XXI. Cœlii Aureliani methodici Siccensis liber celerum
tel acutarum passiomm, qms licuit diligentia recognitus, atque nmc primum in lucem œditus. Parisiis, apud S. Golinseum, 1533, in-8 de 131 pages. Comme le titre l’indique, ce n’est pas une traduction. J. Guinter parle ainsi dans sa dédicace « Excellents si mo viro Joanni Braillon medicoruiri apud Lutetiam facile principi » datée des calendes de septembre : « Le Cœlius Aurelianus sur les maladies aiguës que vous m’aviez naguère donné à corriger, je vous le renvoie imprimé par de Colines, sans contredit le premier typographe de France. Certes, cet auteur est digne de figurer à côté de Galien. Son ancienneté le recommande. Au latin dont il s’est servi dans cet ouvrage, on voit facilement qu’il connaissait fort bien le grec. En outre, son style prouve qu’il était Africain. » Il était en effet de Sicca en Numide. Il appartenait à la secte méthodique et vivait un peu avant Galien.
XXII. Oribasü medici clarissimi commentaria in Aphorismes Hippocratis hactenus non visa, Joannis Guinterii Andernaci doctoris medici industriavelutèprofundissimis tenebris eruta, et nunc primum. in mediciné studiosorum utïlitatem œdita. Parisiis, ex officina S. Colinæi, 1533, in-8 de 116 feuillets. La dédicace « Francisco à Vicomercato Mediolanensi, serenissimæ Galliarum Reginæ Leonoræ medico clarissimo » est datée des calendes de mars. J. Guinter dit qu’il vient de trouver dans une bibliothèque qui n’est pas à dédaigner, cet ouvrage livré aux teignes et aux vers. La médecine des anciens qui était de beaucoup la plus parfaite a été non seulement abandonnée, mais elle est à peu près morte « non ueglecta, sed extincta prope modum habetur ». Il fait tout ce qu’il peut pour la faire revivre. Il a déjà traduit plus de 40 livres de Galien, Paul d’Égine qui lui a demandé tant de travail. Aujourd’hui il publie les commentaires d’Oribase, lequel vivait au temps de Galien et était de la même école « qui Galeno et ætate et disciplina proximus extitit ».
François de Vicomercat, qui fut plus tard (1542), professeur de philosophie grecque et latine au Collège Royal, excellait in mathematicis altioribusque disciplinis, et était si habile T 3
médecin ut omnibus facili medium, quod aiunt, unguem ostendebat. Aussi Guinter lui adresse cette charmante phrase •
« hac ratione te Galli amant, Itali venerantur, utrique expe-
tunt». — Basileæ, apud A. Cratandrum, 1535 Padoue
Suivant Gesner et Haller (Bi&L med. 1, 518. Spurium opus) ces commentaires sur les apAommes d’Hippocrate ne seraient pas d’Oribase.
XXIII. Claudii Pergameni libri duo de Semine, Joanne Guinterio Andernaco interprète. Adjectæ sunt ad calcem græci exemplaris castigationes aliquot. Parisiis, apud S. Colinæum.. 1533, in-8 de 127 pages.
Dans là dédicace, datée du sixième jour des ides de mars, | « à Jean-Martin Poblation, premier médecin de la très illustre reine des Français Éléonore » (et qui était professeur de mathématiques au Collège Royal depuis 1530 lors de sa fondation), Jean' Guinter dit ; a Jusqu’à présent j’ai dédié mes travaux à ceux qui pouvaient lés patronner ou à mes amis particuliers. C’est à ce double titre que je mets votre nom en
tête dé ces livres de Galien . Je me souviens avec quelle
bonté et quelle libéralité vous m’avez accueilli en Picardie, quand, pour obtenir la faveur royale, je dus passer quelques
jours à Amiens . Votre érudition, qui fait honneur non
seulement à l’Espagne, votre patrie, mais aux autres pays, méritait mieux que cette marquedema reconnaissance. Vous joignez à la médecine et aux sciences mathématiques la connaissance parfaite de la langue grecque. Ceux qui n’ont pas ces avantages prétendent qu’on ne guérit pas les malades avec de beaux discours. Mais ces ignorants croient-ils que leur barbarie peut être de quelque utilité?... Combien se faufilent à la cour des princes couverts de la peau du lion. Pour eux, si l’on vient à publier quelque monument de l’esprit humain, en grec ou en latin, on ne mérite que le mépris, comme le dernier dés Mysiens. Seuls, ils sont jugés capables de voir des malades (personare ægrôtos), au grand détriment de l’humanité. Sed de his alias. Le sujet était difficile. Dans ce com-
mentaire, il y a des théories peu connues, et puis on ne saurait croire combien les ouvrages de Galien ont été altérés. » Guinter parle ensuite des ignorants dont il a eu à subir les
critiques impudentes . mais pour les punir « ut his etiam
magis oculi doleanty>, tout le temps qu’il lui sera donné de vivre, il l’emploiera à ces mêmes travaux. Il est en ce moment tout entier à l’ouvrage de Galien : de Hippocratis et Platonis placitis. — Basileæ, apud A. Cratandrum, 1533, cum aliis, in-fol.
Prosper Hérissant place à tort cette traduction en 1528.
XXI\^ Varia Cl. Galeni, Perg. medicorum principis opéra. Joanne Guinterio Andernaco interprète , partim nmc recens œdita, partim diligentissime recognita : quorum nomina sequens pagella indicabit. Parisiis, apud S. Colinæum, 1534, in-fol. de 329 pages. En voici d’abord la liste :
De facultatum naturalium substantia, lib. I.
Quod animi naores, corporis temperaturam sequuntur, lib. I.
