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LES PORTRAITS DE RABELAIS

« Nous somnres encore à connaître le type authentique de son visage, transformé à plaisir par l’imagination populaire, trop souvent disposée à se représenter la physionomie de l’homme d’après le caractère de ses œuvres, dit, en commençant, M. Georges d’Albenas..... Des gravures, mêmç de son vivant, aucune n’a laissé de Rabelais une reproduction qui soit connue (p. 8). »

Parmi les nombreux portraits peints attribués à Rabelais, il faut mettre en premièi*e ligne celui de l’Ecole de médecine de Montpellier. Il est reproduit par l’héliogravure (H. 0,14 — L. 0,10) dans la belle notice que nous avons sous les yeux.

Vient en second lieu le panneau (H. 0,47 — L. 0,39) du Musée de Versailles, n» 4046. Peinture du xvii® siècle, dit le cMalogue d’Eud. Soulié, 1861 ; mais qui pourrait bien avoir été faite depuis 1830, d’après la gravure de N. Habert (1), variété du type Léonard Gaultier et Michel Lasne-, qui date en effet de la première rnoitié du xvxi® siècle. Il y aurait aussi à la bibliothèque de Genève un portrait sur toile (H. 0,32 — L. 0,40) exécuté d’après le même type, mais plus jeune.

Quant à l’autre petit panneau (H. 0,32 — L. 0,22) du musée de Versailles, n° 3166, malgré le nom de Rabl.4is

(1) M. Georges d’AIbep^s dit à tort Montcornet, car ü n’y a pas de rideau.

K «.'c-rîV<W>tj , UiaJJj Uir,

(sic) inscrit dans l’angle de gauche, ce portrait, comme le dit très justement le catalogue Soulié, n’est qu’une tête de fantaisie, et j’ajouterai, trop souvent reproduite comme type du grand satyrique, depuis la célèbre gravure de Sarrabat, qui prête à Rabelais une figure qui n’a jamais été la sienne.

Parmi les peintures, on ne peut se dispenser de mentionner encore la magnifique toile d’Eugène Delacroix d), dans la salle de l’Hôtel de ville de Ohinon, œuvre due à l’imagination du grand artiste, mais qui ne peut être considérée comme un portrait ressemblant.

Le reste ne vaut pas l’honneur d’être nommé.

Si l’on en croit Antoine Leroy {Floretumphüosophicum, etc., 1649) : « La figure de Rabelais, sa physionomie, son attitude portaient les marques de la dignité ; son visage était agréable et n’offrait rien de ridicule ni de vicieux, ni de trop sévère ni de trop triste ; il était empreint d’une gravité tempérée de douceur. Aucune contraction du. front et des sourcils ; de beaux yeux, le teint frais, le nez sans rien de particulièrement défectueux; les joues légèrement saillantes ; les cheveux assez abondants et la barbe ample et arrondie, rappelant la couleur de la noisette fraîche. La bouche était si gracieuse et exprimait une telle douceur que vous eussiez dit qu’une abeille y avait déposé son miel. .» O’est la description du portrait qu’il avait vu chez Guy Patin (2) et en même temps de celui qui est conservé à la Faculté de médecine de Montpellier. Il y était déjà au commencement du xvii® siècle. Fr. Ranchin en, parle dans un discours prononcé en 1620, à propos des grandes réparations qu’il avait fait faire et qui furent terminées en 1619. Est-il ressemblant? Il faut se méfier des portraits faits après coup. Exemple : cette série de toiles (3) de même dimension, portant sur une banderoMe uniforme

(1) Gravé à l’eau forle par G. Nanteuil, Le Musée ou Salon de 1834, par Alexandre iDecamp), le frère du grand peintre.

(2) « Duquel autrefois on m’a voulu danner vingt pistoles » (Lettre à Falconet. Paris, 2 décembre 1850). Qu’est-il devenu?

