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AVEC QUELQUES REMARQUES SUR SA BIOGRAPHIE

M. LE E. TURNER

Ancien interne des hôpitaux de Paris Membre honoraire de la Société anatomique

Si M. Ghéreau a éclairci quelques points de la bibliographie de Guy Patin {Gaz. hebd., 1879, n’’^ 35, 36 et 37, Bibliogra- PHiA Patiniana), il a singulièrement embrouillé celle d’André DuLaurens. Voici,, en effet, ce qu’on trouve aux pages 565 et 566:

« IV. Traduction du français en latin de toutes les ŒUVRES d’André Du Laurens... Ses ouvrages sont nombreux et presque tous écrits en français. On doit savoir gré à Guy Patin d’avoir entrepris et mené à bonne fin une entreprise qui était considérable, et qui consistait à mettre en latin, non seulement tous ceux de ces ouvrages qui avaient vu le jour, mais encore d’enrichir l’œuvre de plusieurs leçons données par le célèbre archiatre de Henri IV du haut de sa chaire professorale de Montpellier. En 1628 paraissaient à Paris,

chez Martin Durand, deux beaux volumes in-4 portant ce titre : Andreœ Laurentii .. opéra omnia... Studio et opéré Guidonis Patini. On y trouve, outre deux beaux portraits, celui de Henri IV et celui d’André Du Laurens, les traités suivants :

» A. La traduction latine de tous les ouvrages déjà imprimés en français par Du Laurens, savoir :

» 1. Historia anatomica. Libri XII;

» 2, Tractatus de crisibus. Libri III;

» 3. Tractatus de strumis. Libri II;

» 4. De visu et eum conservandi modo;

» 5. De morbis melaucholicis et eorum curatione;

t> 6. De catarrhorum generatione et eos curandi modo ;

» 7. De senectute,ejusque ialubritertransigendœratione;

■» 8. De arthritide; 9. De elephantiasi ; 10. De lue venerea, dictés en français par Du Laurens aux chirurgiens de Montpellier dans les années 1587-1588,

» B. L’impression de deux ouvrages qui n’avaient pas encore vu le jour, savoir :

î 1. Brevis commentarius in Artem parvam Galeni, dicté à Montpellier par Du Laurens dans les années 1589-1590, écrit de la main même de l’auteur, et que Patin dut à la générosité de Jean Auber (de Moulins), élève de Du Laurens.

» 2. Consilia medica, écrit également par Du Laurens, et que Gabriel Naudé confia à son ami.

» Patin a enrichi de quelques notes ou scholies les traités De arthritide et De elephantiasi, et il a interprété le traité De lue venerea. Il y a même tout un chapitre de lui à l’occasion de l’origine tant combattue de la maladie vénérienne.

» Ily défendla provenance américaine, et soutientque ce sont les soldats de Christophe Colomb qui l’ont apportée en Italie, Les Italiens l’ont communiquée aux Français lors de l’expédition de Naples, et les Français n’ont pas tardé à en contaminer leurs compatriotes. Une deuxième scholie, établit les diverses formes de la maladie telles que les avait proposées Fernel. » .

il faut bien le dire, tout cela est inexact. D’abord « les ouvrages imprimés en français par Du Laurens » se bornent à un petit volume in-12 de 274 feuillets : Discours de la conservation de la vue; des maladies mélancholiques; des catarrhes, et de la vieillesse. Le De cristbus, VHistoria anatomica, le De mirabili strumas sanandi, etc., sont en latin. Les « Opuscules recueillis des leçons de M. André Du Laurens, lorsqu’il lisait publiquement aux chirurgiens de ^Université de Montpellier ès années 1587 et 1588 », publiés pour la première fois en 1613, avec la traduction en français des œuvi’es de Du Laurens par Théophile Gelée, sont, avec les quatre discours dont je viens de parler, les seules choses que Guy Patin ait eu à traduire ; car les deux publications nouvelles, « Bref commentaire sur VArs parvade Galien» et les « Consultations médicales, » étaient aussi en latin.

Voilà donc l’entreprise jugée « considérable » par M. Chéreau, réduite à ses justes proportions. 11 est facile d’ailleurs de s’en faire une idée plus nette encore en compulsant l’édition de Guy Patin . VHistoria anatomica comprend tout le premier volume, 731 pages. Dans le deuxième volume, le De crisibus en a 108 ; le De mirabili strumas sanandi, etc., 79 ; les quatre traités De visu, De morbis melancholicis, De catarrhorum generatione. De senectute, 141 ; les trois opuscules, De arthritide. De elephantiasi, De lue venerea, 84; le Bref commentaire, 50; et les Consultations, 82. Ainsi, sur 1275 pages, il n’y a que 225 pages de traduction. C’est bien peu considérable I Le plus^rand travail de Guy Patin a été, il me semble, de revoir et de corriger les œuvres latines. Nous verrons bientôt, en examinant cette précieuse édition, que l’infatigable et soigneux docteur régent s’est donné la peine de dire exactement et à plusieurs reprises ce qu’il avait traduit.

Auparavant il est nécessaire d’énumérer les ouvrages d’André Du Laurens dans l’ordre de leur apparition. Il n’a pas commencé par VHistoria anatomica, et d’ailleurs les publications premières ont été négligées par Guy Patin. C’est

une petite discussion avec Simon Piètre sur les anastomoses ou communications des vaisseaux du cœur chez le fœtus ou l’embryon. Simon Piètre (1564-1618), que Guy Patin appelait le grand Piètre (1), avait fait paraître à Tours, en 1593, une petite plaquette de 10 pages in-8 : Nova démonstration et vera Historia anastomoset^nvasorumcordis inembryo; cum corollario de vitali facultate cordis in eodem embryo non otiosa.Ad senatum amplissimum et triumviros regios. Auctore Simone Pietre, doctore medico parisiensi, Turonis, excudebat Jametius Mettayer, typographus regius, MDCXIII. C’est 1593 : le G a ètè mis par erreur avant l’X.

Simon Piètre croit avoir fait une découverte importante.

Il la met sous le haut patronage du parlement qui siégeait à Tours depuis plus de quatre années, pendant les troubles de la Ligue. Simon Piètre n’est pas de l’avis de Galien, et il prend les lecteurs pour juges :

Judicio de me ipse ero, vos eritis judices.

A. Du Laurens relève le gant d’une manière très vive, sans nommer Simon Piètre : Apologia pro Galeno et impugnatio novæ ac falsæ demonstrationis de communione vasorum cordis in fœtu... Auctore Andrea Laurentio, regis medico ejusdemque in Monspeliensi academia professore. Turonis, excudebat Jametius Mettayer,1593. In-8 de48 pages. A la trentequatrième : Impugnatio corollarii de vitali facultate.

Il blâme les nouveaux, et finit par cette phrase : Fos vero

. (1) Il était gendre de Michel Marescot, un docteur régent célèbre, et oncle de

Riolan le fils. Sa fille avait épousé Claude Charles, qui fut doyen (1610-1612). Son père, appelé aussi Simon, mort en 1584, était l’illustre doyen (1564-1566) par lequel fut établi le mode d’élection des doyens qui servit si longtemps de règle dans l’ancienne Faculté. Sa sœur Anne avait épousé le premier Jean Riolan. Son frère, Nicolas Piètre, mort en 1649, âgé de quatre-vingts ans, était le doyen de la Faculté de novembre 1626 à novembre 1628. Jean Piètre, mort en 1665, qui fut aussi doyen de 1648 à 1650, immédiatement avant Guy Patin, était fils de Nicolas. On autre Jean Piètre, doyen de 1628 à 1630, était neveu du premier Simon Piètre, par conséquent cousin du grand Piètre et de Nicolas.