De propriorum animi cujusque afifectuum agnitione et remedio, lib. I.
De Sectis ad medicinam introductio, lib. I.
De elementis secundum Hippocratis sententiam, lib. TI.
In Hippocratis librum de natura hominis commentarii duo.
In Hippocratis opus de Victus ratione privatorum, com. I.
De constitutione artis raedicæ, lib. I.
De præsagiis ex insomniis, libellus I.
De optimo corporis habitu, libell. I.
De plenitudine, lib. I.
De atrabile, lib. I
De tumoribus præter naturam, lib. I.
De diebus decretoriis, lib. III, Nunc ab interprète asserto.
De morborum temporibus, liber I.
De totius morbi temporibus, lib. I.
De tberiaca, lib. L
De pulsibus introductio, lib. I.
Introductio seu medicus Galeno inscriptus.
La dédicace « Generosissimo viro, Domino D. Roderico Manrico, Joannes Guinterius Andeniacus, medicus » est fort instructive. D’abord Rodrigue Manrique est un grand seigneur, encore jeune, venu d’Espagne à la suite de la reine Eléonore, Guinter a entendu vanter son instruction et son goût pour les savants par Jean Martin Poblation, premier médecin de la reine et par Ferdinand Javara aussi lettré que dévoué à sa personne. Comptant parmi ses ancêtres Rodrigue Manrique, commandeur de l’ordre de Saint-Jacques et duc de Najara, qui parvint à chasser les Maures de sa patrie, le cardinal Alphonse Manrique, qui a su conserver à l’Église espagnole son éclat et sa foi chrétienne, et appartenant aux nobles familles des Acugna et des Carillo par sa mère, il n’a pas dédaigné d’acquérir une valeur personnelle en parcourant le cercle des études que les Grecs appellent Encyclopédie. Ce qui lui a valu l’amitié particulière de notre Barthélémy Latomus, l’homme qui possède l’érudition la plus variée et qui dépasse pour le moment en éloquence tous les professeurs de Paris. Il n’est donc pas étonnant que Guinter ait songé à lui dédier ce recueil d’œuvres variées de Galien.
Suivent de longs détails surses traductions. La rapidité avec laquelle il a donné les premières. Ce que les autres auraient mis six ans à faire, il l’a fait en six mois. Il dictait chaque jour autant que pouvait en écrire un secrétaire, quantum familiaris meus calamo potuerit eæcipere, et n’avait pas toujours le temps de se relire. Quoi qu’en disent les incapables, cela valait mieux que rien. Tous ces livres traduits un peu légèrement ont été revus, excepté De medicamentis, xcxra yévn dont il s’occupera plus tard. Quant aux ouvrages édités en dernier lieu. De administrationibus anatomicis, de Semine, de Euchymia et cacochymia, de antidoUs et paratu facilibus remediis, ils peuvent rester tels qu’ils sont avec trois ou quatre corrections qu’il indique. Puis il promet qu’à l’avenir ses traductions seront de plus en plus parfaites.
Le commentaire de Galien In Hippocratis librum de natura hominis, auquel on avait joint à tort De victus ratione privatorum, attribué à Polybe, son disciple, a été publié par Jacques Sylvius avec des Scholies : Cl. Gai. Perg. in Hippocratis librum de natura hominis commentarius Joanne Guinterio Andernaco interprète, accesserunt jam recens Scholia, medicinœ studium ampicantibus sane quam accomodata. Parisiis, ex officina G Weeheli, 1537, in-fol. de 50 pages. — /iem accesserunt Jacobi Sylvii medici Scholia multo qûampriuslocupletiora.Pàrisns, G. Wechel, 1540, in-fol. de 55 pages. — Item Lugduni, apud Gulielmum Rouillium, 1549, in-16 de 176 pages. — Item, 1553, in-16 de 176 pages (imprimé de nouveau). — Item, 1570, in-16 de 139 pages.
XXV. Cl. Gai. Perg. De Hippocratis et Platonis placitis opus eruditum, et philosophis et medicis utilissimum, novem libris (quorum primus desideratur) comprehensum, nuncprimum latinitate donatum, Joanne Guinterio Andernaco interprète. Parisiis, apud S. Colinæum, 1534, in-fol. de 158 pages. — Je fais remarquer que la série des beaux infolio de Gui nter continue. Cette traduction a demandé beaucoup plus de temps et de soin que les autres. Le traducteur fait comprendre toute la difficulté dü sujet, les subtilités philosophiques à démêler au milieu d’un texte altéré, dans sa belle dédicace : « Eminentissenio medico, Michaeli Amyco, parisiens! », datée de Paris, 1534, nonas martias. Michel Amie, un des professeurs les plus savants de son époque et praticien très habile, avait guidé les premiers pas de Guinter, et personne dans toute la France n’a compris Galien aussi bien que lui. •
De peur de ne pas bien traduire, je cite ce résumé : « Hic siquidem laudatam illam ab omnibus præclaris viris » duarum speculationum explicationem absolutissime elabo- » ratam invenias. Dico autem duas speculationes, tum eamque » secundura divisionem generum usque ad individua tendit, » et reciproco ex parti cularibus ad primumgenus reditu, per
» differentias intercedentes constituitur. Alteram speculaüo- » nem Galenus nerainem ante se tradidisse comperit : ex » qua omnes artes via quadam atque ordine constituuntur.