(43) Ce qu’il en reste.

les noms de ; Heraditus, Socrates, PloAon, Aristote, Pline second, Dioscoride, Galien, Avicenne, Fernel, Matthiole, Vésal, Adrian junius, D'Aléchamps, Libavius, conservées à l’Ecole de médecine de Paris, et qui sont des portraits assez mal peints, d’après des gravures ou selon la fantaisie d’un décorateur du xvii® siècle.

Quoi qu’il en soit, dans la peinture de Montpellier, le personnage « est vêtu de la robe rouge de docteur et couvert du bonnet carré noir à houppe rouge j>. A gauche de la tête, on lit: FRANCISOVS; à droite^ RABELESIVS 1537 (l’année de son doctorat) . Déjà l’on ne tenait plus compte de la vraie orthographe du nom de Rabelais, qui est RA- BELÆSVS (1). « Cette peinture nous donn^ la figure d’un homme de trente-six à quarante ans. Or, Rabelais, avait à peu près cet âge quand il fut, en 1530, immatriculé sur les registres de la Faculté de médecine de Montpellier {p.27) ». M. Georges d’Albenas croit avoir distingué un col blanc à travers la robe rouge, qui aurait pu être ajoutée alors au temps de Ranchin, avec la date 1537. On veut bien chercher quelques traits de ressemblance entre cette peinture et le petit portrait gravé par Léonard'Gaulticr, agrandi ensuite et amplifié par Michel Lasne.

Le portrait original (2) de L. Gaultier, gravé sur cuivre (H. 0,042 — L. 0,028) est le n" 99 : François Rabelais,de la collection do cent quarante-quatre portraits de plusieurs hommes illustres qui ont figuré en France depuis Van 1500 jusqu'' à présent. Il est en compagnie d’André Tiraqueau (77), de jean Fernel (97), de Jacques Sylvius (98), de Guillaume Rondelet (100), de Jean de Gorris (101), de Joubert (102) , de Jacques D’Aléchamp (103) , d’André

(1) Cependant, Antoine Leroy (Floretum philosophicum 1659), écrit toujours Rabelæsus.

(2) Il n’est pas possible d’en dire autant du méJaillon, de 0,032 de diamètre, répété trois fois dans l’édition des œuvres de Rabelais, Lyon 1571 (H première de Pierre Estiart). Tête sans bonnet carré, vue de profil. (M. Georges d’Albenas n’en a pas parlé). Il semble qu’on ait imprimé après coup, M. FRANÇOIS RABELAIS, autour de la gravure d'un personnage inconnu. De même que dans l’édition de Valence, 1547, Claude delà Ville a utilisé des gravures empruntées à d’autres ouvrages, ici l’éditeur Pierre Estiart peut avoir pris un portrait quelconque, pour le baptiser M. François Rabelais.

Vésale (104), d’Ambroise Paré (105). Les éloges par Gabriel Michel, Angevin, qui accompagnent les deux feuilieg gravées, ont été imprimés, à Lyon, chez Claude Savar^ et Barthélemy Gaultier, rue Mercière, à la Toison-d’Or

Pierre Sablon, contemporain de la vieillesse de L. Gaultier, a reproduit d’un burin fin et délié, en sens inverse, ce petit portrait. En exergue, on lit : FRANC. RABELESIVS et au-dessous SVM PETVLANTIS PLENE CACHiNo' PERS.

Dans la reproduction de ce médaillon, qui orne Les grandes et inestimables Chroniques du grant et énorme géant Gargantua, Paris, Panckouke, 1853, le bibliophile Chenu a rétabli au-dessous le texte de Perse : Sum petu~ lanti splene cachmno. Satyre, I,v. 12.11 faut en rapprocher la médaille gravée n® 1, PL. XLIV du Trésor de numismatique . Paris, 1836. M. FRANÇOIS RABELAIS D.

EN MEDEC. .

