‹ Etudes historiquesChapitre 35 sur 40 · SA RELIGION — SES ŒUVRES · texte numérisé non relu

SA RELIGION — SES ŒUVRES

M. Le Paulmier, dans son avertissement, exprime le regret de n’avoir pu prendre connaissance d’actes non encore classés aux Archives nationales. Mais palience^on peut compter qu’il fera bonne garde. Notre auteur suit k vie de son héros, pas à pas, d’année en année. Je ne puis faire ainsi dans mon analyse, qui portera seulement sur les points éclairés d’une lumière nouvelle. Tout d’abord, il reporte, comme moi, la date de la naissance de l’immortel enfant de « Laval au Maine » en 1510. La date 1517, donnée par le docteur E. Bégin à Malgaigne, « rajeunirait Paré au delà de toute vraisemblance ». Une tradition (discours du docteur Hubert) le fait naître au bourg Hersent, village de la commune d’Avenières, située aux portes de Laval. Suivant k même tradition, son père aurait élé attaché « à k maison du comte de Laval, en qualité de valet de chambre barbier ». On ne sait quel était son prénom. Outre Ambroise il aurait eu trois enfants; une fille, qui épousa Gaspard Martin, maître barbier chirurgien à Paris; des deux fils appelés Jean, l’un fut barbier-chirurgien à Vitré, l’autre coffretier-malletier à Paris, rue de la Huchetle.

M. le docteur Le Paulmier a pu copier au château dePaley, appartenant encore à des descendants d’A. Paré, ses deux contrats de mariage. Le premier est en date du 30 juin 1541. Tl épousa Jeanne Mazelin, fille de feu Jean Mazelin, « en son vivant varlet-chauffecire de k chancellerie de France et de Jeanne de Prime, qui était alors remariée avec Etienne Cléret, marchand bourgeois à Paris. Sont présents : Marguerite Choisel, veuve de feu Odo de Prime « en son vivant aussi maître barbier-chirurgien à Paris », grand’mère de la

(I) Il ne m’a cité qu’une fois, et a oublié do mettre mon notii dans son Index, fort bien fait d’ailleurs et très complet. Je méritais d’y figurer tout aussi bien qu& Figuier et te botaniste Trew. Ce dernier avait signalé à Haller les ciNû livres CHIRURGIE de Paré, qui sont aujourd’hui à la Bibliothèque nationale (Te 3”,*) comme je l’ai dit, et que M. Le Paulmier croit perdus.

future, et Méry de Prime, marchand et bourgeois de Paris, . son oncle. Paré, alors simple barbier-chirurgien, avait comme témoins ses amis et collègues, Etienne de la Rivière et Louis Drouet. Cet acte (minute) sur parchemin porte au verso écrit de la main d’A. Paré : « Traicté de mon mariage premier. » Le dernier mot a été ajouté plus tard, avec la note placée au-dessous, lors de l’accord pour éviter procès en 4586 avec son gendre François Rousselet, qui était en même temps le frère de sa seconde femme, Jacqueline Rousselet, laquelle était alors chargée de soutenir les droits de son mari contre son frère.

Le mariage fut célébré, le samedi 16 juillet 1541 (.< en saincte église ». Les enfants issus de ce premier mariage furent tous présentés au baptême à Saint-André-des-Arcs (1) : 1“ le 4 juillet 1545, François (marraine : Jeanne de Prime, sa grand’mère, etc.). Il était mort avant le 5 août 1549; 2“ le 11 août 1559, Isaac (parrain : Antoine Mazelin, clerc suivant les finances, son oncle, etc.), inhumé dans la même église, le 2 août 1560 ; 3“ le 30 septembre de la même année, Catherine (parrain : Ga'spard Martin, maître barbier-chirurgien, beau-frère d’A. Paré; marraines : Catherine Briou, femme de Louis de Prime, marchand de vins, Marguerite Cléret (2) etc.), la seule qui vivait quand mourut sa mère, le 4 novembre 1573 (3).

Le deuxième contrat de mariage, en date du 31 décembre 1573, prouve que Paré dut songer à se remarier, moins de deux mois après la mort de sa femme. « Retenu souvent au dehors par les devoirs de sa profession, dit M. Le Paulmier, il n’avait guère le loisir de s’occuper de sa fille efde sa nièce Jeanne », qu’il avait adoptée. Sa seconde femme, Jacqueline

(1) Je m’étonne que contrairement à Jal, M. Le Paulmier ait choisi la nouvelle orthographe fautive. Arts, et plus encore que nos édiles, qui ont changé la dénomination de tant de rues, n’aient pas restitué à celle de Saint-André-des-Arcs son vrai nom. L’erreur est venue de ce que krc se prononçait autrefois Ar, comme aujourd’hui encore dans beaucoup de provinces.

(2) ftui n’a jamais été la femme d’Étienne Cléret. M. Le Paulmier s’est appuyé à tort sur cette copie certainement mauvaise : « Marguerite Cléret, femme de feu Étienne Cléret, et Jeanne de Prime;- » Il est évident que Étienne Cléret, étant mort, avant sa femme Jeanne de Prime, n’a pu se remarier. Au lieu de femme, c’est fille, ou sœur, ou nièce, qu’il fallait lire.