çiXwtpoe hortor ne a Galeni etveterum, dum vera docent, decretis unquam recedatis.

Simon Piètre s’adresse alors à André Du Laurens. Simonis Petrei medici parisiensis disputatio, de vero usu Anastomoset^n Vasorum cordis in embryo, ad Andream Laurentium, medicum Monspeliensem clarissimum. Augustæ Turonura excudebat Jametius Mettayer, 1593, 27 pages in-8. En marge, sont indiqués les renvois aux différents passages de l’ouvrage précédent qui sont l’objet de ses critiques.

André Du Laurens réplique aussitôt par Andreœ Laurentii regis medici, ejusdemque in Academia Monspeliensi professoris admonitio ad Simonem Petreum, medicum Parisiensem clarissimum. Augustæ Turonum, 1593, in-8 de 40 et quelques pages (les dernières manquent). D éclate dès le commencement : « Legi eam avidissime, relegi et infra » unius borulæ spatium totam percurri. Gommovit me statim » et gaudio pene incredibili perfudit disputationis nomen » quod ipso præfert titulo. »

Il se moque de Simon Piètre, p. 5, qui a osé écrire ; «.Ego primus tenebras discussi quas sibi et mritati Galenus obtenderat. » Cette phrase se trouve à la page 9 de la pièce précédente.

Simon Piètre oppose alors à l’âpre avertissement de son adversaire une douce critique. Simonis Petrei medici parisiensis lenis censura in acerbam admonitionem Andreæ Laurentii, medici Monspeliensis clarissimi. Turoni, apud Claudium Montr’œil et Joannem Richer, 1593, in-3 de 22 pages.

Ainsi finit cette dispute. Car une autre pièce indiquée avec cette mention, dans le catalogue des sc. méd. de la Bibl, nat., Tb. 71, 4: Triumphus veræ et Galenicœ demonstrationis de vasorum cordis in fœtu communione. Autore Andrea Laurentio... Turonis, J. Mettayer, 1593, in-8 (et qui n’existe pas), me semble bien plutôt être un deuxième titre de Vapologia pro Galeno, etc., qu’une dernière réponse d’André Du Laurens.

J’ai dû insister sur ces petites pièces parce qu’elles n’ont pas été mises en bon ordre dans le catalogue de la Bibliothèque nationale ; parce qu’elles ont été mal indiquées par M. le docteur Hubert Rodrigues {Nouvellebiographie générale, Firm'm Didot, 1858), d’une manière par trop incomplète dans le Dict, hist. de la méd. anc. et mod. de Dezeimeris, et dans les autres bibliographies ; et parce que Haller lui-même, qui parle de cette dispute, n’a pas pris le temps de faire la lumière sur ce point.

A. Du Laurens, au septième chapitre du livre VIII de VHistoria anàtomica (1600) reprenant cette discussion, a inséré l’opinion de Simon Piètre telle qu’elle se trouve exprimée dans la première pièce: Nova demonstratio, etc., depuis Naturœ primum insUtutum jusqu’à toto gestationis témpore otiari, in-fol., p. 319.

Le premier ouvrage d’André Du Laurens, publié à Lyon en 1593, a pour litre : Andreæ Laurentii doctoris media et in celeberrima Monspeliense academia regii professoris OPERA ANATOMICA in quinque libres divisa, in quibus, etc. Lugduni, sumptibus Joannis Baptistæ Buysson,1593. Cet in-8 de 840 pages, assez rare, se trouve à la bibliothèque de l’Ecole de médecine, n° 31557.

Il n’a pas de dédicace. Richard du Laurens, médecin, frère de l’auteur, l’offre au lecteur en ces termes : « Habes, studiose lector, in hoc opéré plane aureo ac dîvino, tanta Me, facilitate, ac diligentia expressam humani corporis vivam ac veram anatomen, ut nihildejure desiderari possit; sivequod viam ad Hippocratis, Galeni, ac aliorum tum veterùm tum recentiorum auctorum locos anatomicos inter se invicem dissidentes conciliandos ac intelligendos paret, spectes ; sive quod eos qui in re anatomica diligenter versati sunt, confifmet, memoriam augeat, judicium roboret, sive denique quod ad perfectam et integram anatomes cognitionem conducat, etc. » Parmi les éloges en grec et en latin, je prends ce sonnet;

A monsieur Du Laurens sur son œuvre de la dissection de la fabrique humaine.

Tes escriptz (mon Laurens) faicts à perfection Me semblent ung iardin garny de fleurs plus belles.

Qui ne tumbent iamais, ains rendent immortelles ,

Leurs plantes et l’auteur de leur production.

Des médecins de l’arbre et grecque nation Les traicts plus signalez parcelle par parcelle Tu nous verses icy d’une abondance telle,

Que tu nous ravis tous en admiration.

Icy l’on apprendra mainte philosophie,

Maintes commoditez de nostre fresle vie De tout le corps humain par la description.

Icy s’estoffera d’un Apelle la gloire,

Qui d’un corps commencé fait bruir la mémoire.

Duquel se voit icy la consommation.

F. Perreau, médecin (de Lyon probablement), qu’il ne faut pas confondre avec Jacques Perreau, docteur régent de Paris.

Ce n’est pas une première édition de VHistoria amtomica, laquelle a 12 livres. L’ordre des matières n’est plus le même. L’ouvrage a été complètement remanié.

La même année 1593, paraissait à Tours A wtireœiaMrmtn regis medici ejusdemque in Academia Monspeliensi professoris De Crisibus libri très. Adjecta est universalis quœdam methodus ad prognosin^ et crises omnium morborum, sed præcipue acutorum coîiferens. Cæsaroduni Turonum excudebat Jametius Mettayer, 1593. In-8 de 165 feuillets.

André Du Laurens dédie son livre au premier président du parlement de Paris (alors à Tours), Achille de Harlay (1536->1616), écuyer, S. de Beaumont. Quand il était professeur

à Montpellier, on l’avait prié de publier ses leçons sur les jours critiques. Ayant maintenant plus de loisir, il s’est mis à les revoir pour les faire paraître: « Quæ nunc magno fruens otio, et polire et illustrare cœpi ». Il venait de sentir les morsures de l’envie et la dent de la jalousie. Que d’orages avait soulevés en effet la vraie et galénique démonstration de la communication des vaisseaux du cœur chez le fœtus? Les Opéra dnatomica édités cette année-là n’avaient guère plu à ceux (qui ne trouvent rien de bien que ce qu’ils font), dit-il entre parenthèses. Tout cela l’avait rendu anxieux, hési- . tant.,., mais avec une si puissante protection que n’oserait-il pas? Et alors il a écrit ses livres sur les crises et les jours critiques. Cette dédicace est datée de Tours, le 10 septembre (4 id. septemb.).

Parmi les éloges, on trouve ce sonnet an sieur D.u Laurens.

