‹ Etudes historiquesChapitre 20 sur 40 · FRANÇOIS ROUSSET · texte numérisé non relu

FRANÇOIS ROUSSET

Par E. Tnvnep,

Ancien interne des hôpitaux de Paris,

Membre honoraire de la Société anatomique, etc.

En ce temps d’ovariotomies et d’hystérotomies, il ne sera pas superflu de parler des œuvres de l’illustre auteur qui, avant la fin du XVIe siècle, a écrit le premier et en français sur l’enfantement césarien. D’autant plus que cette bibliographie a été fort mal faite dans tous nos dictionnaires d’histoire de la médecine et delà chirurgie depuis Eloy, et que la NouvelleBihliograpTiie générale éditée par.Firinin Didot a eu le tort grave de laisser dans l’oubli le nom même de François Rousset.

Cependant Haller, dans son admirable laconisme, le qualifie

de Vtr imignis [Bibl. chir. I. 240). Né à Pitliiviers (!■), comme ' le dit avec raison La Croix du Maine, il commença ses humanités à Orléans (2) et alla les terminer à Paris, où, après avoir achevé ses études de philosophie, ilfut’pendantdeux années auditeur assidu du fameux Jacques Sylvius. Il vint ensuite à Montpellier écouter les leçons de Rondelet, son président de Saporta, son parrain ihospes), de Fontanon et de Schyrron, lecteurs royaux. F. Rousset donne lui-même tous ces détails, {Responsio ad J. Mar chant declamationem^. 21^ 22, 23. — Bialogus apologeUcus^ p. 19,20). Reçu bachelier en médecine, il a • subi ses examens privés et ses thèses publiques, et après les ' dix mois de leçons réglementaires il fut admis à la licence. Ceux qui ont dit qu’il avait étéjusqu’au doctorat se sont trompés. Car, la peste régnant à Montpellier (c’est toujours Rousset qui raconte), il fut obligé avec d’autres de se retirer à Avignon, où il passa sept mois à enseigner et exercer la médecine. Grâce à l’amitié de Guillemeau d’Avignon, il fut admis dansla société . des médecins delà ville. Il eut la bonne fortune d’y rencontrer le célèbre Valériola d’Arles, dont il devint aussi l’ami.

Delà, il a été dans'-tous les endroits où il savait exister des ■ praticiens fameux. Et revenu à Paris avec François Fontanon, iils de Denys, et quelques autres docteurs, aux leçons de Sylvius (3), à l’époque où ce dernier n’avait pas achevé son anatomie, il se décida, sur les conseils de son maître, à partir pour son pays (Pithiviers), ad populares meos.

C’est là que vivant en bonne intelligence avec les principaux médecins des villes voisines, et appelé dans les familles nobles et anciennes, il devint successivement le médecin de la duchesse dé Ferrare, fille de Louis XII, puis des ducs de Nemours» de Catherine de Médicis, et enfin d'Henri IV. Il se dit encore,

(1) Nostre Pithviers (Enf, cæs., p. 14). Ea; nostratibus Pithviricis '

POrOMOTOKIAX, p. 43). Nostrate Adamo Alberico (id., p. 78).

(2) EnL cæs., p. §8). ' ;

(3) Au collège royal de France.

ufl peu plus loin, p., 25, disciple de J. Houllier (1) et d’Akakia levieux.

Après son stageàValréas, en Provence, avec Nicolas de Villeneuve (Enf. cœs. p. llOet H 5) et son séjour à Paris, on le trouve exerçant lamédecine dans son pays, dès 1556 (Enf. cœs. p. 19 et 20). « Eut bien le courage contre le gré de son mary de « se faire par mon conseil ouvrir, voire si kastivement après « avoir ouy la résolution, qu’elle ne voulut pas attendre le dit « Ambroise Lenoir, que je lui promettais envoier, comme jà ex- « périmentéen telle opération, 'par ceque je ne m'y pouvais trous ver, pour estre lors au Ut grièvement malade : mais y employa «le premier trouvé, qui fut Jean Lucas, jeune barbier... Ce a fustle jour de Pasquesmü cinq cent cinquante-six . y> Lorsqu’il était médecin ordinaire (2) du prince Jacques de Savoie, duc de Genevois et de Nemours (3), Pr. Rousset habitait très probablement Montargis. Il était déjà vieux quand il vint à Paris et fut nommé médecin royal. Gelanous conduit à rechercher l’époque de la naissance de Pr. Rousset, sur laquelle on ne s’accorde guère. Lorsqu’il revint à Paris auprès de son maître, on était tout au plus en 1554, puisque J. Sylvius est mort le 13 janvier 1555. Or, Fr. Rousset avait voyagé, après être resté sept mois à Avignon. Il était demeuré un an à Montpellier et il avait fait son stage à Valréas. Avec les deux années d’études premières chez Sylvius, on peut compter cinq à six ans. Il est donc très probable que Pr. Rousset a commencé ses études de médecine à 18 ans environ, en 1548, ce qui reporte la date de sa naissance vers 1530. Nous verrons qu’il était vieux et malade lors de la

(1) Le docte Houllier (Holleriusl, précepteur mien (Enf. cæs., p. 127).

■ (2) Enf. eæs.’, préface.

{3) On sait que ce prince avait promis le mariage à Françoise de Rohaü (cousine germaine de Jeanne d’Albret, mère de Henry IV), qui dès lors lui avait accordé ses faveurs. Bien qu’il en eût un üls, il ne tint pas sa promesse et épousa la veuve de François de Lorraine, duc de Guise, tué par Foltrot de Méré en 1563, Anne d’Est (t 1607), fille de Rénée de France, ducnesse de Ferfare, laquelle mourut en 1576.

publication de son dernier ouvrage en 1603. Il avait alors en viron73ans.

Après ce que je viens de dire, on comprend pourquoi Fr. Rousset n’a pas pris d’autre titre que celui de médecin. Lorsqu’il a fait imprimer à Paris, chez Denis Duval, au Cheval-Volant, rue Saint-Jean de Beauvais, en 1581, son ouvrage intitulé: Traité nouveau de Vhystérotomotokie ou enfantement cœsarien^ qui est extraction de V enfant par incision latérale du ventre, et matrice de la femme grosse ne pouvant autrement accoucher. Et ce sans préjudicier àla vie deVun, ny de Vautre; ny empêcher la fæcondité maternelle par après, par François Rousset médecin. Paris, 1581 , in-8 de 228 pages.

L’exemplaire de la Faculté manque de ses dernières pages, on ne peut y voir cette déclaration intéressante qui se trouve à la fin du volume, a J’ai lu ce livre duquel l’invention touchant « l’enfantement dit cœsarien ro.’a semblé bien avérée par raison « et expérience, que je l’ai jugé digne d’être mis en publicq. cc Seulement le lecteur sera adverti d’en user ès cas y allégués,

« avec grande discrétion. Signé Henri de Nonantheuil, pro- « fesseur du roy ès mathématiques et doyen de la Faculté de «médecine en TUniversité de Paris. J’atteste ce que dessus : « A. Paré, J. Viard. » ^

Cette hystérotomotocie, dit Haller (loc. cit.), est un ouvrage . hors ligne {egregius est labor), écrit judicieusement et avec vigueur {cordate et mascule scriptus) ; jusqu’alors, il n’avait paru rien de pareil {cujus eo seculo nïhil prodit similis).