(3) (! Et le même jour fust son corps inhumé en la dicte eglise Sainct-Andre. » (Registres de la Paroisse.)

Rousselet, était fille de Jacques Rousselet « chevaulcheur ordinaire de l’escurie du Roy, du nombre des six yingts privilégiés bourgeois de Paris » et de Marie Boullaye. Ambroise Paré était devenu conseiller et premier chirurgien du roi et juré à Paris. Etaient présents, Robert Boullaye, secrétaire de M. le premier président de Dauphiné, cousin germain, W François Bouteroue, avocat en la cour du parlement et W Etienne Caillart, procureur en ladite cour. Paré était assisté de Hilaire de Briou, marchand, maître apothicaire et épicier, bourgeois de Paris, son voisin et son ami. « Les bancs furent publiés le 3 janvier 1574, en l’église Saint- Séverin(l), et le 18 eut lieu la célébration du mariage. Ont été ensuite successivement présentés au baptême à Saint- André-des-Arcs : 1» le 1& juillet 1575, Anne (marraine-; haute et puissante princesse Anne d’Este, femme de Jacques de Savoie, duc de Nemours et de Genevois (2) ; parrain ; Charles de Savoie, leur fils, âgé de huit ans) ; 2“ le 30 mai 1576, Ambroise (parrains : Charles de Mansfeld et M. le marquis d’Elbœuf, Charles de Lorraine ; marraine : Philippe de Montespedon, veuve du maréchal deMontejean, devenue prin-: cesse de la Roche-sur-Yon). Il mourut le lundi 13 janvier 1577 « et le même jour fut enterré en l’église Saint-André » ; 3" le 6 février 1578, Marie (une des marraines est sa grand’mère, Marie Boullaye, veuve de Jacques Rousselet); 4“ le 8 octobre 1579, Jacqueline, qui mourut le 13 septembre 1582 ét fut enterrée au cimetière de Saint- André; 5° le 12 février 1581,; Catherine (marraines : Barbe Rousselet, femme de Didier Martin, archer de la garde du corps du roi, et Catherine, sa sœur du premier lit, qui avait alors vingt ans passés, etc.). Le; 8, novembre 1583, Ambroise (Jacques Guilleraeau est un des parrains). Il fut enterré le. 19 août 1584, dans l’église Saint-André-des-Arcs, près le clocher. Paré avait alors soixante-treize ans. Il mourut sept ans après, le jeudi 20 décembre 1590, et le samedi 22, il fut « enterré dans l’église Saint-André-dès-Arcs à Paris,, au bas de la nef proche le. clocher». Après tout cela, qui pourra soutenir qu’il n’appar-.

(i) Paroisse de Jacqueline Rousselet.

(S) Leur aôtcl était situé rue Pavéo-Saint-André-des-Ares.

lenail pas à la religion catholique (I). M. Le Paulmier affirme le contraire sans tenir compte de cette grosse objec-^ tion. Mais n’anticipons pas.

Ambroise Paré eut à sa charge les enfants de ses deux frères. Jean, le chirurgien-barbier de Vitré, avait laissé en mourant un fds majeur, appelé Bertrand. Son oncle le fit venir à Paris, et suivant acte du 5 août 1549 {Archives nationales, Y 95, fol. 3 v") il lui donne, conjointement avec sa femme, la somme de 40 livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, à cette condition, toutefois, qu’ils mourraient sans enfants. On ne sait pas ce qu’il advint de ce neveu, qui ne lui donna alors que des ennuis, comme son beau-frère Antoine Mazelin. Ce dernier lui devait par obligation en date du 31 mars 154^, quarante écus d’or soleil, et vingt autres écus en certain brevet du 18 janvier 1550. 11 était commis de l’audiencier de la chancellerie de la Cour, en résidence à Tours,quand, pour payer ses dettes, A Paré fit vendre en 1550 les biens qu’il possédait, savoir ; l» le quart indivis de la maison située rue de l’Hirondelle oii pendait Penseigne de la ■Vache et dans laquelle demeurait Etienne Cléret avec sa femme Jeanne de Prime (2); 2“ le quart indivis d’une autre maison sise à Meudon, rue des Pierres ; 3" dix-neuf quartiers de vignes et une pièce de terre en divers lieux du territoire de Meudon. Il acheta le tout en payant les sommes réclamées par les créanciers, énumérées dans la pièce justificative n“ X, •qui se trouve.aux Arch. nat., Y 3451, fol. 259 (3). M. Le Paulmier ajoute : « Les trois autres quarts indivis appartenaient à Jeanne Mazelin, épouse d’A. Paré, à Catherine de Prime, femme de Pierre de la Rue, et à une autre sœur femme de Ch. Fournier. » Il oublie Méry de Prime, vendeur juré de vins, leur frère, qui avait évidemment un quart. De sorte que le quart indivis dont il est ici question, est celui de Jeanne et d’Antoine qu’ils tenaient de leur mère Jeanne de Prime, remariée à Etienne Cléret.

L’autre frère d’A. Paré, Jean le coffre tier-malletier de la

(1) Pai'mi ses amis ou protecteurs cités ici, on ne voit pas de protestants.

(2) La demeure d’A. Paré était alors au bout du pont Saint-Michel, sinon dans la maison qu’il donna à sa nièce Jeanne.