Ce n’est point Hippocrate, Æsculape, Chiron,

Nicandre, Paracelse, Avicenne, Mercure,

Mélampe, Machaon, ni la docte écriture De ce grand Galien, Podalyre ou Péon :

Ce n’est point Mesué, moins c’est Apollon,

Qui suscita les morts hors de leur sépulture :

Ce n’est pas ce Geber, qui singe de nature Convertit les méteaux en le rouge lyon.

Ce n’est ce Prométhée, duquel la main funeste Pour un homme animer pilla le feu céleste Donnant vie à la terre, ainsi que les grands dieux.

Mais c’est un qui à nul, fors qu’à lui seul ressemble,

Laurent plein de lauriers, la scytale des deux.

Qui seul en sait autant, qu’ils savaient tous ensemble.

Rien de mortel ne soupire mon âme.

Le Plessis-Sohier, conseiller, maistre d’Hostel ordinaire du roy.

Cet in-8, d’une belle impression, a 165 feuillets. (Bibl. nat. , Td. 19, 13). Les autres éditions ont paru : à Lyon, chez

— Si7 —

Horace Cardon, 1605, in-8 de 137 pages; à Francfort de la typographie de Nicolas Hoffmann, aux frais de Jean Rodius, 1606, in-8 de‘160 pages, pareil au précédent; à Lyon, aux frais d’Horace Cardon, 1613, in-8 de 137 pages aussi, mais imprimé de nouveau; à Lyon, 1596, in-8, Tbew. indiqué par Haller, m'est inconnu.

Le catalogue des Sciences médicales de la Bibliothèque nationale indique, pour 1594, une première édition (introuvable) des Discours de la conservation de la vue ; des maladies mélancholiques; des catarrhes; et de la 'ùeillesse. Il est certain qu’il y en a eu une, puisque celle de 1597 (assez commune) porte : Composez par M. André Du Laurens médecin ordinaire du roy et professeur de sa majesté en l'université de Montpellier, revus et augmentés de plusieurs chapitres. Paris, chez Jamet Mettayer, in-12 de 274 feuillets.

André Du Laurens a dédié cet ouvrage à la duchesse d’üsez, comtesse de Tonnerre (1), sa bienfaitrice, pour laquelle il avait été fait. Cette Lmme distinguée était alors retirée à l’abbaye de Marmoutier, tout près de Tours, sur la rive droite de la Loire. Du Laurens ne cessait de lui prodiguer ses soins et ses attentions. Et ce n’est qu’après sa mort,, arrivée en 1596, qu’il devint médecin ordinaire du roi.

« Je crois, madame, dit Du Laurens dans son épistre, que Dieu s’est voulu servir de moy pour alonger vos ans, et rendre vostre vieillesse plus heureuse ; vous l’avez assez expérimenté depuis deux ans (2). Car ayant esté vivement affaiblie des trois les plus violentes et extraordinaires maladies qu’on eust sçeu voir, et qui estaient assez fortes pour esbranler la meilleure complexion du monde, et faire courir fortune à un aage plus florissant que le vostre, vous n’en avez senty aucune

(1) Louise de Clennonl-Tallard, comtesse de Tonnerre, qui avait épousé : 1° François du Bellay, mort en IS'iS; 2“ en 1556, Antoine de Crussol, vicomte d’Csez, duc et pair de France en 1572, mort en 1573, sans postérité. C’est à ce dernier qu’A. Paré a dédié ses DEUX LIVRES DE CHIRURGIE : De la génération e Oes monstres.

(2) -Ou est en 1594.

diminution en vostre vigueur . Il ne vous est resté que vos

trois maladies ordinaires, lesquelles nous combattons tous les jours avec un bon régime, et avec des remèdes si bénins qu’ils ne peuvent en rien altérer vostre bon naturel. Vous avez un petit commencement de taye à l’œil droit, mais l’autre est du tout sain ; vous sentez parfois quelques attaques de l’hypochondriaque, mais si légères, qu’elles s’esvanouissent aussi tost que fumée, ce qui vous fasche le plus sont ces petits catarrhes qui tombent sur les yeux, sur les dents, sur les bras, et sur lesJambes.Vostre esprit qui est capable de tout ce qui est de plus rare au inonde, a esté curieux d’en cognoistre les causes, et savoir d’ou procedoient tous ces accidents : je vous en ay fort souvent entretenue, et en propos vulgaires, et en termes exprès de la médecine. Enfin, mes discours vous ont esté si aggréables, qu’estant retirée à l’abbaye de Marmoustier pour jouir avec la beauté du lieu, de la bonté de l’air, vous m’avez commandé de les mettre par escrit et de leur faire voir le jour sous votre autorité. Je n’ay peu honnestement vous le refuser, encores qu’un si gros subject meritast d’estre enrichy d’une infinité de belles autoritez, que ma mémoire ne pouvait fournir pour estre despourveu de livres. Je vous ai donc dressé trois discours touchant vos trois maladies : J’y ay adiousté sur la fin un petit traicté de la vieillesse, qui vous pourra servir à l’advenir, car de vous appeler à présent vieille il n’y a point d’apparence, veu que vous ne ressentez encores aucune incommodité de la vieillesse... L’ouye vous est demeurée aussi subtile et le goust aussi friand que jamais ; le cœur si vigoureux, que toutes les ataques que vostre hypocondriaque lui aye sceu faire, ne l’ont jamais peu esbranler ni faire perdre sa cadence : le foye si libéral, qu’il fournit plus de sang au corps qu’il ne lui en faut ; de sorte que nous sommes contraints vous en faire tirer une fois l’année,. . puis donc que vostre âme exerce si dignement toutes ses actions, peut-on dire que son instrument soit usé ou vieilli? Je croy, madame, qu’on ne vous peut appeler

vieille, sinon pour ce que vous avez passé cinquante ans, » etc.

Il dit, dans l’avertissement de L’auteur au lecteur :

« Mais s’ils ne veulent avoir esgardque jenefay pas profession d’escrire en françois, je leur diray avec tous les sages, que ceste trop curieuse recherche des mots est indigne d’un philosophe, » etc.

Comme on devait s’y attendre, cet ouvrage eut un grand nombre d’éditions. Toutes ont le même titre que celle de 1597, qui est la deuxième. Une (s. l.) ce qui veut dire sans indication de lieu, 1598, pour Théodore Samson se trouve à la bibliothèque de l’Ecole de médecine, n" 33505 A. in-12 de 516 pages. Vilain papier, assez mauvaise impression. On y remarque « L Hauteur {sic) au lecteur ». — Rouen, 1600,, sans nom de libraire, in-12 de 276 pages, caractères plus, fins. Le titre porte : dernière édition. — Paris, 1606, chez P. Mettayer, in-12 de 274 feuillets, imprimé de nouveau page par page. La même édition ; Paris, 1606, chez Orry. — Rouen, 1608, chez Claude Levillain, in-12 de 276 pages. Pareille à l’édition de 1600 et portant comme elle : dernière édition. — Rouen, 1615, chez Claude Levillain, in-12 de 204 feuillets, avec l’ancien titre, « revus de nouveau et augmentés de plusieurs chapitres » . — Rouen, 1620, id. id.~ Rouen, 1630, chez Louys Loudet, in-12 de 204 feuillets j même titre, mais impression nouvelle page par page. Et dé plus, enl613, 1621, 1639,1646 etl662 avec la traduction en français de toutes les œuvres comme nous le verrons bientôt.