Une copie très exacte du petit portrait de L. Gaultier a été mise (bois de Firmin Didot) sur le titre du Catalogue de la collection rabelaisienne de M. le Henri de Guillin d'Avenas. Paris, A. Chossonnery, 1877.

La célèbre gravure de Michel Lasne (Ov. en Rect. H.0,14 — L. 0,08) donne à Rabelais vieilli un fin sourire. La main droite, tenant une paire de gants, sort du cadre, autour duquel est écrit : M. FRANÇOIS RABELAP noc. EN MEDE¬ CINE, et au-dessous ; Les Œuvres de M. F. Rabelais, D. en médesine, où eH contenue l’histoire des faits heroiqaes de Gargantua et de son fils Pantagruel.

Malgré cette indication, il est difficile de savoir au juste à quelle édition ce portrait a servi de frontispice. Jean Bernier [Jugement et nouvelles observations sur les œuvres... de M. François Rabelais, D. M. 1697) dit, p. 40, à propos de l’édition de 1626 qu’on croit la meilleure : « Le titre est au bas d’un buste du burin de Michel Lasne, graveur. Au revers du feuillet est un dizain qui commence ainsi ; Ami lecteur qui ce livre lisez, etc. Le tout plein de fautes d’impression ». Malheureusement, il n’y a rien d’imprimé au revers de ce portrait. Mais cependant tout concorde pour faire admettre l’opinion de Jean Bernier, et le

format in-8 du livre et l’époque où le talent de Michel Lasne était dans toute sa vigueur (1) .Le célèbre graveur, néà Caen, est mort en 1667, à l’âge de soixante-douze ans.

Jean Dernier annonce aussi, p. 39 du même ouvrage ; a. une (édition) d’Hollande 1655, avec un portrait ». A celle-ci, dont Oh. Brunet (Manuel du libraire) ne parle pas, il est vrai, je donnerais, volontiers lacopieinnerse'e(H.0,115 — L. 0,085, sans signature) du portrait de Michel Lasne : buste un peu plus allongé, physionomie différente (se rapprochant du portrait gravé par Moncornet). La gravure est beaucoup moins bonne. Les gants sont dans la main gauche. La petite fleur, en haut du cadre ovale, a quatre pétales au lieu de cinq. Les inscriptions sont plus correctes : FRANÇOIS RABELAIS DOCT-^ en MEDECINE. Les œuvres de M. F. Ra.bela,is, D. en médecine, où est contenue Vhistoire des faits héroïques de Gargantua et de son fils Pantagruel.

C’est à tort que M. Georges d’Albenas dit que cette copie inversée appartient à l’édition de Bruxelles, H. Frix, 1659. Il a examiné trop légèrement l’exemplaire de la Bibl. nat. (Y^ 837 Bi) qui est, en effet, poiirvu de cette estampe. Si elle avait été placée là, dès le qommencement, le. titre du livre, encore frais, aurait laissé sur elle son empreinte, et non pas sur le versp du feuillet qui la précède, comme il est facile de le voir. Elle se trouve donc là par hasard. (Peutêtre que cette mauvaise copie inversée date seulement du premier volume de l’édition Variorum, 1823).

Dans tous les cas, le portrait de Michel Lasne est antérieur à 1655, puisque un de ceux de Moncornet, qui en dérive (ovale H. 0,13. L. 0,10), porte cette date. Ici la figure, dont l’expression est inquiète, se détache sur un rideau retenu par une torsade et laissant voir un coin du ciel. En dehors de l’ovale, en haut, sont deux écussons palmés ; celui de gauche a trois lapins placés 2 et l,et au-dessous du

(1) On connaît nombre de compositions de. lui pour les thèses à images. Deux très remarquables sont exposées actuellement à la Bibliothèque de la Sorbonne. D’autres se voient au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.

cadre : Mtre FRANÇOIS RABELAIS DOOTEVR 17\t MEDECINE, CVREE DE MEVDON LEZ PARIS. ^

Cet esprit et^are et subtil Charmant joviar et gentil,

Ne nous paroist-il pas sur ce riant visage.

