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LES AUTEURS

Le premier auteur qui s’est servi en partie des planches de Vésale est un Espagnol qui mérite à peine d’être nommé. Le titre de son ouvrage, Libro de la anathomia del hombre, nuevamente compuesto por el doctor Bernardino

Montana de Monserrate . Impreso en Valladolid en. casa

de &. Martinez y ano de 1551, est trop long pour l’écrire tout

entier. C’est assez de la traduction : « Livre de l’analomie de l’homme, nouvellement composé parle docteur Bernardin Montagna de Monserrat (en Catalogne), médecin de Sa Majesté, très-utile et nécessaire aux médecins et chirurgiens qui veulent être parfaits en leur art, et agréable à tous ceux (los otros hombres discretos) qui aspirent à savoir les secrets de la nature, Dans ce livre il est traité de la structure et de la composition (fabrica y conipostura) de l’homme, de la manière dont il est engendré, comment il naît, et des causes pour lesquelles il doit nécessairement mourir; conjointement avec une exposition (declaracion) d’un songe qu’eut {que sono) le très-illustre seigneur Don Luys de Mendoça, marquis de Mondejar, etc., placé à la fin de cet ouvrage, lequel songe, sous une forme amusante, traite brièvement de ladite structure de l’homme, avec tout le surplus qui est contenu dans cet ouvrage, dédié audit seigneur marquis. » Avec le privilège impérial, imprimé au dos du litre et signé Juan Vasquèz.

C’estun petit in-folio de 135 feuillets, qui donne douze figures sur lesquelles nous allons revenir. Je dois dire d’abord que le titre est surmonté d’une sorte d’écusson sur lequel est écrit : AYE MARIA, BVENA GVIA (bon guide). Après les tables, la lettre dédicatoire au seigneur Don Luys Hurtado de Mendoça, marquis de Mondéjar, avec ses autres titres, comte de Tendilla, seigneur de la ville de Almoguera. et de sa province, des conseils de guerre et d’état de Sa Majesté, et son président dans le conseil des Indes, etc. Il n’y est pas question de Vésale. Le premier livre, divisé en deux parties, contient 73 feuillets, et le deuxième, avec 129 feuillets, a un titre à part : c’est le dialogue entre le marquis et le docteur concernant la conception igeneracion), la naissance et la mort de l’homme.

A la fin sont quelques figures nécessaires pour entendre plus clairement les choses les plus importantes qui ont été traitées dans le livre précédent (passado) de l’anatomie de l’homme, comme on l’avait promis. Ce sont des gravures sur bois. Les trois premières (fig. I, Il et IX des muscles de Vésale) ne sont pas trop mal reproduites, quoique trop petites (16 centimètres de hauteur); les trois suivantes, les veinei, les artères et les nerfs de tout le corps, sont de plus en plus mauvaises, le dernière surtout est d’une fantaisie incroyable : on reconnaît la planche de Vésale, bien que le dessinateur ait ajouté unetête, et quelle tête! Les deux planches qui essayent de donner une idée des cavités thoracique et abdominale ont les contours des figures de Véshle, mais les organes contenus sont impossibles. La planche des sept paires

cérébrales est un peu moins mauvaise. Le squelette vu de face avec sa bêche, le premier de Vésale, est assez bien dessiné. Le squelette vu de dos est horrible ; il a été emprunté à Béranger de Carpi, ainsi que la main et le pied qui viennent ensuite.

Ambroise Paré est véritablement le premier et le seul auteur qui se soit servi convenablement des planches de Vésale. Il en a pris des fragments pour ses démonstrations anatomiques, et il les a reproduits exactement sans les diminuer ; ainsi dans la première partie de sa « Méthode curative des plaies et fractures de la teste humaine. . . , par M. Ambroise Paré, chirurgien ordinaire du roy et juré à Paris, 1561, se trouvent dix-neuf figures, « lesquelles, dit-il dans l’avertissement au lecteur, j’ai extrait du livre d’André Wésal, auquel la république est grandement atténué, tant pour sa grande diligence que pour les grands frais qu’il a soutenus en l’œuvre de son Anatomie ». Cette première partie contient cxiv feuillets et a pour titre ; L’anatomie de la Teste humaine, illustrée par les figures de ses parties. La première figure est, en effet, la première du VIP livre de Vésale, à la page 755 de l’édition de 1555; la seconde aussi, p. 757; la troisième, p. 767; la quatrième, p. 760; la cinquième, p. 511 ; la sixième, p. 761 ; la septième, p. 766; la huitième, p. 771 ; la neuvième, p. 512; la dixième, p. 221 ; la onzième, p. 224; la douzième, p. 285; la treizième, p. 523 ; la quatorzième, p. 43; la quinzième, p. 238; la seizième, p. 246; la dix-septième, p. 248; la dixhuitième, p. 221 (répétée); la dix-neuvième, p. 232. Ce sont aussi de fort belles gravures sur bois très-fidèiement reproduites. Elles sont coloriées dans le magnifique exemplaire de la Bibliothèque nationale.

Cet ouvrage, qui avait été achevé d’imprimer le 28 février 1561, a été refondu dans un autre, publié peu après, la même année : Anatomie universelle du corps humain, composée par A. Paré, chirurgien ordinaire du roy et juré à Paris, reveue et augmentée par ledit auteur, avec I. Rostaing dM Bignosc, Provençal, aussi chirurgien juré à Paris. C’est un in-8 'de cclxxvii feuillets sans les dédicaces et la table. Dans l’avertissement au lecteur, il parle encore des figures « de l’invention desquelles je ne me veuil pas par une gloire desmesurée si hautement eslever, que je n’en reconnaisse une bonne part extraite du livre d’André Vésale, homme autant bien versé en ces secrets qu’autre de notre temps, ainsi qu’en mon espitre des playes de la teste je. te l’ai voulu aucunement dissimuler. »