Je trouve dans Haller(Bibl. anat.,i,271) l’indication d’une traduction en anglais : London, 1599, in-4, RODL. Bis-

courses of préservation of the sight,of melancholy, etc .

Et (Bibl. méd. ii, 276), une autre traduction en allemand «mî germanicè vertente J. L. Gottfried, Francofurti, 1627, in-8, TREW ». '

J’ai vu à la bibliothèque Mazarine, n®" 29 498 et 29518, la traduction suivante en latin :

Monachii (Munich) 1618, in 12 de 166 pages. Discursus

de visus nobilitate et conservandi modo. — à Joanne Théodoro ScMnlino phil. et med. doet. Seren. Bavariœ ducis eonsil. et medico, physico provinciali Landishutano. ~~ exclariss.AndreœLaurentii regis Gall. eonsil. et archiatri gallico libello latino adscriptus. — philosophis medicis ac politicis usui futurus. La dédicace de J. Th. Schônlin, au sérénissime prince et seigneur Maximilien, comte palatin du Rhin et duc de Bavière, est datée de Landshut, le 31 décembre 1617.

Augustæ Vindelicorum (Augsbourg), 1620, in -12 de 247 pages. Discursus philosophicus et medicus de melancholia et catarrho in quo de éorum differentiis, causis, signis etcurandi ratione accurate disseritur, — à Joanne Theodoro Schonlino etc., etc. On a supprimé « philosophis, medicis ac politicis usui futurus ».

La dédicace «Reverend.Illustribus, gene. Nobilis. et ampl. inclyti ducatus Bavariæ inferioris statibus » est datée de Landshut, 31 décembre 1619. Sur la dernière page on lit : Augustæ Vindelicorum, apud Andream Aperger, sumptibus Sebastiani Mylii bibliopolæ Augustani. Anno 1620.

Haller (Bibl. raéd., ii, 276) complète la série parla traduction du quatrième discours qui aura t pour titre : Discursus de senio philosophico-medicus in quo de Senii causis disseritur, per Phil. Maur. Schônlin. Strasbourg, 1626, in-12.

Ces discours traduits en latin se retrouvent dans l'édition des opéra therapeutica d’A. Du Laurens publiés à Francfort en 1627, chez Guillaume Fitzer, in-fol.

Il y a encore la traduction d^ Guy Patin dans les opéra omnia Andreæ Laurentii, 1628, 2 v. in-4®. Et enfin une 3® traduction en latin du Discours sur les catarrhes, Genève, iMO. Andrew Laurentii archiatri ’regii, etc.tractatus excellentissimus de catarrho è gallico sermone in latinum conversus, per Jeannera Vigierum.(Jean Vigier, écrit par erreur Vigerium, voyez V errata), doctorem medicumCasseronensem, publiée à la suite du Tractatus ahsolutissimus de catarrho, Rheumatismo, et vitiis dentium, linguœ, vocis, de immodicâ

et indecorâ salivatione et alüs a cerebro distillationibus, de variis authoribus compüatus. In- 8 de 220 pages. La traduction du discours de Du Laurens se trouve à la page 185 et suivantes. Bibliothèque Mazarine, n® 29 508. B.

Il existe aussi à la Bibliothèque nationale (Td. B4, 64) une traduction en italien des quatre discours d’André Du Laurens. Naples, 1626, chez Lazarre Scorigio, in-4“ de 276 pages : Discorsi délia conservatime délia vista, delle malattie melanconiche, delli catarri, e délia vecchiaca, composti in lingua francese dal sig. Andrea Lorenzo, medico fisico del christianissimo Henri IIII re di Francia, tradotli en Lingua Italiana, e commentali da fr. Gio. Germano francese, medico chirurgico et al présente religioso dell’ ordine San Francisco di Paola. La dédicace du frère Jean Germain, français, autrefois médecin-chirurgien et maintenant religieux de l’ordre de Saint François de Paule, au très illustre et très excellent seigneur François Galeas Pinelli, duc d’Acerenga et marquis de Galatone, est datée de Naples au couvent de Sainte -Marie de l’Etoile, le 2 août 1626.

Est-ce la même traduction en italien que Haller (Bibl. méd. II. 276) place à Venise, 1637, in-8®?

Historia anàtomica humani corporis et singularum ejus partium,multis controversiiset observationibus novis illmtrata, auctore Andrea Laurentio, regis consïliario et medico ordinario ejusdemque in Monspeliensi Academia prof essore, ad Henricum IV, Galliæ et Navarræ regem Christianissimum. Tel est le titre du magnifique grand in-folio qui parut au commencement de l’année 1600, chez Jaraet Mettayer et Marc Orry, à Paris.

Sur l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale (1) la date a été ajoutée à la main, et sur celui de la Bibliothèque Mazarine, n® 4480; chez Marc Orry, elle (M.D.C.) est gravée avec le reste du frontispice, qui a au verso un portrait de Henri IV,

(1) ProKâblement celui qui avait été offert au roi. Magnifique reliure.

différent des autres. La dédicace au roi n’esl pas non plus datée ; mais l’avis « studioso leclori « porte : Datum in Aula regia anno Domini millesimo quinquagesimo nonagesimo nono, ce qui a fait croire à quelques bibliographes que VHisloria anatomica avait été publiée en 1599.

Il J- est dit que Du Laurens avait édité, quelques années auparavant, à la sollicitation de ses amis, quelques livres d’anatomie que beaucoup avaient trouvés dignes de louanges, mais qui n’avaient pas assez complètement satisfait l’auteur. Il a donc remanié tout son ouvrage, et les cinq livres des Opéra anatomica de 1593 sont devenus les douze livres de VHistoria anatomica. \\ a entrepris, dit-il, d’expliquer ce qu’ont d’obscur les livres anatomiques d’Hippocrate et des Anciens; de venger Galien des calomnies presque sans nombre des nouveaux, sans toutefois lui sacrifier la vérité {non ita tamen ut ei plus faveam quam veritati), et il ajoute ; « Ego enim hactenus is fui, qui nullius jurare in verba magistri assuevi. » On peut reprocher certainement à André Du Laurens de n’avoir pas assez puisé dans son propre fonds. En cela, il allègue ses occupations à la cour et son assiduité auprès du roi. D’ailleurs, il faut bien lè dire, cet énorme in-folio de 603 pages est loin d’être aussi médiocre que certains bibliographes ont essayé de le faire croire.