(3) Une fois pour toutes, j’avertis -le lecteur que les indications des Archives nationales sont empruntées à M. Le Paulmier. .

rue de la Huchelle, ii’êtait sans doute pas dans une situation bien prospère, puisqu’à la mort de sa femme Marie Perrier son beau-frère François Perrier, maître peintre, et ses belles’sœurs, Catherine Perrier, femme de Jean Nauquier, maître éperonnier,et Berthe Perrier, femme de Jean Mignon, maître peintre, renoncèrent en sa faveur à leurs droits de succession par actes passés en janvier 1550 {Arch. mt. Y 95 fol. 194 V», 195, 195 v«).

Je suis obligé de noter, à ce propos, une légère confusion faite par M. Le Paulmier, p. 59, au sujet de Claude Perrier, femme de Guillaume Guéau, maître peintre, qu’il dit être aussi une belle-sœur de Jean le coffretier. On ne voit rien de cela dans l’acte du 28 janvier 1562 (N. S.) par lequel A. Paré fait la concession viagère aux époux Guéau, d’un petit emplacement pour construire, dans la cour de sa maison des trois Mores, à l’entrée sur la rue des Augustiris {Arch. nat., Y, 103, fol. 65). Jean le coffretier était sans enfants de sa première femme. Il se remaria avec Marie de Neufville, dont il eut une fille, nommée Jeanne, encore mineure en 1577, et qui fut recueillie par les époux Paré, auxquels, dit M. Le Paulmier, « elle tint lieu des enfants qu’ils avaient perdus ». Ceci n’est pas tout à fait exact, car leurdeuxième fils Tsaac était encore vivant, quand « lel6janvier 1560, ils firent donation, à leur nièce Jeanne Paré, de la somme de cinq cents livres tournois à prendre sur les biens des donateurs pour en disposer lorsqu’elle serait mariée. Toutefois cette somme devait leur faire retour au cas où elle mourrait sans enfants » (Arch. mt., Y 101, fol. 160 v»).

Au moment de son second mariage, par acte du 9 janvier 1574 {Arch. nat., Y 122, fol. 500), son oncle lui faisait une donation qui devait faciliter son établissement. Il la maria ensuite à Claude Viart, maître chirurgien en la ville de Nantes, qui était venu habiter Paris. Le contrat est daté du 27 mars 1577 {Arch. nat., Y 122, fol. 499). Outre la maison promise avec les cent livres tournois de rente à sa nièce, A. Paré fit divers dons gracieux qui s’adressaient plus particulièrement à Claude Viart (1). Les nouveaux époux

(1) Un passage de ce contrat prouve que la traduction latine des (Buvres^ com- ‘plètes pour la troisième édition entreprise par Jacques Guillemeau, était déjà commencée.

yinrenl habiter leur maison, pour laquelle le brave Paré concéda encore par un nouvel acte, en date du 19 décembre 1577, les « veues, bées et couvertures » donnant sur la maison de la Vache, assurant ainsi à sa nièce la jouissance complète de sa nouvelle demeure (Arch. nat., Y 122, fol. 500). Jeanne Paré était veuve quand elle signa, le 16 mars 1584 une quittance qui se trouve à la Bibliothèque nationale {Pièces originales, 2195). Agée environ de trente ans, elle se remaria à « maître François Forest, natif d’Orléans, adjoint pour le roi aux enquêtes du Châtelet de Paris et clerc de M. le lieutenant civil. Le contrat fut signé le 29 novembre 1587 {Arch. nat., Y 129, fol. 444 v"). Le mariage fut célébré à l’église Saint-André-des-Arcs, lé 15 janvier 1588. Quinze mois après, le 20 avril 1589, fut baptisé à la même église, François, issu de cette union. Cet enfant ne vécut pas, «carie 11 mai suivant, François Forest et sa femme se firent donation mutuelle de l’usufruit de tous leurs biens » {Arch. nat., Y 150, fol. 187 v»).

De ses neuf enfants, A. Paré ne conserva que trois filles. Il fiança l’aînée, Catherine, fille de Jeanne Mazelin, au frère de sa deuxième femme, François Rousselet, trésorier de l’argenterie de Monseigneur, frère unique du roi (le duc d’Anjou) et secrétaire ordinaire de sa maison. Le contrat est

du 18 mars 1581. Etaient présents : Jacques Maréchal . et

Claude Viart, cousins ; Ch. Fournier, oncle maternel et subrogé tuteur de la future ; Pierre de la Rue, aussi oncle maternel; Louis de Prime, Antoine Portail, chirurgien ordinaire du roi, Jacques Quiquebœuf, cousins maternels, etc., amis de Catherine. Ceux du futur étaient ; Marie Boullaye, veuve de Jacques Rousselet, sa mère; Didier Martin, son beau-frère, etc., etc. {Arch. nat., Y. 122, fol. 415 v®). Le mariage fut célébré le 15 avril à l’église Saint-André-des- Arcs. Des huit enfants qui en naquirent, trois seuleinent furent baptisés dans cette église : 1® Florentin (24 juillet 1587, marraine : Jeanne Paré, veuve de Claude Viart) ; 3® Charles- (4 janvier 1590, parrains : Ch. Mazelin et Jacques Guillemeau, chirurgien juré; marraine*: Anne Paré, fille d’Antoine'Paré. — Antoine a été mis pour Ambroise); 6® Catherine (22 juillet 1599, marraine : la deuxième Catherine Paré, sa

tante). Les cinq autres, 2“ Nicolas, Boctobre 1588;4» Etienne

13 août 1594; 5" Marguerite, 13 janvier 1596; 7“ Denis’