L’anatomie générale de tout le corps humain, illustrée des

figures de ses parties, a été divisée par A. Paré en quatre livres. Ils ont été reproduits exactement dans les œuvres complètes, texte et figures.— Le premier livre donne les figures du V' livre de Vésale (organes de la nutrition et de la génération); les parties naturelles contenues dans le ventre inférieur, treize figures qui se trouvent dans l’édition de Vésale de 1555 aux pages 555, 556, 568, 569, 561, 567, 572, 577, 575, 392, 505, 581 . — Le deuxième livre, lequel contientles parties vitales, contenues dans le thorax, nommé des Français poitrine; trois figures des veines, des artères et de la trachée artère ou chiflet, p. 450, 483, 523. — Le troisième livre, contenant les parties animales situées en la teste. Dix figures, pages 755, 757, 767, 760, 761, 766, 511, 512, 771, 526; cette dernière est la spinale médulle. — Le quatrième livre, auquel sont contenus principalement les muscles et les os de tout le corps avec descriptions de toutes les autres parties des extrémités. Dix-huit figures, pages 203, 205, 241, 173, 71, 161, 221, 224, 232, 285, 244, 246, 238, 240, 248, 527. Quelques-unes de ces planches, destinées à des vues d’ensemble des os, des vaisseaux et des nerfs, ont été réduites à de petites dimensions, p. 581, 450, 483, 71, 527, 203, 205. Celles qu’A. Paré a fait dessiner lui-même et qui ont été ajoutées à celles de Vésale, deux au commencement et deux à la fin de son livre, sont aussi beaucoup trop petites, surtout les dernières, celles qui ne sont disséquées que d’un côté.

Quelques figures des os d’après Vésale se trouvent encore dans t^iæ livres de chirurgie, 1564, et cinqlivres de chirurgie, 1572. Deux in-8 qui sont la Bibliothèque nationale.

Ces fragments des planches de Vésale, si bien reproduits par Ambroise Paré, se retrouvent dans les livres d’anatomie et de chirurgie de foutes les éditions de ses œuvres complètes : Paris, 1575, 1579, 1585-, 1598, 1607, 1614, 1628; Lyon, 1633, 1641, 1652, 1664, 1685. Et aussi dans la traduction latine de Jacques Guilleraeau ; Paris, 1582; Francfort sur le Mein, 1594. De même dans la traduction en langue néerlandaise : Amsterdam, 1615, 1636. La traduction anglaise par Th. Johnson : Londres, 1634, 1678, donne les planches de Vésale d’après Valverde, et surtout d’après Félix Plater. Je , ne connais pas de traduction allemande.

Les planches empruntées à Vésale par A. Paré illustrent L’anatomie pacifique nouvelle et curieuse, conforme à la doctrine d’Hippocrate et de Galien, qui donne les moyens d'accorder les récents avec les anciens par des expériences nouvelles, principalement touchant les actions du cœur e t

despoulmons,parD. Fournier, ilf. C. juré à Paris, chez l’auteur, rue desEcouffes, Au divin Hippocrate, et chez Sébastien Cramoisy, rue Saint-Jacques. Je croirais volontiers que pour les figures de ce livre on a utilisé les bois mêmes d’Ambroise Paré. Si l’on veut bien se reporter à la dernière édition de Paris des œuvres complètes, 1628, on verra qu’on a aussi conservé les en-tête aux armes royales et une partie de l’encadrement du titre de cette édition.

Les ouvrages d’anatomie de Jacques Sylvius, l’ennemi acharné de Vésale (4478-1555), de Jean Fernel (1506-1558), de Léonard Fusch (1501-1566) n’ont pas de planches. Realdus Colombus (-p 4559), Gabriel Fallope (1522-1562), Jérôme- Fabrice d’Aquapendente (1537'1619), successeurs du grand anatomiste dans la chaire de l’université de Padoue, n’ont pas cru devoir en donner après lui (1). Ingrassias (1510-1580), Arantius (1530-1589), Cabrol ont fait de même. G. Varole (1543-4575), emporté par une mort prématurée, n’a laissé que deux figures dans le livre publié par J.-B. Cortesius , Anatomia sive de resolutione corporis humani libri IV, Padoue, 1575 (ce que M. Chéreau appelle une anatomie ornée d’excellentes figures!) (Dict. encycl. d. sc. m., t. IV, p. 226). Les quatre planches d’Archange Piccolomini : Anaiomiæ prœlectiones, etc., Rome, 1586, fol. 414, sont insignifiantes. Je reviendrai sur celles d’Eustachi, l’émule de Yésale, qui sont restées ensevelies dans l’obscurité depuis 1552 jusqu’en 1714, époque à laquelle elles furent découvertes et publiées par Jean-Marie Lancisi, méde«in du pape Clément XL

Volcheriis Coïter, élève de Fallope (1534-1576), dont l’ouvrage Externarum et internarum principalium humani

corporis partium tabulœ . Norinbergæ, 1573, gr. in-foL,

contient de grandes .et belles figures représentant le crâné, des squelettes de fœtus et de singes, n’a emprunté que deux planches à Vésale ; le squelette vu de face, dont la bêche a été remplacée par une faux, et le squelette, vu de dos, aux, mains jointes.

John Banister, dans sa compilation The History of man, etc., London, 1578, fol. min. 112 feuillets (exemplaire à la Bibliothèque Mazarine, n° 4477), donne seulement cinq planches, toutes empruntées à Vésale ; le squelette de face avec la bêche ; le squelette aux mains jointes, f. 38 ; la pre -

(1) Les planches de Fabrice sont relatives aux organes des sens et ne regardent pas seulement l’anatomie humaine.

mière planche des- muscles, f. 41 ; la neuvième (partie postérieure), f. 63, et la planche des instruments de dissection, tout à fait à la, fin du volume. Elles sont un peu réduites dans leurs dimensions mais fidèlement copiées, quoi qu’en dise Douglas (ouvr. cit., p. 145).