» Hujus doctrinæinscitia multas dissentiones videmusobortas )) quales sane apud medicos extiterunt de Ptisanæ usu, ac )) aliis quæ ægrotis ofiferuntur. Apud philosophes de animi » virtutibus, dura nonnulli ipsas putant doceri posse, aliqui » naturales, vel moribus et exercitatione aequisitas. Si enim » animæ species divisissent, manifeste utique cognovissent » alteram esse rationalem, alteram vero irrationalem. Porro » similium, dissimiliumque cognitio ad methodieam cujuslibet )) artis constitutionum tantum adfert moment!, ut prope sola » sufficere videatur : id quod Galenus nusquam alias ex pro- » fesso, quam hoc in opéré eleganter docet. Ego vero optarem » omnes medicinæ professores in omnibus authoribus, et » scriptis, qua exponenda suscipiunt, docendi modum audi- » toribus tradere, eompositorius ne sit an resolutorius, vel » diffinitorius, Præterea sumptiones scientificas distinguere î) a dialecticis, rhetoricis, et sophisticis, si forte incidant. Ad » hæc eorum quæ in artibus veniunt in dubium, alia sensu,
» alia demonstratione judicari. Hoc qui non novit, fateatur se » disciplinis docendis non esse idoneum : quemadmodum tu » mihi olim dicere solebas, vir doctissime, quum nobis Ga- » lenum et eruditer et eloquenter enarrares. »
: XXVI. CL Galeni Perg. De compositiom medicamentorum secundum locos, seu quæ unicuique corporis parti conveniunt, libri decem, opus et eruditum et omnibus medicis necessarium^ nunc primum latinitate donatum, ac in lucem editum, per Joannem Guinterium Andernacum, publicum scholœ medicorum parisiensi professorein. Pari- ; siis, ex officina S. Colinæi, 1535, encore un grand in-fol. de 303 pages. Il est professeur. Malgré les exigences de cette nouvelle occupation, il n’a pas cessé de poursuivre son but et il donne aujourd’hui (11 des calendes de mai 1535) la traduction latine d’un nouvel ouvrage de Galien sur une partie de la science trop négligée des médecins depuis plusieurs
années. Il y a sur ce point d’intéressantes explications dans sa dédicace « Reverendissirao in Christo patri, Joanni à Meitzcbusen, Archiepiscopo Treverensi, principi Electori, etc. ». La haute opinion qu’il avait déjà de ses talents et de ses grandes vertus lui a été confirmée par Henri Fakenbroch, docteur en droit, et Barthélémy Latomus, professeur de lettres latines au Collège royal. Tous deux ont vanté sa bonté pour les savants comme sa charité universelle. -
Dans un court avis au lecteur, J. Guinter insiste de nouveau sur les difficultés et la longueur de ce travail qu’il a accompli peu à peu dans les heures qui restaient à sa disposition. Il finit par cette observation : Cœterum AïàQta-iç nunc affectum, nmc dispositionem interpretor.
XXVII. rAAHNOY Twv npoç rXauxwvK ©«pa-irsuTtxwv B. Galeni de ratione medendi ad Glauconem libri duo. Cum Joannis Guinterii med. ad Joannem Tagaultium medicum, De veteris Medicinæ interitu prœfatione. Parisiis, ex officina Ghristiani Wecheli, 1536 (Bibl. Mazarine, n» 29354) et 1537 (moins rare), in-8 de 114 pages, texte grec; sans compter la célèbre préface, que Schenk inscrit parmi les ouvrages de J. Guinter sous ce titre ; Oratio de veteris medicinæ interitu. Jean Tagault, doyen de l’ancienne Faculté de Paris, depuis le mois de novembre 1534, fut continué dans ses fonctions jusqu’en novembre 1538. Dans cette préface, Guinter, qui a été élu professeur pour une seconde année, déplore l’abandon de la médecine ancienne. Il veut même que l’on revienne au texte grec, bien préférable à toutes les interprétations latines. La langue grecque a tant d’énergie latente qu’elle se refuse absolument à être transformée en un autre, quand même Tullius (ipse latinœ locutionis parens) aurait fait la traduction. Aussi Guinter s’est-il décidé à publier en grec ce nouvel ouvrage de Galien qu’il se propose d’expliquer aux étudiants. Ils pourront toujours le consulter si besoin est, « si quid ambigui incidat, veluti Apollinis oracula consulere». Aux sept choses qu’il trouvait nécessaires à ceux qui voulaient étudier la médecine, Galien, s’il
eût vécu à notre époque, en aurait certainement ajouté une huitième ; la connaissance des langues. Car lui, Grec, n’avait pas hésité à apprendre le latin ; ce qui est clairement démontré par les compositions des médicaments qu’il a prises dans Largus, Antonius Musa et les autres auteurs romains.
« Grâces à Dieu, qui a eu enfin pitié de son peuple, s’écrie » Guinter, l’étude des langues a été rendue à l’univers et les » esprits sont passés des ténèbres cimbriques (cimmeriis)
» à la plus éclatante lumière. » J . Tagault avait été à m.êrae, comme doyen, de patronner toutes ces réformes. Guinter devait, à son hôte d’autrefois et au maître qui l’avait guidé, l’hommage de sa célèbre préface.