14 octobre 1601 ; 8“ Henri, 14 mars 1605, furent peut-être baptisés à la paroisse de Fontenay en Brie (S. et M.), où se trouvait la ferme de Quinquampoix qui avait été donnée en dot à François Rousselet. Sa femme, Catherine Paré, avait apporté en dot les biens et droits provenant de la succession de sa mère. De là beaucoup tl’ennuis et de difficultés. A. Paré avait fait certains dons irrévocables à sa nièce Jeanne et à d’autres. Enfin sa fille et son gendre, qui était en même temps son beau-frère, refusaient depuis cinq ans d’accepter le compte de tutelle, et peu s’en fallut qu’un procès ne s’engageât. Le 27 mars 1586, fut signé un acte d’accord par-devant notaires {Arcli. mt., Y 127, fol. 428 v"). François Rousselet, qui était alors conseiller et contrôleur général de la maison de la reine de Navarre, tardant un peu trop à le faire enregistrer, A. Paré à son tour le fit citer le 14 mai 1586, pour entendre la sentence du Châtelet ordonnant l’insinuation de l’accord passé entre eux, et défendant audit Rousselet de procéder aux requêtes du palais (Ârch. nat., Y 127, fol. 431).

Le 1® juillet 1587, trois ans avant sa mort, A. Paré fit son testament. « Il donnait par moitié indivise à ses deux filles, Anne et Catherine, issues de son second mariage, une maison située rue Garancière, au faubourg Saint-Germain-des- Prés, et provenant de son partage avec Fr. Rousselet, son gendre et beau-frère (1). A Denis Gaultier il léguait son manteau de serge, ses instruments, etc., s’il était encore à son service au jour de son décès. » A propos de ce dernier legs, je dois ne pas taire une bonne action de Paré. « Par lettres patentes données à Cognac au mois d’août 1565 (2), dit M. Le Paulmier, le roi avait fait don à son chirurgien, et probablement sur sa demande, des biens de feu Jean Gaultier, natif de Saint-Paul, au diocèse d’Embrun, en Dau-

(1) Outre ses maisons de la rue de l’Hirondelle, sa succession comprenait encore un domaine situé à la Ville du Bois, près de Montlhéry (canton de Palaiseau).

(2) C’était à la fin de ce grand voyage de Charles ix à travers la France q dura près de deux ans. La cour partit de Fontainebleau le 13 mars 1564. Païe premier chirurgien, Chapelain premier médecin du roi, et Castel lan premier me e-

pbiiié, pédagogue et étudiant en l’université de Paris, décédé en cette ville en 1564, biens échus au souverain par droit d’aubaine, après une sentence des conseillers du trésor. Le 11 septembre suivant, une instance s’engagea entre le procureur du roi et Claude Gaultier, réclamant la succession de son frère en vertu d’un testament fait à Carpentras, le 6 août 1531. Le 5 octobre, la chambre du trésor, se fondant sur ce qu’il demeurait depuis plus de trente ans en la ville de Carpentras, terre papale, le débouta de sa demande. Le 26 octobre, Paré rétrocéda cette donation à Claude Gaultier, cardeur et piqueur de laines, demeurant en la ville de Carpentras au comté de Vénisse, près Avignon, pauvre homme aveugle âgé de soixante ans et plus, chargé de quatre enfants » (Trois pièces justificatives aux Arch. nat., II, 263, fol. 238 V®. — Chambre du domaine, Z 5277, fol. 78. — Y 109, fol. 4.)

Par un autre acte du 14 juillet 1559, le bonhomme Paré, coutumier des belles actions, avait fait donation irrévocable de quinze livres tournois de rente à Olive Arnoullet, âgée de six à sept ans, fille de maître Amy Arnoullet, médecin àSezanne, « en faveur des bons plaisirs qu’il lui a cy-devant faicts, de la preuve desquels il l’a rellevé par ces présentes » {Arch. nat., Y 100, fol. 240 v®).

Après la mort d’A. Paré, sa veuve alla habiter la maison de la Vache avec ses deux filles, Anne et Catherine. La première fut fiancée, le jeudi 4 juillet 1596, avec Henri Symon, conseiller du Roy et trésorier principal de l’extraordinaire des guerres en Bourgogne et Nivernais, demeurant en la paroisse de Saint- Etienne-du-Mont. La filleule de la princesse Anne d’Este, est celle qui, l’an 1599, près de périr d’une hémorrhagie pendant le travail de l’accouchement, fut sauvée par J. Guillemeau {U heureux accouchement des femmes, liv. II, ch. xiii), comme je l’ai dit dans mon premier travail. L’enfant qui vint ainsi au monde, ne vécut pas, puisque le 18 juillet 1616, Henri Symon, receveur général des finances à Paris, et Anne Paré, sa femme, « n’ayant à présent aucuns enfants » se firent donation mutuelle de tout ce qu’ils posséderaient au moment de leur mort {Arch. nat., Y 157, fol. 126.)