Jacques Guillemeau (1550-1609), qui avait publié en 1582 l’édition en latin des œuvres complètes d’Ambroise Paré, son maître, avec les fragments des figures de Vésale, se sert de la contrefaçon de Valverde pour illustrer son propre livre : Tables anatomiques avec les portraicts et déclarations dTcelles, ensemble une démonstration de cinq cents maladies diverses ; au Roy , par Jac. Guillemeau,- d'Orléans, chirurgien du Jioy et juré à Paris. Chez J. Charron, à VArche, rue Saint-Jacques, 1586. Petit in-folio de 106 pages. Le titre est renfermé dans l’ovale d’un frontispice très-orné et fort bien gravé : Hippocrates à gauche ; Galenus à droite; au-dessus, CHIRVRGIA; autour, quatre petits tableaux avec chacun un animal approprié aux quatre éléments : aer (caméléon), aqua (dauphin), ignis ( ? ), terra (taupe); quatre figures allégoriques pour les quatre humeurs; sanguis (Vénus), pituita (Diane), choiera (Mars), melancholia ( ? ) ; enfin, au-dessous, l’arche avec cette

inscription : Hic salus. Après la dédicace « au Roy » est une longue pièce de vers d’A Paré à la louange de Guillemeau, son élève pendant huit années; j’en détache seulement ce passage :

Toi de nouveau, ayant enrichi tes propos De visibles portraicts, tailles ingénieuses.

De figures et traicts de mains industrieuses,

Sans y rien espargner : en cela beaucoup mieux Tu contentes l’oreille et l’esprit et les yeux.

Ainsi pour le loyer que tu as mérité.

Toujours loué seras de la postérité!

Après d’autres éloges en vers français et latins, vient un beau portrait de Jacques Guillemeau par A. Vallée, le peintre qui avait fait celui d’Ambroise Paré, la même année 1585. Le portrait de Guillemeau porte ; Anno œtatis 35; celui d’Ambroise Paré ; Anno œtatis 75.

Dans l’avertissement au lecteur, Guillemeau nous apprend que longtemps auparavant il avait résumé l’anatomie eri six tables « illustrant le tout par portraicts convenables, mis chacun en son ordre et lieu, avec une ample déclaration et illustration d’iceux, lesquels pour la plupart j’avais fait tirer

sur les planches et dessins de Vésale. C’est à l’imitation des mouches à miel, dit-il, qui tirent des fleurs la plus douce liqueur, et de Galien, qui confirme avoir rédigé en Epitotne les Commentaires que Marinus avait faits de la dissection du corps humain, qu’il a composé son ouvrage. » h’Anatomie universelle du corps humain en tables méthodiques... est divisée en 7 livres, avec 19 planches d’après Valverde. Livre I (os) : planche 1, squelette de face avec un bâton au lieu de bêche ; planche 2, squelette de profil, planche 3 des os séparés. Livre II (ventre inférieur) ; quatre planches, la troisième est la femme grosse (Vénus marine). Livre III (Veines) : une seule planche, celle de l’Epilome, avec les organes séparés, maladroitement inversée, de sorte que le cœur est à droite, le foie à gauche, etc. Livre IIII (ventre moyen ou poitrine) : la planche de Valverde, encore inversée. Livre V (ventre supérieur ou tête) : deux planches de Valverde, cha- • cime avec six figures du cerveau. Livre VI (les nerfs) : deux planches. Livre VII (les muscles) : six planches seulement, toujours d’après celles de Valverde, dont elles ont exactement les dimensions (23 centimètres); elles sont encore inversées; mais ici l’inversion ne fait rien. On devine qu’elles ont été calquées. Ces 19 planches se retrouvent dans les Œuvres de chirurgie de Jacques Guillemeau, gr. in-fol. de 8C3 pages, Paris, chez Nicolas Buon, l’éditeur des œuvres d’A. Paré, 1612; Rouen, 1649.

André Dulaurens (1560-1609) a aussi donné 26 planches qu’il a fait placer au milieu de son livre pour qu’il fût plus commode au lecteur de les consulter. Historia anatomica humani corporis etsingularum ejus partium, multis controversiis et observationibus novis illustrata, aùctore Andrea Laurentio, Regis consiliario et medico ordinario ejusdemque in Monspeliensi Academia professore, ad Henricum IIU, Galliœet Navarræ regem Christianissimum (1 600) , gr . in-fol. , splendide exemplaire à la Bibliothèque nationale. Le titre est dans un beau frontispice gravé par C.-D. Malleri. En bas : Parisiis excudebant Jametus Mettayer et Marcus Ourry. Sans date; le privilège porte celle du 4 octobre 1599; l’avertissement au lecteur aussi l’année 1599. Après de nombreux éloges en vers grecs et latins, parmi lesquels je signale le distique de son élève, Jean Aubry de Moulins (1) :

Qui vivis hominum depinxit membra figuris,

Æteriium vivis vivet imaginibus.

(l) Son livre, L’antidote de l’amour, imprimé à Délit en 1663, est dédié à Dulaurens (Elovl- '

Se voit un magnifique portrait d’André Dulaurens dans sa trente-neuvième année, ce qui, pour le dire en passant, reporte la date de sa naissance en 1560. Or les auteurs le font naître en 1532 pour le faire mourir en 1619, à quatrevingt-sept ans (Douglas) : ces deux dates sont fausses. Eloy, d’après Guy-Patin, fixel’époquedesa raortenl609. On ne peut se ranger ài’opiniond’Astruc, bien qu’il réfute vigoureusement Guy-Patin à cet' endroit. Ce qui m’a frappé dans cette discussion, c’est que Dulaurens était allé étudier la médecine à Montpellier en 1583; à ce compte-là, il aurait commencé ses études médicales à cinquante et un ans. Pourquoi ne pas admettre la date du portrait comme la véritable? Né en 1560, il était étudiant à Montpellier à vingt-trois ans, et lorsqu’il fut appelé à la cour, grâce à la protection de la comtesse de Tonnerre, en 1594, il avait trente-quatre à trente-cinq ans.'

Mais je reviens aux 26 planches, placées après le V® livre (p, 213 à 268). Dulaurens avertit le lecteur studieux, qu’il a fait représenter les principales figures d’après les planches des autres, parce que ses occupations à la cour ne lui ont pas permis d’en faire dessiner lui-même, ainsi qu’il en avait eu le projet. Pour les nouvelles {novas addidi), les erreurs qui s’y trouvent doivent être attribuées aux artistes {pictori et sculptori), comme on le verra bien par le texte de son livre. Les planches des autres (aliorum icônes) sont les 19 planches de Guillemeau gravées de nouveau. Deux sont signées : J. de Weert. Guillemeau en copiant Vâlverde avait ajouté aux planches de muscles quelques figures isolées prises dans une autre planche : c’est à cela qu’on peut facilement les reconnaître. Dulaurens a pris soin de faire redresser les figures inversées; les deux figures nues de la première planche et celles des veines superficielles de Valverdç (les arlequins) ont été prises dans l’ouvrage de Guillemeau publié en 1594 : La chirurgie française recueillie des anciens médecins et chirurgiens avec plusieurs figures nécessaires pour Vopération manuelle, in-folio qui contient au commencement «quatre figures du corps humain, deux desquelles montrent toutes les parties externes en iceluy et les deux autres les veines saignables qui sont semées soubz le cuir. » Les squelettes des fœtus sont' de Félix Plater d’après Coi-, ter.