XXVIII. Institutionum amtomicarum secundum Galeni sententiam ad candidatos medicinæ libri quatuor per Joannem Guinterium Andernacum medicum, Parisiis, apud S. Colinæum, 1536, in-16 de 136 pages (belle impression en italique, Bibl. nat., Ta 9, 20). Basileæ, per Balthazafem Lasium et Thomam Platterum, mense Auguste, 1536, in-16 de 175 pages, A la page 156, Georgii Vallœ Placentini de humani corporis partibus opusculum sane elegans et perutile. Pfosper Hérissant n’a pas signalé l’édition de Paris et a mis Amtomicarum Institutionum. C’est le premier ouvrage de J. Guinter d'Andernach qui jusque-là n’avait donné que des traductions. Ce petit manuel, renfermant la science anatomique que Galien a éparpillée dans plusieurs livres, demeura longtemps classique et a joui d’une vogue méritée. Dans la préface « ad Clarissimura Virum dominum D. Nicolaum Quélain in regia præsidem», nous voyons que Guinter, dans ses lectures publiques, a essayé de vérifier le dire de Galien pa,r dès dissections « eâ quæ inter consecandum nobis apparent». Il parle ensuite longuement et en très bon termes de l’utilité de l’anatomie si appréciée dans l’antiquité et maintenant trop négligée. Puis, après avoir expliqué la marche qu’il a dû suivre dans ses quatre livres et adressé quelques paroles flatteuses au président Quélain, il dit en terminant : Quod ad partes meas attinet, «j’ai é|rit d’après Galien. Mais
J si l’on venait à me dire que tout est de Galien, je répondrais s que cet ouvrage est de moi. Sed meum esse opits. Si, au > contraire, on allait le dédaigner, comme étant de moi, qu’on » sache que tout est de Galien; et celui qui méprise mon » ouvrage, du même coup méprise Galien. Et si mea contemnenda putes, certe et Galenum contemnet. »
Ge devait être la dernière publication de Guinter à Paris. Après les supplices et les persécutions de l’année 1535, et l’opposition des sentiments sur la religion qui s’accentuait de plus en plus, il fut forcé de se retirer à Metz en 1537. C’est à ce moment que Ghristiern III, roi deDaneraarck, chercha inutilement à l’attirer dans ses États. Prosper Hérissant (ouv. cit., note, p. 33) dit à tort que Guinter était encore professeur de grec en 1536. Il a mal interprété cette phrase d’une lettre d’Omphalius (1536) : « Multorum sermonibus usurpatur,
» unum te esse qui Germanus Romana civitate Galenum do- » naveris, Romanam juventutem in græcorum possessionem,
» avitamquelaudem quotidie magna auditorum affluentia,atque » admiratione, restituas. » Il s’agit des auteurs grecs et non de la langue grecque.
Le célèbre André Vésale a fait paraître à Venise, en 1538, une nouvelle édition de cet ouvrage : Institutionum anatomiearum secundum Galeni sententiam ad candidates medicinœ libri quatuor per Joannem Guinterium Andernacum medicum ah Andrea Wesalio Bruxellensi, auctioreset emendatiores redditi. Venetiis, in officina D. Bernardini, 1538, in-16 de 112 feuillets ; au 105® se trouve l’opuscule de Georges Valla {Bihl. Mazarine, n® 28 657).
Comme manuel d’anatomie, Vésale ne connaît rien de préférable à ce qu’a fait Jean Guinter d’Andernach, auquel la médecine doit beaucoup pour ses traductions. Son livre, par la négligeance des typographes, ne manquait pas de fautes à corriger. En le publiant à la demande générale, il compte sur la bonté de l’auteur, qui a été son maître aussi bienveillant qu’instruit. « Quod magnam studiorum meorum partem illi » acceptam fêro quo sum usus præceptore tum humanissimo,
» tum doctissimo. » Il ne peut être question ici d’anatomie puisque Vésale dit ensuite qu’il n’a pas à insister sur son habitude des dissections. Nombre de témoins l’ont vu à l’œuvre dans les trois plus célèbres universités de l’Europe. (Dédicace datée de Padoue, 3 noues de mai 1538.)
XXIX. Amtomicarum institutionum ex Galeni sententia libri IHI per Joannem Guinterium Andermcum medicum nunc recens ab ipso auctore et recogniti et aucti. His accesserunt Theophili Protospatarii de corporis humani fabrica libri V, Junio Paulo Crasso Patauino interprète. Item Hippocratis Coï de medicamentis purgatoriis libellus, nunquam ante nostra tempera in lucem editus, eodem Jun. Paulo Crasso in^ terprete. Basileæ, in officina Roberti Winter, 1539, mense junio», in-8 de 231 pages. — Lugduni, apud Gryphium, 1541, in-8 de 224 pages. La dédicace-de cette nouvelle édition des Institutions anatomiques de Guinter « à Jacques Ebulin, archiatre du prince électeur de Cologne » est datée de Metz, mois de janvier 1539. C’est l’ancienne préface avec quelques corrections et un renseignement très précieux qu’il n’avait sans doute pas osé produire quand il était à Paris. Lorsqu’il y enseignait l’anatomie, il avait eu pour prosecteurs André Vésale et Michel de Villeneuve (Servet). Le premier était sujet de Charles-Quint et l’autre avait été expulsé de la Faculté de médecine où il n’était encore que bachelier. Ici, à Metz, Guinter ne craint pas de dire qu’il les a eu tous les deux pour aides. « Qua in re non adrnodum sane facili, auxiliarios habui primum Andream Wesalium... Post hune Michael Villanovanus... » Il y a encore dans la préface une vigoureuse tirade contre le commerce des médicaments par les ignorants, les parfumeurs (herboristes) et les bonnes femmes, et au livre une page de préambule, qui ne se trouvent pas non plus dans l’édition de 1536.