Anne Paré avait eu en dot le domaine de la Ville du bois près Monllliéry, car, le 14 avril 1617, par acte passé à Paris, les époux Symon, qui demeuraient alors rue des Prouvaires paroisse de Saint-Eustache, en firent don à leur sœur, Catherine Paré, femme de Claude Hédelin, conseiller du Roi, lieutenant civil et criminel au duché de Nemours et châtelenie de Château-Landon (Arch. nat., Y 158, fol. 88 v"),' Cette donation fut ratifiée par acte du 25 avril 1617 {Arch. nat., Y 158, fol. 89 v»).

La première Catherine, veuve de François Rousselet, « décéda le 21 septembre 1616, environ une heure après-midi, en sa maison size rue de l’Hirondelle, portant l’enseigne de la Vache ». Jacqueline Rousselet, veuve d’Ambroise Paré, qui habitait avec elle, était morte le 26 juin 1600, et avait été inhumée le jour suivant à l’église Saint-André-des-Arcs.

La deuxième Catherine avait épousé à la même église, le 29 septembre 1603, Claude Hédelin, conseiller en la chambre du trésor, qui alla se fixer à Nemours vers 1610. Sa généalogie est avec les papiers de famille au château de Paley. H mourut le 18 avril 1638 ; sa veuve, le 11 novembre 1659. Ils furent enterrés l’un et l’autre dans la chapelle Saint- Pierre de l’église Sain-Jean-Baptiste de Nemours. De leurs douze enfants, l’aîné François (1604-1676), né à Paris, fut le fameux abbé d’Aubignac, favori du cardinal de Richelieu. Le cadet, Anne (1611-1692), né à Nemoui's, prit la charge de son père en 1634. Jacques (1614-1704); Claude, tué à la bataille de Coblentz ; Henri, tué au siège de Carrue en Italie, en 1640; Michelle, qui épousa, le 3 mars 1631, Claude des Barres et, en deuxièmes noces, Louis Chapotin ; Madeleine, religieuse ; Marie, morte en couche ; Geneviève, religieuse de Notre-Dame de Nemours; Catherine, morte fdle le 23 février 1673 ; Jeanne, qui épousa Jacques Langlois, commissaire des guerres. « Le nom d’Hédelin s’est éteint à Nemours il y a quelques années seulement; mais cette famille compte encore des représentants », les propriétaires mêmes du château de Paley.

Les maisons d’Ambroise Paré, celle qu’il avait donnée à sa nièce Jeanne, mariée à Claude Viart,la maison de

la Vache, et celle des Trois-Mores, qu’il habitait eu dernier lieu, étaient situées en avant de la fontaine actuelle de la place Saint-Michel, Elles se touchaient toutes (voy. le plan dressé par M. Le Paulmier,p. 172). La maison des Trois-Mores était considérable. Derrière y attenait une grande cour qui avait une sortie sur la rue des Augustins, entre les maisons de Guillaume Guéau et de François Perrier. Immédiatement à côté, rue de THirondelle, était la maison de la Vache, avec une cour au bout de laquelle se trouvait la maison de Jeanne Viart, qui avait son entrée par un passage sur la place du pont Saint-Michel. Le coin de la rue de l’Hirondelle était occupé par la maison de Prime, contiguë à la maison de la Vache. Je me suis donc bien trompé dans mon premier travail, quand j’ai supposé que la demeure d’A. Paré était rue de l’Hirondelle, immédiatement au bas de l’escalier actuel, à droite. C’est là qu’était le logis donné par François P'' à la duchesse d’Etampes.

Mais je maintiens, avec Malgaigne et Jal, que maître Ambr-oise Paré n’était pas huguenot. Sa sépulture de famille, dans l’église . Saint- André-des-Arcs, sa paroisse, suffit à le prouver. Cet argument est sans réplique. Il n’en est pas de même pour celui que fait valoir M. Le Paulmier. Il est tiré d’un passage de la. Responce de maître Ambroise Paré, premier chirurgien du roy, aux calomnies d'anciens médecins et chirurgiens touchant ses œuvres (1575) : « 24. Par cette histoire que je fais de moi, citée page 939, je l’ai escrite afin que si aucun avait esté empoisonné, il peust se secourir par tels remèdes. Au reste, méchamment nos ennemis ont voulu tirer ce mot de Religion en conséquence, pour me mettre en haine envers tous les gens de bien ; car il a été cité par moy pour ne me glorifier avoir suivi telle opinion, mais seulement de peur que le lecteur ne pensast que j’eusse commis quelque hault crime qui touchast ou la vie ou les biens de quelqu’un, puisqu’on avait attenté sur ma vie. Et moins Paye cité en intention de monstrer qu£ ceux qui suivent la saincte Eglise catholique et romaine abusent de moyens illicites pour se deffaire de leurs ennemis. Car je déclare présentement et est tout certain, que tel empoisonneur estait ny d’une ny d’autre religion, ains seulement

libertin et sans aucune crainte de Dieu. » Je connaissais ce passage queM. LePaulmier croit avoir découvert, et qui, suivant moi, n’a pas du tout l’évidence qu’il lui donne. Il y a là matière à discussion. J’ai pensé que le grand chirurgien était à ce moment pour le parti de la réforme contre l’intolérance catholique, et je rappelle ma conclusion ; « Quand A. Paré raconte la tentative d’empoisonnement dont il a été victime après la prise de Rouen, il veut qu’on sache bien que c’est pour la religion et non pour autre chose. »