Restent quatre planches, la moelle avec une vraie queue de cheval, — vasa spermcitica a nemine adhuc descripta, — la veine porte de Vésale et ses communications avec la veine cave et la veine azigos, — le cœur et les gros vais-

seaux du fœtus (la veine artérieuse de Vésale s’y trouve) qui appartiendraient à Dulaurens. ’

Telles quelles, ces 26 planches ont eu une grande vogue et, quoi qu’en dise Jean Aubry, toute la gloire en revient à Vésale.

On les retrouve à leur place (p. 153 à 210) «in medio fere operis», dans l’édkion si commune de Francfort, 1600. Même titre : Historia amtomica . , dans un autre fron¬

tispice où se: voit, en haut, le portrait de Dulaurens toujours dans sa trente-neuvième année. Apud Matthœum Beckerum, impensis Theodorici de Bry viduæ et duorum filiomm,

Îetit in-folio. Les figures sont moins nettes. La signature . de Weert n’y est plus.

Elles reparaissent avec cette signature dans Toutes les œuvres d'André Du Laurens... traduites en français par Théophile Gelée, médecin ordinaire de la ville de Dieppe, Paris, 1613, in-folio. Frontispice de l’édition de Paris, 1600, signé : Maller. sc. Beau papier. Magnifique impression de Raphaël du Petit-Val, imprimeur à Rouen, 385 feuillets, avec plusieurs autres traités du même auteur traduits en français. La préface est datée de Dieppe, 1613. On y trouve aussi la correspondance de Dulaurens avec le traducteur de 1605 à

Une deuxième édition, 1611, est tout à fait pareille : Les œuvres de maître André Du Laurens, traduites par Gelée et revues par E. Sauvageon, d. m., agrégé au Collège des médecins de Lyon. Paris, chez Jean Petit-Pas, 1639. 597 pages et 395 d’autres traités, sans frontispice, moins belle impression, contiennent aussi les mêmes figures mais plus petites, pareilles à celles de l’édition de Fràncfort. On a •-eu le soin de corriger les planches inversées.

Une autre édition, 1646. Paris, chez Taupinart. Les trois premières figures portent au bas : Humbelot fecit.

Ces 26 planches de Dulaurens, avec les explications qui les accompagnent, reparaissent au xviii® siècle dans Y Anatomie universelle de toutes les parties du corps humain, représentée en figures et exactement expliquée par **% Paris, chez F. Gérard Jollain, 1731. Ouvrage curieux et utile aux étudiants en .médecine, chirurgie, sages-femmes, et aux peintres et sculpteurs. In-folio de 55 pages, gravé. La planche 19 a été ajoutée. Le squelette de face et la quatrième planche des muscles ont conservé la signature J. de Weert.

Deux autres éditions de Paris, l’une chez Antoine Humblot, 1741, l’autre chez Crépy, 1748, mais portant sur la dernière

planche, comme la précédente : Humblot ex., sont pareilles à celle de 1731, avec ce petit changement dans le titre :

« Expliquée parle célèbre André Dulaurent, revue par M. H*“, chirurgien juré de Saint-Côme. »

Tous ces livres se trouvent à la Bibliothèque nationale. Gaspard Baühin, de Bâle (1560-1624), a reproduit aussi presque toutes les planches de Vésale; mais il les a prises dans Yalvérde et Félix Plater. C’est ce qu’on peut constater dans le Theatrum anatomicum novis figurisœneis illustratum et in lucem emissum opéra et sumptibus Theodori de Bry, p. m.relictæ viduœ et filiorum Joannis Theodori etJoannis hraelis. Francofurti ad Mænum, typis Matthœi Beckeri, 1605. In-8 de 1314 pages. Ce titre est dans un petit frontispice orné de chaque côté de deux figures de Valverde, à gauche une des figures des veines superficielles (l’arlequin qui a un bras replié derrière le dos), et à droite la femme grosse; au revers un portrait de Bauhin, professeur d’anatomie et de botanique (œtat. 45, ann. 1605), est signé : lo. Théo, de Bry fec. La dédicace au landgrave Maurice de Hesse, dont on a fait imprimer les armes, est du mois d’août 1605. L’ouvrage est divisé en quatre livres : ventre, thorax, tête, membres, et les figures sont mêlées au texte ; les premières seules ont des explications. Ce sont : les deux figures de Guiilemeau pour les parties extérieures, et qu’on retrouve dans les planches de Casserius; les deux figures des veines superficielles de Valverde, aussi d’après Guiilemeau . Vient ensuite l’écorché de Valverde, qui tient sa peau dans une main et un poignard dans l’autre. Elles n’ont que 16 centimètres de hauteur. Les quatre livres donnent successivement, et conformément au texte, les planches de Vésale mêlées à quelques autres des auteurs qui sont venus ensuite, Valverde, F. Plater, A. Paré, V. Coiter, A. Dulaurens et Fabrice d’Aquapendente. Presque toutes sont malheureusement réduites à de trop petites dimensions.

Bauhin les a publiées ensuite séparément dans un recueil qui a pour titre ; Vivœ imagines partium corporis humani œneis formis expressœ. Francofurti, 1621 . In-4 de 265 pages. On a mis cette fois en regard des figures les explications qui étaient dans un appendice à la fin de la première édition du Theatrum anatomicum de 1605. L’auteur avertit dans la préface qu’on pourra les joindre à la nouvelle édition du Theatrum qui est sous presse ou les garder séparément pour servir à la lecture des institutions anatomiques et aux dissections. Il nomme le jeune étudiant en médecine très-

distingué qui a dessiné quelques planches nouvelles d’après nature : c’est Jo. Huldricus Frolich, de Bâle. Il lui en a fait corriger d’autres.