Fr. Rousset a dédié l’enfantement césari en au princeJacques de Savoie, duc de Nemours (1531-1585). On y trouve ce passage: « Mais aussi serais-je ingrat envers Dieu et les hommes, et cc traistre àmon estât mesme, si ayant avec son ayde descouvert cc en fort longtemps et par grand labeur, la vertu de ce nouveau « présent utile à tout le genre humain, je ne le i>evelois... » Et plus loin: cc parcequ’il ne semble promettre que chose nouvelle, cc peu oye, jamais escrite, mal aisément croyable, mesme presque cc à qui la void: et conséquemment tenue jusqu’à huy pour imcc possible, mesmement par les plus doctes et expérimentés mé-

a decins et chirurgiens des plus fameuses universités qui soient c( en ce monde. »

Il dit dans la préface au lecteur : « Je n’avais entrepris au a commencement, que de mettre en écrit une simple histoire, « et quelques petites disputes que M. Paré et moy avions parcy a devant amiablement eües ensemble sur l’enfantement, que je a luy baptisais lors du nom de cœsarien ;etceenstylefrançoiSj a duquel il use plus volontiers en ses conférences, et escria lures. » Mais il a abandonné ce projet, et « pour ne laisser une telle utilité » il s’est mis à composer un grand traité en latin. Il pense ainsi avoir « satisfait à la plus part de ses contrarians. » Mais au moment de le publier, il a cru être plus utile « aux dames réduites à ce dernier refuge » de mettre « en cest « abrégé françois une bonne partie des principaux points de ce ï plus long discours là... principalement voyant que nul de « ceux qui l’eussent pu mieux façonner que moy, après avoir « esté par moy-mesme semons à ce faire, n’y voulaient enten- « dre comme ils devaient, ains y résistaient comme à chose -a absurde et impossible (Allusion a A. Paré). »

Ce petit in-8® de 228 pages mériterait une nouvelle impression. Haller a résumé très exactement (Loc. cit.) ce qu’il contient. Je signale tout particulièrement (1) le manuel opératoire placé à la fin du livre, p. 213. Petit advertissement au chirurgien sur V administration de cet œuvre cœsarien.

Fr. Rousset a solidement établi du premier coup ce qu’on admet aujourd’hui, mais depuis quelques années seulement, après avoir essayé de faire prévaloir la symphyséotomie (Sigàuit 1777), lacéphalotripsie, etc. sans parler de l’opposition ridicule de Sacombe à la fin du siècle dernier.

Les descriptions nettes et précises de l’hystérotomotocie ont fait regarder Fr. Rousset comme l’inventeur de l’opération césarienne chez les femmes vivantes. Mais il n’en est rien, elle

(1) Wv. Rousset a aussi proposé dans le même ouwage la taille hypogastrique pratiquée déjà, mais fortuitement, par Franco, qui ne l’approuvait pas.

avait été déjà pratiquée autour de lui en Beauce, en Suisse et ailleurs, quand parut son ouvrage, et l’on ne peut savoir à quelle antiquité cette pratique peut remonter.

Le petit livre de Fr. Rousset a étéjugé si utile aux praticiens qu’il fut bientôt traduit en allemand par le doctenr Melchior Sebizius, de Silésie. Strasbourg, chez B. Jobin, 1583, in-8, de .165 feuillets. Il est à la bibliothèque mazarine au n“ 29812.

La traduction latine de Gaspard Bauhin ne vient qu’après. Elle parut pour la première fois à Bâle, en 1586, dans le tome deuxième des Gyviœciorum sive de Mulierum affectibus eommen .tarii grœcorum^ latinorwm, barharorumjamoUmetmmc reeens editorum. 4 vol., iii-4. Et voici comment. Le typographe Wah derich, voulant donner une seconde édition du recueil de Gas-, pard Wolf publié (avec le même titre) à Bâle, 1566, in-folio, chargea G. Bauhin d’y ajouter un autre volume. Il en fut ajouté trois au lieu d’un. Le tome deuxième Gynæciorwm phisicm et eTiirurgicus, etc., comprenant les ouvrages nouveaux ou non , encore édités en Allemagne, est divisé en deux sections. G’est dans la seconde que se trouve l’hystérotomotocie de Fr. Rousset (ucnrepoTop-oToxia quam ecd galUco latinam feci, dit G. Bauhin dans sa dédicace aux princes Ernest-Frédéric, Jacques etGeorges- Frédéric, fils du duc Charles de Bade, datée de Bâle, le 8 février 1586. Dans la préface au lecteur, il dit encore que, pour faire cette traduction il a laissé de côté ses autres travaux {propriissfudiis relictü). En tête de la traduction latine, p. 486, une autre petite préface de G. Bauhin renferme ce renseignement précieux: « J’avais la version allemande, mais, j’ai mieux aimé « suivre la française » . {Germanicam guidera versionem mdi, ceterum gallicam sequi malui). Ainsi la traduction en allemand de 1583 existait quand Bauhin a fait sa traduction latine. Donc tous ceux qui, en copiant Haller, annoncent invariablement une première édition de la traduction latine en 1582, se sont trompés. Et, chose curieuse, ils ont dû reproduire une faute d’impression: 1682 pour 1586. C’est d’autant plus croyable, que cette dernière date est donnée par Haller, un peu plus bas.

Bauhin dit ensuite que, s’il avait eu le temps, il aurait ren"'

du la chose plus claire par ses propres observations, {plurimîs historüs ex'^rivata observatione rem illustrassem). «JCarpour ce 0 gui est de l’extraction du fœtus par le côté, nous en avons un a exemple en Suisse. A Steckboren, dans le canton de Turgovie, « il y a environ 18 ans, un homme qui avait Fhabitude de faire a la castration sur les animaux tira du ventre de sa femme, qui {( ne pouvait accoucher, un fils par l’incision latérale. La mère a guérit et l’enfant parvint à l’âge de 18 ans. Je ne sais s’il est « encore vivant. De même, comme l’établit Rousset (uf auctor « statuit)f l’ouverture de la vessie n’est pas nécessairement mor- « telle, ce qui peut paraître faux et absurde à ceux qui jurent a par Hippocrate, mais démontré par les faits que j’ai observés. « 11 ne manque pas non plus d’exemples de fœtus putréfiés dans « l’utérus (1). J’aurais pu aussi ajouter plusieurs cas de superfé- «tation. Mais j’ai réservé tout cela pour un meilleur moment, « afin de ne pas augmenter le livre plus que de raison. Hnfin « j ’y aurais j ointFenfant pétrifié de la ville de Sens comme Fa dé- « erit le célèbre Aliboux. ( Tandem et lühopædium urhi Senonen- « sis subjunxissem utelarms.T). Albosius conscripsit. Mais comme « son histoire sera imprimée dans le tome troisième, j’ai mis «seulement la planche avec Fépigramme. Celui qui voudra lire « cette histoire pourra la trouver dans le troisième volume.

« Gomme je finissais la traduction de ce traité de Fr. Rousset, « dit Bauhin à la page 563, j’ai reçu une lettre.de Jean Aliboux, « médecin à Sens, avec lequel je n’avais eu auparavant aucune « relation amicale, mais il était souvent question de lui dans « Fhystérôtomotocie. G-. Bauhin a voulu insérer du moins la « lettre de J. Albosius, datée de Montbéliard, 20 décembre « 1585. Et Fhexastichon suivant:

Ad frangisgum roussetum joan. albosius.

Qui vicit Pœnos, cuique Africa subdita, dictus A cœsâ Cœsar parturiente fuit.

(1) Oa ne connaissait pas alors la grossesse èxtra-utérine.

At quœ viventenifœlix exclusü ah alvo

Fcetum, eodem malrem sustuUt œgra dies.

- Quanto hao Lwcina es major, Roussete ? Supersunt Ingenio fœtus, fœtaque cœsa tuo.

Puis la planche et répigramme : In iconem lühopxdii. Quant au fait extraordinaire de J. Aiihoux (1) avec l’explication de Simon de Proven chères, aussi médecin à Sens, Bauhin renvoie le lecteur à la Andes commentaires de Maurice Gordæus sur le premier livre des maladies des femmes, d’Hippocrate (p. 504à 512, t. III, Gynœciorum, etc.)