XXX. victus et medicinæ ratione cum alio tum pestilentiæ tempore ohservanda, commentarius, per Joannem Guinterium Antoniacenum, ad honoratissimum et principem virum Hermannum a Weeda, Archiepiscopum Colo-
nknsm et Imperii Electorem. Argentorati, per Wendelinum Ribeliuin, mense Martio, 1542, iii-8, sans pagination, imprimé en italique. — Item... Joanne Guinterio Andernaco authore... Parisiis, per Carolum Langelier, 1542,in-16 en italique, sans pagination. {Bibl. mt.. Te 30, 33, A). Le permis d’imprimer est daté du 8 août 1542. Il avait été donné sur la Certification suivante : « Hic libellus dignus est qui in lucem emittatur, tum quod ab homine in arte medica doctissimo prodierit, tum quod apprime utilis sit et pesti præcavendæ, et profligandœ, ut ex ejus accurata lectione deprehendimus. » J. Tagault. — J. Guinter a été forcé de se retirer à Strasbourg, un des boulevards du protestantisme. Hermann Weeda, en présence de l’antagonisme de Cologne et de Bonn où il résidait, n’ayant pas de préventions contre les réformateurs, avait mandé, après la diète de Ratisbonne, Bucer qui, vers la fin de 1541, fit plusieurs conférences très goûtées; puis retourna à Strasbourg, d’où il revint auprès de Hermann, l’année suivante, et prêcha publiquement à Bonn (Bayle). C’est à ce moment que J., Guinter, l’ami de Bucer, dédie son livre au vénérable archevêque de Cologne qui avait alors soixante-dix ans.
Une traduction en français de ce livre parut en 1544 (BiôL wat, Te 30, 35). Le rdp'me de vivre et de prendre médecine, que Von doibt observer en tout temps et principalement en temps de peste, traduit de latin en français, par Anthoine Pierre, de Riet^æ; avec aulcunes annotations faictes par le dict traducteur : on les vend à Poictiers, à l’enseigne du Pélican. 1544, in-16. Par lettres patentes du Roy données à Paris le 14 juillet 1543 est permis à Jehan et Enguilbert de
Marnef, marchands libraires demeurant à Poictiers .
à compter de cejourd’hui, 18 avril 1544, qu’il a été parachevé. Suit l’Epistre d’Antoine Pierre « à noble et puissant seigneur Jacques Germain de la Jugie, chevalier et baron de Rieux en Narbonnoys », datée de Poictiers, ce 2 avril l’an de grâce 1544.
La traduction d’Antoine Pierre commence ainsi : « Pour » ce qu’il y a déjà longtemps (très noble prince) que une
» grande peste commence peu à peu à courir, et semble advis » (selon la disposition de l’air et l’estât de cette présente an- » née), qu’elle vient à soi monstrer peu s’en fault en nos pays » et terres voisines, j’ai pensé depuis peu de jours en ça » que il serait à mon estât, et à ma profession convenable » de mettre par escript générallement, quelque moyen par » lequel ung chacun se puisse préserver des dangiers de » maladie, et soit loisible à celui qui en sera frappé s’en pou- » voir guérir. Et pour laquelle chose mettre en effet m’en a » donné l’occasion et le conseil ce noble homme et de pa- » rents et de vertu, Anthoine Huysman de Namadey, seigneur » de Regiodale, et docteur en droit, la foy et intégrité duquel J) la prudence et entendement, non seulement vous, mais aussi s les autres princes approuvent tous les jours... »
C’est la reproduction presque mot à mot du livre de Guinter, qui en a lui-même donné une traduction meilleure en français.
XXXI. Instruction très utile par laquelle un chacun se pourra maintenir en santé, tant au temps de peste, comme autre temps, par maistre Jehan Guinter d’Andernach, docteur de Paris en médecwe. Imprimé à Argentine, au Pélican, l’an 1547, in-8 de 90 pages. La dédicace (p. 3) e; A illustre et haut seigueur Jehan comte de Salme, grand marchai de Lorraine, etc. » modifie seulement les deux premières pages, dont je reproduis : « Le désir que j’ai toujours eu (illustre » seigneur) que mon labeur servis! au bien publique, m’avait » fait (quelques années y a) mettre en lumière un petit traicté » en latin, contenant le moyen par lequel on se pourait pré- » server du danger de la peste ; qui lors ou peu auparavant » régnait bien fort en Lorraine : lequel ne fut de petite utilité » et remède. Et pour ce que je veoy à l’œil que le temps pré- » sent tend à la même disposition, à laquelle il estait lors, et » qu’il n’est maintenant moins nécessaire de se préparer à » tenir tel régime : Il m’a semblé fort convenable le mettre » en langue française : afin qu’un chacun qui ne scait enten- » dre le latin, en puisse tirer le même profit que feront ceux
) qui l’entendent. Et pour ce que je scay (très noble sei- » gneur) combien vous êtes amateur de bonnes lettres et gens s sçavans, et de quel courage et bonne volonté vous estes » mon bienfaiteur : ce m’a esté suffisant argument de vous 9 adresser le même traicté ainsi traduicten français...» (Bibl. del’É.deM., n» 34000).
