réforme religieuse au seizième siècle » et la Commune de Paris en 1871 sont mêreetfdle» (ch, 13) . Dans le chapitre suivant. Le Bon, « sujet loyal, respecte le » Roi et son autorité souveraine, » tout en étant « bon patriote » et un fervent apôtre de la liberté et de l’égalité ». De sorte que M. Benoît, imitant la diversité des adages et proverbes de son auteur, finit par le présenter « comme le précurseur * le plus net des sages réformateurs de la société française » en 1789 » (p. lviii de la notice).

Le Bon certes était doué d’une incroyable activité d’es-

prit(l); non seulement il a publié un grand nombre de livres dont quelques-uns sont aujourd’hui inconnus, mais il en promis plusieurs autres qui n’ont pas vu le jour. M. A. Benoît en donne la liste dans sa notice. Outre les trois poèmes latins inédits, comme la Franconymia, qu’il avait cependant « reVimée pmterpoetarum odium et invidicm », il avait fait paraître un traité de Sclopetis ou chirurgie des coups de guerre, dont il a promis une deuxième édition ; un autre traité sur la peste (Bains de Plombières, p, 68 et 65). Et dans l’épître à Baïf il dit : « levons communiquerai ce que j’ai fait D de vetere Gallorum religione, et mon poème latin où j’ai » allaubigné ce que jamais j’ai amassé de fleurs. » A la fin du tumulte de Bassigny, on lit encore ; Cœtera in Le Bon Hetropolitani belli sacri Historia. Ce travailleur infatigable avait évidemment nombre de matériaux en réserve; ce qui lui permet d’écrire (1576), dans la dédicace du Traité des bains de Plombières : « Que s’il plaît à la Majesté royale m’employer » ou à l’histoire ou à mon estât, je ferai peut-être beaucoup » de choses qu’autres ne feront. » On peut, du reste, appliquer aux . ouvrages qui restent de l’Hétropolitain l’un des adages de son recueil : Le bon livre vieillissant rejemit et florist.

Enfin il faut louer Jean Le Bon d’avoir essayé de s’écarter de la routine galénique. Il salue (p. 73 du Trcàté des bains de Plombières) l’aurore d’une eschole gallicane en médecine parfaite (par pays ou régions). Il aime Ambroise Paré (1510-1590), s’emporte contre Paracelse, qu’il appelle Parastultus, et déteste Jacques Grévin, médecin, poète et calviniste. Mais, disent encore les adages :

Les inimitiés de lettres ne sont gladiatoires.

(1) U paraît s’être mêlé, par la plume du moins, à tous les événemenis de son temps : lettres, politique, médecine et chirurgie, étymologie, grammaire; son esprit embrasse tout (préface de M. L. Jouve).

PA:\Ig. — IHPRÎMERIE E, MARTINET, RUE MIONO.N. 3

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extrait de la gazette hebdomadaike de médecine et de chirurgie

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