Deux ans après fut imprimée à part la traduction latine de G.Bauhinavecl’appendice des faits qu’il avait signalés dans la préface dé l’ouvrage précédent. Il y a joint \q portentosum lithopœdium J. Alhosiz.

XXTEPOTOMOTOKIA Francisci Rousseti gallice pnmum édita nunevero Caspari Bauhini medicinœ doct. et profess. in acad. Basiliensi operâ latine reddita, etc. Bâle, 1588, in-8 de 272 pages, comprenant: 1® l’hystérotomotocie de Fr. Rousset traduite en latin ; 2° L’appendice où G. Bauhin accumule les faits qui viennent à l’appui de ceux que contient le livre de l’enfantement césarien. Là se trouvent aussi l’autopsie d’un corps sans foie ni rate et la guérison d’une blessure de l’intestin, avec la description de la fameuse valvule découverte en 1579 ; 3® Liüiopædion Senonense, c’est-à-dire l’observation d’un foetus resté pendant 28 ans dans l'utérus, pétriüé, et retiré de l’utérus après la mort de la mère, par Jean Aliboux, médecin français, avec l’explication des causes probables de cette induration.

Dans une longue dédicace « au généreux et illustre comte Georges, Burgrave de Kirchbourg, seigneur de Parnrod en Thuringe », Bauhin fait l’histoire des opérations césariennes après la mort de la mère depuis les temps fabuleux. A la An il

(1) Il avait été publiée en 1S82 avec ce titre : Portentosum lithopædium sîve embryon yetrefactum urbis Senonensîs.

parle d’un Antoine Fabrice, son précepteur son collègue actuel, qn’on a confondu avec Jérôme Fabrice d’Aquapendente. Elle est datée de Bâle, pridie Kalendas Augustœ 1588.

Je n’ai pas à insister sur les éloges en vers en tête desquels est placé Tbexasticbon de J. Aliboux à Fr. Rousset, déjà cité; ni sur l’appendice au sujet de la découverte de la valvule, p. 176. (Voir Bibliographie anatomique de G. Bauhin, Progrès médical 1^0) ; ni p. 241, sur le petit traité du fœtus pétrifié de J. Aliboux avec la préface au lecteur datée de Sens, Ides d’octobre 1582, imprimé avec l’image, etc., tel qu’il avait paru à cette époque. Je recommande seulement la série de pièces de vers qui ont été composées sur ce fait extraordinaire, et en particulier : Jocus puerüis Pétri Albosii impubis adpatrem observantissimum Joan. Albosium medicum, de ejus lithopædion.

Je dois noter ici que la façon dont la date 1588 est imprimée dans ce livre, MDXIIC, a fait commettre une erreur à plusieurs de ceux qui l’ont examinée trop à la légère. Ils ont vu 1592, et ont mis ainsi à tort au compte de Bauhin, pour cette annéelà, une édition de la traduction derhystérotomotociequin’exisle pas.

Tout le monde n’avait pas adopté comme Bauhin le livre de Fr. Rousset. Approuvé par la Faculté de médecine de Paris, l’enfantement césarien avait trouvé de nombreuses oppositions dans la corporation des chirurgiens de saint Côme. Ambroise Paré lui-même n’avait pas modifié son dire en donnant, en 1584, l’édition définitive de ses œuvres complètes. On lit, en effet, au livre de la génération, à la fin du chapitre XXXVIII ; « Or je « m’esmerveille comme d’aucuns veulent affirmer avoir vu des «femmes auxquelles ,pour extraire leurs enfants, on leur avait <âucisé le ventre, non seulementunefois,mais plusieurs: car telle « chose par raison m’est du tout impossible à croire, entendu « que pour donner issue à l’enfant, il faudrait faire une grande “ plaie aux muscles de l’épigastre (1), et pareillement, à la ma-

(!) La paroi du ventre.

« trice, laquelle étant imbue d’une grande quantité de sang et a y faisant une division si grande, il y aurait une très grande « hémorrhagie, dontla mort s’ensuivrait. D’avantage après avoir I consolidé la playe, la cicatrice ne permettrait après àla matrice a de se dilater pour porter enfant. Il y a encore d’autres accia dents qui en pourraient advenir, et le pis, une mort subite de la (( mère ; et partant je ne conseilleray jamais de faire telle œuvre 'I où il y a si grand péril, sans nul espoir. »

Ce passage a été pour Malgaigne (OEuv. compl. d’A. Paré, t. II p. 719.) l’occasion d’une note très intéressante sur l’hystérotomotocie de Fr. Roussel. On y trouve cette citation de V Heureux Accouchement Jacques Ouillemeau (1®*' avril 1609p. 333.)

<c Aucuns tiennent que telle section cœsarienne se peut et ' <£ doit practiquer (la femme estant vivante) en un fascheux aca couchement: ce que je ne puis conseiller de faire, pour l’avoir « expérimenté par deux fois, en la présence de Monsieur Paré, a et veu pratiquer à MM. Viart, Brunet et Gharbonnet, chirura giens fort experts ; et sans avoir rien obmis à la faire dex*

<£ trement et méthodiquement : toutefois de cinq femmes, auxa quelles telle opération a estéfaicte, il n’en estreschappéaucune.' « Je sçay que Ton peut mettre en avant qu'il y en a qui ont esté a sauvées ; mais quand cela serait arrivé, il le faut plustot ad- « mirer qne practiquer ou imiter; d’une seule arondelle on me » peut juger le printemps, ny d’une seule expérience l’on ne a peut faire une science.

a Après que Monsieur Paré nous l’eust faict expérimenter, et « voyant que le succès en estait malheureux, il s’est désisté et « rétracté de cette opération, ensemble tout notre college des chitt rurgiens jurés à Paris, et la plus saine partie des docteurs ré- « gens de la Faculté de médecine à Paris'; lorsque cette question « fut suffisamment agitée par feu M. Marchant, en ses deux dé- <c clamations qu’il fit, lorsqu’il eut cet honneur de passer chirur» « gien juré à Paris. » (Bibl. nat. Té 121. 13.)

Après la mort de Jacques de Savoie, arrivée en 1585, Fr. Roussel était probablement venu se fixer à Paris. Il était en butte à de vives attaques. Pour y répondre d’un seul coup, il éleva, comme

il le dit au commencement de sa préface au lecteur, « un nouveau monument à son hystérotomotocie, » bien plus détaillé que lepr6Djâer,plus affirmatif encore etcontenant des faits nouveaux. C’était l’ancien ouvrage en latin, dont il avait tiré son abrégé en français, qu’il publiait maintenant revu, corrigé et augmenté de dissertations ou notes sur différents sujets reportées à la fin du livre. Il y a ajouté encore un petit poème sur les causes de la pétrification du Portentosum lüho'pædiwm Senonense Joavi/MS Albosii .

Je ne puis me dispenser de reproduire en entier, malgré sa longueur, le titre de ce nouveau livre de Pr, Rousset. .

T2TEPOTOMOTOK.IA2 [id est) Cœsareî partus assertio historiologica. Pars medieœ artis interdum naturm ecctremapafienti, per quam necessaria. Inqua agitur de opificio chirurgo Jmmani ortus, ahter fausté succedere nequeimtis quam per ventris matemi solertem incisionem, sospite cum suo fœtu maire ipsa-[l). ■

Item fœtus lapideivigeoctennalis causœ , Curnasci non potuerit. Cur per vigintiocto annos in utero retentum non putruerit. Curinlapidem obd.uruerit.Fr. Rosseto authore(2). Paris, chez -Denis Duval, 1590, in-8 de 596 pages, qui se trouve à la Bibl. nat. Te. 124. 4. ' ' •

Haller ne connaissait de Fr. Rousset que le premier ouvrage en français, l’bystérotomotocie. Postej'iores libros non vidi, at-il soin de dire (Bibl. chir. I, 240.). Aussine doit-on pas s’étonner beaucoup qu’il ait fait quelque confusion dans une énumération d’ailleurs incomplète. Mais que dire de ceux qui ont co- Assertio historica et Pialogus apologeticus pro Cœsareo partw, Paris, 1590, » sans autre explication! De cette double indication, à peu près exacte mais trop brève dans Haller, ils ont

(t) De cette dernière phrase, quelques bibliographés négligents ont fait un titre particulier pour la traduction de Bauhin.