XXXII. Alexandri Tralliani medici absolutissimi libri dtiodecim, Razæ de pestilentia libellus, omnes nunc primum de Grœco accuratissime comersi, multisque in locis restitua et emendati per Joannem Guinterium Andernacum D. M. Argentorati, ex officina Remigii Guedonis, 1549, in-8 de 662 pages. (Bibl. nat. T. 23. 107). La préface adressée à Thomas Cranmer, archevêque de Cantorbéry, Primat d’Angleterre, est datée de Strasbourg, ides de mars. Alexandre de Tralles, en Lydie, vivait vers 560. Il est venu après Oribaze et Aetius, qu’il cite quelquefois, et avant Paul d’Egine. Il n’a écrit le résultat de ses observations et de son expérience qu’après avoir parcouru la Grèce, l’Italie, la Gaule et les Espagnes. Son livre est incomparable (Haud scio an quisquam veterum aut recentiorum cum eo sit conferendus). Il brille par l’ordre, la clarté, la précision ÿ etc. Galien certes a écrit d’admirables commentaires sur toutes les parties de la médecine, mais ses connaissances n’ont pas été réunies en un seul volume. Oribase qui a donné un compendium de Galien en 72 livres (ce qui l’a fait appeler son singe), les réduisit de nouveau en 8 livres pour son fils Eustathius ; mais cet abrégé laisse beaucoup à désirer. Paul d’Egine est bien, ni trop détaillé ni trop succinct. Aetius a fait comme son contemporain Oribase : il a pris beaucoup aux autres. Guinter s’excuse de parler ainsi de ces grands maîtres, mais il ne peut se dispenser de dire qu’ Alexandre de Tralles leur est de tout point supérieur. Il li’a pas même cru aux superstitions de la magie ; et ce dont il faut surtout le louer, c’est d’avoir mis la vérité au-dessus de l’autorité des anciens, pour lesquels il a cependant montré la plus grande vénération. Guinter, faisant ensuite l’éloge de l’archevêque de Cantorbéry, en profite pour
dire sa pensée sur les persécuteurs de la vraie religion •
« C’est pourquoi Dieu très bon et très grand vous a élevé à la » plus haute dignité du ministère apostolique pour former » son Eglise, l’enseigner et l’étendre. Vous remplissez cet » office en prenant soin de corriger, d’abroger et d’abolir tout » ce qui est contraire à la majesté et à la gloire du Christ » tout ce qui est étranger à l’évangile, à la doctrine des » apôtres, aux institutions et aux rites anciens de l’Eglise.
» C’est la vraie mission d’un évêque, que son ministère soit » agréable à Dieu et salutaire aux hommes. O trois et quatre » fois heureux les rois qui appellent de tels hommes dans » leur conseil. Car Platon a écrit divinement ; Tels princes,
» tels sujets. Combien, au contraire, sont malheureux les D Agamemnons qui confient une misérable populace à des » Tersites n’ayant de chrétien que le nom, sans doctrines et » sans instruction, complètement perdus de vie et de mœurs.
» D’où vient qu’il n’y a plus chez eux la moindre place pour » la sainteté, la vertu, la probité, la justice, les bonnes » études, les beaux-arts et les sciences. On y voit plutôt les » êtres irréprochables et pieux accablés de douleurs et de » misère, condamnés non pour leurs vices mais pour leurs » vertus, en danger de tout perdre même la vie. Ces hommes )) qui ont repoussé, violé, bouleversé, détruit toutes les choses » divines et humaines, ne craignent pas de se montrer joyeux » et pleins d’allégresse, ni même de préparer sciemment la » chute des saints et des innocents... Qu’il vous soit donné » de poursuivre en paix cette belle et sainte entreprise de ré- » former la religion, d’établir la vraie Ecole de Christ, qui » maintenant est presque partout abandonnée, dédaignée et )) détestée. Les incapables et les ignorants s’agitent tellement » en boulversant tout, et espèrent si bien que les hommes in- » struits et pieux seront en proie à l’envie, aux calomnies, » aux affronts, à la violence, à tout enfin, que l’ignorance » a pris la place du savoir et la barbarie celle de la bonté. » Ah ! ils sont détestables et execrés du peuple de Christ ceux » qui par leur autorité forcent la vérité à ceder au mensonge,
» la vertu au vice, le vrai culte de Dieu aux grimaces des his- » trions. Christ étouffera et brisera les esprits furieux. Si ce » n’est pas maintenant, certainement un jour il nous vengera.»
Dans l’avis au lecteur, J. Guinter nous apprend qu’il avait déjà commencé l’année précédente sa traduction d’Alexandre de Tralles sur un exemplaire, ou plutôt un fragment ancien, avant la publication de l’édition grecque de Paris, qui contenait aussi le petit livre de Rhasès sur la peste, chez Robert Estienne, 1548, in-folio. Lors donc qu’il vint à comparer son travail avec le texte grec revu avec grand soin par Jacques Goupil, il vit de telles différences, qu’il songea un instant à abandonner l’entreprise commencée. Mais réfléchissant qu’il y aurait grande utilité à vulgariser cet auteur admirable, traduit tant bien que mal en langue latine (il fait allusion à la vieille paraphrase latine de 1533 récemment pubbée à Bâle, 1541 j par Albanus Torinus, sans souci du texte grec), il crut qu’il serait impie, impium esseduæi, de ne pas vaincre ces difficultés... Suivent de longs détails sur les changements qu’il indique avec soin, et sur certaines transpositions qu’il a cru devoir faire. « Enfin, dit-il en terminant, j’ai ajouté à cet » ouvrage le petit livre de Razès : de Pestilentia, d’abord parce » qu’il me paraît bien placé ici et ensuite parce qu’il a été « traduit ên latin autrefois par Georges Valla (il y avait » Agricola, faute d’impression,comme Opilius pour Goupilius), » de telle façon que personne ne peut bien le comprendre : » reproche qu’il faut faire retomber, je crois, sur celui qui, le » premier, n’a pas assez purement traduit en grec le texte » syriaque de Razès. « Cette traduction est à la page 627 ; Razœ medici admirabiUs liber de pestilentia ex Syrorum lingua in grœcam primum, nunc in latinam conversus per Joannem Guinterium Andernacum (Rhazès, un des plus célèbres médecins arabes, vivait au neuvième siècle, vers 880).
XXXIII. Alexandri Tralliani medici libri duodecim, grœci et latmi,multo quam antea auctiores et integriores : Jeanne Guinterio Andernaco interprète, et emendatore.
Adjectæ sunt per eumdem varice exemplarium lectionis observatioms, cum JacobiGoupyln castigationibus... Basileæ, per Henrieum Petrum, 1556, mense Auguste, ia-8 de 858 pages. J. Guinter s’était engagé à recueillir tout ce qui pourrait servir à restaurer complètement ce livre admirable.