En 1640, Jean-Gaspard Bauhin fit paraître une troisième édition des planches de son père : Vivæ imagines partium corporis huniani œneis formis expresses et ex theatro anatomico Caspari Bauhin Basilien. archiatri desumpto, opéra sumptibusque Matthœi Meriani. Francofurti, 1640. In-4. Ce titre est dans un frontispice pareil à celui de la deuxième édition du Theatrum anaiomicum de 1621. De chaque côté une figure de Valverde : la première planche des muscles à gauche, la femme grosse à droite; en bas le cochon attaché sur la planche à vivisection avec des instruments de dissection, le tout de provenance Vésalienne; en haut, entre deux squelettes assis (de profil et de dos aux mains jointes), le portrait de Gaspard Bauhin, de 1614, dans sa cinquantequatrième année, lorsqu’il avait été nommé premier médecin de la ville de Bâle, en même temps qu’il demeurait professeur ordinaire de l’Académie de la même ville. Ce portrait diffère du précédent par sa collerette plissée serré.

Jean-Gaspard Bauhin, dans l’avertissement cc lectori et spectatori », glorifie la mémoire de son père, publie de nouveau ses planches, comme lui, à part, « quo iis seorsim in dissectionibus, et conjunctim cum nova theatri editione uti, ne institution ibus anatomicis autoris jungere possis : hacce tertiatione quo fieri potuit emaculatas. »

Peter Lowe, dans son ouvrage : A discourse of the whote art of Chirurgerie. London, 1612; 3“ édition, 1634; exemplaire à la bibliothèque Mazarine, n° 15500, in-4 de 447 pages, caractères gothiques, ne reproduit que le squelette de face de Vésale réduit à 13 centimètres et assez mal dessiné (p. 349). L’autre figure a été empruntée à la planche des veines superficielles de Valverde (les arlequins). Les instruments de chirurgie ont été pris à d’Ambroise Paré.

Les figures prises à Vésale sont plus nombreuses dans un in-8 paru à la même époque, à Onolsbach (Brandebourg) : Disputationes anatomicœ et psychologicœ, recens editœ et plurimis in locis locupletatœ figuris etiam variis et novis illustrâtes, additis humani corporis affectibus præcipuis... auctore Tobia Knoblochio Marcobrettana... 1612. Je me borne à dire que ces copies, faciles à reconnaître, sont pourtant loin d’avoir la netteté des figures originales.

Dansl’Ars medicinalis, qui contient les œuvres de Vidus ViDius, publiées à Venise en 1611 par son neveu Vidus Vidius

le jeune, se trouve à la fin du tome III le traité d’anatomie du premier professeur de médecine au Collège royal (Collège de France). Les planches qui ont été ajoutées à ce traité demandent à être examinées avec plus de soin qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.

Vidi Vidü Florentini De anatome corporis humani, libri VU, nuncprimum in lucem editi; atque LXXVIIl tabulis in incisis illustrati et exornati. Ce titre est dans un frontispice signé : « Franc® Vallegio et Catarin Dolno sculpsit. » On reconnaît dans les deux figures principales, à gauche et à droite, des imitations des planches deValverde. Dans la partie inférieure : Venetiis, apud Juntas, MDCXL

Les figures de cet in-folio, de 342 pages, sont groupées en 78 planches (tabulœ). Au premier abord elles paraissent nouvelles, et Douglas (ouvr. cit., ç. 2Q2) a pu dire que quelques-unes seulement avaient été empruntées à Yésale, « ex iis tamen paucæ ex Vesalio desumptæ sunt. » Lauth {Hist. anat., p. 253) et M. Chéreau ÇDict. encycl., t. IV, p. 227) n’en disent rien. Cependant l’artiste qui a été chargé de les dessiner a pris aux imitateurs de Vésale plus encore que ne le laisse supposer Douglas ; il suffira pour s’en convaincre devoir : livre III, nerfs, veines, artères (tab.XVIII ad XXYIl) ; livre IV, muscles (tab. XXVIII ad XXXy, livre V, organes de la digestion (tab. LXI ad LXXI) ; livre VII, cerveau, œil, langue (tab. LXXVI ad LXXVIIl).

Les planches des os (livre II) sont peut-être les plus mauvaises. Les squelettes de face et de dos ont des colonnes vertébrales à inflexions impossibles, et le nombre des vertèbres a été singulièrement augmenté. Les muscles séparés,, et surtout ceux de la tête et du cou, ne sont pas beaucoup meilleurs. Si, parmi ces figures, quelques-unes paraissent se rapprocher de la nature, on peut être sûr qu’elles ont été copiées en totalité ou en partie. C’est ce qu’il est facile de constater encore dans la planche des instruments, reproduite dans le premier livre.

Vidus Vidius, de Florence, professeur au collège royal et médecin de François L'' (1542-1547), revint dans sa patrie, où il enseigna pendant vingt ans à Dise, comblé des bienfaits de Corne de Médicis. Il avait accepté les découvertes d’André Vésale et de Gabriel Fallope, auxquelles s’opposa si obstinément Jacques Sylvius, son successeur au Collège de France.

On reconnaît aussi quelques figures d’après les imitations de Vésale, et surtout Plater, dans les trois planches où Jean Remmelin, d’Ulm en Souabe, a grossièrement fait représenter les parties extérieures et intérieures de l’homme et de la

femme avec une multitude d’accessoires grotesques. G’esl une sorte de traité d’anatomie à l’usage des gens du monde avec des planches composées d’organes découpés et superposés comme dans certains ouvrages modernes.

Stephan Michelspacher, du Tyrol, les imprima pour la première fois en 1613, avec ce titre : Kâvonrpov ptxpoxéfffzocov absolutam admirandœpartium hominis creaturarum divinarum prœstantissimi fabricœ, eximio artijicio sculptam strucluramrevidendamexhibens : cum enarrationehistorica brevi et perspicua et explicationis et indicis vice addita. Visio prima, secunda, tertia. J. jR. inventor. In-fol. Dans l’édition de 4639, le graveur (sculptor) signe L. K.