(2) L’auteur rétablit l’orthographe latine de son nom, que Bauhin avait écrit t^ousseto.

fait un seul ouvrage, et ont ainsi laissé tomber dans l’oubli l’œuvre capitale de Fr. Rousset.

Cet in-8 très compact ne sera jamais aussi facile à lire que l’abrégé en français qui en a été tiré; mais il faut qu’on sache qu’il existe, que ce n’est pointune traduction de l’ouvrage français comme quelques-uns l’ont cru.

Certains sujets y ont été développés à part sous forme de notes à partir de la page 451. C’est là aussi que nous voyons les premières manifestations de la verve poétique de Fr. Rousset qui à cette époque donna de nombreuses productions en vers distiques et hexamètres.

11 songe d’abord à ses « contrarians », ^A^l.PronoUs apologe- . tîeum ex Hippocratis lïb. de arie adversus mordaeulos ealumniatores. Une première pièce ds vers avait été adresséeparlui, versieulis ludens, aux calomnies de ceux qui ne trouvent bien que ce qu’ils font. Il leur rappelle maintenant le passage d’Hippocrate, qui semble emprunté au viel Hésiode, qu’il cite et (^’il traduit ensuite librement en vers distiques, c’est une sorte de préface au lecteur.

1® Paradoxon de venarum et nervorum prima ex corde origine p. 454; Après une exposition en prose, il traite le sujet en 8 pages de vers hexamètres.

2i>An uteri in se posf sectionem Cœsaream cowtrmti et obid parcius cruentantis ac sponte sua sim suturis unitî, oonsolidatio prima natures intentione fiat. Ac primum cur primœ intentionis unio dicatur, quidque ea sit, et quomodo a secunda différât. p. 465. Cet intéressant sujet comme les suivants est traité en prose.

3® Ad doctissimum optimumque virum L. Benysotum d. w, p-. Cur infra novem et supra quatuordecim annos Cystotomia a mteribusintacta fuisse scrihitur [p. 4^(1). Fr. Rousset démontre que cette singulière prescription est due à une faute d’impression qui s’est ghssée dans les textes.

Prohlema de arcigero Mudonensi, p. 482. Les chroniques de Monstreletnous apprennent qu’un archer deMeudon, condamné à être pendu, était atteint de la pierre. Les médecins de Paris

obtinrent du roi et da parlement de pratiquer sur lui une opération nouvelle, dit-on, à cette condition que, s’il" survivait, il aurait la vie sauve et de plus une gratification de l’Ecole. Les intestins remis en place et la plaie suturée, dit rhfstorien, il ouérit. A. Paré raconte la chose un peu différemment, au chapitre 16 du livre des Monstres. Mais n’importe. François Roussel se demande tout d’abord si le calcul a été extrait de la vessie ou des reins. « A-t-on fait dès lors la taille hypogastrique « dont s’est servi Franco et que nous proposons? ditRousset. » Suit une longue discussion, fort intéressante.

11 n’en est pas de même d’une plus longue encore qui commence à la page 493. Fœtum in utero menstruis si non totis, sallem parte eorum puriore ali^ eorumque alteramülamminus puram^ etc.

L’ouvrage est terminé par Scleropalœcyematis (1), sivelithopædii senonnseis, id est fœtus lapidez vigeoctennalis causæ, Fr. Rosséto auctore, p. 509. Après une préface en vers distiques au lecteur, et une invocation à la Muse, en vers hexamètres, Fr, Rousset expose dans un avant-propos le sujet du petit poème qui va suivre. C’est avec de très légères modificaflcations, le récit du fait extraordinaire de J. Aliboux, publié pour la première fois dans les commentaires de Gordœus, avec l’opinion de Simon de Provenchères.Il ne croit pas nécessaire de donner l’opinion de l’auteur ni celle de S. de Provenchères.. Il résume en trois pages la sienne, qui est développée ensuite dans le petit poème en vers distiques (2). C’est un dialogue en-

,(1) oxXspoî, dur, îraXato?, ancien, )4i£p.a, embryon. Fr. Rousset avait autant de plaisir à forger des mots nouveaux qu’à versifier.

(2) Jugez delà surprise qu’on éprouve, quand on voit M. Chéreau (Paimasse médical français), dans un article d’ailleurs plein de fautes de toute sorte, taire de scleropalæcyematis . . . . causæ, un poème satirique. Dans le dialogus <‘Pologeiicus même, Fr. Rousset s’est montré poète satirique seulement par occasion. Il ne l’a été tout à fait que huit ans après, en 1598, dans les petites pièces échangées avec son ennemi acharné, Jacques Marchant. Il est bien plus *^000, au contraire, par les vers élogieux qui se trouvent en tête des ouvrages

Ire Pirologistes et Palæomanes, (de la page 527 à la page 595 ^

Fr. Roussel est alors eu pleine veine poétique, comme le montre la pièce qui suit. (Bibl. nation. Te. 124. 5.)

■ La même année parut, en effet, mais non dans le même volume : Dialogue apologeticus pro cæsareo partu, in malevoU cujusdam pseudoprotei dicteria (1), Fr. Rosseto auctore. Paris chez D. Duval, 1590, in-8 de 56 pages. Après cette préface Ad candidioris notæ chirurgum,

Sic tibi sidereo fœlice Machaone cédât,

Chirurgema precor îector amice novum,

Ne mihi sit fraudi {tôt, contra àbstantibus) orh,i Dum prodesse vôlo çonsuluisse tibi.

Vient le dialogue en vers distiques. Les interlocuteurs sont -Zozometer et Catagèlastes. Le premier dit, page 4 :

DetraTiepersonam.Peregrinosfalleretali Larva, sedpueros terri ficare potes.

Ce petit poème dialogué, analogue au précédent, n’a pas moins de 50 et quelques pages.

IciY QTLâL.o\\,p\e.Q,QvGynœciorumsive de mulierum affectibus... libri, operâ Israelis Spachii, d. m. et prof , Strasbourg , 1597, Sumptibus Lazari Zetzner. Cet in-folio est la reproduction exacte

d’André Dulaurens, de Gaspard Bauhin, de Jean Aliboux (Albosius) et autres médecins de son temps.

Des trop nombreuses fautes d’impression je ne relèverai que Senensis poin* Senonensis. Mais pourquoi avoir changé le nom de Rousset en Rosset? Pourquoi dire qu’il a composé des ouvrages a pour défendre l’opération césarienne (quand c’est lui qui a établi l’hystérotomotocie ou enfantement césarien)) ouvrages qui lui ont valu tant d’injures delà part de ses contemporains ». Gela se borne aux railleries contre les chirurgiens de saint Côme qui soutenaient leur collègue Jacques Marchant.-Pr.Rousset se complaît à objecter à son adversaire les approbations flatteuses qu’il avait reçues d’un grand nombre de médecins de Paris et de Montpellier (Voir Brevis apologia,'^.,! et suivantes);

, (i) Ce sont les railleries de Jacques Marchant, chirurgien juré. La quer.eUe avec le faux Protée reprit ouvertement en 1598;

des ouvrages contenus dans les quatre volumes de G. Bauliin pabliés à Bâle, en 1586. On y trouve la traduction en latin dé rhysterotomotocie de Fr. Rousset, à la page 394.

Brevis a^ologia, pro cœsareo partu in dicacis cujusdam inpulÿere pædagogico chirurgicali theatralem inveetivam. Ejmdem (^fÿWïïienti Carmen apologeticum. Authore FV. iîosseto. Paris, chez Denis Duval, 1598, in-8 de 13 pages.