J’ai parlé ailleurs {Ga2. hebd., 1878, p. 131. Études hist , p. 68) du frontispice, du portrait et des planches anatomiques qui ornent ce magnifique volume. Je dois énumérer ici les éloges envers latins et grecs qui occupent les premières pages. Le premier est de Jean de la Rivière, premier médecin du roi, à son collègue André Du Laurens. Un autre,'plus étendu, « Ad dominum Andream Laurentium », est signé de François Roussel, médecin du roi (1). Une troisième pièce, en iambes de six pieds, « In invidum detractorem » est de son frère, Richard Du Laurens, médecin du roi. Dans une quatrième pièce, Raymond Massacus, doyen du Collège de méde-

(1) L’auteur de V Hystérotomotokie ou enfantement césarien. Paris 1581.

cine d’Orléans, glorifie le « præclarum opus anatomicum »- Puis rUniversité de Montpellier célèbre à son tour la gloire immortelle due à son élève très méritant. Viennent ensuite un quatrain et un distique de Jean Aubery de Moulins, en reconnaissance de l’amitié et des bontés de son très vénéré maître ; un quatrain en grec sur le deuxième ouvrage d’anatomie et un épigramme en latin de Fr. Perreau, qui avait déjà loué le premier ouvrage de 1593. Charles Achard, un des neveux de Du Laurens, sororis filius, et Is. Ca^aubon, le premier en vers latins, le second en vers ^r-ecs, adressent aussi leurs éloges au livre d’anatomie. Vlnfin, un anagramme en grec, expliqué par un distique latin, signé d’un v et d’un 7. Le privilège, à la dernière page du volume, est daté de Fontainebleau, le 4 octobre 1599.

C’est l’œuvre capitale d’André Du Laurens. Élle a été publiée la même année, 1600, à Francfort; petit in-folio de 442 pages, avec les figures. Cette édition assez commune porte aussi la date 1627. V index seul est différemment impi’imé. Après celui de 1600 on lit :Francofurti ad Mœnum, ex officina typographica Matthœi Beckeri, sumptibus olim Dicterici de Èry relictæ viduæ et duorum, filiorum superstitum. Anno exemplaire à la Bibliothèque

Nationale (Ta'9. 70. A.). Toutes les éditions, sans date, qui ne portent pas celte dernière indication doivent être rapportées à l’édition de 1627. On n’a pas reproduit l’épître au roi. Le portrait de Du Laurens a été reporté sur un nouveau frontispice.

Mais VHistoria anatomica a eu un grand nombre d’éditions dans le format in-8, avec ce même titre : Andreœ Laurentii regis Galliarum consïliario etmedico ordinario ejusdemque in Monspeliensi academia professoris Historia anatomica humani corporis parles singulas uberrime enodans, novisque controversiis et observationibus illustrata cum indice rerum et verborum locupletissimo. Prodit e nobili Francofurti F'altheniana sumptibus Johnæ Rhodii, anno 1602, in-8 de 996 pages.

Lugduni, apud Horatium Cardon, 1605. In-8 de 893 pages.

Venetiis, apud Joannem Antoniura et Jacobura de Franciscis, 1606. In-8 de 918 pages. Bibliothèque Mazarine n» 29725.

Francofurti, excudebat ISicolaus Hoffmannus, sumptibus Jacobi Fischeri, 1615. In-8 de 996 pages, toujours sans compter les tables, les dédicaces, les éloges et le reste.

Lugduni, sumptibus Jacobi Cardon et Pétri Cavellat, 1623. Ia-8 de 893 pages. On a ajouté au titre : Omnia ab infinitis mendis, quæ typographi incuria irrepserant in priorem editionem, hæc postrema, summo studio, ac diligentia repurgata, et suis natalibus restituta.

Toutes ces éditions in-8 présentent une petite planche pareille, représentant les vaisseaux éjaculateurs de l’utérus que Du -Laurens croyait avoir découverts {et eorum divaricationem a nemine descriptani).

Il y a une traduction en français dans le même format : L’Histoire anatomique en laquelle toutes les parties du corps humain sont amplement déclarées: enrichie de controverses et observations nouvelles. Le tout par M. André Du Laurens, seigneur de Ferrières, conseiller , premier médecin du roy et chancelier de V Université de Montpellier, avec une fort ample table des matières y contenues et une autre des chapitres et controverses. De la traduction de François Sizé. A Paris, chez Julien Berthault, rue des Sept- Voies, devantle collège de laMercy, 1610. In-8 de 1416 pages.

Le titre porte les armes royales. Parmi les éloges du livre et de son auteur, je remarque ce sonnet :

Que servait à Laurens d’avoir tant affecté Un langage estranger d’une ambition riche,

Pour après son décès le délaisser en friche,

Et le priver du los qu’il avait mérité,

Si le docle Sizé ne l’eust par charité

Paré d’un vestement cent et cent fois plus riche

Et tout d’un même traict par mainte et mainte affiche

N’en eust fait un présent à la postérité?

C’était un beau joyau, une esmeraude fine Close dans un estuy ; dont la lueur divine Ne monstraît son esclat faute d’estre à l’essor.

Mais les muses voyant cet ouvrage en souffrette,

Ont resveillé l’esprit de ce brave interprète Pour nous faire jouir d’un si rare thrésor.

Jacques Favreaü, natif de Coignac en Saintonge.

François Sizé était de l’Angoutnois. Dans la dédicace de sa traduction, datée de Paris, 15 août 1 610, et adressée « A Monsieur Pasquier, sieur de Mainxe et de Desse, conseiller du roy et maistre des requestes ordinaires de son hostel », il dit : Gouverneur de nostre Engoulmois.

Après la table, dans le privilège, on lit que « Thomas Biaise, libraire juré, a fait traduire de latin en français V Histoire anatomique de feu sieur André Du Laurens; que le privilège a été donné à Jean Philippe, chirurgien et juré à Paris, lequel a choisi Thomas Biaise, Pierre Fébvrier et Julien Berthault. Paris, 2 août 1610.

Une deuxième édition de la traduction de François Sizé a paru à Lyon, chez Simon Rigaud, marchand libraire, rue Mercière, devant Saint- Antoine, 1621. In-8 de 1453 pages. Entièrement semblable : titre, dédicace, éloges, avis de l’imprimeur au lecteur, et le portrait d’André Du Laurens dans sa trente-neuvième année, gravé de nouveau par Carolus Audran.

Reste le dernier ouvrage d’André Du Laurens, paru l’année de sa mort (1609), et qui n’a eu qu’une seule édition :

De mirabili strdmas sanandi vi solis Galliæ regibus

christianissimis dtvinüus concessa, liber unus. Et de struniarum natura, differentiis, causis, curatione, quæ fit arte et industria medica, liber aller. Authore Andrea Laurentio regis consiliario et medico primario. 1609. Ce titre est renfermé dans le cartouche d’un petit frontispice aux armes royales, signé ;P. Firens fecit. Parisiis, apud Marcura Orry. In-8 de 293 pages, belle impression en gros caractères.

Il est dédié à « Henrico nii, galliæ et navarræ régi chris- TiANissiMO ET iNViCTissiMO », et commence ainsi : Artabanus, Persarum strapa, etc. J’y relève ce passage où Du Laurens, plein de croyances mystiques, parle des armes de France : « Nam tria lilia aurea, in cyaneo colore miro splendore micantia, veræ religionis candorem dénotant, et divinum ac cœleste aliquid spirant. Lilio in sacris scripturis nil pulchrius, nil fragrantius; auro nil pretiosius; ternarionil perfectius. Lilium flos campi dicitur in canticis : Dilectüs meus pascitdr in lilia. Justds germi- NABiT sicuT LiLiüM, » etc. Il prépare ainsi le lecteur à la cérémonie divine du toucher du Roi.

Parmi les éloges en vers latins adressés à André Du Laurens et àson livre, je signale : « In eruditissimum atque elegan^ ' tissimnm D. D. Andr. Laurentii regis consiliarii et archiatri^ digniss. etmeritiss. opusculum de strumis. Signé: Joan de Lorme, reginæ christianissimæ archiater. » — De clarissimo et eruditissimo viro Andrea Laurentio christianissimi regis archiatro Carmen, Signé: G. du Peyrat, christianissimi regis Eleemosynus (aumônier), — et un autre éloge, signé : Heb. Brunerids, med. doctor.