L’année suivante, 1614, le même Stéphan Michelspacher publia un in-4 avec ce titre : Elucidarius, tabulis synopticis, microcosmi laminis incisi œneis, admirandam partium fabricam reprœsentantis; catoptri litteras et characteres explicans, nunc primum luci publicæ datus, divulgatusque a Stephano Michelspachero Tirolensi.

Et enfin, en 1615, un autre in-4 avec le titre : Pinax microcosmograficus, hoc est, admirandœ partium hominis, etc. Historia brevis et perspicua enarratio, microcosmico tabulis sculpte œneis catoptro lucidissimo, explicationis vice addita, impensisque maximis Stephani Michelspacheri, divulgata.

Douglas (ouvr. cit., p. 219) dit avec raison que l’in-fol. de 1613 contenait les planches de l’invention de Jean Remmelin; que les in-4 de 1614 et 1615 en étaient l’explication payée par Michelspacher.

Le véritable auteur explique dans la préface comment il fu conduit à revoir son ouvrage, auquel il avait réfléchi pendant quatorze ans, et à le publier sous son nom ; Joannis Remmelini suevo-ulmensis, philosophiæ et medicinæ doctoris catoptrum microcosmicum suis œre incisis visionibus splendens, cum historia, et pinace, de novo prodit Augustœ Vindelicorum, 1619.

Cette édition d’Augsbourg se trouve à la Bibliothèque Nationale, et celle qui parut à lllm en 1639 « sumptibus Johannis Gerlini Bibliopolæ » est à la Faculté. C’est un grand in-folio de 28 pages, avec le titre Cum Deo Johannis Remellini... Çatoptr on microcosmicum, etc., dans un frontispice assez ridicule. L impression du livre ne fait pas honneur au typographe Balthazar Rhüne.

Après la dédicace à Dieu le père et créateur, vient le texte {Historia... ac brevis et perspicua enarratio)', à la page 9,

Visio prima, l’homme de face et la femme de dos, pour montrer les parties extérieures et similaires par couches superposées, peau, muscles, os. Cette première planche est signée ; J. R. inventor, L. K.sculptor, Slephan Michelspacher exeudit. A la page 15, Visio secunda, l’homme, et à la page 21 , Visio tertia, la femme, pour montrer les organes intérieurs situés dans les trois ventres, tête, thorax, abdomen.

Autre édition entièrement semblable : Francofurti ad Mœnum. Hœredes A. Hermmen, 1660. In fol.

Elov indique une édition en allemand, Augsbourg, 1632- 1661.''

En 1634, le Pinax microcosmographicus de Stephan Michelspacher, à l’usage des médecins, chirurgiens et pharmaciens, est publié à Amsterdam en langue néerlandaise par un certain I. F. L. M. Q., qui dédie son opuscule à Nicolas Fontayn {Fontanus). Les figures ont été gravées de nouveau par Cornelis Dankersz. On a fait précéder les trois planches de Jean Remmelin de celle des veines superficielles de Valverde(les arlequins), d’après Guillemeau ou Dulaurens. Un exemplaire très-complet de cet ouvrage se trouve au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, J f. Outre les trois visiones avec leurs organes superposés, on y voit les trois feuilles où sont représentés, pêle-mêle, les organes destinés à être découpés et mis en place.

Cet ouvrage ne m’aurait pas arrêté si longtemps s’il n’avait donné lieu à de nombreuses erreurs qu’il était important de relever. La première, que n’a pas su éviter M. Chéreau, c’est que Michelspacher et Remmelin ne font qu’un ; on . ne peut prétexter un lapsus : la chose est répétée deux fois, p. 226 et 227 (Dict. encycl. des sc. méd., t. IV). Si M. Chéreau y avait regardé d’un peu plus près, il n’aurait pas mis l’éditeur Michelspacher parmi les médecins ; il ne l’aurait pas fait aider du burin de Cornélius Daneker (Cornéîis Danckersz) et il ne l’aurait pas appelé Spach ou Spacherus, en prenant la première moitié du nom propre pour un prénom. Il y aussi de la part de M. Chéreau une confusion de dates : 1615 est celle de la première impression du Pinax microcosmographicus

{)ar Stephan Miichelspacher, et 1634 celle de sa traduction en angue néerlandaise, avec la collaboration de Cornéîis Danckersz, Amsterdam, chez Joost Broersz.

C’est d’après l’édition d’Amsterdam que Clopton Havers a publié à Londres, en 1702 : A Survey of the microcosme, Wherein ail the viscera are accurately delineated, and so disposed by pasting as that ail the parts of the said bodies

are cxictely nprcsenled in their proper site by Michael Spacher of Tirol and Remelinui. Correcled... Il ne contient que quaire planches sans texte, les trois ümowes et la planche (les veines superficielles.

Ici se place l’ouvrage de Helkiali Crooke, London, 1615 in-fol. de 1111 pages; 1631, 1012 pages ; MIKPOKOSMO-

rPA$IA ; A description ofthe Bodyof Man . (Description

du corps humain, d’après les meilleurs autheurs et particulièrement Gaspard Bauhin et André Dulaurens.,.). 13 livres. Le premier, qui traite de l’excellence de l’homme, prouvé qu’il s’est aussi servi d’Ambr. Paré. Mauvaise impression; quantité de figures dans le texte, très-grossières, empruntées à Ambroise Paré, au Theatrum anatomicum de Bauhin et à l’Histoire anatomique de Dulaurens, c’est-à-dire aux tablés anatomiques de Guillemeau, qui elles-mêmes avaient été prises à Valverde et à Plater, c’est-à-dire de Vésale.

Pierre Paaw (1564-1617) a mis aussi quelques planches de Vésale dans une édition de l’Epitome qu’il a accompagnée de notes et commentaires, Lugd. Batav. (Leyde), ex officina Justi a Colster, ann. 1616, in-4 de 226 pages; savoir :1a lète avec une dent de moins qui se voit dans l’édition du Grand ouvrage de 1555, à la page 46; la colonne vertébrale, p. 71; le sacrum et le coccyx, p. 98; le thorax, p. 107; les muscles du dos, moitié supérieure de la figure de Vésale, p. 231; l’estomac, p. 569; le cœur, p. 702 (maladroitement inversé, figure mal comprise); la dure-mère, p. 755; les organes génitaux internes de l’homme, p. 575; de la femme, p. 581. — Quelques autres figures de Vésale, mais en petit nombre, se trouvent encore dans les Primitiœ anatomicæ du même auteur. De hamani corporis ossibus. Lugd. Batav. , 1615; Amstelodami, 1633, in-4, 172 pages; et dans : Succinturiatus anatomicus continens commentariain Hippocratemde capitis vulneribus, 270 pages; Additæindliquoi capita lib. VU C. Celsi e.xpUcationes, 128 pages; Lugd. Batav., 1616, in-4. Ainsi le cerveau de la page62. De capitis vulneribus, et page 115 deux têtes, appartiennent à Vésale (fragments des pl. IIP et IV® des muscles)..