Qu’il me soit permis d’abord de faire remarquer ici combien ou peut se tromper quand on se contente de regarder un livre sans le lire. Eloy [Biet. de la m^d. ane. et mod.) consultant l’article de Haller sur Fr. Rousset, ne voit pas que l’Eloge placé au-dessous de Brevis Apologia s’adresse non point â ce livre, mais à l’hystérotomotocie, et alors il dit au hasard cette énormité ; « 'Le judicieux Haller paraît faire grand cas de cette « apologie. » M. A. Bureau [Dict. encycl. des Sc. mëd., 3®série, t. V, p. 503, 1877) se trompe aussi quand il écrit : « Cette der- « nière plaquette, qui aurait été publiée par-Rousset sous le s voile.de l’anonyme, serait une réponse à une critique envers « signée Marchant. La plaquette en question se trouve à la Bibliothèque nationale avec celles qui vont suivre. Elle, porte Fr. Rosseto auetore. Ce n’était pas non plus une réponse à une critique en vers de Jacques Marchant, puisqu’il y a thea^ tralem inveetivam.

Dans cette petite pièce, Fr. Rousset, devenu vieux (1), dit encommençant qu’il aurait tort de rester plus longtemps sans répondre aux railleries , et aux calomnies débitées atroeiter [ae pvMice^ devant une petite assemblée (senatuld) de célèbres chirurgiens par neophytus ille cMrurgulus. On croirait qu’il a menti et qu’il déserte sa cause. Deux points, dit-il, ont été attaqués à grand renfort de paroles inutiles. Quant aux faits, ou s’en moque; in eos nil nisi risus effundit. etc,, etc. Suit la longue énumération de ceux qui ont approuvé son livre, p. : 7 ot 8. A la page 11, Authoris Carween, savoir: 14 vers hexamè-

(1) Ce qui prouve, en passant, qu’il u’est-pasné dans la deuxième mpitié du XTie siècle, mais dans la première.

très avec ce post-scriptum : Ex opprobrioso Brutini spectaculi « proscenico reversus pro suo Cœsare vindex diciahat. A la page 12, Ejmdem ex suo vigeoctennalis senonum fœtus semisaxei tractaculo ad calumniatorem, uue page de distiques Enfin, à la page 13 et dernière, la conclusion. Fr, Rousset eu appelle au jugement de DuLaurens : « Unus pro omnibus regio- « rum archiatroiialter, Laurentius ille mihiin te Palœmon (1) « veniat. Gujus anatomen, fœcundum medici corporis specimen « non legisse quis tibi pudor, aut silegisti, ejus de meo Cœsare « sententiæ, non acquieisse, guœ tua est insolens impudentia? etc. » On peut voir le passage de Du Làurens, p. 446 des Opéra anatomica , Lyon, 1593, in-8, {Bibl, de VEe. de méd., n» 31557.)

La réponse de J. Marchant ne se fit pas attendre : In Franc. Rosseti apologiam, Jaeobi Marchant, regis et parisiensis chi~ rurgi declamatio guœ irapa<5'o|ov de cœsareo partu impugnatur. Paris, chez Nicolas Delonvain,1598, in-8 de 47 pages. Il traite Fr. Rousset de vieillard décrépit et continue à le railler. D’ailleurs (p. 5), la petite discussion première avait eu lieu privatis nostræ scholæ parietibus. Il ne pouvait se dispenser de parler, lui qui depuis dix ans avec son père faisait presque tous les accouchements difficiles de la ville. Après une longue discussion des faits qu’il rejette, il cite les opérations césaiiennes tentées sans succès dans les hôpitaux de Paris par A. Paré et d’autres chirurgiens illustres. Quant au mot hystérotomotocie, il le trouve mal fait et préfère hystérotocotomie (p. 19). Je ne suis pas de cet avis. Enfin, il ne peut pas ne pas déplorer que Fr. Rousset à la fin de sa carrière se soit occupé de moyens aussi inutiles, et qui plus est condamnables (p. 31), et conclut (p. 36) en disant ; Sicprudentis esse arbitrer, difficili licet in partu, nunquam iuam uaTepo-rop-oTOKiav tentare.

Jacques Guillemeau se joint à Marchant pour accabler

(i) Grammairien latin, né à Vicence, d’un esclave, enseigna à Rome sous Tibère et Claude. On a de De ponderibusetmensuris,

Leyde, 1587 (Bouillet).

pr.Kousset (p. 37). Jac. Guülemœus regis et ^arisiemis chirurgus Francisco Rosseto. Dès le commencement, on voit sur quel ton était la discussion. Vehementer mirari non desino cur Mc choiera morhus tam copiosa bilis eructatio, hoc juvénile incendium tua languida et exanguia membra corri'jguerit. En somme, il finit par donner à Rousset ce conseil d’ami, de reconnaître son erreur. Les plus grands hommes se sont trompés, Hippocrate lui-même. Qu’il se souvienne de la parole de L. Duret, àpropos d’une opération faite naguère tuo modo par A. Paré : In ipsis carniÂcium manibus animam expiravit (p, 43),

Pour imiter Rousset, J . Marchant termine sa déclamation par deux pièces de vers (p. 4o). In Francisci Rosseti librum de cœsareo partu Ta. Marchant carmen (38 hexamètres), p. 47. Ejusdempro regio chirur g orum par isensium coïlegio {My'h'siz.mètres).

Fr. Rousset fit une double réponse à Marchant et à Guillemeau sous ce titre : Francisci Rosseti Responsio ad Jacobt Marchant declamationem., Paris, chez Denis Duval, 1598, in-8 de 31 pages. Il maintient ce qu’il a dit : « J’ai écrit, sans vous nommer, que vous étiez un railleur [dicacem) p. 4. Est-ce que votre déclamation insensée prouve que vous soyez autre chose? {ante esse alium insana declamatio tua indicat?) J’ai ajouté petit chirurgien {chirur gulum addidî).^ de la poussière pédagogique plutôt que de l’arène chirurgicale et médicale, comme en fait foi votre ridicule métamorphose grammaticale du mot hysterotomotocie en hysterotocotomie. Vous vous plaignez aussi ée ce que votre invective ait été appelée théâtrale (p. 5), quand vous êtes venu le premier avec grand effort devant une assemblée d’hommes célèbres convoqués tout exprès. « Je loue la façon dont vous avez magnifiquement orné la scène, mais personne ne niera que c’était un théâtre. » Enfin, traduisant Marchant par Mercator, il lui dit qu’il s’était occupé d’étaler sa marcbandise... Aussi Rousset a-t-il demandé d’autres juges.

Avant d’arriver à des choses plus sérieuses, il rappelle encore les vers qu’il a pubhés dans son grand traité de l’hystérotomofocie eu latin et dans son dialogue apologétique contrôles Pro- Turner ^ 2

tées semblables à lui. Inutile de les répéter. Personne ne peut se dispenser de les approuver; 11 reprend alors les faits un à un et réfute sans trop de gros mots les assertions de son adversaire : la vérité est immuable. Puis, faisant allusion aux paroles de son collègue Guillemeau, que son Pœsàr était à moitié mort et enterré, il dit en terminant, p. 15 : Ecce Mereator, vidi (Sic) semimorfuum {ut sperabis) et semtsepultum {ut socer fuus præpropere jactitahat) nunc reviviscere CmsareM meum, eujm carnifex, aut saltem Vespillo (1), esse sper avéras,. Vole.