En 1613, furent publiées en même temps à Paris et â Rouen Toutes les œuvres de André Du Laurens, sieur de Ferrières, conseiller et premier médecin du roy très chrestien de France et de Navarre, Henry le Grand, et son chancelier en V Université de Montpellier, recueillies et traduites en franpois par Théophile Gelée, médecin ordinaire de la ville de Dieppe, in-fol. Ce titre est dans le

fi-oatiapice delà belle éàilioa àeVHislonaaijiatomica. Paxis, 1600. Signé : Maller. La dédicace : « A très illustre et vertueux seigneur messire François de Monceaux, baron de Bézigny, sieurdeLandon, deVillers-Houdan, conseiller, etc., vice-amiral de Eiormandie et gouverneur pour Sa Majesté des ville, château et citadelle de Dieppe », est datée de Dieppe le 20 mai 1613. L’avis au lecteur nous donne de précieux renseignements sur la traduction de Th. Gelée :

<( Je te dis donc qu’il y a plusieurs ans passez que je mis à traduire en français l’anatomie du sieur Du Laurens, selon sa première édition, non en intention de la publier, mais seulement pour m’exercer en la cognoissance de celte science, qui est autant nécessaire à gens de notre profeasion, qu’aucune autre partie de la médecine.,... Quelque temps après la seconde édition m’ayant esté apportée, je la conférai avec la première, et l’ayant trouvée accrue d’une juste moitiée, je résolus d’en recommencer la traduction et la poursuivre selon que les affaires me donneraient le loisir d’y travailler. A peine avais-je ébauché l’ouvrage, que ledit sieur Du Laurens pria M. de Sigongnes de faire en sorte que je lui en envoyasse la copie, et qu’il désirait la voir. Je fus tellement pressé que pour les contenter tous deux, je fils contraint de la leur mettre entre leurs mains. Le sieur Du Laurens l’ayant reçue, m’escrivit qu’il la reverreit lui mesme aussitôt qu’il en auroit la commodité. Plusieurs années se coulent, je l’en presse par lettres, je lui en fais parler; il s’excuse sur ses occupations, finalement il meurt.

» Ayant en sa mort perdu l’espérance de retirer ma copie, je délibérai pour satisfaire aux délibérations de mes amis, de revoir quelques brouillons qui meresloyent, et en dresser une nouvelle traduction ; mais ma charge, mes affaires domestiques, et un procès de plusieurs années . retardant fort

longtemps mon dessein; néanmoins je surmonte à la longue toutes difficultés ; et après avoir depuis trois ans contrélvité les remises et longueurs de rimpression,voicyque finalement je te donne en français ce long œuvre de l’anatomie du sieUr

Du Laurens que j’ai accompagné de ses livres des crises et escrouelles. Et afin que tu aies toutes ses œuvres en im corps, l’imprimeur y a adjousté quatre discours françois ci-devant

imprimés qui sont . et trois autres petits traitiez qui n’ont

poinct encore esté publiez, desquels es deux premiers sont des annotations sur les deux premiers chapitres du sixième traitté de Guidon, où il parle de la goutte et de la lèpre : et le troisième est un discours de la maladie vénérienne; lesquels trois traitiez m’ont esté volontairement communiquéz par M. de Brasdefer, docteur en médecine, exerçant avec beaucoup de réputation en la ville de Rouen, homme très docte, fort curieux, et grandementdésireuxdel’ avancement des lettres; et par maistre David Canu, chirurgien juré en la ville de Dieppe, lieu de sa naissance, où il pratique heureusement, tous deux nos intimes amis, auxquels tu demeureras obligé du contentement et profit que tu retireras d’iceüx. »...

Suivent les lettres échangées avec André Du Laurens du 14 janvier 1605 au 6 mai- 1606; puis les éloges nombreux en vers français et latins par Théophile Gelée et sa traduction. On retrouve ici le portrait de Du Laurens dans sa trenteneuvième année, avec le distique :

Vultum Laurenti cernis sub imagine : scriptis Divini ingenii conspiciuntur opes,

avec cette traduction pour la première fois :

Tel du grand Du Laurens fut jadis le visage Que tu le vois dépeint aux traits de cet image :

Mais lisant ce bel œuvre admire son écrit,

Car pour connaître un homme il faut voir son esprit.

Les 26 planches de la belle édition latine de 1600 sont à leur place. Les Œuvres anatomiques onl 353 feuillets sans compter les tables. Le discours des crises divisé en 3 livres .

auxquels est ajoutée une méthode générale servant au proguostic et aux crises de toutes les maladies, mais principalement les aiguës . 53 feuillets. Le discours des escrouelles

divisé en deux livres . 43 feuillets. A la fm, Th. Gelée

s’adresse encore au lecteur :

En ceste version si trouvez à reprendre,

Faites le comme amy et non comme envieux.

Et en la corrigeant, taschez de faire mieux Pour profiter à ceux qui désirent d’apprendre.

Suivent les quatre discours : de la conservation de la vue, etc. , 57 feuillets. Et « Quelques opuscules recueillis des leçons de

M. André Du Laurens . lors qu’il lisait publiquement aux

chirurgiens de l’Université de Montpellier, ès années 1587 et 1588, lesquels n’ont point encore esté imprimez.» 30 feuillets.

Le privilège est octroyé « à Dierre Mettayer et Raphaël du Petit-Val, nos imprimeurs et nos libraires ordinaires dans nos villes de Paris et de Rouen » durant dix ans pour les œuvres tant latines que françaises.

Une autre édition de tous points pareille et d’une impression encore plus belle (remarquables lettres illustréesa paru), à Paris et à Rouen en 1621. Le catalogue des sciences médicales de la Bibliothèque Nationale a le tort de dire que c’est la « première réunion des Œuvres de Du Laurens traduites sur différentes éditions latines séparées » (T. 25. 40), ches Raphaël du Petit Val, imprimeur à Rouen.

? Rouen, 1661, indiqué au même catalogue, n’a pu m’être présenté.

Les oeuvres de Du Laurens, etc., traduites de latin en français, par ilf® Théophile Gelée, médecin ordinaire de la ville de Dieppe, revues, corrigées et augmentées en. cette dernière édition par G. Sauvageon, d. m. agrégé au Collège des médecins de Lyon. A Paris, chez Pierre Billai ne,rue Saint-Jacques, à la lionne Foi, et chez Jean Petitpas,

1639. In-fol., sans frontispice ; la marque du libraire est signée :

1. Briot fecit. Impression moins belle. L’avis aux lecteurs est conservé. Pas de dédicace ni de portrait. Les 26 planches anatomiques sont un peu plus petites, comme dans l’édition de Francfort. La première partie comprend les OEuvres anatomiques, 597 pages. La seconde partie des œuvres de M® André Du Laurens est divisée en quatre discours : le premier explique la nature de la crise, de toutes ses différences et les signes critiques; le second traite de la vertu admirable de guérir les escroüèlles par le seul attouchement des rois de France, leurs différences, causes, signes et curation par l’art de médecine ; le troisième, de la conservation de la vue, des maladies mélancholiques, des catarrhes et de la vieillesse ; le quatrième, de la goutte, de la lèpre et de la vérole, 395 pages. En somme, c’est la traduction de Th. Gelée, sans modifications apparentes.