Je n’ai pas à parler longuement des voyages dont A. Paré donne lui-même, sans ordre, la relation dans la grande Apologie (édition de 1585 des Œuvres complètes). M. Le Paulmier a mis toutes les choses à leur place avec une clarté parfaite. Il rectifie, comme je l’avais fait moi-même, la date du voyage de Turin avec le maréchal de Montejean, 1537 au lieu de 1536, et une autre encore, 1542.au lieu de 1545, pour le voyage de Perpignan avec René de Rohan. Malgaigne aurait eu le tort de placer l’entrevue de Paré avec Sylvius après ce voyage. A propos du voyage de la bataille de Moncontour, M. Le Paulmier donne de curiemv détails, pris aux Mémoires du maréchal de Rassompierre, sur les blessures de trois colonels, proches parents, qui furent frappés aumême bras et au même point, le coude droit, p. 71 et 72.

Ambroise Paré avait commencé ses études chirurgicales probablement à Angers. Il vint ensuite à Paris. Il était compagnon, chirurgien (c’est-à-dire étudiant) en 1533, à l’Hôtel- Dieu, où il est resté trois à quatre ans. Ses études terminées, mais n’ayant pas encore pris de grade, il part comme chirurgien de M. de Montejean. Il devait avoir vingt-sept ans. C’est à son retour qu’il prépare ses examens de barbier, avec son ami Thierry de Héry. Ils furent reçus tous les deux en 1541, sous le second décanat de Claude Roger. M. Le Paulmier en a trouvé la preuve dans les Commentaires de la Faculté, t. V, fol. 171.

Après de brillantes campagnes, parvenu à une haute situation, A. Paré, devenu chirurgien ordinaire du roi, comprit qu’il lui fallait changer son titre de barbier en celui de maître en chirurgie. Grâce à la protection de son ami Etienne de La

Rivière, le 18 décembre 1554, il faisait partie du Collège des chirurgiens. La supplique est du 18 août. Les registres de l’illustre corporation sont perdus, mais M. Le Paulmier a trouve dans le troisième volume de VHistoire de la chirurgie de Peyrilhe, dont le manuscrit appartient à la bibliothèque de l’Académie de médecine, les procès-verbaux qui ont rapport à la réception de Paré. Il publie pour la première fois in extenso ces précieux documents (p. 43 à 49). Maître Ambroise dut apprendre un peu de latin, etc., etc. « Le 1®‘‘ janvier 1562, il prête serment comme premier chirurgien du roi, au lieu et place de feu maître Nicole Lavernot. 5> M. Le Paulmier a trouvé aussi dans les Commentaires (t. VII, fol. 151) la tentative, faite par Paré en 1567, de détacher les chirurgiens de la Faculté de. médecine, pour les subordonnera l’aiitorité du premier chirurgien du roi. Il trouva une vive opposition de toute part, et surtout des médecins, qui soutinrent les barbiers.

Dans ses trois premiers ouvrages, publiés en 1545, 1550, 1552, A. Paré a le simple titre de barbier-chirurgien à Paris. Il est chirurgien ordinaire du roi et juré dans la Méthode curative des plaies et fractures de la tête humaine, etc., et Y Anatomie universelle du, corps humain, etc., qui portent la date 1561 (1). J’avais dit que Malgaigne s’était trompé en mettant ce dernier avant l’autre. M. Le Paulmier, s’embrouillant dans la rectification des dates (ancien style), fait la même erreur. En voici la preuve. A la fin de Y Anatomie universelle, p. cclxxvii, Paré dit : « Cest endroit finira le présent traité, lequel, si je connais être bien reçu, je m’efforceray en faveur de tous mes amis mettre en bref une pratique générale de toutes les parties du corps, ainsi que fai fait au livre des play es de la tête humaine ; et donnerai les portraits des instruments nécessaires selon qu’il sera requis, tant aux maladies qu’à chacune partie offensée... »

. Au sujet des cinq livres de chirurgie publiés en 1572, chez A. Wœchel (2), M. Le Paulmier, qui croit cette édition

(1) Lb privilège est du 8 octobre 1559, donné à Blois par François II. Le ‘même, pour les deux ouvrages.

(2) Le privilège accordé à maître A. Paré... pour neuf ans, à partir du 4 mai 1568, était celui du Traicté de la peste, de la petite vérole et de la rougeole, avec une briefve description de la lèpre, paru on 1568.

perdue, aurait pu, s’il avait considéré un peu ma brochure trouver le volume à la Bibliothèque nationale (Te 37, 3). ii contient, en effet, au chapitre xlv du livre des luxations, une Apologie touchant les harguebusades, dirigée contre Julien Le Paulmier, docteur régent de la Faculté de Paris, qui avait publié en 1569 un Traicté de la nature et curation des playes de pistolle, harquebouses et autres bâtons à feu, où la pratique chirurgicale de Paré était critiquée, notamment pour les blessés de Rouen, de Dreux et de Saint-Denis. Un anonyme répondit pour Julien le Paulmier. Le 20 mars parut le Discours des arquebousades en forme d’épistre, pour répondre à certaine apologie publiée par Ambroyse Paré, par J.-M. compagnon-barbier, Lyon, 1572. Ce libelle injurieux devait rester sans réponse.