Il a tenu parole. Dans sa préface dédiée à très illustre prince Guillaume landegrave de Hesse, comte de Gatzenelbogen Siginheim, Dize et Nida, nous voyons d’abord que les douze livres d’Alexandre de Tralles avaient été publiés en grec par les soins de Pierre du Ghatel, bibliothécaire du roi de France. La traduction latine ne suffit pas à Guinter. Il veut, par une édition gréco-latine, rendre à cet excellent auteur, avec l’honneur qui lui est dû, son ancienne splendeur. A la page 782, se trouvent les remarques (animadversiones) de J. Guinter, et à la page 822, les corrections {castigationes) de Jacques Goupil. Gette édition est donc bien différente de la première. Prosper Hérissant a eu le tort de laisser croire qu’elles étaient pareilles.
XXXIV. Bericht, Régiment u. Ordnmg wie die Pesth lenz n. die pestilenzialische Fieher zu erkennen u. zu kuriren. (Avis, régime et ordonnance pour connaître et traiter la peste et la fièvre pestilentielle). Strasburg, 1564, in-4, ouvrage nouveau, Diversum a priori opus, dit Haller. Il fut dressé d’après un ordre du Sénat par Guinter et deux autres docteurs en médecine de la ville (Prosper Hérissant).
Kurzer Auszug des Buchleins Von der Pestilenz, court extrait du petit livre sur la peste, Strasburg, 1564, in-8. Je ne les connais ni l’un ni l’autre.
XXXV. De pestilentiâ commentarius in quatuor dialogos distinctus, per Joannem Guinterium Andernacum medicum recens editus. Argentinæ, apud Ghristianum Mylium, 1565, in-8 de 294 pages. La peste continuant à sévir, J. Guinter s’est décidé à publier, sur le même sujet, un nouveau traité plus ample et plus exact, se souvenant de cette parole de Platon : on n’est pas né pour soi seulement, mais pour sa patrie et ses amis. Pour le rendre plus facile à comprendre, il a
écrit sous forme de dialogues, méthode qu’il adopta, comme nous allons le voir, pour ses derniers ouvrages. Avec l’exposé des matières contenues dans les quatre dialogues, la préface donne encore un long aperçu historique des médicaments, mis en rapport avec l’accroissement successif des maladies, et, à la fin, cette remarque judicieuse « que nous avons été s formés dans l’utérus chacun avec une quantité déterminée » de chaleur native qui se consumera plus ou moins tôt, au » moment voulu, à moins que nous ne venions à l’éteindre » violemment, nunc vitiis nostris et delictis in Deum, nunc » prava victus ratione, nunc medicamentis intempestive » sumptis, nunc omnibus simul. » Elle est adressée « ad clarissiraum equestris ordinis virura Lazarum à Schwendy, Cesaris et Regis Hispaniarum consiliarium, et præfectum militum : dominum in Hohen-Landsberg, et Burckleym, etc. » •C’est le dernier malade que J. Guinter visita. Appelé auprès de lui en 1574, il fut pris de fièvre ardente, et rapporté à Strasbourg il y mourut le 4 octobre, dans sa maison, qu’il avait déjà en 1564. Car la préface qui vient de nous occuper est datée : • Argentinæ, eæ œdibus nostris, calend. decemb. 1564.
XXXVI. Joannis Guintherii Andernaci commentarius de Balneis et aquis medicatis in très, dialogos distinctus. Argentorati, excudebat Theodosius Richelius, 1565, in-8 de 206 pages. Pour la première fois, le nom de Guinter est écrit avec Th, une faute d’impression sans doute qui a été reproduite presque toujours depuis. L’avertissement au lecteur est en vers :
AÜCTOR LECTORI.
Quot sint fossilium species, quas ipsa natura Misturas jungat, quoique quibusque modis,
Quid fontes acidos reddat, que caussa perennis Excitât calide, quæve tepentis aquæ :
Quot numéro sacri fontes, et aquæ medicatæ,
Ex bis quid potio, balnea quid valeant :
Balnea dulcis aquæ quid præstent, balnea lyrnphæ In coctis herbis, radicibusve simul :
Insuper ex oleo, vino, seu lacté parata,
Indicat exiguus ampliter iste liber.
Si quod erit mendum scripturæ, candide lector,
Corrigito : desit, livor et invidia.
La préface, dédiée au très illurtre prélat Jean, archevêque de Trêves et prince électeur, est datée des calend, septemb. 1565. « Quand je considère, dit J. Guinter en com- » mençant, les secours elles bienfaits que Dieu, dans son » infinie bonté, a prodigués au genre humain pour conserver » ou recouvrer la santé. Il semble que les plus grands de tous » viennent des Eaux qui sortent des entrailles de la terre. Si » les autres remèdes tirés des herbes, des fruits, des arbres D ou autres sont de la plus grande utilité, cependant ceux-ci » sont de beaucoup plus avantageux, commodes et efficaces » contre les affections graves, désespérées même, qui s’ame- » liorent toujours si elles ne se guérissent, surtout quand on » en fait un bon usage. » Suivent de longues explications sur ce point. Puis il continue : « Quoique nos pères aient publié » beaucoup de livres en latin et en langue vulgaire sur les » bains naturels, ils n’ont rien laissé ou à peu près qui soit j> digne d’être mentionné sur leur vrai usage. Je ne dis pas » qu’ils aient complètement omis les sources acidulés ou al- » câlines (salulas), » mais il n’y a rien de précis sur leur emploi. Guinter les a expérimentées depuis longtemps, et il a joint à ses observations celles de Georges Agricola, de René Salander et d’autres savants de son temps, qu’il se plaît à citer. Il indique ensuite le moyen de faire les eaux minérales artificielles, les bains d’eau douce simples ou composés de décoctions ou additionnés de substances diverses. « Le pre- » mier dialogue traite des bains naturels et artificiels; le » second, de l’usage des eaux acides et alcalines ; le troisième, » des bains d’eau douce ou additionnés d’autres liquides.» Suit l’éloge du très illustre archevêque, son protecteur, qui appartient à la noble famille de Leyden.