Demen donc avec nous la mort de Rabelais,

Ou recognois son advantage De revivre après son decez.

Moncornet, ex.

li y a plusieurs états de cette planche. De plus, une copie moins bonne en sens inverse, sans nom du graveur, sans écusson ni vers, et, dit M. Georges d’Albenas, une réduction en tête des Songes drolatiques (Rect. H. 0,10 L. 0,08 Paris, Sallior, an V. 1797).

On peut rapprocher delà variété Moncornet un très petit portrait (Rect. H. 0,075, L. 0,043), qui porte pour toute indication : Frunciscus Rabelæsus, medicus parisiensh.

Un autre portrait à l’eau-forte, d’une facture grossière, offrant un type tout différent (physionomie quelque peu chagrine et boudeuse), est accompagné de la même légende et des mêmes vers, avec la même date 1655, sans signature, chez la U® Van Merle. Il se rapproche plus de la copie de Pierre Sablon que de tout autre. Un exemplaire decette eau-forte, sans rien au-dessous, conservé au cabinet dès estampes avec les autres portraits de Rabelais, est sighé P. M.

C’est d’après l’original même de L. Gauthier qu’a été dessiné sur papier ordinaire, à la plume et teinté dé bistre (H. 0,085. 0,065), un portrait qui se trouve à la Bibliothèque nationale Y® 818, dans l’édition des deux premiers livres de Rabelais. Lyon, Fr. Juste, 1542. Celui qui l’a collé sur le feuillet blanc qui précède le titre du livre a écrit derrière (écriture du xvii® siècle) :

Ici tu vois pourtrait à moitié seulement

Celui dont l’univers parle si hautement.

Pourquoi n’est-il entier ? Veux-tu ce point entendre?

Le monde ne saurait tout Rabelais comprendre.

Il n’y a pas de date mais l’estampe de Michel Lasne, qui

a été placée à côté et au dos de laquelle la même main a écrit encore :

Superest sine Deo nomen in orbe tuum.

et plus bas : RABELAP, la laisse deviner.

Le portrait de Nicolas Habert (Ov. en Rect. H. 0,25 L. 0,1'/) est de 1699. Plus grand que les précédents ; même type ; moins souriant que celui de Michel Lasne, plus gai que celui de Moncornet, dont le rideau n’a pas été conservé. Plusieurs états de cette belle gravure, le principal est signé N. Habert scUlp. 1099. Au-dessous, l’inscription suivante : François Rabelais de Chinon.en Touraine, Docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, Médecin, Lecteur et Bibliothécaire de Jean Cardinal du Bellay Evesque de Paris : Curé de Meudon : mort à Paris Van i5bS et inhumé dans le cimetière de la paroisse de Saint-Paul. Habert a surtout gravé des portraits d’ecclésiastiques. C’est donc en qualité de curé de Meudon que Rabelais se trouve compris dans cette illustre série.

E. Desrochers, dans le Rabelais de son Recueil des portraits de personnes qui se sont distinguées tant dans les armes que dans les belles lettres et les arts, etc, a, comme Michel Lasne, ajouté au buste une partie du bras droit: mais la main, au lieu de tenir des gants, va prendre le verre posé sur une table à côté d’une bouteille. (Ov. en Rect. H. 0,14 — L. 0,10). Sur le cartouche du cadre habituel des portraits de Desrochers est écrit : François Rabelais, docteur en médecine, curé de Meudon, né à Chinon en Touraine, mort à Paris en 1553 âgé de 10 ans. Au dessous, sur le piédestal, l’épigramme de Gacon (François), né à Lyon en 1667, mort en 1725, ce méchant poète satyrique, qui est l’auteur du Poète sans fard, 1696-1701.