Je n’insisterai pas non plus sur le procès que le célèbre auteur eut à soutenir contre la Faculté de médecine, qui mit opposition à la vente de la première édition des Œuvres complètes, 1575. Avant le docteur Le Paulmier, j’en ai donné tons les détails, d’après le huitième volume des Commentaires, pour prouver que, « contrairement au dire de M. Cliéreau, nous avions les œuvres de maître Ambroise Paré dans toute leur originalité première ». M. Le Paulmier a trouvé de plus aux Archives nationales (X''^ 5058, fol. 405 v“) le texte de l’arrêt du Parlement i*endu à huys cloz le jeudi 14 juillet 1575. J’avais aussi donné tout au long ce que nous apprennent les Commentaires (VHP vol., fol. 98 v" et fol. 102) au sujet de la deuxième édition des Œuvres complètes, 1579, que l’irrascible Faculté chercha vainement à censurer, et de l’édition latine de Jacques Guillimeau, 1582, dont elle ne voulut pas non plus accepter le titre (YIIP vol., fol. 166 et 167 v°).

Dans quelques indications bibliographiques M. Le Paulmier dit, p. 131, que la septième édition des Œuvres complètes, parut d’abord chez Barthélemy Macé. «Mais, soit par suite de la mort de cet éditeur, soit à cause de quelques difficultés survenues entre lui et les héritiers de Paré, ceux-ci s’adressèrent à Nicolas Buon..., qui substitua simplement son nom et conserva la même date, sans faire le moindre changement au reste de l’ouvrage. » M, Le Paulmier

aurait pu voir dans mon premier travail qu’il en a été de même pour la sixième édition, 1607, dont l’exemplaire de Hicolas Buon est à la Bibliothèque de l’Ecole de médecine, et celui de Barthélemy Macé à la Bibliothèque nationale (Td 72, 1, B). Le privilège, comme je le faisais remarquer, est accordé le 10 janvier 1607 à Nicolas Buon pour dix ans. Dès lors l’explication est toute simple. N. Buon a imprimé les deux éditions, et il s’est entendu avec son confrère B. Macé, qui désirait avoir un frontispice en son nom. C’est pour cela que j’avais appelé ces éditions posthumes, celles des deux éditeurs.

M. Le Paulmier décrit en terminant les portraits de Paré. D’abord le portrait peint qu’il a vu au château de Paley, 60 centimètres de hauteur sur 46 centimètres de largeur. En buste, de trois quarts, tête nue tournée à droite; pourpoint de velours noir; cheveux gris, rares et courts; barbe entière, peu fournie, primitivement châtain; yeux vifs de couleur jaune brun; nez un peu gros, arrondi du bout; le cou entouré d’une collerette gaufrée, bordée d’une dentelle et montant très haut. A gauche, au-dessus de l’épaule droite, se voit la date 1575en chiffres ‘dutemps. En bas, sur la peinture même, on a ajouté au siècle dernier ; Ambroise Paré, I" chirurgien du Roy. Inutile d’appuyer sur l’authenticité de ce portrait. Il n’en est pas de même pour celui que possède l’Ecole de médecine de Paris (1). Il représenterait, selon M. Le Paulmier, un autre personnage. C’est aller un peu loin. Mais je ne crois pas qu’il ait été peint en 1570, ni même du vivant d’A. Paré.

Les portraits gravés qui ornent les ouvrages de Paré sont intéressants à plus d’un titre. Il était facile de les classer avec mon premier travail, et je crois que M. Le Paulmier aurait évité quelques erreurs s’il s’en était servi.

1. Les deux ouvrages publiés en 1561, à Paris, chez Jean Le Royer, La méthode curative des playes et fractures de la tête humaine et L’anatomie universelle du corps humain, ont le même portrait en buste, tête de profil, cadre ovale autour duquel on lit : Labor improbus omnia vincit, et au

(1) Sur tuile, à iiii-corps, grand comme nature, pose théâtrale.

bas A. P. — AN, ÆT. 45. Ambroise Paré est représenté comme il était en 1555 : cheveux fournis, courts, barbe entière et courte. M. Le Paulmier trouve ces deux portraits différents l’un de l’autre. Il aura vu quelque reproduction infidèle.

Trois ans après, 1564, dans dix livres de chirurgie, Paris-, chez le même libraire, le même portrait est gravé de nouveau. Quatre boutons au pourpoint au lieu de cinq, pas de cadre. La devise : Laror improbus omnia vincit est placée au-dessous du portrait avec l’inscription A. P. — AN. ÆT.48. Puis un R et un B emmêlés, le monogramme de René Roivin probablement. M. Le Paulmier a mis seulement un R, conservant ainsi la faute d’imprimerie de l’édition de Malgaigne.