XXXVII. Joamis Guintherii Andermci medid clarissimi de medicina veteri et nova tum cognoscenda tum facienda, commentarii duo. Basileæ, ex officina Henricpetrina 1571, in-fol. en 2 volumes de 806 et 777 pages. Le mot clarissimi du titre de cet ouvrage me porte à croire que ce n’est pas Guinter qui l’a fait imprimer. J’entre donc pour un instant dans le champ des suppositions. J. Guinter, afin d’obtenir le privilège de l’empereur pour l’impression de son livre, a dû envoyer son manuscrit avec la dédicace « ad Cæsarem Maximilianum II, christianorum monarchum optimum». D’un autre côté, Melchior Adam dit, sans préciser le moment, que Guinter fut annobli par l’empereur (il a mis Ferdinand pour Maximilien évidemment, Ferdinand était mort en 1564). De plus, les lettres de noblesse lui auraient été portées par Michel Toxites, son ancien élève. N’est-il pas possible que le manuscrit ait été remis alors à Michel Toxites, et ensuite imprimé à Bâle par ordre de l’empereur. Si Guinter avait lui-même édité son livre, il n’aurait pas laissé clarissimi dans le titre et, sans aucun doute, il l’aurait fait imprimer auprès de lui, à Strasbourg, comme les autres. Ceci dit, je reviens au contenu de ces volumes ou commentaires. Le premier apprend à connaître la médecine; le second à la pratiquer. L’un et l’autre est orné du même portrait de l’auteur et divisé en huit dialogues. La préface, qui résume la mission scientifique de J. Guinter d’Andernach, donne une histoire de la médecine faite à grands traits^ ' auteurs grecs, latins, arabes et expose la méthode adoptée dans la description dès maladies, est très remarquable. Le mode d’ enseignement est celui qu’on suit encore aujourd’hui avec le plus d’avantage : établir d’abord les choses naturelles que les Grecs appellent la physiologie, puis les causes des maladies et les symptômes qui en sont la conséquence; en troisième lieu, les moyens de guérison.
L’empereur Maximilien II était bien digne des hommages de J. Guinter d’Andernach. Il ne s’était pas montré trop hostile aux protestants. « Si bien que vous seul peut-être parmi
» les monarques chrétiens, dans ces temps de séditions et de y> troubles où tout paraît menacer ruine et présager une chute » fatale, vous soutenez, comme Atlas le ciel, la république » par la modération de vos principes et votre ardent désir de » la paix. » Et l’exilé de Strasbourg ajoute ; « De sorte que » sûrement ceux qui sont accablés d’injures et d’afflictions se » réfugient vers vous comme dans un asile, qui est la dernière » planche de salut. » Que Dieu le soutienne et l’entoure d’hommes distingués ! Il signale le baron Lazare de Schwendy, le héros de la dernière guerre de Hongrie, et nomme le très savant Jean Crato de Breslau, médecin et conseiller de l’empereur, auquel il adresse en terminant ses vœux pour la nouvelle année. Strasbourg, 1®'^ janvier 1571.
XXXVIII. Viri clarissimlD. Joannis GuinteriAndermci Gynœciorum commentarius, de gravidarum, parturientium, puerperarum et infantium cura, nunc primum e Schenkiana bibliotheca in lucememissus. Accessit elendms auctorum in re medica clnentium, qui Gynœcia scriptis claruerunt et illustrarunt opéra et studio Joan Geor'gi (i) Schenck a Grafenberg medici. Argentorati, impensis Lazari Zetzneri bibliopolæ, in-8 de 56 pages. A la page 36 commence, avec un nouveau titre, la liste de tous les auteurs qui ont traité des accouchements et des maladies des femmes, auctorum in re medica,.. qui gynœcia, sive muliebri... scriptis excoluerunt et illustrarunt, ouvrage posthume et très court d’ailleurs, que Haller déclare imperfectusXBibl. de VE. de M., n® 32 649).
Il y a encore caché quelque part, rapporte Melchior Adam, environ deux cents consultations données par Guinter à d’illustres et puissants malades pour différents maux. Ceux qui les gardent et en privent les autres, ne manquent-ils pas à tous leurs devoirs? (Latere etiam alicubi dicuntur ejus ducenta circiter responsa et concilia quæ illustribus et poten tibus ad varies morbos dédit; ea qui adservant et posteritati
(1) Georgîi et Guînterii sont imprimés par erreur avec un seul t.
invident, næ illi non amice faciunt). Un traité sur la fièvre indiqué par Jean Georges Schenk {Bihl. iatrica, p. 310) serait aussi perdu.
Me voici arrivé au terme de cette longue nomenclature. Puisse-t-elle plaire au petit nombre de lecteurs qui s’intéressent à ces recherches minutieuses !
Je dois dire, avant de terminer, que YEloge historique de J. Gonthier d’Andermch, par Prosper Hérissant (in-8 de 88 pages, Paris, 1765), malgré ses nombreuses erreurs, ne doit pas être mis complètement de côté. Il renferme quelques pages intéressantes à lire. Mais aujourd’hui l’on n’écrirait plus l’histoire d’une manière aussi peu précise.
FIN
PARIS, — IMPRIMERIE EMILE MARTINET; ROB MIGNON, ï