Une autre édition de Sauvageon, tout à fait semblable, à paru en 1646, in-fol., à Paris, chez Adrien Taupinart, rue Saint-Jacques, à la Sphère, et chez Mathieu Guillemot.

J’ai insisté ailleurs (Etudes historiques j p. 70) sur la description de ces 26 planches qui se retrouvent encore dans Y Anatomie unioerselle de toutes les parties du corps humain représentée en figures et mactement expliquée par ***. Paris, chez F. Girard Jollain, 1731. Ouvrage curieux et utile aux étudiants énmédéciné, chirurgie, sages-femmes, et aux peintres et sculpteurs, in-fol. de 55 pages. Deux autres éditions de Paris, 1741, chez Antoine Humblot. — 1748, chez Crépy, avec ce petit changement dans le litre : expliquée par le célèbre André du Laurens, revue par M. H..., chirurgien juré de Saint-Côme.

En même temps que YHistoria ânatomica de Francfort (1627) paraissait, dans la même ville, mais non chez le même libraire, Andreœ Laurentii, Ferrerii doniini, Gall. regis Christian, conciliarii ac medici primarii et academiæ Monspeliensis cancellarii Opéra therapeutica omwia

primum édita cum indicibus necessarm. Francofurti, typis Caspari Rotelii, impensis Gailielmi Fitzeri, 1627 . In-folio.

I. De crisibus, 60 pages. — II. De mirabili strumas sanandi, etc., 46 pages. — III. De nobilitate visus, etc., 25 pages. — IV. De morbis melancholicis, de generatione catarrhi, 37 pages. C’est la traduction de J. Th. Schônlin. Le traité De senectute (V), traduit par Ph. Maur. Schônlin, a été réuni avec (VI) Annotalioms in cap. i, tract. 6Guidonis de Cauliaco De morbo articulari, etc. — VII. Annotationes in cap. Il, tract. 7 Guidonis de Cauliaco De lepra, etc. — VIII. Tractatus de lue venerea, etc., 52 pages.

Reste l’édition de Guy Patin (Paris, 1628, gr. in-4, 2 vol.), dont l’examen sérieux nous permettra de relever les erreurs Commises dans la citation de la notice de M. Chéreau, placée en tête de ce travail.

Outre les deux beaux portraits qui s’y trouvent, l’auteur de la BibliograpMa Patiniana aurait bien pu signaler aussi le frontispice (L. Gaultier incidit, 1628), qu’il serait trop long de décrire, mais qui porte un petit cadre surmonté des armes d’André Du Laurens (1), dans lequel on lit : ândreæ Lau- RENTii ARCHiATRi OpERA OMNiA. Parisüs, apud J. Petitpas, J. Fouet, A. Taupinart, M. Durand. Cette simple mention devait empêcher de croire que Martin Durand était le seul éditeur. Si, en effet, la bibliothèque de l’Ecole de médecine possède l’édition de ce dernier libraire, la Bibliothèque nationale a celle d’Adrien Taupinart, et à la Bibliothèque Mazarine le premier volume est de Jean Petitpas, le deuxième de Jean Fouet (2). Comment le titre plus détaillé de la première page : Andreæ Laurentii, etc.. Opéra oumx, partim jam antea excusa, partim nondum édita, nunc simul collecta, et ab infinitis mendis repurgata, studio et opéra Guidonis

(1) D’argent au, laurier de sinople, au chef d’azur chargé de trois étoiles éCor

(2) C’est l’exemplaire donné par Guy Patin à son ami Gabriel Naudé. Au traité. De mirabili strumas sanandi, etc., on a fait mettre par le relieur une gravure de P. Fireus, représentant le Toucher du roi.

Patini, Bellovaci doctoris medici Parisiensis, n’a-t-il pas empêché M. Chéreau de s’imaginer que presque tous les ouvrages de Du Laurens avaient été écrits en français, et que Guy Patin avait mené à bonne fin l’entreprise « considérable » de les traduire en latin? Et pourtant, dans l’énumération des œuvres de Du Laurens, qui vient immédiatement après, Guy Patin a pris le soin de dire, et d’une manière très précise, ce qu’il a traduit du français en latin, savoir: les quatre discours de la vue, des maladies mélancholiques, des catarrhes et de la vieillesse, et les trois opuscules de la goutte, de la lèpre et de la vérole. Il a ajouté (accessit) le petit commentaire non encore édité in Ârtem panam Galeni, et des consultations écrites de la propre main de Du Laurens, qui n’avaient pas été non plus encore éditées. Ainsi l’entreprise considérable de Guy Patin a été, non pas de faire une traduction d’œuvres déjà écrites en latin, mais de les corriger, de traduire le peu que je viens de dire, et de donner au public une édition digne de l’illustre archiatre royal.

I. — UHistoria anatomica comprend tout le tome premier, 731 pages, sans compter l’index. Aux éloges connus, Guy Patin a joint le suivant : In D. Andreæ Laurentii archiatrorum comitis et anatomicorum omnium quotquot sint et fuerint, primicerii et et antistitis commendationem Epigramma.

Fallopium Patavina colit ; Roniana Columbum;

Germana Albertum; Flandria Vesalium;

Baukinum Basiliea; suum Venetî Parisinum:

Bœtica Valverdam tollit ad astra suum;

Pawwinum habent Batavi ; stat Sylvius in Parisina;

At te, Laurenti, Gallia tota tenet.

M. Chéreau se trompe également lorsqu’il dit (Union médicale, 1861, t. XII, p. 99) que « Guy Patin a fait graver cet éloge sur un portrait du médecin de Henri IV, conservé dans notre grande Bibliothèque de Paris ». H est possible qu’on ait fait mettre ensuite ces vers de Guy Patin

au-dessous d’uii portrait d’A. Du Laurens ; mais je l’ai cherché sans pouvoir le trouver.

Le tome II contient: IL — De crisibus libri III, etc., 108 pages. Au verso du titre est cet éloge : In eruditissimi prœstantissimique viri D. Andr. Laurentii Arelatensis, primarii regis medici et meritissimi in prœclaram Vitriobrigum academia cancellarii, doctissimim opus de crisibus.

Ex Lydio lapide obryzum dignoscitur aurum,

Morbumque adveniens indicat ipsa crisis :

At veto ex crisibus quasjam Laûrentiüs orbi Profert, illius et noscitur ingenium :

Scilicet istud opus melius nemo ante peregit,

Necperaget quisquam, summus in arte licet.

Guido Patinüs, Bellovacus, med. Paris.

III. — De mirabili strumas sanandi, etc., libri II, 79 pages. J’ai seulement à ajouter ici ce nouvel éloge de Guy Patin à ceux qui se trouvent déjà dans l’édition de 1609 :

In clariss. celeberrimique viri D. Andr. Laurentii archiatri tractatum de strumis.

Dum christianus et potens Rex Galliæ Tangente strumas sanat acres dextera,

Summus Dynastes audit, et Asclepius :

Miranda sed dum Regis hæc Laûrentiüs Sermone docto prodit, et ortara polis Aperire cunctis nititur potentiam,

Dubium relinquit, sitne Rex illustrior Isto libello, sit vel ipse doctior.