La réponse de ^Rousset à Guillemeau {Rossetus Guülelmm), p. 15, commence ainsi: « Qu’ai-je fait dans toute mon apologie, ou autrement, Guillemeau, pour que vous ayez écrit contre moi si -durement? » Ils m’ont condamné, ils vont même jusqu’à nier l’opération faite à Nangeville! Est-ce qu’il n’y a pas de quoi se mettre en colère? {Exprohransquodsenex,eæsan‘ guis et aridus {quin addis etiam capularis et silicerniosus) irascar? Et il ajoute : Atqui^ bone vir^ ut et formicula sua ira^ et quod ais apes, quamvis mellifiuœ sues habent aouleos, capïLlm {adde etiam fumum) suam umbram, p. 18. Tout ce morceau est plein d’une -véritable éloquence. En finissant, il remercie Guillemeau de n’avoir pas désespéré de voir renaître leur ancienne amitié.

Puis Rousset s’adresse aux chirurgiens : nFranciseus Rossetus jpileatorum cTiirurgorum ordini, p. 20. » Il faut maintenant répondre à vos vers qui viennent de la même source que les autres. Je ne sais s’ils sont de Marchant, je n'en ai cure, mais je reconnais qu’ils sont d’un poète de riche veine [divitis venæ).

« Ce qui me blesse le plus, dit ensuite Rousset, c’est qu’une « sorte de parricide, un Brutus français, essaye de percer de « son stylet mon César français, comme autrefois le Brutus ro- « main avec ses- complices, etc. Vous étiez là pour rire, si vous « ne conspiriez pas, et quand j’ai dit spectaculum Bruümm, je « ne vous ai pas appelés brutes. » Ils ne se sont pas occupés de mon hystérotomie, mais ils ont audacieusement avancé

(1) Croque-mort des pauvres qui ensevelissait le soir.

qae je n’avais pas l’honneur d’être médecin et que je n’étais pas digne de ce titre.

Et là, il détaille, toute sa vie d’études, p. 21, 22, 23. Puis s’écrie victorieusement: «Après cela, braves gens i^oni viri),

« vous semble-t-il que je sois entré furtivement dans le corps ( médical? Est-ce parce que je n’ai pas mis le titre de docteur « au frontispice de mon livre que vous me refusez l’honneur « d’être médecin, quand j’ai professé dans ces deux écoles célè- « bres, et exercé heureusement, grâce à Dieu, la médecine jus- « qu’à présent. Gardez pour vous la déclamation d’un individu 8 d’abord médicalement baccalauréatisé, puis magistralement « doctOriflé, maintenant royalement chirurgiflé, etc. ; je ne vous « envie pas ces oripeaux et je souffrirai patiemment d’être,

« comme vous le dites,* inglorium, dédaignant les glorioles. Le « peuple vous donne une épithète plus modeste dont vous de- « vriez vous contenter, etc., p. 24. » Il leur avait déjà dit tout cela et il cite des fragments du 'Bîalogus apologeticus qui se trouvent aux pages 29, 40 et 41, puis il reprend, page 28. « Mais « vous, les heureux, qui vous glorifiez d’être de fidèles chirur- « giens du premier choix, presque des docteurs, etc. » et il leur adresse 20 hexamètres satiriques.

« En voilà un peu plus que je n’aurais voulu, dit-il en finis - « sant, p. 28, mais votre Erinnys a excité ma Némésis. Que « cette dispute soit jugée par les savants docteurs de cette uni- « versité auxquels j’ai dédié mon hystérotomutocie, etc. »

Cette pièce se termine par 16 hexamètres : Cœsarts ad suas et matris mastigas xXsuacfj.oç p. 29, et par de nouvelles citations exauthorîs Bîalogo, prises aux pages 27, 24 et 42. Malgré l’erïeur de mise en page, oii voit que la date 1598 se trouve à la dernière page, à l’endroit où est d’habitude le mot Fin.

Jacques Marchant eut le dernier mot. Jacobi Marchant regii et parisîensis chirurgi declamatio III in Franc. Rosseti «apa^o^ov partu cœsareo. Paris, chez Nicolas Delouvain, 4599, in-8 de pages. Cette troisième déclamation ne prouve rien de plus ?üeles autres, ce n’est que moqueries et injures. En somme, J* Marchant nie la possibilité de l’opération césarienne. Il im

vogue Hippocrate, Galien, Celse, (p. 16) ; mais il se garde bien de parler des médecins qui ont approuvé le livre de Fr. Rousset. Il croit vraiment qu’il n’y en a jamais eu, àcette

époque, c’était le corbeau blanc (p. 17). Voici les sarcasmes dont il accable le malheureux vieillard : « Vous qui êtes sans « occupations depuis tant d’années, que ne faites-vous vous- « même votre célèbre hystérotomotocie? p. 18. Audaces for- .« tunajuvat^ etc. » Mais, d’ailleurs, elle est inutile. Ambroise Paré dit qu’une femme atteinte de suffocation de matrice fut reveillée à la première incision des parois abdominales et qu’elle accoucha ensuite naturellement (Notez que ce n’est pas le cas). «Les médecins de Paris ne sont pas de votre avis. Les chirur- « giens fuient votre opération césarienne comme la peste et s’en « gardent comme d’une bête malfaisante. Qu’avez-vous opposé «à l’autorité de Jean Duret et.de son père, fidèles disciples « d’Hippocrate? Il suffit, dit-il, que nous ne l’admettions « pas. Quel remède ne vaudrait mieux que rhystérotomotocie. » Et là-dessus il cite plusieurs cas de distocie pour lesquels Fr. Rousset ne l’a pas proposée. Puis il continue : « Votre « hystérotomotocie est contraire à l’art, à la raison, etc. Car les « mauvais conseils doivent être punis même quand ils sont « suivis d’un bon résultat. [Nam'prava consilia 'puniuntur^ Ucet « eveutussit felix.) Chez les Carthaginois, etc., p. 27.

La raillerie de J. Marchant n’a pas de mesure. « J’ai essayé, « dit-il (p. 28), d’arrêter les torrents écumeux de votre apologie « satirique par le doux murmure de ma déclamation... Dans le e cours de votre vie, vous n’avez inventé que deux choses, « l’opération césarienne et la taille hypogastrique, qui rappel- « lent les funérailles et la triste image de la mort. » Il revient de nouveau à la critique du mot hystérotomotocie, dont la terminaison ne lui paraît « ni agréable, ni grecque, p. 29, » pour arriver à cette conclusion ; « Je veux que vous sachiez que « mon désir est que votre informe César et le nom de votre « opération césarienne soient mis dans le même tombeau. « Gaudeat cognomine terra. Il est là, votre cher César, non « plus à demi mort comme autrefois, mais tout à fait mort

g {eodinctu'in) . Ce n’est pas par Brutus qu’il a été frappé, mais « par la pluie de traits que lui a envoyés la médecine, qui se « venge justement, etc. »

Jacques Marchant prend même plaisir à faire cette épitaphe, p.31:

Tumulus Cœsaris, imo vertus cœsârei partus.

Quis jacet hic ? Cæsap. Num qui tibi subdidis orbem,

Nil minus, ast patria cæsus àb arte puer.

Heu ? Puer infælix, matris de fiinere natus :

Cui vitam infaustam, dat moritura parens.

Trois pages ajoutées à cette plaquette, avec une pagination différente, , contiennent encore trois pièces de vers ;

Ejusdem Ja. Marchant in quoddam F. Rosseti ostentum Carmen, deux pages d’hexamètres.

Pro regio farisiensium chirurgorum collegio epigramma.

Ordinis es eujus, rogo, die, Rossete, vel artis?

Si medicorum (inquis) te suus ordo negat :

Nee tu donatus lauro, titulove nudentum.

Et furtim exerces, quod titulo ipse iiequis :

Sed tu dum scindis miserosper trusta parentes,

Artis eris cujus, die, rogo, carnificis.

Franc. Rossetus sub bonis præceptoribus male profecit.

Non ego diffiteor célébrés te audisse nudendi Arte viros, ætasque tua prisea tulit.