En 1627, Daniel Bdcretius, de Breslaw, publia l’ouvrage posthume de son maître Adrien Spiegel, de Bruxelles : De humani corporis fabrica, libri decem. Jules Casserius, de Plaisance (1545-1615), le prédécesseur d’Adrien Spiegel (1578-1625) dans la chaire d’anatomie et de chirurgie de l’école dePadoue, avait laissé 78 planches qui devaient faire partie d’un traité d’anatomie que la mort ne lui permit pas

d’achever. Daniel Bucretius jugea à propos de les mettre à la suite de l’anatomie de Spiegel avec ce titre : Julii Casserii Placentini olim in Patavino Gymna<io anatoniiœ et chimrgÛBprofessorisceleberrimiTabulæAnatomicœLXXIlXomne novcB nec ante hac visœ. Daniel Bucretius Vratislawensis PhiL et med.D. XX quædcerantsupplevit et omnium explicationes addidit. Venetiis, anno 1627. Grand in-folio.

Le frontispice est pareil. En haut, trois figures allégoriques ; an milieu anatomia; à gauche diligntia; à droite ingenium. Sur les côtés : à gauchele squelette vu de face et la première planche des muscles de Vésale à droite. îu-dessons une table avec des instruments de dissection. Enfin, sur le piédestal des colonnes où se trouvent à gauche un singe et à droite un cochon, on lit le nom du graveur Franc. Valésius et celui du peintre Edoardus Fialetus.

Après une préface, Daniel Bucretius donne la table des vingt planches qu’il a ajoutées à celles de J. Casserius. Celle table nous permet de constater que les planches empruntées à Vésale sont parmi celles de Brucretius. Elles ont été conservées dans leurs dimensions premières (34 centimètres); ainsi feuillets 3 et 4, les squelettes de face et de dos aux mains jointes sont ceux de Vésale (p. 203 et 205, édit, de 1555), on n’a pas même oublié le lézard qui est sur cette dernière. Valesio, qui les a gravées de nouveau, les a inversées, mais cela n’a aucune importance. Feuillet 58, les veines caves et leurs branches, page 450; feuillet 60, la grande artère et ses ramifications, page 483; feuillet 61, les sept paires cérébrales avec les ramifications du nerf pneumogastrique, page 512; feuillet 62, les paires médullaires antérieures,

Sages 527 ; feuillet 63, postérieures Ou dorsales, page 528.

utre ces sept planches copiées sur celles de Vésale, Daniel Bucretius semble s’être servi des figures isolées des os du premier livre pour en faire encore huit planches. Il n’y aurait donc, à vrai dire, que cinq planches sur vingt qui n’auraient pas été prises à Vésale.

Le même ouvrage a paru dans un format plus petit, grand in-4, même titre, dans le même frontispice un peu rapetissé.

On a remplacé : « Jussu authoris in lucem profert . » par

Francofurti, impensis et cœlo Mattœi Meriani.., anno 1632. » Anciennes dédicaces. Ce sont les mêmes planches, mais réduites à 18 centimètres pour les grandes figures; les autres ont conservé leurs dimensions premières ; elles occupent en tout 108 feuillets. Exemplaire à la Bibliothèque Nationale (réserve).

Les planches de Bucrelms sont reproduites exactement dans leurs dimensions premières dans Andriani SpigelU Bruxellensis... opéra omnia, ex recensione John. Anlonidæ Vanderlinden. In-fol. Amsterdam, apud Joannem Blvev. 1645. Le frontispice est pareil. Signé : Franc. Valesius sc. et Edoardus Fialatus delin. Un portrait de Spiegel dans sa quarante-sixième année, peu de temps avant sa mort. Les œuvres complètes de Spiegel ont été publiées avec les veines lactées d’Aselli, le mouvement du sang de Harvey et le mouvement du sang et du chyle de Walæus.

En 1614, à l’exeifPlDle de Vidus Vidius pour les ouvrages de son oncle, Thomas Bartholin a ajouté des planches à celui de son père : Casp. Bartholini D. et profess. regii Insti-

tutiones anatomicœ . figurisque auctæ ab auctoris filio

Thoma Bartholino. Lug. Batavorum, apud Franciscum Hackium, 1641. C’est un bel in-8 de 496 pages, sans compter les tables et les préfaces, magnifiquement imprimé sur un beau papier, et dont les gravures, de J. Voort-Kamp, sont admirables par leur netteté. Sept seulement sont originales, pages 29, 33, 161, 231, 257, 261, 279. Le dessin en est médiocre. Soixante-cinq reproduisent les planches mêmes de Vésale; elles sont absolument exactes, mais souvent séparées en plusieurs morceaux. Puis trois ont été prises à Bauhin, pages 59, 81, 95; uneàAzelli, page 353; une autre à Spiegel, page 175. Aussi Th. Bartholin a-t-il pu dire dans sa préface: « Partira ad ipsius naturæ veritatem expressæ, parlim ad imitationemaccuralissimarumVesalii,Bauhini, Spigelii,Aseliique Ogurarum elfectæ. » Mais Vésalè a la grosse part, il faut en convenir.