Le même portrait, en buste, de profil, remis dans un cadre ovale tout à Mt pareil au médaillon de 1561, se retrouve en tête des cinq livres de chirurgie, 1572, et des deux livres DE CHIRURGIE : 1“ de la génération de l’homme, des monstres, 1573, publiés chez André Wécbel. Le graveur a changé seulement le chiffre de l’âge : A. P, — AN. ÆT. 55. Il aurait mieux valu conserver le chiffre 45, puisque c’est le même portrait. Seuls, les poils du menton ne sont pas recourbés en avant, comme dans l’estampe de 1561.

IL La première édition des Œuvres complètes, 1575, donne un nouveau portrait, qui est reproduit dans la deuxième édition, 1579, De forme carrée, sans signature, en buste, de profil tourné à droite, la main gauche ouverte sur le devant de sa poitrine, pourpoint rayé. Paré est âgé de soixante-cinq ans, comme le montre la date du même portrait de la deuxième édition, Ætatis suce 65. L’édition latine, 1582, qui a été faite sur l’édition de 1579, porte Ætatis suæ 68, sur un portrait analogue à ceux que je vais décrire (1). Le graveur s’est réglé sur l’indication fautive de la deuxième édition. Il aurait dû mettre Ætatis suæ 72.

III. En 1582, parut en tête du Discours de la mumie, des VENINS, de la licorne ET DE LA PESTE, le superbe portrait, plus grand, presque â mi-corps, tête de trois quarts tournée

(1) C’est peul-êlrc un preuûer eseai de Vallée.

à droite, six boutons au pourpoint, ceinture, manteau jeté sur l’épaule gauche. En haut, sur une tablette à gauche : ANNO ÆTATIS 72, 1582, et au-dessous S. F. (Stephanus DelMilne fecit, nous dit M. Le Paulmier). L’artiste qui l’a gravé s’est servi du tableau conservé au château de Paley. Le distique d’Alexis Gaudin, in effigiem Paræi :

Quæ Ubi sit fades, satis hœcpictura docebit;

Doctrines facient, sed tua scripta fidem.

ne se trouve que sur ce portrait-là. Tous les autres ont le distique plus connu de J. Héroard :

Humanam Ambrosn verè hœcpictura Paræi Effigiem, sed opus continet Ambrosiam.

La reproduction assez exacte de la gravure d’Etienne Delaulne, signée Guillis Horbeck, avec cette tablette : ANNO ÆTATiS 75, 1584, orne la sixième édition de 1607 et la huitième de 1628. Cette reproduction existe encore sous deux états. L’une se distingue à la signature 1. R. placée à côté de la tablette ANNO ÆTATIS 75, 1584. L’autre, de date plus récente, quoique signée S. F. comme l’original, porte en haut à droite, au-dessous du distique connu de J. Héroard (1) : Hic fuit consiliarius et chir. primar. 4 Regim Galliæ.

C’est à propos du pprtrait gravé le plus répandu, signé À. Vallée, que M. Le Paulmier s’est le plus trompé. 11 a été fait pour l’édition de 1585, la quatrième, celle que j’ai appelée par excellence, revue avec soin par A. Paré. Ce fut pour lui la dernière. Les autres sont des éditions posthumes. Sur la petite tablette il y a : ANNO ÆTATIS 75, 1585, et audessous A. VALLÉE. Je ne crois pas que Vallée ait copié Etienne Delaulne. Sa gravure a été faite aussi d’après le tableau du château de Paley. C’est pourquoi ces deux portraits gravés sont presque pareils. Si Vallée avait copié, il n’aurait

(1) Le graveur a mal copié le mot Ambrosiam écrit en grec.

pas songé à mettre un bouton de plus au pourpoint. Il y a bien d’autres différences d’exécution plus faciles à saisir.

Le portrait d’Alexandre Vallée, qui avait été adopté par Ambroise Paré lui-même, se retrouve dans la première édition des œuvres posthumes (1598), dans l’une des éditions des deux éditeurs (1614), la septième, et ensuite plus grossièrement gravé dans les éditions de Lyon, neuvième (1637), dixième (1641), onzième (1652), douzième (1664).

Le portrait (VI) avec le distique (connu) et trois croix entre les mots du premier vers, indiqué par M. Le Paulmier, n’est pas une copie aussi ancienne qu’il le croit.

Je n’ai rien à dire du portrait AN. ÆT. 68, 1581, avec le monogramme L. G. qui se voit sur les premières œuvres de Léonard Gaultier, très mauvais portrait, non ressemblant, comme dit M. Le Paulmier, ni du n“ 105 de la Chronologie collée. Cette collection de 144 portraits de plusieurs hommes, illustres qui ont figuré en France depuis l’an 1500 jusqu’à présent (1636) est attribuée également à Léonard Gaultier.

Le livre admirable de M. le docteur Le Paulmier contient encore, en appendice, l’histoire de Julien Le Paulmier et d’Antoine Portail, faite aussi d’après des documents nouveaux, avec le même soin et la même sûreté. Mais je m’arrête. Cette revue critique est attendue, et je mettrais beaucoup trop de temps à étudier ces deux personnages, dont le premier fut un des adversaires d’Ambroise Paré, et l’autre son ami et son parent. Antoine Portail, en épousant, vers 1558, Jacqueline de Prime, fille de Méry de Prime, était devenu le cousin de Paré. II lui succéda comme premier chirurgien du roi.

D" E. Turner.

Bohrloton. — Imprimeries rdunies, A, rue Mignon, 2, Paris,

LA

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