Sylvius auditus forte et Rondeletius, et qui Tune Phœbi insignes arte fuere viri.

Sed tu aliéna suis doceas cum dogmata, bellum His infers, et quae te docuere negas.

Ainsi finit cette querelle. Jacques Marcliant a été sans pitié dans la moquerie, mais la postérité a bien vengé François Rousset de ces injures imméritées.

En 1601, Gaspard Bauhin fit paraître à Francfort une deruière édition de la traduction du livre de François Rousset avec ce titre ; Exsectio fcBtus vivi ex maire viva sine alterutrius

vüœ perieulo^ et absque femndüatis ablaüone, a Francisco Rosseio gallïce conscripta, Casparo Bauhino prof essore medico Basil, ord. latino reddita et variis historiis aucta. Adjecta est Joan.-Aibosii, protomedici regii fœtus per ann. 2^ in utero contenu et lagidefacti historia. Francisci item Bosseti tractatus huius indurationis causas eæplicans. Francfort, 1601 in-8 de 396 pages (Bibl. nat. Te, 124, 3).

La dédicace de G-, Banhin Wolfango Theodorico libero Baroni in Stein et Outtemberg, etc., est datée de Bâle. Kal. octobris, 1600. A la fin de la préface au lecteur, on voit que cette édition revue, corrigée et augmentée est la cinquième (iamquinto damus, sed longe hmatius et correctius multisque noms historiis auctum. G. Bauhin a encore fajouté, p. 318, après le fait extraordinaire de fœtus pétrifié de Sens déjà publié,, l’explication de Fr. Rousset, scleropalœcyematis causœ, telle qu’èUe se trouve à partir de la page 509 du grand traité de l’hystérotomotocie, Paris, 1590.

Enfin le dernier ouvrage de Fr. Rousset, qui se voit seulement à la bibliothèque de la Faculté de médecine, n° 31615. — Francisci Rosseti medici regii eæercitatio medica assertionis novce veri usus anastomosef^n cardiacærum fœtus, ex utero materno trans tpsas trahentis aerem internum in suaspulmones motus respiratorii {contra commùnem opinionem] tune non ex- ' pertes, et ilium cordi eum appetenti, suique etiam tune micantis motus compoti prœparaturos, Paris, 1603, in-8 de 98 pages. Il est dédié à Jean de la Rivière, premier médecin du roi, qui échangea avec lui des comphments en vers. Fr. Rousset est vieux et malade, comme il nous l’apprend dans le titre snivant, «Ad do- « minum Andream Laurentium Fr. Rosseti ægrotantis episto- « lium », une lettre de trois pages en vers hexamètres.

Ce petit traité est peu connu. Eloy {Dict. de la méd. ancienne et moderne, 2® édition) se contente de dire : « Cette pièce ne « correspond point aux autres. Son auteur, tout occupé de « théorie, ne lui a pas même donné un air de vraisemblance. »

Voici quelques détails sur ce sujet. Simon Piètre et André Du Laurens avaient eu une violente dispute sur l’usage des

^mastoinoses ou communications des vaisseaux du cœur chez jg foetus. Simon Piètre, en 1593, avait émis une théorie nouvelle. Elle fut immédiatement combattue par A. Du Laurens, qui prit fait et cause pour Galien (Voir heb.^ 1880).

Cette discussion fut reprise dans YHistoria anatomica^VoYiYi^ (livre VIII, chapitre VII) et Du Laurens y joignit en la réfutant, bien entendu, une troisième opinion, celle de Fr. Piousset qui, croyant aussi avoir trouvé le vrai usage de ces anastomoses cardiaques du fœtus, s’était empressé d’en faire part à Du Laurens, avec lequel il était lié d’amitié. Fr. Rousset ne se tint pas pour battu et voulut rendre le public juge de la condamnation prononcée par un homme aussi éminent. De là cette publication. Est-il besoin de dire qu’ils avaient tort tous les trois? Ces trois théories sont tout simplement absurdes et nous montrent conament on pouvait divaguer avant la découverte de Harvey, « La veine cave, qui a une grande ouverture au cœur, verse « du sang dans le ventricule droit comme dans une citerne et « le sang se cuit et se subtilise là dedans, tant pour engendrer « les esprits vitaux que pour nourrir les poumons. (1) » Une partie passe à travers la cloison interventriculaire dans le ventricule gauche, l’autre par la veine artérieuse va dans la substance spongieuse des poumons. « L’air tiré par l’inspiration « et préparé dans les poumons est porté par l’artère veineuse « [veines pulmonaires) dans le ventricule gauche oûil se mêle « au sang, et de ce mélange se fait l’esprit vital qui est poussé « dans l’aorte et les bronches. »

Ce n’est plus la même chose chez le fœtus. La veine cave ne verse pas de sang dans le ventricule droit, parce que le poumon, lui est alors épais, etc., n’a pas besoin de sang subtilisé. C’est nne loi qu’à un organe épais ü faut un sang grossier, le sang contenu dans les veines. Le fœtus ne respirant pas, il ne se fait pas d’esprit vital dans le cœur. L’aorte le reçoit alors des artères ombihcales, qui absorbent de l’air par le phénomène.qu’on ap-

(1) Trad. de Sizé, 1610, p. 934, id. de Th. Gelée, 1643, feuillet 267.

pelait transpiration. Ainsi, d’après Galien, l’artère veineuse (veine pulmonaire) fait l’office de veine et porte aux poumons le gros sang rouge, qui arrive directement de la veine cave par le trou rond (de Botal) qui disparaîtra après la naissance. La veine artérieuse (artère pulmonaire) fait l’office d’artère et porte aux poumons, par le canal artériel, l’esprit vital qui est venu de l’aorte et des artères ombilicales. Il n’y avait pas de branche de la grande artère pour cela et la trachée ne sert encore à rien.

Simon Piètre n’est pas d’avis que les deux anastomoses sont faites uniquement pour la nourriture et la vie des poumons. Pour lui, le sang artériel vital est transmis de la mère au fœtus par les artères ombilicales. Il monte dans la grande artère jusqu’à son origine. Là, il est arrêté par les valvules. Alors ce sang élaboré et destiné à nourrir les poumons est versé dans la veine artérieuse par le canal artériel. Quant à l’autre anastomose, elle sert à la fonction de l’esprit vital qui se forme dans- le ventricule gauche. Le foetus ne respirant pas, le sang doit prendre une autre voie, et, comme il était superflu aux poumons, il va directement de la veine cave au ventricule gauche, pour y prendre la faculté vitale et se répandre ensuite dans tout le corps.

Fr. Rousset pense que les deux anastomoses sont faites pour transporter l’air interne de l’utérus maternel aux poumons du foetus, qui ne sont pas privés (comme on le dit généralement) du mouvement respiratoire. Ils préparent l’air, qui, mêlé au sang, doit être attiré par le cœur, et s’habituent ainsi à effectuer les mouvements dont ils jouiront après la naissance. « Pour moi, « dit Fr. Rousset, ces deux anastomoses au fœtus et la trachée- « artère en ceux qui sont nés, sont comme Castor et Pollüx, des- « quels le destin était que, l’un venant à vivre, l’autre mou- « rut (1). » 8mt ergo per me anastomoses ambœ in fcetu et trachea in alumno, ut Castor et Polluœ quorum altero in lucem venicnte, alterum accumhere^ infatis erat, p. 100. C’est pour la

1) Trad. de Th. Gelée, feuillet 271, verso.

démonstration de cette erreur que Fr. Rousset a écrit ce long traité en somme. 11 l’a divisé entrois parties oudiexégèses qu’il a bien inutilement développées; c’est beaucoup de bruit et de peine pour rien. Mais il lui restera toujours son immortelle bystérotomotocie !