JaesTnêmes planches se retrouvent dans la traduction française du même ouvrage, Paris, 1647, chez Mathurin Hénault; Institutions anatomiques de Gaspard Bartholin, augmentées et enrichies pour la seconde fois tant des opinions et observations noucelles des modernes, dont la plus grande partie n'a jamais esté mise en lumière, que de plusieurs figures en taille douce par Thomas Bartholin, fils de V auteur , et traduites en français par Abr. Du Prat, doc. en méd. de Paris. In-4 de 656 pages, moins beau papier, impression moins belle. Le même frontispice, formé d’une série de portraits. En haut, Casp. Barth. ; au-dessous, de chaque côté, Hippocrates, Galenus, — Vesalius, Riolanus, C. Bauhinus, Spigelius, — Pavius, O. HeurniuS. En bas, A. Falcoburgius, professant l’anatomie. Puis, après la préface.

un portrait de Thomas Bartholin, œtat. 28, ann. \Q4l, fils de Gaspard et d’Anna Finck.

Les figures sont les mêmes, un peu moins nettes quoique fort belles. Les lettres de Jean Valæus sur le mouvement du chyle et du sang ont été reportées à la fin du livre.

Les Opéra omnia^ Vesalii de Boerhaave et Albinüs avaient paru en 1725 à Leyde. Ils contiennent toutes les planches de l’Epitome et du Grand ouvrage d’anatomie gravées de nouveau par Wandelaer. Peu après, en 1728, fufimprimé dans la même ville le livre suivant : Andreæ Vesalii Bruxellensis tabulœ ossium humanorum edidit eorumque explicationemadauxüEduardus Sandifort. Lugd. Batav., apud Luchtemam. In-fol., 52 pages, qui contient 24 planches gravées sur cuivre d’après celles de l’édition de Boerhaave et Albinus. L’ordre seul a été interverti.

Enfin, dans les planches anatomiques attribuées à Pierre de Cortone et publiées en 1741 à Rome par l’imprimeur Faustus Amideus sous ce titre : Tabula) anatomicœ a celeberrimô pictore Petro Berettino Cortonensi, delineatæ et egregie œri incisæ nunc primum prodeunt et a Cajetano Petrioli, romano,doctore regis Sardiniœ chirurgo, pubiico anaiomivu vl inier arcades Erasistrato Cao, notis illustratœ. Grand in-folio. A côté de la figure principale, on a dessiné dans une autre manière (comme complément) un grand nombre de planches de Vésale d’après Valverde ou un autre imitateur. Sur la première planche on a écrit au bas : «Petr* BerreP Corton® delin. » A côté, le signe L, répété sur une autre planche encore, doit être le monogramme du graveur. 11 y a en tout 27 planches (tabulœ) ; 7 seulement (XI, XII, XXI, XXII, XXIII, XXIIII, XXV) n’ont rien de Vésale. Les ' trois squelettes, de face, de dos, de profil, sont mal imités dans la planche XXVI ; mais on reconnaît très-bien dans le corps^de femme dont le ventre est ouvert (planche XXVIP et dernière) la figure de l’Epitomft de Vésale d’après Gemini ou ses imitateurs. La planche XXIIII (veines superficielles pour la saignée) avait déjà paru ajoutée dans le recueil des planches de Dulaurens, publiées à Paris par Jollain, 1731. Voyez plus haut la planche 19.

On a beaucoup discuté sur la provenance de ces planches, attribuées à Pierre de Corfone, et les remarques que je viens de faire sur les XXVI, XXVII et XXIII me font croire que cette opinion est admise un peu à la légère. On sait d’ailleurs que Haller ne l’a pas acceptée : il croit qu’elles ont été dessinéèspar Guillaume Ri va, et suivant d’autres auteurs

— i’Si)-

elles seraient de Jean-Marie Castellano. Ces diverses attributions ont été longuement discutées dans la dédicace d’une autre

édition splendide où l’auteur, prétendant que les planches de Vésale avaient été surajoutées, a pris le parti de les supprimer ; il garde cependant les squelettes du Grand livre d’anatomie et la femme de l’Epitome. Tabulœ anatomicæ ex archetypis pictoris Pétris Berettini Cortonensis expresses et in œs incisœ, opus chirurgis et pictoribus apprime necessarium. Alteram hanc editionem recensuit, nothcis iconas (sic) expunxit perpétuas, explicationes adjecit Franciscus Petraglia phil. et med. professer. Romæ, impensis Venantii Monaldini, 1788. Grand in -fol. Audessous du titre se voit un petit tableau qui était déjà dans l’édition précédente. La dédicace est signée de J.-Ant. Monaldini, bibliopola, le frère de l’imprimeur probablement. Il discute longuement l’origine de ces planches dites de Pierre ? de Cortone ; rien ne prouve qu’elles soient de ce peintre.

A ce propos, qu’on me permette une petite digression. On sait que les planches du célèbre anatomiste de Rome, Barthélémy Eustachi, de San-Severino dans la marche d’Ancône, gravées, dit-on, sur cuivre en 1552 et restées dans l’oubli près d’un siècle et demi, avaient été publiées par Jean-Marie Lancisi en 1714. La dédicace en avait été faite de concert avec le pape Clément XI. Pinus, élève d’Eustachi, en avait reçu le dépôt après la mort de son maître. Le pape savait que la succession de la famille Pinus était passée dans celle des Rossi ou de Rubeis, et c’est là qu’elle auraient été retrouvées. En 1717, elles parurent de nouveau à Genève à la suite du Theatrum anatomicum de G.-J. Manget. — Nouvelle édition de Lancisi, Rome. 1720. — Rome, 1748, avec explications nouvelles de Cajetan Petrioli. Je me bornerai à dire que ces figures n’ont pas la facture duxvi® siècle.

Cette résurrection singulière des planches d’Eustachi et le bruit qui se lit autour d’elles donnèrent sans doute l’idée de publier les planches attribuées à Pierre de Cortone. Le mouvÿinent, commencé en 1714 par Lancisi et le pape Clément XI, continué par Juslus Amideus en 4747, se termine par la publication, en 1750, des huit planclfes que Gaétan Petrioli ajouta encore aux planches d’Eustachi; Le otto tavole... In Borna, 1750. Ces huit figures, élégamment dessinées par Giov. Pesci, ann. 1740, et gravées par Bald Gabbuggiani, portent l’inscription : Orig. di Gaet. Petrioli, romano.

L’édition d’Albinus, 1744, donne le 48 planches de Lancisi

avec des figures au trait en regard. Elle sont vantées ajuste titre. Quelques-unes se retrouvent dans l’Anatomie de Winslow. Mais ici, rien de Vésale.

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