Rabelais ce Varron françois Dans son agréable satyre,

Pinçant, Peuples, Prélats et Rois,

Trouve l’art de nous faire rire.

Heureux si ses écrits plaisants Et qu’avec justice l’on prise Etaient eux même plus exemts Des vices qu’il y satyre.

Gacon.

Une deuxième éditioii de cette estampe, à Paris, chez Daumont, rue Saint-Martin, est sans signature. Les vers sont sur deux colonnes, le nom de Gacon a disparu.

En 1651, François Chauveau, dont on sait la fécondité inventive, a fait sans sé préocbuper évidemment de la ressemblance, üri savant en tobe, coiffé du bonnet carré, assis dans sa bibliothèque, devant une table de travail et écrivant. C’est la figure austère, décrépite et chagrine, qui sert de frontispice aux Epistres de maître François Rabelais, docteur en médecine escrites pendant son voyage d'Italie. PariS,chez Charles de Sërcy, 1651. (Editées parles frères Sévole de Sainte-Marthe). Il y avait dans f épreuve originale, en haut de la gravure : Les Epistres de M® François Rabelais, dtictéur eh médecine. Dans un autre (1) signée noii seulement du F. C. entrelacé, mais de F. Chauveau fecit, oh a miS PoRTRAit à la place de Les ERîstrès.

Il est très remafqüable qüë J. Berniët [Jugement et nouvelles observations... ôu le Rabelais réformé avec la carte du Chinonais, ses médailles, celle de l'auteur et celle dumédecin de Chaudray auquel cet ouvrage est dédié. Paris, chez Laurent d’Houry 1697), n’en parle pas. « La pire de toutes les estampes^ dit-il (additiohs), est celle de Moncornet, comme la meilleure est celle de Lasne, quant au burin: car, quant à la ressemblance, on ne sait que dire, ni des estampes, ni des portraits eh htiile, eh crayon, ni des médailles èn plomb, en cuivré, en plâtre, ni même des bustes, taht les temps changent les visages et rendent les portraits dissemblables. » Jean Berhier, de Blois, reçu médecin à Montpellier, a fait graver sommair ement au-dessous de la carte du Chinohais, à côté de son portrait : 4, B. de St-Honoré, et de celui de 5. Chaudray (C’est ainsi qu’il désigne M. Ozanné, médecin de Paris), trois portraits de Rabelais : 1. de Montpellier, 2. de M. Lasne, d. du Présid. Pérot.ïl dit ensuite que celui qu’il a vu chez Guy Patin peint à l’huile et dont il a une copie au crayon rouge^ a quelque rapport avec la peinture

(1) M. Paul Lacroix èn a doiiné üne reproduction fidèle dans l’édition des Songes drolatiques de Pantagruel, augmentée d’un portrait authèntitïue, etc. Genève et Paris, 1868.

de Montpellier. Tout le monde connaît l’estampe de Michel La&ne. Quant au Rabelais du président Pérot qui a si fort intrigué M. Georges d’Albenas, et qui lui fait dire au hasard p. 65 : « Un portrait qui doit son origine à un document probablement apocryphe est celui qui est placé dans le médaillon de droite, au bas de la carte du Ohinonais » (1), il est destiné à rappeler (oun. cit. additions), un buste en marbre « où Rabelais est représenté jeune, sans barbe, bien différent de tous les autres, avec un bonnet carré apparemment tel qu’il était quand il sortit des Cordeliers (sic) pour aller à Montpellier. « J, Dernier parle encore, p. 15, d’un autre buste en plâtre « en la cour de l’archevêché de Paris, qui avait disparu on ne sait comment ni pourquoi quelque temps avant la publication de son ouvrage, 1697. Une pouvait rien dire des images de N; Habert et de E. DeSrochers, qui n’existaient pas encore.