La bibliographie peut être ainsi résumée :

I. Traitté nouveau deV hystêrotomotokie ou enfantement eésarien, etc., par François Rousset, médecin, Paris, 1581, in-8 de 228 pages (sans compter les préfaces et la table). Traduit en allemand, par Melchior Sebizius, Strasbourg, 1583, in-8.— En latin, parGaspard Bauhin,t. II Qynœdorum. Bâle, 1586, in-4, — id., u(iTêpoTOjj.oTOî««, etc. Bâle, 1588, in-8. — id. Gynœciorum dTsrael Spach, Bâle, 1597, in-fol. — id. Exsectiô vivi ex maire viva sine alterutrius vitæ periculo, et absque fœcundtfafoaôto'one... Francfort, 1601, in-8.

II. — Ï2TEP0T0M0T0KIÂ2 id est cæsarei par tus àssertio Mstoriologica... in qua agitur de opificio chirurgo humani ortus, aliter fauste succedere nequeuntis, quam per ventris materni solertem incisionem, sospite cum suo fœtu matre ipsâ. Item fœtus lapidei vigeoctennaiis s'ive scleropalœcyematis causæ, (dialogue en vers) Fr. Rosseto authore, Paris, 1590, in-8 de 596 pages.

III. — Dialogus apologeticus pro cœsarèo. partu in malevoli cujusdampseudoproîei dicteria (en vers), Fr. Rosseto auctore, Paris, 1590. in-8 de 56 pages.

IV. — Brevis àpologia pro partucœsareo in diçacis cujusdam expulvere pœdagogico chirurgicali theatralem invectivam. Ejusdem argumenti Carmen apoiogeticum (prose et vers). Authore Fr. Rosseto, Paris, 1598, in-8 de-13 pages.

V. — Franeisci Rosseti responsio ad Jacobi Marchant declamationem, Paris, 1598, in-8 de 31 pages.

VI. — Franeisci Rosseti medici regii exercitatio medicaassertionisnovœ veri nsûs anastomosean cardiacarum fœtus, etc. Paris, 1603. in-8 de 100 pages.

Paris —Typ. A. Parent.

Monsieur-)* Prince. 29-21.

BIBLIO&RAPHIE ANATOMIQUE

DE

GASPARD BAUHIN

Par le docteur E. TURNER

ancien interne des HOPITAUX DE PARIS, MEMBRE HONORAIRE DE LA SOCIÉTÉ ANATOMIQUE, ETC.

Lorsque je me suis occupé de faire l’histoire des planches du Vésale [Gaz. hebd. 1878 ou Etud. hist. p. 43, 71.), arrivé à Gaspard Bauhin, j’ai vu avec surprise que les œuvres anatomiques du célèbre professeur d’anatomie et de botanique de l’Université de Bâle avaient été mêlées et confondues dans un inextricable cahos, par les auteurs du Dict biograph. des sc. méd , du Dict. de la méd. anc. et mod.^ etduDict encycl. des sc. médicales., etc. Je ne dois m’arrêter qu’à ce dernier, où le lecteur compte trouver nécessairement des monographies nouvelles avec la révision et la correction des erreurs antérieures. Or, à la page 584 du VIÏI® volume (B® série) 1868, on lit : « Elève à Bâle de Théodore « Zwinger et de Félix Plater, docteur de Montpellier en « 1580, Gaspard Bauhin, qui fut longtemps professeur de « médecine pratique (1) dans sa ville natale, a publié les « ouvrages suivants (je laisse de côté ceux qui n’ont pas « rapport à l’ânatomie) : i. De corporis humani partïbus » externis liber... Basil. 1588-1591, in-8. — v. Institution * nés anatomicæ corporis virilis et muliebris historiam « exhibentes. Basil. 1592. in-8. — ix. Præludia anatomica.

(l)Ce n'est pas tout-à-fait cela. G. Bauhin, professeur d’anatomie et de botanique à l’Université de Bâle, à partir de 1589, fut premier médecin (archiatros) de sa ville natale, après la mort de F. Plater, arrivée en 1614.

« Basil. 1601, in-4. — xr. De ossium natura.. 1604, in.4

« xn.Theatrum anatomicum.. ad morbosaccommodaiÀjm

« et ah erroribus ab auctore repurgatum, etc. Basil, I62i « in-4. — XVI. Oratio de homine. Basil, 1614, in-4.»(ii dire, pour être juste, que l’énumération du Dict. encyc. est encore plus incomplète que celle de ses devanciers.) Les Præludia anatomica, le De ossium natura et VOratio de homine, dont l’existence, comme ouvrages, estplus quedouteuse, ne peuvent remplacer tous ceux qui manquent ici. A défaut des recherches, toujours un peu longues dans les bibliothèques, il était pourtant facile àl’auteurde l’article de consulter VHistoire de l’Anatomie de Th. Lauth, la Bibliographie anatomique de Douglas, la Bibliothèque anatomique de Haller, et mieux encore les Jnstitutionesawatomicæ deBauhin lui-même, quatrième et cinquième éd., 1609 (1) et 1616. Là sont énumérées, dans l’avertissement au lecteur, ses premières publications anatomiques : « 4nno i588. Primum anatomes nostræ universalis librura qui departibus est externis publiai juris fecimus. — Trienno pestauctiorem, etanno 1596, tertio cum indice dedimus. Verurhinde ad partiumsimilarium.... Librumsecundum.... fecimus, anno 1592, Quern anno 1596 auctiorem dedimus. Ast medicus his minime contentus esse debeat..,. omnium partium interiorum.... eaque fieri potuit brievitate, perspicuitate et fide in corporis virilis historia lihris quatuor anno 1590 editis... Anatomes nostras institutiones sub limametsensus et rationis resumpsimus, correximus, et novam editionem anno 1597 adornavimus. Muliebris corporis historia auximus. Quas correctiores anno 1604 rursus dedimus. Quin et addidimus ad marginem infinitas Hippocratis, Platonis, Aristotelis et Galeni autoritate..., eorum sententiis conferre possit. »

En effet, il parut à Bâle, en 1588, un premier in-8“ I. P® corporis humant partibus externis liber, hoc est, Universalis methodi anatomicæ quam ad V esalium accommoda-

(1). Bibl. de l’Ecole de médecine, n" 31895.

liber unus ; multis novis iisdemquG raris. observationibus propriis refertus^ qui a été édité de nouveau à Bâle en 1591 avec ce titre : II. Anatomes liber primus externarum humani corporis partium appellationem, descriptionem, explicationem accuratam continens, itéra editio priore longe auctior et locupletior, in-8 de 152 pages, et le livre second fut publié en 1592 : III. Anatomes libe'r secundus partium similarium spermaticarum tractationem per quatuor causas ex Hippocratis, Aristotelis, Galeni et recentiorum doctrina traditam continens. Liber hactenus non editus. Basil. 1592. in-8 de 530 pages. Une édition augmentée (auctiorem) de ces deux livres parut à Bâle en 1596.

IV. De corporis virilis Historia libri quatuor (parties intérieures) methodo anatomica in prælectionibus publicis proposita ad Andreæ Vesalii tabulas instituta ; sectionibusque publicis et privatis comprobata, multîs denique novis inventis et opinionibus aucta. Basil. 1590, in-8, indiqué à tort en 1600, par Douglas et par ceux qui l’ont copié.

V. Institutiones anatomicæ corporis virilis et muliebris historiam exhibantes. Nouvelle édition augmentée Bâle 1597 (Lyon? selon Haller), revue et corrigée, 1604. L’édition de 1604 a été regardée à tort par le catatogue de la Bibl. nat. comme la première des Institutiones anatomicæ. O’est la troisième.

Jusque là, le portrait de Bauhin, qui se trouve en tête de chaque ouvrage, porte les dates.... Ætatis 29, anno 1589, avec le distique de J. Albosius |1), premier médecin de Henri IV :

Corporis Effigiem sumis pictoris ab arte :

Ipsemet ast animi solus Apelles eris.

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