Guido Patin, Bellovacus, med. Par.

IV. — Tractatus de visus conservatione, de morbis melancholicis, catarrhis et senectute, ah Andrea Laurentio, archiatro regio et cancellario in celeberrima academia Monspeliensi, gallico idiomate primum editi ; et nunc vero latini facli a Guidone PATiNO,Bellovac., doct. med. Paris., 141 pages.

Guy Patin dédie sa traduction à très noble et très illustre homme André Du Laurens, seigneur de Ferrières, fils unique du célèbre archiatre. C’est dans la préface au lecteur de ces quatre traités que Guy Patin a exposé. tout le plan de son édition. Les œuvres d’André Du Laurens, y esLil dit, sont connues de toute l’Europe. Quelques-unes, non encore éditées, sont perdues. Bien que VHistoria amtomica et le De crisi^ bus, si recherchés des étudiants, aient été imprimés et réimprimés à Lyon, à Paris, à Rouen, à Francfort et dans plusieurs autres endroits, on n’en trouve presque plus à acheter. Guy Patin a donc engagé les libraires à publier une nouvelle édition, dont il s’est chargé. Il dit ensuite l’ordre qu’il a cru devoir adopter dans cette publication : 1® Historia anatomica. — 2» De crisibus. — 3® De struniis. — 4® Le quadruple traité édité en français par l’auteur, et qu’il a traduit en latin. — 5® Quelques opuscules tirés des lectures que Du Laurens avait faites en 1587 et 1588 aux chirurgiens, lorsqu’il était professeur à Montpellier. Ils étaient en français. Guy Patin les a donc traduits en latin ; mais il ajoute mndum in lucem édita, et cependant ces opuscules avaient été publiés à la fin de la traduction de ThéopMle Gelée, en 1613 et 1621. Cela veut dire peut-être qu’ils n’avaient pas été tirés à part ou qu’ils n’avaient pas encore paru en latin. — 6® Guy Patin a ajouté (his etiam addidimus) un petit (brevem) commentaire sur le livre de Galien qu’on appelle Ars parva, et en particulier la partie de la médecine qui traite de la séméiotique, rédigé par Jean Aubery (de Moulins), élève d’André Du Laurens, d’après les leçons (prælectionibus) faites à Montpellier en 1589 et 1590. Ce commentaire, écrit de la propre main d’Aubery, « m’avait été donné, dit Guy Patin, par le sieur Gabriel Naudé (de Paris), jeune homme très instruit, etc. : Cujusquidem commentarii, propria D. Anberii manu exarati, copiam mihi fecit D. G. Naudœus ■ Parisinus, juvenis eruditissimus, » etc. — 7® « Enfin, grâce » à l’obligeance du sieur Antoine Du Laurens, avocat du roi » en son conseil privé, et le très digne frère de notre célèbre

» auteur, Aubery, fils de Jean, et médecin aussi à Moulins,

» m’a confié (mihi commissa sunt), pour les faire imprimer,

» des consultations médicales, parmi lesquelles quatorze ont » été choisies, ayant trait à diverses affections et cas difficiles » qui se présentent fréquemment dans la pratique. »

J’ai été obligé d’insister sur tous ces petits détails historiques arrangés par M. Chéreau. Pour lui, le commentaire était écrit de la main même de Du Laurens et avait été donné à Guy Patin par Jean Aubery (1). Quant aux consultations, il n’est question pour M. Chéreau ni d’Antoine Du Laurens, ni du fils de Jean Aubery. C’est Gabriel Naudé qui les a confiées à Son ami ! Comment notre confrère peut-il s’être trompé à ce point !

Guy Patin n’â ajouté que quelques brèves annotations {annotatiunculas) aux opuscules posthumes, comme il les appelle; mais, rien que dans YHisloria anatomica, il a corrigé plus de deux mille erreurs notables, etc., etc.

V. — Tractatus III de arthrüîde, elephantiasi seu lepra et lue venerea, 84 pages. — La dédicace de Guy Patin, le traducteur (inïerpres), est adressée à très noble et très savant homme le sieur Richard Du Laurens, conseiller et médecin du roï, très illustre frère de l’archiatre André Du Laurens.

Parmi les notes ou scholies dont Guy Patin a enrichi ces trois opuscules (j’ajoute : en y faisant parade de son érudition et de son esprit), M. Chéreau en a cité deux au hasard, mais très probablement d’après un simple coup d’œil? Dans la première, qui a pour titre, page 63 : De varia luis venereæ apud varias g entes denominatione , il voit tout un chapitre sur l’origine tant combattue de la maladie vénérienne. « Guy Patin, dit-il, y défend la provenance » américaine, et soutient que... » Mais cette légende était admise par tout le monde et par Du Laurens lui-même. Guy Patin, loin de la soutenir, s’en moque, au contraire, très agréablement. « Ex India enim primum ab Hispanis delatus

(!) üue M Chéreau persiste à appeler J. Auber.

» est in Ilaliam, unde Galli, post captapi Neapolim domutn » redeuntes, hune fructum Neapolitanura detulerunl. Sed hæc » ridendi quam rodendi gratia, potius dicta smt. » Guy Patin fait remarquer seulement que la contagion américaine (lues indica) a été communiquée aux Italiens, et que ces derniers ont cherché, bien à tort, à lui donner le nom de mal français. Il termine d’ailleurs sa note par l’énigme si connue de Serranus, médecin de Lyon, qui exprime si bien l’origine douteuse de cette maladie :

India me novit ; jucunda Neapolis ornât ;

Bætica concélébrât; Gàllia; mundus alit.

Indi, Itali, Hispani, Galli, vosque orbis alumni,

Deprecor ergo, mihi dicite quæ patria?

M. le professeur Parrot a donné une solution bien inattendue en prouvant que la syphilis existait dans les temps préhistoriques, à l’époque des dolmens.

Quant à la deuxième scholie (p. 65), Demorbis formœ a Fernelio propositis, il a suffi à M. Chéreau de voir le mot FORMÆ, mis à côté du nom de Fernel, pour en conclure que cette scholie « établissait les diverses formes de la maladie telles que les avait proposées Fernel ». Or, il s’agissait de la nature de la syphilis. « Quid sit lues venerea? » Etait-ce une maladie de la forme ou de la matière? Galien n’admettait dans les maladies des parties similaires que l’intempérature (morbus intemperiæ). Pour Fernel, il y avait les maladies de la forme et les maladies de la matière. La note de Guy Patin se borne à indiquer les passages des auteurs qui sont contraires à l’opinion de Fernel, depuis J. Argenterius jusqu'à Daniel Sennert. Rien des formes de la syphilis.

VL — Andrew Laurentiiprofessoris regii Monspeliensis Annotationes in Artem parvam Galeni in ea quæ spectant ad simioticam (1) medicinæ partem, dictatæ Monspelii ann. 1589 et 1590. 50 pages. — A la 51®, Guy Patin a placé

(!) Signes et causes.

les éloges suivants, qui se trouvaient probablement sur le manuscrit de J. Aubery.

Jn laudem R. D. A. Laurentii Joannes Auberius humill. discip-

jstius unanimes habitant sub cortice ïibri Hermès, Phœbus, Amor, Musa, Minerva, Charis.

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