La deuxième édition des Epitres avec le titre : Les lettres de François Rabelais escristes pendant son voyage d’Italie, avec les observations historiques de M. de Sainte- Marthe. A. BrUssellCj chez François Poppens 1710 in-8, donne; comme la première, soixante ans après, un portrait de pure fantaisie, non signé, de tournure flamande, ressemblant encore plus à celui de Fr. Chauveau qu’à tout autre. Autour de l’ovale ; François Rabelais mort en MDLIII AGÉ DÉ LXX. Au-dessous, sur une draperie,

ïlle ego GaXlorum Gallus Democritus, illo Gratins ant si quid Gallia progenuit.

Sic homines, sic et cælestia Numina lusi,

Vix homines, vix ut Numina læsa putes ■

L’année suivante, 1711, paraissait à Àmsterdarn, chez Henri Bordesius (Des Bordes), la célèbre édition des oeuvres de Rabelais de Le Duchat (2), in-8“ sixtomés en cinq volumes. Les armes de Mylord Raby Wentvoort, auquel elle est dédiée, sont gravées sur cuivre dans l’édition originale. Un portrait de Rabelais est placé à la page XXXIII de

(l) Dans les nombreuses reproductions ultérieures de la carte du Ohinonais, on n’a mis que les trois médaillons de Rabelais, on a supprimé les deux autres.

d) Le Duchat et Henri Desbordes, réfugiés français, lors de la révocation de' l’Edit de Nantes.

la préface (Ov. en Rect. H. 0,13 L. 0,07.) Type Michel Lasne, mais sensiblement modifié, plus jeune, sans rien de malicieux. Le bonnet carré surtout a une forme parti culière.Il est signé W. de Broen Sculps.S. Sur la plinthe' au-dessous : FRANÇOIS RABELAIS.

Le Duchat dans une lettre (à Bayle) datée de Berlin 1702, quand il préparaitson édition, dit : « avec mes livres « j’ai reçu quatre dessins très curieux, tirés d’après ceux « qui sont gardés dans la bibliothèque du roy de France. « Le premier est un très beau portrait de Rabelais, etc. d). Les trois autres étaient, le clos de la Devinière, maitairie de l’auteur, sa chambre et le cabaret de la Lamproie à Chinon, avec la date 1699, sans nom de graveur. On a joint à ces pièces la carte du Ohinonais de J. Bernier dont on n’a gardé que les trois médaillons de Rabelais, et ajouté à ce premier volume, un frontispice nouveau signé W. de Broen sculp. , où se voit un personnage qui semble représenter Rabelais, travaillant dans son cabinet. « Un fe- « nêtre ouverte laisse apercevoir le mont Parnasse, du « sommet duquel s’élance Pégase, comme dit M. Georges « d’Albenas. »

Une contrefaçon trompeuse, sous la même date 1711, (Bibl. nat. 840), donne les mêmes gravures. Seulement le nom du graveur manque au frontispice comme sur le portrait, qui porte en haut : page XXXI au lieu de page XXXIII. Les armes en tâte de la dédicace, sont gravées sur bois. Il en est de même pour l’édition de 1725, même format. Amsterdam, chez Henri Bordesius. Dans l’édition de 1732, format un peu plus grand, sans lieu, mais probablement Paris, (car le frontispice gravé de nouveau est signé J.-B. Scotin), le portrait avec des yeux plus grands, est à la page XXVII, sans signature, toujours avec la carte du Ohinonais et ses trois médaillons et les autres gravures [Bibl. nat. 841). Un magnifique exemplaire avec reliure armoiiée et le mot Meüdon sur les cinq volumes, est à la Bibliothèque de l’Ecole de médecine, n“ 41952.

(l - « Et j’y ai joint aussi le portrait de Rabelais meilleur qu’il n’ait encore été buriné. » (Préiace).

Le très beau portrait de Rabelais : P. Tanjé, sculpsit. 1739, de l’édition de Le Duchat en trois volumes 10-4®. Amsterdam, chez J.-F. Bernard 1741, n’est qu’une reproduction du précédent, agrandie et gravée plus finement, (Ov. dans rect. H. 0,21-L. 0,16). D’autres états de cette gravure non signés, avec des encadrements divers.

Cette partie du titre « Nouvelle édition ornée de figures, par B. Picart » a donné lieu à une légère confusion. C’est vignettes qu’il fallait dire, car les vignettes seules sont de Picart ; les figures appartiennent à Dubourg « qui a été secondé des excellents graveurs, Bernaerts, Tanjé etFolkema. » Le frontispice qui se trouve au commencement du deuxième volume, est tout entier de ce dernier artiste. On lit sur le feuillet d’un livre ouvert : J. Folkema inv. et sulp. A° 1740 (1). Le libraire Bernard, dans son avertissement, fait remarquer l’insuffisance de l’édition d’Henri Desbordes, 1711 : « j’ai suppléé à ce défaut par « des tailles douces, etc. »

Dans le frontispice de Folkema, se voit un petit portrait de Rabelais ressemblant davantage à la gravure de W. de Broen, qui a servi de modèle : 1” à N. M. de Monchy, ovale, surmonté du nom de Rabelais, orné en bas de ceps et de tyrses, et au-dessous :

Aux paroissiens que je chéris

Je sers jusqu’à l’heure dernière.

Ou, médecin, je les guéris;

Ou bien, curé, je les enterre.

Armand Gouffé.

2® Pour le portrait non signé des Œuvres de Rabelaist Paris, Bastien an VI, 3 volumes, avec les figures du clos delà Devinière,etc.,et la carte du Chinonais. (Bibl. nat.

842 Cb. Nœud au-dessus du cadre ; en bas I. Autre état , rien. J’y insiste parce que M. Georges d’Albonas n’a pas parlé dé ce portrait.

3“ à Deveria 1822. Vallot aquaforti et sculpsit, pour le portrait en p*ied, assis devant une table, etc., de l’édition Variorum ; Paris, Dalibon 1823-1826.

(1) Toutes ces figures, portrait, frontispice, ont été reproduits par l’héliogravure et forment un album pour le Rabelais de P. Favre. Niort, ClousQt, 1875, in-S», 5 volumes.

C’est la gravure de Tanjé qui a été préférée parDesenn pour, le petit portrait gravé sur bois par Thompson, en tête des Œuvres de Rabelais. Paris, Th. Dc^oer 1820. Elle a été fidèlement reproduite dans ses dimensions primitives par Suter, pour le Meister Franz Rabelais de Gottlob Regis. Leipsick, 1832-1841, 3 vol, 10-8".

Le très intéressant portrait, dans un cadre à paps co.upéa, Scriven fec. printed for Ilackington Allen et G‘®, 1807. n’a pas été signalé par M. Georges d’Albenas. Comme L. Français dans la Touraine publiée sous la direction de l’abbé J.-J. Bourassé, Tours, Marne 1855, p. 591 (gravure sur bois), il a choisi le type Michel Lasne, variété N. Habert, c’est’à-dire la peinture du musée de. Versailles n» 4046. ■ ’

Le portrait gravé au trait, Ilist. de France, M. A&m [sic] del. Tandon direxit, dans le T. xii de la Galerie histoç rique des hommes les plus célèbres, Paris 1805, ne ressemble pas du tout à l’original.

Le portrait à la manière noire, gravé par Isaac Sarrabat, au commencement du xviii® siècle, d’après le tableau du Musée, de Versailles n' 3166 (Ov. en re.ct, H. 0,17;-L. 0,16. au-dessous : François Rablais), est le masque satirique et bouffon qui devait, hélas ! avoir une vogue tout à fait imméritée jusque dans ces derniers temps. Il existe sous plusieurs états, un avec çes vers :

Voi quel fut Rebelais, sans propreté, sans linge,

Son satirique esprit paraît dans son regard.

Il joignit l’adresse du singe,

A la finesse du renard.

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